Histoire naturelle. De l'homme âgé
Ceci ne veut pas dire que tout mouvement de la tête soit interdit; mais ce mouvement doit être rare, peu prolongé et toujours d'accord avec le reste de l'action.
2. Le visage. — C'est par le visage que l'homme révèle son âme : tout, dans le visage, sert à cette révélation : ses lignes, sa couleur et ses mouvements. 11 est des hommes qui semblent impassibles, rien ne modifie leur physionomie; d'autres, au contraire, sont habiles à projeter sur leur visage tous les sentiments possibles.
L'orateur ne peut pas être impassible, mais il ne doit pas être comédien, non plus. Il n'a qu'à laisser les passions qu'il éprouve se peindre naturellement sur son visage ; l'auditeur saura bien les y lire.
3. Les yeux. — La mimique des yeux est une des plus puissantes. Elle consiste dans les dimensions de l'œil qui varient avec l'occlusion des paupières ; — dans sa direction : en avant, en haut ou en bas"; — dans ses mouvements, qui dépendent de notre volonté, et, à cause de cela, peuvent correspondre à toutes les nuances de la pensée; — dans son éclat qui exprime la vie ou la mort, la joie ou la tristesse, la pitié ou la vengeance, l'amour ou la haine.
c. La gesticulation.
Nature du geste. — Le geste s'entend plus particulièrement du mouvement des mains et des
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bras. Les grands gestes utilisent le bras tout entier depuis rarticulation de l'épaule; si le mouvement ne dépasse pas le coude, on n'a que de petits gestes.
Rôle du geste. — Le geste a pour but de I lonner du relief à la parole, de la faire entrer dans Tàme par les yeux, pendant que le son l'y fait pénétrer par les oreilles. « Les bras et les mains précèdent et annoncent la parole, la soulignent, la confirment ou l'achèvent. Ils repoussent, ils attirent, ils embrassent ; ils se croisent comme pour contenir l'explosion de trop vifs sentiments; ils se déploient et s'étendent pour laisser échapper le trop-plein de la passion oratoire.
« Bref, ils parlent autant qu'il est en eux et complètent ainsi la vie du discours * . »
Espèces de gestes. — On a essayé de classer les gestes, mais celte classification ne peut être que très superficielle. Les uns sont indicatifs, et désignent le lieu et la direction ; parfois même le nombre, dans une énumération peu compliquée. Les autres sont iniitatifs, ils reproduisent quelque chose, surtout d'autres gestes; il est bien rare qu'on puisse avec la main dessiner un objet, de manière à ce que l'image suscite une émotion quelconque. D'autres, et ce sont les plus nombreux et les plus utiles, sont d'ordre purement affectif; ils servent à faire valoir les mouvements de l'àme.