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Commerce spécial de la France, en millions de francs

Importations. Eiportations.

1903 (provisoire) 4.649 4.170

Cf. R.\U3CH^ FranzÔsische HandeUpolitik, Leipzig, 1900.

55â LES TAXES DE DOUANE

traités libéraux. Mais dans ces traités, comme daîis l'œuvre douanière de cette période, il y avait une grave erreur : celle de croire que l'Italie, avec une énorme population eu égard à sa fertilité et à ses ressources, pût demeurer un pays exclusivement agricole. Aussi, aussitôt après, de nouveaux capitaux s'étant formés, elle sentit le besoin d'une politique économique plus avisée ; en même temps, une certaine inquiétude se manifesta chez elle, une vive tendance protectionniste, qui eut sa véritable explication dans les décrets de Scialoja et de Sella, en 1866 et en 1872 (1).

Vers 1870 éclatèrent dô nouvelles et véritables tendances protectionnistes; l'enquête industrielle accomplie en 1872 mit en relief la conviction presque générale, au nord de l'Italie, que, sans une protection adéquate, on ne pourrait voir surgir le développement des industries italiennes. On se détermina donc, à travers des incertitudes infinies, à promulguer une législation timidement protectionniste, qui trouva sa meilleure explication dans le tarif général du 30 mai 1878 et dans celui du 6 juin 1885. Il existait alors et il existera toujours un réel et profond contraste entre la zone de la vallée du Pô et l'Italie méridionale. La première, avec une population très dense, de grands fleuves navigables et des canaux, une grande variété de productions, un réseau de routes et de chemins de fer déjà constitué (réseau hâté encore, pour des raisons stratégiques), très avantagée par son unité et, par sa proximité de l'Europe centrale, formant une région apte à une rapide transformation industrielle, ne pouvait conquérir sa prospérité, sans traverser une phase de protectionnisme. Inversement, l'Italie méridionale et la Sicile avaient une production presque exclusivement agricole et telle qu'elle n'avait nul besoin de protection : vin, olives, oranges, soufre, sumac, etc. Le versant adriatique ne produisait le blé qu*en quan-

1. Cf. Strinohbr dans G. d. E,^ 1899 ; et entre antres, Sombart dans R. d. E. P. de 1892.

tité peu supérieure à la consommation; le versant tyrrhénien, en quantité moindre. L'Italie méridionale et la Sicile ne pouvaient donc attendre que d'un régiment libéral une plus grande impulsion. En dépit de ce contraste, les intérêts industriels de Tltalie septentrionale prévalurent. Aussi, par changements successifs, on s'avança graduellement vers le tarif de douane du 14juilletl8879 qui inaugura une période de véritable protectionnisme. Quels furent les effets de ce tarif, quelle influence exerça-t-il sur l'économie de chaque région en particulier, ce n'est pas le moment de le discuter. Il est bon seulement de faire observer que l'Italie septentrionale a achevé, en grande partie, sa transformation industrielle, et qu'au contraire, dans l'Italie méridionale, les causes de dépression se sont accentuées. Les traités successifs conclus avec les États de l'Europe centrale ont bien peu modifié, dans un sens plus libéral, la réglementation douanière italienne : elle reste parmi les plus protectionnistes de l'Europe. Le commerce extérieur de l'Italie est encore très limité, en comparaison de celui de quelquesuns des grands pays (1) :

La politique douanière des États-Unis mériterait, à elle seule, une longue étude. Les États-Unis qui, de tous les pays civilisés, possèdent la plus belle et la plus énorme étendue de terres cultivables, un excellent réseau de fleuves, de rivières et une non moins excellente distribution des eaux, d'immenses dépôts minéraux bien plus considé-

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