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FONCTIONS SOCIALES

regard du reste doit être si grande que la séparation des parties est funeste à Tagrégat. C'est une chose qui est aussi vraie de Torganisme individuel que de Torganisme sociah

Les agrégats animaux les plus inférieurs sont constituée de telle sorte que chaque portion, «n apparMce semblable à toutes les autres, accomplit lâs mèsnès actions; et ici une séparation spontanée ou i^rovoquée ne troH^lHe guère la vie des parties. Quand le fragmeni faiblement ëffféfencié de protoplasme qui constitue un rhizopoda est accidentelle* ment divisé, chaque division va comme auparavant De même aussi, des agrégats de second ordre où tef parties constituantes demeurent semblables au fond, tliftitionadës ciliées qui revêtent les fibres cornées d^une é^^nge vivflKè ont si peu besoin l'une de l'autre que, lorsqu'on coupé t'éponge en deux, chaque moitié coat^tiiue ses actes sans interruption. Lors même qu'une dissemblance s'est intro* duite entre les unités, comme dans le polype cûeamun, la perturbation causée par la division n'est que teiâpioraire': les parties, deux ou plusieurs, ont seulement besoin d*un peu de temps pour que les unités s'arrangent sous les formes qui leur permettent de reprendre leurs actions simples ordi« naires. La même chose arrive pour la même raison dans les agrégats sociaux les plus inférieurs. Un groupe d'hommes primitifs errants sans chef se divise sans inconvénient. Chaque homme, à la fois guerrier, chasseur et ouvrier pour fabriquer ses propres armes, sa hutte, etc.^ accompagné de sa femme qui a toujours les mêmes fardeaux à porter, n'a besoin de se concerter avec ses semblables que pour la guerre, et quelquefois pour la chasse ; et, à moins qu'il ne s'agisse de combattre, le concert avec la moitié de la tribu vaut autant qu'avec la tribu tout entière. Chez les peuplades même où existe la faible différencia^

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tion attestée par Tiastitution d'un chef, une séparation ▼<>lontâire ou forcée entraîne peu d'inconvénienls. Soit avant» soit après Témigratron d'une partie de la tribu, un homme devient cheC, et la vie sociale inférieure que cet agrégat comporte recommence.

Mais il n'en est pas de même pour les agrégats animaui ou sociaux d'une organisation avancée. Nous ne pouvons couper en deux un mammifère sans le faire mouriir sur^é^ champ. Une volaille meurt quand on lui tord le cou. Si un reptile peut survivre à la perte de sa queue, il ne peut vivre quand son corps est divisé. Enfin, chez les annelés, il est vrai qu'on peut couper en deux les animaux des genres inférieurs çans faire mourir les deux moitiés^ mais la même opération les tuerait chez \in insecte, un arachnide, un cruslaeé. Si dans les sociétés supérieures l'effet de la mutilation est moindre, il ne laisse pas d'être grand. Si l'on séparait du Middlesex ses alentours, toutes ses opérations sociales s'ar* rêteraient au bout de quelques jours, fa,ute de matériaux. Séparez le district oii l'on travaille le coton d'avec Liverpool et les autres p(»rt&, et son industrie s'arrêtera, puis sa poptt« lation périra. Séparez les populations houillères des populations voisines qui fondent les métaux ou fabriquent les draps d'habillement à la machine, et aussitôt celles-ci mour* ront socialement, parce que leurs fonctions s'arrêteront, puis elles mpurront individuelleoient. Sans doute, quand une société civilisée subit une division telle qu'une de ses parties demeure privée d'une agence centrale exerçant l'an* torité, elle ne t$irde pas à en rdaire une autre; mais elle court grand risque de dissolution, et, avant que la réorgini* saUon reconstitue |ine autorité suffisante, elle est exposée à. reâter pendant longtemps dans un état de désordre eiàt faibiei^e.,' c,.-.: .

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Donc,^ la consensus des foactîoos devinât plu» serré k mesure que révolttlian marcha. Oans 1q3 agrégats ioférieurs, tant individuels que sociaux, les aetîoos des parties ne .dipeudeul; que Csûblemeat Tune de l'autre; mais, dan» les ^mrégats avancés, animaux et sociaux, la eombinaison d'actions qui constitue la vie de l'ensemble rend possibles les actions qui constituent la vie des parties, et qui sont des parties int^rantes de la vie de l'ensemble.

§ 236. Il faut mentionner un autre corollaire, maaifeste a priori, et démontré a posteriori* Lorsque les parties sost peu différenciées, elles peuvent assez facilement accomplir les fonctions Tune de l'autre ; mais, lorsqu'elles sont très<différenciées, elles ne peuvent accomplir les fonctions l'une de l'autre que trés-imparfaitement, ou point du tout.

Le polype commun nous en fournit un exemple frappant. On peut retourner cet animal sacciforme de manière i mettre dehors sa paroi interne, de sorte que K peau devienne Testomac et l'estomac la peau : puis chaque partie se met à remplir la fonction de l'autre* Plus nous nous élevons dans l'échelle de l'organisation, moins ces échanges de fonctions sont possibles. Pourtant,, dans une certaine mesure assez restreinte, les substitutions de fone<^ tion deo^eurent possibles chez les animaux les plus déve»loppés. Chez l'homme même, la peau montre des signes de sa faculté primitive d'absorption, aujourd'hui uniquement possédée par le canal alimentaire ; elle introduit dans Voft ganisme de petites quantités des substances qu'on a frottées à sa surlace. Hais ces actions succédanées sont plus appa* rentes dans les parties affectées à des fonctions qui conserf" vent de l'analogie. Si, par exemple, un obstacle empêche l'issue de la bile sécrétée par le foie, d'autres organes

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excréteurs, les reins et la peau, devienàent des voies par où la bile s^élimine. Si un cancer formé dans l'œsophage empêche la déglutition, Valiment arrêté, dilatant ce canal, y forme une poche où s'opère une digestion imparfaite. Mais quand la structure et la fonction sont devenues trèsdifférentes, on ne retrouve plus ces rudiments d'aptitude des parties différenciées à s'acquitter des fonctions d'une autre. Si la membrane muqueuse, qui se continue avec la peau aux orifices, reprend, quand on la renverse au dehors, assez bien les caractères et les propriétés de la peau, la membrane séreuse ne le fait pas, et, quand une partie d'un viscère fait défaut, on ne voit pas le muscle ni l'os en essayer la fonction.

Dans les organismes sociaux élevés ou inférieurs, nous observons ces facultés de substitution relativement grandes et relativement faibles. Naturellement, lorsque chaque mem-^ bre de la tribu répète tous les autres dans son mode d'existence, il n'y a pas de fonctions dissemblables à échanger, et, lorsqu'à pris naissance la faible différenciation que suppose l'échange d'armes contre d'autres articles entre un membre de la tribu habile dans la fabrication des armes et d'autres qui le sont moins, la destruction de ce membre doué d'une habileté particulière ne fait pas un grand mal, puisque le reste de la tribu peut s'acquitter encore, quoique moins bien, du travail qu'il faisait pour eux. Même dans le3 sociétés sédentaires d'un volume considérable, nous trouvons que la même chose est très-vraie. Zurita nous apprend que, chez les anciens Mexicains, < chaque Indien savait tous les métiers qui n'exigent pas une grande adresse ni des outils délicats. » Prescott affirme aussi qu'au Pérou chaque homme « devait connaître les divers métiers essentiels au bien-être domestique ». On voit bien par ces

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eiemples que les parties des sociétés étaient si faiblement différenciées dans leurs occupations, qu'il était possible i Tune d'entre elles de prendre l'occupation d'une autre. Mais dans les sociétés comme la nôtre^ profondément spécialisée au point de vue de l'industrie et à d'autres , quand une partie ne remplit pas sa fonction, aucune autre ne saurait la suppléer. Si les travailleurs relativement malhabiles des exploitations rurales se mettaient en gréve^ la population des villes ne les remplacerait qu'imparfaitement; et nos usines métallurgiques s'arrêteraient, si leurs ouvriers» adon* nés à une partie spéciale du travail, refusaient leur concours, et s'il fallait les remplacer par des paysans ou des bras habitués au travail du coton. Encore moins les bouilleurs et les marins pourraient-ils remplir les hautes fonctions législatives^ judiciaires, etc.

Evidemment la raison de cette différence est la même pour l'individu et pour la société. Dans la mesure où les unités qui forment une partie d'un organisme individuel sont restreintes à un certain genre d'action, celle d'absorber par exemple, ou de sécréter, ou de se contracter, ou de transmettre une impulsion, et de s'adapter à cette action, elles perdent l'aptitude à produire d'autres actions ; et, dans l'organisme social, la discipline ou l'éducation qu'il faut pour accomplir convenablement un devoir spécial implique une diminution de l'aptitude à accomplir les devoirs spéciaux d'autrui.

§ 937. Outre ces deux principales analogies fonctionnelles entre les organismes individuels et les organismes sociaux, à savoir que, lorsqu'ils sont peu avancés, la division ou la mutilation leur cause peu de dommage, mais que, lorsqu'ils sont lrés*avancés, ces lésions y produisent de grands trou-

ibles ou la mort, enfin que, dans les types iofikîettrs indivis duels et sociaux, les parties peavrat prendre les fonclîoiis les unes des autres, ce qu'elles sont incapables defairedans les types supérieurs; on pourrait encore signaler des siMir logies de fonction qui en sont la conséquence, et s'étendre sur ce sujet si la longueur de ce livre le comportait.

D'abord, dans les deux genres d'organismes la vitalité augmente dans la mesure où les fonctions se trouvant spécialisées. Dans l'un et l'autre cas, tant que des appareils divef^ sèment adaptés pour remplir des actions dissemblables n'existent pas, ces actions sont mal faites ; et, faute de disposfitions destinées à favoriser ce résultat, on ne tire qu'un faible parti des services mutuels. Mais, à mesure que l'organisation progresse, chaque partie, réduite à une fonction plus limitée, la remplit mieux ; les moyens d'échanger des ser« vices se perfectionnent; l'assistance que chacun donne à tous çt que tous donnent à chacun devient toujours plus effective ; et l'activité totale que nous appelons vid indivis duelle ou nationale, augmente.

Il reste beaucoup à dire de l'analogie des.changemei^ qui spécialisent les fonctions; mais cette analogie, comme les autres, apparaîtra mieux quand nous suivrons^ comme nops allons le faire, l'évolution des divers grands appareils d'organes individuels et sociaux, c'est-Â-dire quand nous examinerons en les comparant leurs caractères structuraux et fonctionnels respectifs.

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