EFFETS DES ANESTHÉSIQUES ET DES NARCOTIQUES
des relations de strcture du corpuscule nerveux et de la fibre nerveuse.
Sans oublier cette conception, sans supposer que l'anesthésique ou le narcotique a quelque affinité élective pour la matière d'un corpuscule nerveux plutôt que pour celle d*un autre, ou pour le corpuscule nerveux en général plutôt que pour la fibre nerveuse, considéronsquellésdifférencesplusprofbndesserontamenéesdans les effets de ces agents par des différences plus profondes dans les conditions des parties. Nous avons la preuve expérimentale qu'un agent qui suspend la fonction d'un nerf a pour effet, au moment de son action, d'exciter ce nerf. Si le nerf est coupé en deux, ou serré par une ligature, ou brûlé, ou touché par un acide énergique, il est traversé, au moment où il est frappé dUnertie, par une violente décharge. Nous sommes fondés à croire dès lors que, quel que soit Tagent qui agisse sur la substance nerveuse de façon à la rendre inerte, cet agent produira, en opérant la modification moléculaire que cela suppose, un ébranlement moléculaire constituant Texcitation. Pour comprendre tout à fait cependant pourquoi l'excitation précède le sommeil, nous devons observer les différentes relations des corpuscules nerveux et des fibres nerveuses avec le sang.
Gomme il a été remarqué quand nous avons traité du système nerveux, son tissu vésiculaire est bien plus fourni de vaisseaux que son tissu fibreux ; et de plus, tandis que la matière des vésicules nerveuses est disposée de manière à offrir le moindre obstacle possible à la réception du fluide venant des capillaires adjacents, la matière des fibres nerveuses est couverte d'une gaine médullaire. Par conséquent, lorsqu'un agent quelconque, capable de changer l'état moléculaire de la matière nerveuse de manière à suspendre sa fonction, est introduit dans le sang, il agit d'abord sur les corpuscules nerveux. Chaque modification produite dans l'un d'eux (que ce soit la décomposition ou, ce qui est plus probable, la transformation isomérique d'une molécule) implique un dégagement de mouvement moléculaire qui est immédiatement transmis le long des fibres nerveuses liées avec lui, et qui excite les parties auxquelles elles se rendent. Chaque corpuscule nerveux subissant ainsi une action rapide et émettant des décharges successives à mesure que les transformations moléculaires successives s'accomplissent en lui, il en résulte un état général d'excitation, comme le montrent parmi
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les phénomènes physiques l'augmenlalioii du vigueur di^w* et les contractions lies muscles, et parm i les phénomènes psycliii]U4!S, le nol précépité d'idées vives et de senlinietils intenses qui traverse la conscience. Mais qu'advïpnt-il du reste du système nerveux? Tandis que quelques molccules d'alcool, d'éther ou de chloroforme, suivant les cas, sont ainsi passées rapidement des capillaires proches adjacents dans la matière presque nue des corpuscules nerveux, d'autres molécules semblables pénètrent d'autre part à travers les couches exlcnies des tubes nerveux et les (lalues médullaires subjacentes, et elles atteignent enfin les laJsceaux de fibrilles formant les cylîndrrs-axes. On pd peut conclure que les changements isomériques qu'ils commencent aussitôt h y opérer, s'ajoutent d'abord ik l'excitation générale. Quoique cliaiiue molécule modiOée soît désormais frappée d'incapacité l'i prendre sa part dans la transmission d'une onde nerveuse, cependaiil, au moment ot'i elle subît celle modilicatiou, elle devient ellE'mt^me la source d'une onde nerveuse. Mais, quoi qu'il en soit, nous devons admettre qu'à mesure que l'anesthésîque envahît do plus en plus complètement une libre nerveuse, un nombre de plus en plus grand de ses molécules est rendu incapable de transmetlre une onde de changemenl Isomérique particulier qui constitue une décharge nerveuitc, et tinalement, la libre cesse d'être perméable.
Esiamînons maintenant une h une les conséquences. Nous nvonsd'abord une explication de ce fait: que, toutes choses étant égales, les fibres nerveuses les plus longues cessent plus vile d'être perméables, que les plus courtes. Si nous admettons, comme nous pouvons le faire très-légitimement, que tous les nerfs qui transmettent les sensations de toucher sont également perméables, il arrivera nalurellemeut qu'à l'expiration d'un intervalle douné, la probabilité qu'une fibre nerveuse a été, dans un point de son parcours, envahie par t'anesDiésique sera plus grande si la fibre est longue que si elle est courte. De Ib ce fait : que l'anestUésie se présente d'abord aux extrémités postérieures, cl que les parties du la surface plus proches des centres nerveui perdent les dernières leur sensibilité'.
< [l eit frai i|ue, selon ]e dociriir Auille, 1rs fhicM et tes ni* lut Iciqaela il t DKpMinenti perdent ilii l'abord la ii^nnilon muBcnleire ; mais, ilma ce ca«, Tiaotk^ie naiiirtlle du? nu froid cause [wr i 'évapora lia a coiisUinte, vieiil eo alilf • raiieslliâsie urliUcicIlc.
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Nous pouvons aussi rendre compte par là des résultats divers produits par différentes doses, ou par les mêmes doses sous des conditions différentes. Une petite quantité de substances introduites dans le sang atteignant sans peine les éléments vésiculaires du système nerveux, et n'atteignant que difficilement les éléments fibreux, aura un effet excitant peu ou point suivi d'un effet anestbésique. Évidemment aussi, le conflit entre ces actions opposées, — l'une tendant à augmenter la production du fluide nerveux, et l'autre tendant à fermer les canaux par où il se déebarge, — se terminera, toutes cboses égales, par la prédominance de l'une ou de l'autre, suivant l'état de la circulation générale ou locale. Si le sang est poussé avec rapidité, de façon à apporter aux centres nerveux, en grande abondance, non-seulement l'agent excitant, mais les matériaux de dépense et de réparation ultérieures, la somme alors accrue de fluide nerveux engendré peut compenser, et au delà, la diminution du pouvoir transmissif des nerfs; et c'est ce à quoi Ton doit s'attendre spécialement quand, en surplus d'une circulation générale active, la circulation dans le cerveau entier ou dans quelqu'un de ses plexus est très-exaltée. D'autre part, comme l'anestliésique, une fois répandu dans le système, envabit tout aussi bien les fibres nerveuses, que le sang se meuve lentement ou avec rapidité, il s'ensuivra, quand son mouvement sera lent, que la décharge sera obstruée sans que la pression du fluide nerveux augmente, et par conséquent Tinfluence calmante dominera. Les différences entre les différents individus et les dtfférents états du même individu sous l'influence de ces agents deviennent ainsi intelligibles.
c Mais comment expliquerons-nous les effets dissemblables produits sur le système nerveux par des agents dissemblables? Tous les anestbésiques et les narcotiques ne devraient-ils pas avoir les mêmes effets ? b Je réponds d'abord : Quelles que soient les différences qui séparent, sous le rapport de leurs effets les moins importants, ces agents divers, avalés, respires ou injectés, ils coïncident tous dans leurs effets les plus notables en ce qu'ils sont, suivant les circonstances, excitants ou calmants, et en ce qu'ils produisent d'ordinaire une exaltation de la fonction avant d*en produire Taffaiblissement, quand toutefois la dose est suffisante pour produire cet affaiblissement. Je réponds en second lieu : S'il est vrai qu'il y a sans doute un grand nombre de causes
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spéciales de différences dans leurs aclions, il y a une cause générale évidente : — leur plus ou moins grande mobilité molécuUire, et comme conséquence leur aptitude plus ou moins grande k »e répandre dans les tissus. C'est de là que Tient la différence générique entre les auesthésiques et les narcotiques. Comparée avec les alcalis végétaux, les alcools, les éthers, etc. , ce sont des substancesd'une compleiité moléculaire bien inférieure qui montrent, par la facililÉ avec laquelle elles prennent la forme gazeuse, coinbieu elles ont une plus grande capacité de diffusion. Si nous nous rappelons les recherches du professeur Graham, nous pouvons en inférer que les molécules de protoxyde d'aiole, d'étfaer ou de chlo'roForme passent à travers les cloisons des vaisseaux sanguins et les gaines protectrices des libres nerveuses, bien plos rapidement que ne le font les molécules de morphine ou celles du composant auquel le hascliîsli doit son action. Et, s'il en est ainsi, il doit naturellement arriver que, tandis que les effets stimulants des aneslliésiques se manifesteront rapidement et seront suivis bientôt des effets de paralysie, les effets stimulants des narcotiques, apparaissant moins vile, seront suivis moins rapidement des effets de paralysie. On peut soupçonner aussi que parmi les aneslliésiques eux-mêmes, comme parmi les narcotiques, une • telle dissemblance d'action doit fréquemment résulter d'une dissemblance dans la capacité de diffusion. Et, à la vérité, le soupcoD se change presque en ceriitudc quand on se rappelle combien les anesthésiques les plus capables de diffusion non-seulement agissent rapidement, mais encore cessent rapidement d'agir, en raison de leur élimination hâtive du système.
Il est tout El fait possible dès lors que les divers effets opérés par ces divers agents résultent tous de combinaisons spéciales produites par la coopération de plusieurs facteurs. Énumérons ces facteurs brièvement: l' l'endroit où l'agent est absorbé et l'aptitude qui en dérive pour cet agent d'affecter certaines parties du système nerveux plus rapidement que les autres; 2* la rapidité de l'absorption, qui, si elle est considérable, rendra possible un effet local notable avant que l'effet général le soit ; 3* U quantité absorbée, qui sera sufGsanle pour agir sur tes vésicules nerveuses sans affecter d'une manière appréciable les fibres nerveuses, ou sera suflisante pour affecter Jl la fois les deux d'une manière appréciable; 4° la mobilité moléculaire relative de l'agent; 5* les relations chimiques avec le sang (a), en tant qu'il