‹ Principes de statistique théorique et appliquée:Chapitre 72 sur 188 · FEMMES · texte numérisé non relu

FEMMES

TOTAL

hommes et des femmes

Primaires

Récidivistes

Total

Primaires

Récidivistes

Total

L'année astronomique ou encore l'année budgétaire constitue souvent une mesure trop large pour apprécier, avec la précision voulue, certains phénomènes qui, au cours d'une même année, subissent des fluctuations périodiques, ou dont on désire suivre le développement à intervalle plus rapproché. Le commerce a intérêt, par exemple, à connaître l'allure des échanges internationaux dans le plus bref délai possible; aussi les statistiques commerciales, qui ne sont définitivement closes qu'après l'année écoulée, paraissentelles, sous une forme provisoire et abrégée, de mois en mois. Quelques statistiques sont publiées, sous cette même forme provisoire, tous les six mois ; il en est ainsi du relevé de la production et du personnel dans les mines de houille et les usines métallurgiques en Belgique.

(1) D'après la « Statistique judiciaire de la Belgique », publiée par le Ministère de la Justice. Bruxelles, in-folio (paraît annuellement).

Dans certains cas, la publication mensuelle et la formation de séries établies pour chaque moi& sont d'une impérieuse nécessité, afin de suivre les variations constantes d'un fait dépendant essentiellement de l'époque à laquelle il se produit : telles sont les statistiques météorologiques. Le relevé des heures d'illumination solaire fournit un exemple typique de ce genre de séries.

Exemple 2. — Heures de soleil, à Uccle (Totaux mensuels).

Institut météorologique de Belgique (1).

Années

Janvier

Février

Mars

Avril

Juin

Juillet

Août

Septembre!

Octobre

Novembre

Décembre

Total

189. Quelquefois, les exigences de la recherche scientifique rendent nécessaire une division du temps plus courte que le mois : la journée, par exemple. La statistique des

(1) Extrait de V Annuaire météorologique pour 191J/, Bruxelles, 1915.

SÉRIES, SÉIUATION, DISTRIBUTION

accidents du travail a montré que les sinistres étaient plus fréquents certains jours que d'autres. Si les ouvriers n'ont pas la sagesse de vivre sobrement le dimanche, l'ébranlement nerveux produit par l'ivresse manifestera ses effets pendant la journée du lundi et provoquera, ce jour-là un plus grand nombre d'accidents; il se peut aussi que la fatigue accumulée au cours de la semaine amène l'épuisement et que cet état ait pour conséquence un plus grand nombre d'accidents vers la fin de la semaine. Ces constatations ne sont possibles que par l'enregistrement des accidents, jour par jour. Bien entendu, ces chiffres, pour revêtir leur signification exacte, doivent être mis en rapport avec le nombre d'ouvriers occupés chacun des jours de la semaine, et seulement pour des journées de durée normale.

Exemple 3. — Relevé des accidents du travail par jour.

(Allemagne, 1907) ( 1 ) :

Lundi 13,707 ou 16.44 % Vendredi 13,173 ou 16.28 %

Mardi 12,752 ou 15.76 % Samedi 13,603 ou 16.80 %

Mercredi 12,668 ou 15.66 % Dimanche 2,036 ou 2.52 %

Jeudi 12,997 ou 16.4 % Ensemble 80,916 ou 100.00 %

.190. Dans certaines recherches, on est allé plus profond encore en présentant les séries statistiques d'après une unité extrêmement réduite : l'heure. On a appliqué cette échelle à la statistique des décès et des naissances. M. Raseri a pu établir que le nombre moyen des naissances et le nombre moyen des décès varient entre des limites très étendues suivant les heures de la journée. Par 1,000 décès qui se vérifient dans les 24 heures, la moyenne horaire est 49 entre 2 heures de l'après-midi et 7 heures du soir, et

(1) Données extraites de Ueiverbc-Unfallstatistik fur dos Jahr 1901, Erster Teil. Berlin, 1910, tabelle II.

elle est seulement 34 entre 7 heures du matin et 2 heures de l'après-midi. Par 1,000 naissances, la moyenne horaire est 52 entre 1 heure et 8 heures du matin, tandis qu'elle est seulement de 39 entre 1 heure de l'après-midi et 8 heures du soir. Voici la répartition des décès, d'après les heures, enregistrés à Crémone de 1866 à 1880 (1) :

Exemple 4.

Heures

Décès

Proportion à 1,000

Heures

Décès

Proportion à 1,000

La division du temps d'après laquelle la série est construite s'appelle l'échelle de la série. Cette façon de présenter les résultats statistiques est simple et commode. A la condition d'adopter une division appropriée à la recherche scientifique qu'on se propose, ce système présente le grand

(1) Enrico Raseei, « Les naissances et les décès suivant les heures de la journée » [Bulletin de l'Institut international de statistique, t. XI, livre I, p. 144).

SÉHIES, SÉRIATION, DISTItIBUTION

avantage de n'être pas arbitraire, qualité qui ne se retrouve pas toujours dans le second mode de présentation.

191. Dans le second groupe nous rangeons les séries dans lesquelles les unités sont réparties d'après leur situation dans l'espace. La présentation par unité géographique offre naturellement moins de précision que celle basée sur les divisions du temps, parce que le choix du statisticien peut se porter à peu près indifféremment sur telle unité ou sur telle autre. L'ordre du classement n'échappe pas non plus à tout arbitraire. Il peut être basé sur la succession naturelle des nombres ou sur leur importance proportionnelle dans certaines divisions territoriales; une étude attentive de ces séries est la première condition à réaliser pour la confection des cartogrammes. Les comparaisons statistiques portant sur des époques différentes doivent être, en outre, surveillées de près; il arrive fréquemment que la composition des unités territoriales se soit modifiée dans l'intervalle : une commune urbaine a, par exemple, annexé à son territoire des communes rurales proches, etc.

A côté de cet inconvénient, les séries disposées d'après les divisions de l'espace présentent un avantage : c'est de se prêter à de nombreuses combinaisons. On peut énumérer les provinces d'un pays en suivant l'ordre alphabétique, ou en les classant d'après leur situation géographique (provinces du nord, du sud, de l'est, etc.), ou suivant l'importance de leur population, ou encore d'après tel caractère économique (provinces industrielles, agricoles). En recourant simultanément à plusieurs de ces critères, on multiplie et on précise en même temps les aspects sous lesquels les phénomènes peuvent être envisagés. Même dans les cas les plus simples, cette présentation double ou triple présente des avantages. Le rapport, pour mille, de la population industrielle dans chaque province belge à la population totale a été établi de la sorte par le recensement de l'industrie et du commerce (1910) :

Exemple 5. — Proportion (pour mille) de la population industrielle à la population totale dans les provinces ci-dessous :

Les deux sexes réunis

Les hommes

Les femmes

Hainaut ....

Flandre Orientale . .

Liège

Flandre Occidentale .

Flandre Orientale . .

Anvers . . . , .

Flandre Occidentale . .

Brabant ....

Flandre Orientale .

Flandre Occidentale

Luxembourg ....

Luxembourg . . .

Luxembourg . . .

Limbourg ....

Limbourg . . . .

192. Le troisième groupe est formé par les séries qui ne sont basées ni sur la succession chronologique, ni sur la répartition dans l'espace. Au lieu de considérer la répétition d'un phénomène dans le temps, ou les aspects divers de ses manifestations à des endroits différents, nous pouvons étudier les faits en eux-mêmes, à un moment donné. Les unités qui composent ces séries sont de grandeurs diverses, mais elles présentent toutes un caractère spécial permettant de les grouper et de les considérer dans leur ensemble. Le salaire d'un manœuvre est quelque chose de différent du salaire de l'ouvrier qualifié; mais, dans une même profession, il y a une masse de salaires bas, moyens-, élevés, dont l'ensemble caractérise le salaire de la profession. On voit que cette troisième espèce de séries est très- différente des deux premières. Elle embrasse des cas nombreux -.qu'il s'agisse de la répartition des revenus, de la grandeur des hommes- adultes, ou de la distribution des âges parmi une population, c'est dans le troisième groupe que rentrent les séries constituées à l'aide de ces nombres. D'ordinaire, les divisions de ces séries dépendent de la nature des unités elles-mêmes; il peut arriver aussi que les divisions soient

SÉRIES, SÉHIATION, DISTRIBUTION

déterminées par la précision avec laquelle les observations des cas individuels ont été faites. Les statisticiens anglais donnent le nom de « discrète séries » aux séries citées en premier lieu, tandis- qu'ils appellent « continuons séries » les secondes.

La distribution des salaires parmi une population ouvrière fournira un bon exemple des séries que nous envisageons ici :

Exemple 6.

Salaire d'une journée de travail pour les hommes de plus de 16 ans appartenant aux industries des métaux.

(Salaires et durée du travail dans les industries des métaux au 31 octobre 1903). Publication de l'Office du Travail de Belgique, Analyse, p. 9.

Taux du salaire

Nombre d'ouvriers

Taux du salaire

NOMBR E

d'ouvribks

Francs

Nombre

Francs

Nombre

absolu

absolu

Moins de 1.50 .

De 4.25 à 4 49 .

De 1.50 à 1.74. .

De 4.50 à 4.74 .

De 1.75 à 1.99. .

De 4.75 à 4.99 .

De 2.00 à 2 24. .

De 5.00 à 5.24 .

De 2.25 à 2 49. .

De 5.25 à 5.49 .

De 2.50 à 2.74. .

De 5.50 à 5.74 .

De 2.75 â 2.99. .

De 5 75 à 5 99 .

De 3.00 à 3.24. .

De 6.00 à 6.24 .

De 3 25 à 3.49. .

De 6.25 à 6.49 .

De 3.50 à 3.74. .

De 6.50 à 6.74 .

De 3.75 à 3 99. .

De 6.75 à 6.99 .

De 4.00 à 4.24. .

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