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Beethoven, 7e Quatuor à cordes.
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520. Il nous parait douteux que l'ornement lui-même puisse être orné, et les exemples donnés par Reber ne nous paraissent pas absolument convaincants, comme le démontre une analyse serrée du suivant (lj, que nous renversons, pour ne pas avoir à invoquer en plus la considération de neuvième, qui détruirait l'ornement lui-même.
dissonance résolue
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Groupe A. — Série UT, ton La VI. Mi et sol$ sont deux composantes de l'accord tenu, reliées par une note de passage en montant et en descendant. Le sol existe déjà à l'état altéré; mais aucune objection sérieuse ne peut être faite à ce doublement de la même noie à deux états différents, qui pourrait du reste amener des résolutions particulières telles que :
Groupe B. — Les mouvements mi- fa, sol- fa sont normaux harmoniquement, sans aucune considération exlra-barmonique. Seul le dernier fa, descendant sur le mi inférieur malgré sa relation de septième avec le mi supérieur, a fonction d'ornement (appoggiature), au lieu d'une fonction normale, qui serait du reste possible :
Groupe G. — Même analyse qu'en B, mais dans la série LA, Ton La I.
Groupe D. — Même analyse qu'en A, mais dans la série LA, Ton La I.
Gctte analyse ne changerait pas, en affectant le .sol grave d'un |; au lieu d'un s cm A et B, ce qui n'est pas impossible.
521 . Contrairement à l'opinion courante, il ne peut donc exister deux notes de passage diatoniques successives, dont l'une serait l'ornement de l'autre évidemment.
iU^iiÎM^ni.nijrni ,
En a, les mouvements sol-la, la-si, do-si, si-la, ont un caractère harmonique pouvant donner lieu à des successions normales b, c, d, e. Les mouvements si-ut et la-sol seuls ne sont pas analysables barmoniquement ; donc si en montant, la en descendant, ont seuls le caractère de notes de passage, fonction anormale non prévue à l'avance.
(1) Avec autorisation de E. Gallet, éditeur, 6, rue Yivienne, Paris.
Même en cas de succession chromatique, il ne paraît pas exact théoriquement de dire qu'il existe plusieurs notes de passage de suite, la note altérée ne comptant que pour une note avec la même note naturelle, qu'elle en soit ou non précédée, de même que la présence dans le linéament mélodique de l'altération d'une note concomitante avec son état naturel dans la tenue d'un accord (ou la réciproque) ne peut constituer qu'un doublement et non un ornement 186, 539).
^P «PiaiTOii
Aucune autre note que celles de passage marquées p ne nous parait avoir un caractère ornemental.
522. Dans un seul cas on pourrait peut-être admettre l'ornement orné, c'est lorsque cet ornement, altéré, semble l'aire, d'après l'écriture ordinaire, un écart dans le sens opposé à sa tendance, en se portant sur un degré altéré lui-même, mais étranger, même comme altéré, à la série en cours.
Reste à savoir si la deuxième écriture ne serait pas plus normale en ce cas (435), quoique inusitée.
11 ne faut pas confondre ce cas avec celui où le sol 8 serait note réelle (518, 519).
Battement — Trille — Grupetto
523. Le même ornement simple répété plusieurs fois prend le nom de battement, et de trille, quand les battements se succèdent avec rapidité.
Battements
Trille
fr supérieur
inférieur (ou pincé)
■: Effet
etc.
etc.
Il est curieux de constater que la sensation de battement persiste, à l'exclusion de celle de dissonance simultanée de seconde, quand le trille est réalisé par plusieurs voix ou instruments exécutant la même partie, quoique les battements ne soient pas dans ce cas isochrones. Il y a là un phénomène analogue à celui de la persistance des impressions lumineuses.
Bien entendu, du reste, il y a des cas où les deux notes du trille ne font qu'arpéger uii fragment d'accord, comme il peut arriver pour toute espèce d'ornement, dont la considéralion disparaîL alors.
Il n'y a aucune raison de ne pas envisager la possibilité du trille inférieur (l'ut supposé note réelle), quoiqu'il n'existe actuellement aucun signe abréviatif pour l'indiquer et qu'on ait eu le tort de le laisser tomber en désuétude. Rameau l'appelait pincé et l'indication de la manière de l'exécuter, au Tableau des agréments précédant le 1er Livre des Pièces de Clavecin, prouve bien que ce n'était pas un simple mordant.
Il existe un curieux exemple de la succession de ces deux espèces de trilles dans sa pièce de clavecin les Soupirs {i<* livre, p. 22 de l'Édition originale) :
Tendrement
Il n'est pas douteux qu'à la basse le même battement indiqué ici schéma tiquement, car d'après le mouvement probable on déviait sans doute en doubler la rapidité) doit continuer sans interruption pour les deux notes liées ré-ut S, ut q-si, malgré l'attribution successive du rôle de note réelle à chacune. Et l'effet est d'autant plus régulier avec un nombre pair de battements que le pincé commençait toujours par la note réelle et le trille par la note d'ornement, d'après la définition des agréments donnée par Rameau lui-même.
Celte élégante ingéniosité d'écriture a disparu dans certaines éditions, ou l'on a eu le grand tort de ratisser beaucoup trop soigneusement les agréments ne correspondant plus a des signes actuellement usités, tout en maintenant parfois les autres, sans faire attention que les espèces différentes sont souvent destinées à se faire pendait! dans la composition.
S'il l'eût eu à sa disposition, Beethoven eût pu employer un signe abrévialif pour le trille inférieur dans ces passages de piano :
Vdagiu île la S' Sonate de piano et vi<
Ad
apu
^ jjjjjjjjjjjjB
l" Somiic pour violoncelle el piano, I.
L'artifice consistant à faire passer sur un même battement des barmonies appartenant à des tonalités diverses, en attribuant successivemenl le rôle de note réelle à chacun des deux degrés, est devenu du reste un procédé courant.
524. L'ornement composé avec des ornements simples alternativement supérieurs el inférieurs forme ce qu'on appelle un grupello :
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TfTffff
L'ornement peut être varié de diverses manières et entremêlé de notes arpégées et de noies réelles.
Ornement Double 525. Vornement peut être double tout en n'affectant qu'une noie réelle.
Il peut même être double avec une seule partie en arpégeant.
Voici un exemple d'ornement double qui donne une idée de la liberté d'écriture du style moderne.
Mouvement modéré de valse
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Tromb.Jt
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Cor
Cordes M
i\- I. as -£f£; —
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Saint-Saëvs, Danse macabre, p. 20.
Diiund, Éditeur-propriétaire (avec autorisation).
Le son pédale la se présente sous trois figures, tenue du cor, broderie .supérieure aux cordes, appoggiature inférieure avec altération aux bois, le mouvement du sol s au /« coïncidant souvent avec la succession sol c^-la des parties chantantes, mais comme interposant un mouvement chromatique à la faveur du silence que comportent celles-ci au 2e temps, et encore avec fa-sol s. Il n'y a là rien de choquant par suite de la faculté que possède l'oreille d'apprécier instinctivement le rôle dominateur de la note réelle la, et aussi grâce aux durées brèves.
526. On peut concevoir un trille en deux sens contraires sur la même note, dont l'effet tout diiïérent du trille en tierces serait très admissible, quoique inusité.
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527. Réciproquement une même note peut servir d'ornement à ses deux notes voisines.
Trilles doubles correspondants
Ornement Multiple ou Polyphone
528. Il y a ornement multiple ou polyphone lorsque plusieurs notes de la même agrégation reçoivent chacune un ornement différent, par exemple s'il y a dualité à la fois dans la note réelle et l'ornement, le plus souvent sous forme de suites de tierces, ou de sixtes, quoique, avec le mouvement contraire surtout, des formules différentes puissent être d'excellent effet en reposant de la fadeur un peu banale de ce genre de successions.
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Mais la multiplicité peut aussi exister dans trois et même plus de trois parties.
529. De pareilles combinaisons formant une sorte à" harmonie dans l'harmonie, n'échappent pas, en ce qui les concerne, aux règles ordinaires. On conçoit du reste que la brièveté de durée s'impose d'autant plus alors que le cas devient plus complexe. À trois parties, les tierces et sixtes, quartes et sixtes, sont très admissibles. Le tout avec toutes les altérations possibles et sans se préoccuper des fausses relations qui se présentent. Les suites de quintes offriraient leur caractère ordinaire de lourdeur inélégante et doivent le plus souvent, en général, être évitées.
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Dans plusieurs de ces exemples figure en outre l'emploi des altérations multiples en sons contraires dont nous avons donné des exemples en traitant des altérations 428, notamment, dans lavant-dernier, l'arpègement de l'agrégation suivante :
Naturelle
Altérée
que la fragmentation rend tout à fait supportable même en réalisation serrée, d'autant mieux qu'il en existerait aussi une justification homophonique en tant que succession :
accords communs à la série FAf?.
Ce dernier genre d'analyse seulement justifierai! des cas comme les suivants, très admissibles, semble-t-il.
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Des successions comme celles-ci sont faciles à analyser même barmoniquemenl
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1JJL
le ton mineur de môme
Pour la seconde, il suffit, au deuxième accord, de supposer tonique que l'accord initial succédant au majeur.
D'autres analogues d'apparence, dont la suivante peut représenter un type des plus complexes, sont généralement considérées comme des licences appartenant à la considération ornementale, et dont les hardiesses sont atténuées par le mouvement contraire.