De Oralore
a. P. Monsabré, La Prédication, p. 312.
incomplet. On dirait qu'il laisse de côté quelque chose de lui-même.
L'homme, en effet, est esprit et corps. L'esprit doit se servir du corps comme d'un instrument, pour exprimer ce qu'il voit et ce qu'il sent; le corps est comme une harpe dont les cordes doivent vibrer au toucher de l'artiste. Si l'instrument ne vibre pas enharmonie avec l'inspiration de l'artiste, quel effet peut-on en attendre?
Ses qualités. — Mais, pour être bonne, l'action doit être :
1° Sincère. 11 faut qu'elle parte d'une âme vraiment convaincue, qu'elle en soit la manifestation exacte. C'est par là surtout que l'action de l'orateur diffère de celle de l'acteur. Celui-ci exprime ce qu'il n'a pas pensé, et souvent ce qu'il ne sent pas. Son action est un jeu. une imitation. — L'orateur ne remplit pas un rôle, il est lui-même et ne doit manifester que lui-même.
2° Personnelle à l'orateur. L'action oratoire demande de l'étude et de l'exercice, mais elle ne doit pas être, pour cela, une copie de tel ou tel orateur. Chacun a son caractère, son tempérament, son talent, dont l'action sera la juste expression.
3° Appropriée aux sujets, c'est-à-dire toujours en harmonie avec les pensées, les sentiments de l'orateur et le but qu'il veut atteindre.
4° Assurée, c'est-à-dire appuyée sur une grande possession de soi-même, de manière à exclure la
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timidité et limpressionnabilité ; et sans appréhension du côté de la mémoire. Si Ton est préoccupé de ne pas perdre le lil de son discours, l'action se trouve gênée et parfois même paralysée. C'est pour cela que, sans vouloir dire lequel vaut le mieux du discours appris par cœur ou du discours non appris, on peut atiirmer cependant que ce dernier aura chance d'être supérieur au point de vue de l'action.
Ses éléments. — Deux choses constituent l'action oratoire : la voix et le geste.
Nous rapporterons à ces deux titres toutes les règles de l'action.
1° — La voix.
La voix dépend de l'organe. Quelle que soit, en ce point, l'œuvre de la nature, on peut l'aider par le travail et l'exercice.
Om^eiit enrichir sa voix et en corrigeriez défauts.
La voix peut être haute, basse ou moyenne. Celle-ci est la plus avantageuse. Par une infatigable patience et de nombreux exercices, on peut étendre le registre de la voix, faire fléchir une voix trop haute, relever une voix trop basse, fortifier une voix faible, adoucir une voix rauque.
L'orateur doit aussi ménager sa voix en la réglant et en évitant les cris désordonnés. Il doit soigner sa voix, car il y a une hygiène de la voix dont se préoccupent à juste titre ceux qui sont dans la nécessité de parler en public.
A l'hygiène de la voix, il convient d'ajouter l'art de la respiration. Car c'est un art, et des plus utiles à l'orateur, que de savoir aspirer l'air nécessaire à la dépense considérable qu'exige le discours.
Faute de cet art, bien des orateurs sont vite fatigués et épuisés. Mais il ne suffit pas de régler sa voix et sa respiration.
L'orateur doit se préoccuper de deux choses : de la. prononciation et de la diction.
a. De la prononciation.
La prononciation est l'art d'émettre les sons en en faisant saisir la signification.
Rien ne semble plus simple que de parler pour se faire comprendre; cependant rien n'est plus rare peut-être qu'une prononciation sans défaut.
Une bonne prononciation suppose :