APPROXIMATION DANS LA RÉALISATION
Arpège
502. L'arpège peut être défini approximation de simultanéité, à laquelle est assimilée la rapidité plus ou moins grande dans V émission successive des composantes d'un même accord.
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L'arpège n'est en somme extérieur ou plutôt surêrogatoire à l'harmonie schématique
que quand il redouble fout ou partie de ses termes sans être indispensable pour la constituer (a).
Les meilleures conditions de réalisation sont donc liées à la question des degrés préférables à doubler dans les accords.
Examinons d'abord le cas d'un accord isolé, en mettant à la basse, qui, comme on sait, détermine l'accord, une note peu susceptible d'ôtre doublée à l'aigu.
L'arpège, représentatif d'une harmonie plaquée totale ou partielle convenable à la région où il se produit, doit comporter à peu près les mômes conditions, mais avec des particularités spéciales résultant de son caractère mélodique créant à chacun de ses termes un rôle plus ou moins significatif.
Le minimum de signification appartient à une note sans accent particulier, prise et quittée, surtout sur vn temps faible, par le même mouvement, ce qui lui crée une situation interne dans le contexte, comme le si, admissible en a, quoique en général médiocre à doubler ici à l'aigu en harmonie plaquée.
La même situation rend même très acceptable b : le temps fort à lui seul n'est donc pas la condition la plus significative, à défaut d'accent formel ou supposé par les conditions d'émission comme en c, qui serait peu satisfaisant.
Une simple nuance d'accentuation, même aux temps faibles, rendrait au contraire médiocre d; e le serait aussi par la syncope isolée, temps fort artificiel, mais toujours interprétée comme accent : il en serait autrement en f, où le parti pris de syncope affecte tous les termes.
Même à défaut d'accent, les notes les plus significatives sont, dans le contour mélodique de l'arpège, les notes extrêmes ou formant simplement dans la notation le sommet d'un angle extérieur, surtout à l'aigu, si l'arpège se produit à l'aigu ou dans le médium, et au grave, s'il se produit au grave : g est donc assez médiocre. Toutefois l'arpège dans le médium comporte plus de liberté : h est passable.
Même au grave de l'arpège, la note initiale ou d'attaque est aussi très significative ; i est défectueux et y le serait encore plus, l'attaque se produisant avec celle de l'accord.
Les conditions extraschématiques énoncées comme significatives peuvent se trouver en contradiction, et l'artiste doit juger laquelle prédomine suivant les circonstances.
Si l'on considère le passage d'une harmonie à une autre, la note terminale de l'arpège du 4er accord prend une importance particulière, mais qu'il ne faut pas exagérer. C'est toujours le contour général de l'arpège, s'il n'est très lent, qu'il faut envisager. La proximité de deux termes, quoique le 1er arpège soit normal en lui-même, peut rendre la succession défectueuse (k). Au contraire, en /, le mouvement du sol au mi n'a rien de blessant, quoique simultané à celui du fa au mi grave, à cause de la forme totale de l'arpège.
Enfin un arpège signalé comme contestable en tant qu'isolé peut devenir satisfaisant quand ïélégance du mouvement schématique le justifie (m).
Hors de la brièveté, l'arpège, surtout au grave ou à l'aigu, prend le caractère d'un fait harmonique exigeant plus de rigueur dans les relations de note à note (cf. 227).
503. L'arpège n'est pas un ornement, mais il peut être affecté de Yornement (w).
On peut considérer sans paradoxe comme un cas particulier d'arpège ornemental un linéament mélodique par degrés conjoints, soit une gamme ou fragment de gamme diatonique, ou plus ou moins altérée, ou chromatique, dans laquelle les notes réelles sont reliées par d'autres ornementales (o) (535 et s.).
504. Varpège, au lieu d'accompagner le schéma harmonique, peut le remplacer entièrement, et même donner l'illusion d'une partie chantante concomitante aussi hien que d'une harmonie à un nombre de sons et de parties quelconque.
Schéma
Schéi
Schéma
^ J ^ 5 sons 4 sons 3 sons 2 sons ^^" 3 sons
C'est surtout dans ce cas que les notes extrêmes du groupement prennent une importance considérahle par leur saillie. Une excellente condition est alors que la condensation en accords plaqués des groupes partiels successifs qui épousent leur forme constitue une harmonie régulière (r). On peut citer à cet égard comme modèle le célèbre prélude de Bach (Clavecin bien tempéré, I). Mais il ne faudrait pas croire que cette condition soit rigoureuse, étant donné le caractère de Libre linéament mélodique qui appartient à l'arpège : celui qui est réalisé en s, quoique irréprochable en lui-même, correspond à un schéma dont le placage disjoint n'aurait rien d'élégant.
Nous nous bornons à ces observations qui, largement interprétées, suffisent dans l'application aux cas analogues.
505. La considération fragmentaire dont nous avons parlé à propos des accords dissonants n'est en somme qu'une application de l'artifice d'arpège dans un cas où il est essentiel à V analyse schématique, et constitue par suite un fait harmonique pur comme le précédent (368 et s.).