‹ Principes du christianism unitaireChapitre 26 sur 27 · FAT · texte numérisé non relu

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claire vis-à-vis d'êtres frèles et faillibles comme nous, instruitsà être sincères dans leurs jugements, que celle de s'abstenir de condamner des hommes d’une probité et d'une bonne foi manifestes, auxquels on ne peut imputer d'autre crime que de différer de nous dans l'interprétation de l'Écriture, et de différer d’ailleurs sur des points d’une obscurité patente et reconnue. Nous sommes étonnés de l'audace de ceux qui, les oreilles retentissantes encore des avertissements du Christ, prennent sur eux la responsabilité de fabriquer des confessions de foi pour son Église, et en excluent les hommes les plus vertueux, pour des erreurs imaginaires, pourle crime de penser par eux-mêmes. Nous savons que le zèle pour la vérité est le voile dont on se couvre pour usurper cette prérogative du Christ; mais ce zèle pour la vérité, comme on l'appelle, est très-suspect, pensonsnous, à moins qu'on ne le rencontre chez des hommes dont la capacité et la prééminence, dont la sagesse, les progrès dans l'humilité, la douceur, la sincérité, permettent d'espérer que leur manière de voir est plus juste que celle de leurs prochains. Nous ne professons qu'un médiocre respect pour ce que l'on répute souvent comme le zèle pour la vérité; car d'ordinaire il semble se déployer le plus, là où les autres vertus sont rares et sans vigueur ; et nous n'avons pas de reconnaissance pour ces réformateurs prêts à nous imposer de force une doctrine, qui n'a pas adouci leur propre caractère et ne les a pas rendus meilleurs que leurs prochains.

Nous sommes habitués à réfléchir beaucoup sur les difficultés, qui accompagnent les recherches religieuses et qui prennent leur source dans le développement tardif de nos esprits, dans le pouvoir des impressions de notre jeune âge, dans l’élat de la société, dans l'autorité des hommes, dans la culture généralement négligée des forces de la raison, dans le défaut de principes de eritique justes et de secours importants pour l'interprétation de l'Écriture et dans bien d’autres causes. Nous trouvons que sur aucun sujet les hommes, et même des hommes bien doués, n’ont greffé autant de conceptions étranges, autant de théories erronées, autant de fictions, que sur la religion; et lorsque nous nous rappelons, que nous participons

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nous-mêmes à cette faiblesse commune, nous n'osons pas assumer sur nous l’infaillibilité dans le traitement de nos frères chrétiens, ni inspirer au commun des Chrétiens, qui ont peu de temps à consacrer aux investigations, l'habitude de dénoncer. et de mépriser des croyances autrement dénommées, peutêtre plus éclairées et plus pures que la leur. Charité, tolérance, plaisir dereconnaître les vertus des différentes sectes, répugnance à censurer et à condamner, voilà les vertus que nous admirons et recommandons, bien qu’elles né soient pas assez pratiquées par nous ; et nous nous réunÿfons à l'Église dans laquelle elles abondent, bien plus volontiefs qu'à aucune autre communion, quels que soient son orgueil et sa confiance dans sa propre orthodoxie, avec quelque rigidité qu'elle garde son symbole, de -quelque zèle qu'elle soit enflammée contre des erreurs imaginaires.

J'ai terminé l'exposition des idées religieuses qui distinguent les Chrétiens au nom desquels je parle. Nous avons embrassé ce système, non à la hâte, ni à la légère, mais après mûre délibération; et nous y tenons fermement, non pas simplement parce que nous le croyons vrai, mais parce que nous le regardons comme une vérité purifiante, comme une doctrine en harmonie avec la piété, capable d’agir puissamment sur ceux qui y croient et de fructifier en eux. Que nous désirions la propager, c’est ce quenous n'avons pas l'intention de cacher; mais pourquoi ? parce qu’elle est, selon nous, plus favorable à la piété pratique et à la pureté des mœurs que les doctrines opposées, qu'elle nous fournit une idée plus claire et plus élevée du devoir et des motifs. plus puissants pour sa réalisation, qu'elle recommande la-religion à la fois à l'intelligence et au cœur, qu’elle affirme les attributs aimables et respectables de Dieu, qu’elle tend à restaurer l'esprit de bienveillance de Jésus dans son Église divisée et affligée, et qu’enfin elle extirpe tout espoir de la faveur de Dieu, excepté celle qui découle de la conformité de nos actes avec la vie et les préceptes du Christ. Nous ne découvrons rien dans nos idées qui puisse choquer, si ce n'est leur pureté, et c'est précisément leur pureté qui nous fait rechercher et espérer leur extension dans le monde.

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Mon ami et frère, vous allez embrasser aujourd'hui d'importants devoirs ; vous allez revêtir une charge que le fils de Dieu n’a pas dédaignée; vous allez vous consacrer à cette religion, que les lèvres les plus saintes ont prêchée et qui a été scellée du sang le plus précieux. Nous avons l’assurance que vous apporterez dans cette œuvre un esprit de bonne volonté, une ferme résolution, une ardeur de martyr, une disposition à travailler et à souffrir pour la vérité, une envie de consacrer vos meilleures énergies aux intérêts de la piété et de la vertu. Fai parlé des doctrines que vous prêcherez probablement; mais je r’entends pas par là que vous vous livriez à la controverse. Vous vous rappellerez que la pratique du bien est la fin de la prédication, et vous vous efforcerez plutôt à faire de vos auditeurs des gens vivant saintement que de subtils disputeurs. Prenez garde que le désir de défendre ce que vous estimez comme la vérité, et de repousser les reproches et les fausses imputations, ne vous détourne de votre grande occupation, qui est d'établir dans les esprits des hommes une conviction vivace de l'obligation, de la sublimité et du bonheur de la vertu chrétienne. Le meilleur moyen de défendre vos opinions, c’est de montrer, dans vos prédications et dans votre vie, leur connexion intime avec la morale chrétienne, avec un sentiment élevé et exquis du devoir, avec la sincérité à l'égard de vos adversaires, avec une inflexible intégrité et avec un respect continuel pour Dieu. S'il est une lumière qui puisse percer et dissiper les nuages du préjugé, c’est celle d’un exemple pur. Mon frère, puisse votre vie prêcher plus hautement que vos lèvres. Soyez pour ce troupeau un modèle de toutes les bonnes œuvres, et puissent vos instructions puiser leur autorité dans cette conviction bien établie chez vos auditeurs, que vous parlez du cœur, que vous prêchez par expérience, que la vérité dont vous êtes le dispensateur a puissamment opéré sur votre propre cœur, que Dieu, Jésus, le ciel, ne sont pas seulement

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des mots sur vos lèvres, mais que ce sont des réalités qui agissent sur votre esprit, des sources d’espoir, de consolation et de force dans toutes vos épreuves ! En travaillant ainsi, puissiez-vous récolter une moisson abondante, et acquérir un témoignage de votre sincérité, non-seulement dans votre propre conscience, mais dans l’estime, l'amour, les vertus et l’amélioration de votre troupeau!

À tous ceux qui m'écoutent, je dirai avec l’Apôtre : Éprouvez tout, tenez-vous fermement à ce qui est bon. Ne reculez pas, mes frères, devant le devoir de chercher la parole de Dieu par vous-mêmes, sans crainte/de la censure ni de la dénonciation des hommes. Ne pensez/pas que vous pouvez suivre innocemment les opinions qui prévalent autour de vous, en négligeant toute investigation, et en vous fondant sur cette idée que le Christianisme est maintenant si pur d’erreurs qu'on n’a pas besoin de faire de laborieuses recherches. Il y a beaucoup de raisons de croire que le Christianisme est actuellement souillé par une corruption épaisse et volontaire. Si vous vous rappelez les ténèbres qui ont enveloppé l'Évangile pendant des siècles ; si vous considérez l'union impure, qui existe encore aujourd’hui dans presque tous les pays chrétiens, entre l'Égliseetl’État, et qui par l'intérêt et l'ambition engage les hommes à se ranger du eôté de l'erreur dominante ; si vous vous souvenez de quelle manière l'esprit d'intolérance a comprimé la libre recherche, non-seulement avant, mais depuis la Réforme, vous verrez que le Christianisme n’a pu s'affranchir de toutes les inventions humaines qui l'ont défiguré sous la tyrannie papale, Non. Il y aura encore bien du chaume à brûler, bien des décombres à remuer, bien de fastueuses décorations, dont un faux goût a surchargé le Christianisme, à balayer, bien des brouillards terrestres, sous lesquels il a été si longtemps enseveli, à dissiper, avant que cet édifice divin ne s'élève à nos regards dans son auguste et primitive majesté, dans ses proportions harmonieuses, dans sa paisible et céleste splendeur. Cette glorieuse réformation de l'Église, nous l’espérons, avec la grâce de Dieu, du progrès de l'intelligence humaine, du perfectionnement moral de la société, dela chute inévitable des préjugés et de la superstition,

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