PREFACE
or THt
UNIVER8ITV
La floraison des traités — invariablement élémentaires — consacrés à la science financière, a été dans ces derniers temps extraordinaire en Italie; cette année seule en a vu naître trois, et peut-être davantage. C'est de beaucoup le meilleur d'entre eux qui vient d'être traduit pour les lecteurs français; la somme inouïe d'idées, de théories, de discussions, et même de faits qu'ils trouveront dans ce remarquable ouvrage, leur montreront à quel degré de perfection sont arrivées les études de science financière en Italie.
Dans tous les pays, du reste, les études de science financière deviennent nombreuses. Peut-être est-il réservé au xx** siècle de constituer cette science sur des bases vraiment solides, sinon définitives. Il faut bien reconnaître qu'elle est encore dans renfance, et les raisons de cette lacune sont faciles à déterminer, au moins en partie. Chez beaucoup de peuples anciens, qui tiraient leurs ressources de la conquête, du butin, et des tributs établis sur les pays annexés, vis-à-vis desquels on n'avait aucun ménagement a garder, les impôts et la dette publique ne jouaient qu'un rôle insignifiant. Les monarchies despotiques ont toujours considéré leur système fiscal comme une matière d'État, contre laquelle toute critique était interdite. On se souvient de Vauban, frappé de disgrâce pour avoir écrit sa Dîme royale, dont cependant, peu d'années après, la royauté devait adopter temporairement les idées dominantes; du marquis de Mirabeau^ enfermé en 1760au donjon de Vincennes, pour avoir proposé, dans sa Théorie de Vimpôt^ la suppression de la ferme. Diderot, dans un bref compte rendu qu'il consa-