‹ Principes du christianism unitaireChapitre 25 sur 27 · OR E · texte numérisé non relu

OR E

Qu'onne s’imagine pas, d’après ces remarques, que nous VOulons exclure la chaleur, ni même le transport, de la religion. Le vrai sentiment religieux mérite, sans contredit, qu’on l’honore et qu’on l'estime hautement. Nous croyons qne le christianisme a pour but d'agir puissamment surnotre nature tout entière, sur le cœur aussi bien que sur l'intelligence et la conscience. Nous envisageons le ciel comme une condition dans laquelle Pamour de Dieu sera porté jusqu’à la ferveur, et donnera une joie sans limite ; et nous désirons, dans notre pèlerinage terrestre, nous abreuver de l'esprit de ce monde meilleur. Mais nous pensons que l’ardeur religieuse doit être estimée, seulement lorsqu'elle prend naturellement sa source dans un caractère cultivé, quand elle naît spontanément, quand elle est le prix de l’obéissance, quand elle est la chaleur d’un esprit qui comprend Dieu parce qu'il lui ressemble, lorsque enfin, au lieu d'apporter le désordre dans l'intelligence, elle l’élève, renforce la conscience, satisfait le cœur par l’accomplissement des devoirs ordinaires, et s’unit à l’enjouement, à la réflexion et à la discipline de la raison. Une certaine ferveur, dite religieuse, chez les hommes dont le caractère, dans son ensemble, ne dénote que peu de culture et d’élévation, et dont la piété semble en guerre avec la raison, est peu respectable à nos yeux. Nous honorons trop la religion pour attribuer son nom sacré à un zèle fiévreux, contraint, flottant, sans grande influence sur la vie.

Nous croyons qu'une autre branche importante de la vertu, c’est l'amour pour le Christ. La grandeur de l’entreprise de Jésus, l'esprit dans lequel il la mit àexécution, et les souffrances qu'il endura pour notre salut, sont autant de titres sérieux à notre gratitude et à notre vénération. Nous ne découvrons pas dans la nature de beauté comparable à l’amabilité de son caractère, et nous ne rencontrons pas sur la terre un bienfaiteur auquel nous soyons redevables d’une pareille dette. Nous lisonsson histoire avec ravissement et nous apprenons par elle à connaître la perfection de notre nature. Nous sommes partieulièrement touchés par sa mort, supportée pour notre rédemption, et par cette énergie de charité qui triompha de ses souffrances. Sa résurrection est le fondement de notre espoir de

l’immortalité. Son intercession nous inspire la hardiesse de nous approcher du trône de la grâce, et nous levons nos regards au ciel avec une nouvelle envie, en pensant que, si nous le suivons là haut, nous pourrons y contempler sa douce physionomie et jouir à jamais de son amitié.

- Je n’ai pas besoin de vous exprimer nos vues relativement aux vertus bienveillantes. Nous y attachons une telle importance, que souvent on nous reproche de les mettre au-dessus de la piété. Nous regardons l'esprit d'amour, de charité, d'humilité, d’indulgence, de générosité et de bienfaisance, comme le signe distinctif des Chréfiens, comme l'image la plus vive que nous puissions porter de Dieu, comme la meilleure preuve de piété. Il n’est pas nécessaire et je n’ai pas le loisir de m’étendre sur ce sujet, mais il est une espèce de bienveillance que je ne dois pas passer sous silence, parce que nous nous en formons une idée plus haute et plus juste que beaucoup de nos frères. Je veux parler du devoir de tolérance, de charité dans le jugement, spécialement envers ceux qui diffèrent de nous dans leurs opinions religieuses. Les Chrétiens ne se sont jamais plus départis de leur religion que sous ce point de vue. Nous lisons avec étonnement et horreur l’histoire de l'Église; et parfois quand nous jetons un regard en arrière sur la chaleur de la persécution et sur le zèle des Chrétiens à établir entre eux des murs de séparation et à se vouer les uns les autres à la perdition finale, nous éprouvons le même sentiment quesi nous lisions les annales d’un royaume de l'enfer plutôt que d’un royaume du ciel. Si l’on demandait à un ennemi de toute religion de tracer le portrait d’un Chrétien, il le dépeindrait, avec quelque apparence de raison, comme un homme idolâtre de ses opinions individuelles, revêtu de la livrée de parti, fermant les veux sur les vertus, et les oreilles aux arguments de ses adversaires, revendiquant toute supériorité au profit de sa propre secte et toute faculté de salut pour sa propre croyance, cachant sous le nom de zèle pieux l'amour de la domination, la prétention à l'infaillibilité, l'esprit d’intolérance, et foulant aux pieds les droits des hommes sous le prétexte de sauver leurs âmes.

Nous comprenons à peine qu'il existé une obligation plus

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