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SIÈGES ET BOMBARDEMENTS

règles données plus haut touchant les destructions et dévastations (1).

Il est désirable, pour autant que le permet l'intérêt militaire, que le bombardement soit annoncé d'avance, afin que les assiégés puissent prendre les mesures de précaution nécessaires, en particulier mettre k l'abri les trésors artistiques et scientifiques. C'est l'intention de bombarder que Ton doit faire connaître, et non le moment précis où Ton commencera. En effet, quelque dur que cela paraisse, il est incontesté que l'attente et l'inquiétude qui en résulte chez la population, font partie de l'action des assiégeants. Le bombardement doit influencer le moral des habitants, et les pousser k demander au commandant assiégé la reddition de la place (2).

Le chef assiégé doit rendre reconnaissables au moyen de signes extérieurs, suffisamment visibles de loin, les édifices qui servent au culte, à la charité, k la science, aux arts, tels que les églises, les hospices, les bibliothèques, les musées. L'assiégeant est tenu d'épargner ces édifices. Mais les assiégés ne pourraient, sous le couvert de leur destination ordinaire, les utiliser pour la guerre. Si l'on y mettait des provisions, des munitions, des troupes, si l'on y établissait des postes d'observation, les obus cesseraient immédiatement de les ménager.

Tant que la place n'est pas investie entièrement, que toutes les communications ne sont pas coupées, l'assiégeant ne saurait, sans inhumanité, refuser de laisser sortir des malades, des vieillards, des enfants, des femmes. Plus tard, il n'encourrait aucun blâme en refusant ; car il irait contre le but même de l'investissement s'il consentait k unediminution du nombre des bouches inutiles. Des exceptions sont toujours admissibles, par faveur spéciale, par humanité.

11 se peut que le commandant de la place assiégée interdise les sorties autorisées par le commandant du siège, de peur que la situation intérieure ne soit divulguée.

(2) Comparez, au point de vue des populations paisibles et de leur res-

ponsabilité, ce qui est dit ci-dessus 186, I.

Les habitants sujets d'Etats neutres ne peuvent pas plus exiger de sortir de la place investie que les nationaux.

Bombardements célèbres : Copenhague en 4807, Delhi en 1857, Alexandrie en 1882, par les Anglais ; Rome, par les Français, en 1849; Strasbourg et Paris, par les Allemands, dans la dernière guerre francoallemande ; Paris ensuite, par les troupes françaises.

Les bombardements de Strasbourg et de Paris ont donné lieu à de vives discussions.

Le projet de Bruxelles et le Manuel de l'Institut posent en règle que Ton ne doit pas bombarder les places non défendues. Mais ceci est toujours subordonné à la disposition plus générale, en vertu de laquelle il est permis de détruire des localités, etc., lorsque cela est commandé par une impérieuse nécessité de guerre. Le bombardement de Kehl en 1870 était justifié, celui de Saarbrûcken, démonstration inutile, ne Tétait pas.

On ne peut poser en règle absolue qu'il faille annoncer le bombardement d'avance. Ni qu'il faille tirer seulement sur les fortifications ; au contraire fortifications et ville forment un tout inséparable. Celte opinion, soutenue par M.Lueder,est aussi celle du général de Hartmann. La présence de trésors scientifiques ou artistiques dans une forteresse n'est point et ne saurait être un motif de ne pas bombarder. Les Français ont bombardé Rome, les Anglais Delhi. Du reste, on ne le soutient plus, on ne Ta peut-être jamais soutenu sérieusement. Les Français ont bombardé Paris après les Allemands. Ce qui est vrai, c'est que l'assiégé doit mettre le plus possible à l'abri ses trésors scientifiques et artistiques, et que l'assiégeant civilisé ne doit pas les détruire à dessein, et par pur vandalisme. Le bibliothécaire de Strasbourg, en 1870, n'a pas pris les mesures nécessaires pour sauver la précieuse bibliothèque qui lui était confiée ; à Paris toutes les mesures ont été prises avec une entente et un soin parfaits.

Projet de Bruxelles, 15 : « Les places fortes peuvent seules être assiégées. Des villes, agglomérations d'habitations ou villages ouverts qui ne sont pas défendus, ne peuvent être attaqués ni bombardés. —

16. Mais si une ville ou place de guerre, agglomération d'habitations ou village, est défendu, le commandant des troupes assaillantes, avant d'entreprendre le bombardement, et sauf l'attaque de vive force, devra faire tout ce qui dépend de lui pour en avertir les autorités. —

17. En pareil cas, toutes les mesures nécessaires doivent être prises pour épargner, autant qu'il est possible, les édifices consacrés aux cultes, aux arts, aux sciences et à la bienfaisance, les hôpitaux et les lieux de rassemblement de malades et de blessés, à condition qu'ils ne soient pas employés en même temps à un but militaire. Le devoir des assiégés est de désigner ces édifices par des signes visibles spéciaux

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