‹ Principes du droit publicChapitre 18 sur 67 · XXX PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXX PRÉFACE

défaut de sens commun et de sens moral, elle n'avait de griefs et de colères que contre un seul homme qui ne pouvait rien sans elle, qui n'a rien été et rien pu que par elle. Assurément, je n'entends point le décharger de la très grande et très juste part qui lui revient dans nos mallieurs ; mais encore une fois, à qui la première faute?

En renvoyant à la nation même toute la responsabilité qui lui incombe, en faisant cette responsabilité aussi grande que possible, — et certes elle n'est pas petite^ — est-ce une raison de désespérer de son re lèvement? Nous sommes loin de le penser; et en cela nous ne cédons point à un sentiment aveugle qu'il nous plairait d'embrasser comme moyen de consolation, comme une espérance contre tout espoir, comme une raison également condamnée par les faits et par le raisonnement. Non , la nation française est pleine de qualités comme de défauts ; sa nature, d'une souplesse infinie, est prodigieusement féconde en ressources dans les états les plus désespérés , comme mal assurée encore dans les situations les plus prospères. Si elle a tout à craindre de sa folie instinctive, elle peut aussi tout espérer de ses sages et généreuses inspirations dans les circonstances les plus critiques. Qu'il nous soit permis de lui remettre sous les yeux le portrait fort ressemblant qu'a fait d'elle un éminent publiciste ; elle y trouvera de quoi ranimer ses espérances , et quand il en sera temps, de quoi aussi se défier de ses témérités et de ses présomptions. « Quand je considère cette nation en elle-même, je la trouve plus extraordinaire qu'aucun des événements

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