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De la proposition

L'exorde ayant pour but d'amener le sujet, de lui servir dintroduction, doit se terminer par la position de la question; c'est cette conclusion de l'exorde que les rhéteurs appellent la proposition.

La proposition est donc la formule gui Indique le sujet à traite?'. Elle doit être claire, afin que l'auditeur sache bien où on veut le conduire. Il n'est pas indispensable à la clarté que la proposition soit faite sous la forme d'une annonce : « je

vais vous inviter... vous verrez que... » ; elle doit être nette et précise, c'est-à-dire exprimer à l'avance le discours et seulement le discours ; car, comme le dit Fénelon , « le discours est la proposition développée ; la proposition est le discours en abrégé' ».

La proposition peut être simple ou composée, suivant que le discours comprendra un ou plusieurs objets. Voici la proposition du sermon de Massillon sur les Exemples des Grands :

« Los exemples des princes et des grands roulent sur celte alternative inévitable; ils ne sauraient ni se perdre, ni se sauver tout seuls. Vérité capitale, qui va faire le sujet de ce discours. ■>

Dans son Pro Archia, Cicéron dit :

•< Je vous ferai voir non seulement qu'Archias est citoyen romain, mais que, s'il ne Tétait pas, vous devriez lui donner ce titre. »

Ici la proposition est composée.

Quand la proposition est composée, il y a division dans le discours.

•2. De la division.

On a souvent discuté sur l'usage de la division dans le discours. Les orateurs sacrés du dix-septième siècle divisaient toujours leurs discours en deux ou plusieurs parties. Bossuet divise avec

i. Lettre à l'Académie.

HIIÉTOUIQUE. 5

70 PRINCIPES DE UIlÉTOltlQrE.

méLliode. Boiirdaloue de même, mais il subdivise à l'excès parfois.

Nous avons vu plus haut la division du Pro Archia de Cicéron. L'orateur romain cependant ne divise pas toujours ses discours. l'.n cela, il imite les grands orateurs grecs qui se contentaient d'à voir un plan bien suivi. C'est ce que firent plus tard aussi les Pères de l'Eglise. La division du discours a surtout été en usage depuis les orateurs du moyen âge, mais il faut bien reconnaître que ceuxci en ont abusé.

La division n'est guère formulée aujourd'hui que dans les discours de la chaire: à la tribune et au barreau, l'orateur annonce rarement les diverses parties de son discours.

Il nous semble que, pour trancher cette question de l'usage de la division dans le discours, il importe de faire certaines distinctions :

1. La question porte moins sur la division du discours que sur l'annonce ou la formule du discoui's. Or, il est bien certain que. quoiqu'ils ne formulent pas leurs divisions, les orateurs de la Iribune ou du barreau ne manquent pas de diviser leur sujet, toutes les fois que cela est nécessaire, c'est-à-dire, par exemple, toutes les fois que la question offre divers aspects, toutes les fois qu'il faut recourirà divers ordres de preuves, etc.. Cette division non exprimée est simplement l'ordre logique de la pensée.

Est-il nécessaire de formuler à l'avance la divi-

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sion qu'on suivra? Les orateurs de la chaire le croient généralement; ils disent, et à bon droit, que, par là, ils facilitent l'attention de l'auditeur qui sait mieux où on le conduit. Mais, quand le discours ne doit pas être long, quand la liaison des idées suffît à guider l'esprit, il n'est pas nécessaire d'annoncer la division en termes formels.

2. Il ne faut pas confondre la division avec le développement et la progression des idées. Ajouter des preuves aux preuves, ce n'est pas diviser, c'est fortifier lïdée principale. De là vient qu'à la tri- Inine, où le plus souvent on cherche à faire prévaloir une seule idée à la fois , l'orateur se contente d'entasser ses arguments avec ordre , sans les diviser en les annonçant.

Cette annonce même pourrait leur enlever de la force.

3. La division na pas pour but d'annoncer un multiple sujet. Beaucoup d'orateurs tombent dans ce défaut : au lieu d'un discours, ils en font deux ou trois. Le moyen d'éviter cet inconvénient, est de toujours se proposer un but unique à atteindre, une conviction unek produire. De même, si le sujet ne comporte que le développement d'une seule pensée, il serait ridicule de chercher à la morceler.

4. Lorsqu'on croit devoir employer la division , il faut éviter celles qui sont subtiles, compliquées ou de mauvais goût.

Fénelon, qu'on représente parfois comme l'ennemi de la division . s'est surtout élevé contre la

:-2 l'HINCIl'ES DK laiETOlUQUE.

sublililé de certains prédicateurs de son temps, de celui en particulier qui , prêchant sur la cérémonie des Cendres, disait :

'< Celte cendi'c, qiioi(iii'clle soit un siijne de prnitence, est nn pi-incipe de l'rlicité; quoiqu'elle semble nous humilier, elle est une source de gloire; quoiqu'elle i-eprésente la mort, elle est un remède qui donne l'immortaliti'' '. •>

« Quand on divise, dit Fénelon, il faut diviser simplement, naturellement : il faut que ce soit une division qui se trouve toute faite dans le sujet même, une division qui éclaircisse, qui range les matières, qui se retienne aisément et qui aide à i-etenir tout le reste, enfin une division qui fasse voir la grandeur du sujet et de ses parties-. »

§ 3. L.V COXFinMATIOlV.

La confirmation est le développement de l'idée formulée dans la proposition et la division. Elle est la partie du discours oii l'on prouve la vérité de ce qui a été avancé. C'est, comme on le voit, la partie principale; à proprement parler, c"est tout le discours ; les autres parties n'ont pour but que de la faire valoir, en la présentant, ou en insistant sur les conclusions qui en découlent.

Puisque la confirmation consiste à prouver la vérité que l'orateur veut faire prévaloir, elle se compose donc des preuves.

•I. Premier Dialogue sur l'cloquence.

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