Ibidem
Sans doute l'orateur a d'autres moyens d'arriver à la persuasion : il en est qui dépendent de ses qualités personnelles, comme nous l'avons vu dans la première partie, de la confiance qu'il inspire, de son habileté, de son émotion, de sa chaleur, etc.; il en est qui tiennent à l'état d'àme des auditeurs , aux idées et aux sentiments qui y sont déjà. Mais ces moyens, quoique puissants, sont secondaires. « Ce n'est pas tout d'appeler la passion, dit M. Havet, il faut que la passion ait où se prendre ; l'émotion qui ne s'attache pas à des idées est quelque chose de superficiel, qui ne dure pas plus longtemps que le mouvement des bras de l'orateur ou la grimace de son visage. Répétons-le donc avec Aristote, comme une" leçon utile dans tous les temps : la preuve, c'est le corps du discours, c'est la substance de l'éloquence, c'est l'aliment même de la passion ; et si Démosthène, Cicéron, Pascal, Bossuet, ont été les plus grands orateurs du monde, c'est qu'ils étaient en même temps les plus forts des raisonneurs'. »
La preuve dans le discours se fait par les arguments ou raisonnements; on y joint parfois aussi la narration de certains faits , comme une pièce à l'appui du raisonnement; l'orateur corrobore souvent sa preuve par la réfutation des arguments de ses adversaires.
Puisque ces trois éléments : arguments, narration et réfutation, peuvent se trouver dans la preuve
i. Elude sur la rhétorique d'Aristoie, p. 30.
74 PRINCIPES DE UHÉTORIQUE.
OU confirmation du discours, nous les étudierons successivement.