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Ton V
315. M. Bourgault-Ducoudray {Conférence sur la modalité dans la Musique grecque, du 7 septembre 1878, p. 26, Imprimerie Nationale), en a heureusement précisé le caractère « moins actif, moins concluant (nous dirions plutôt autrement concluant) plus contemplatif que le ton I », en ajoutant : « le majeur a le caractère d'une phrase à la fin de laquelle on met un point ; Yhi/pophrggien a celui d'une phrase à la fin de laquelle on mettrait un point d'exclamation ». Mais, comme nous l'avons dit, nous n'irions pas jusqu'à accepter comme principe la terminaison sur un accord dissonant (246).
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EXEMPLE SCHEMATIQUE
Pour bien déterminer cette tonalité, il ne faut pas hésiter à faire ressortir à la basse, surtout dans les terminaisons, le mouvement de dominante sur tonique, contrairement aux hésitations qui se produisent à cet égard dans la pratique moderne de l'accompagnement du plain-chant. Néanmoins il faut reconnaître que les terminaisons exceptionnelles y peuvent être d'excellent effet (307, 477).
Ton III
316. Ce mode, caractérisé par l'intervalle de demi-ton existant entre sa tonique et aussi sa dominante et leur degré supérieur, semblerait pour ce motif à nos oreilles modernes le plus fade de tous, si l'accord simple de quinte diminuée supporté par la dominante ne lui apportait un élément de rudesse.
EXEMPLE SCHÉMATIQUE
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L'harmonisation de ce ton, en accords simples, à l'état naturel surtout, est chose assez délicate, si on veut lui conserver son caractère, en raison de ce qu'elle sort des habitudes reçues, les théoriciens jusqu'ici n'admettant certaines successions que dans les marches. On se demanderait pourquoi, si on ne se rendait compte de suite qu'il y a là une conséquence naturelle de la négation de cette tonalité elle-même.
Dans cette tonalité, l'accord de sixte sur dominante précédant l'accord tonique dans une cadence est d'un effet particulièrement bon, n'ayant pas du reste à être comparé à celui d'un accord parfait qui n'existe pas sur le si.
Ton IV
317. II peut être agréable aux théoriciens de la note sensible d'en rencontrer une ici. En revanche, la relation de triton du 4e degré avec la tonique rend inexistante la cadence plagale et vient à rencontre de la théorie récente ramenant toute succession à la simple oscillation entre une tonique et les quintes justes aiguës et graves.
EXEMPLE SCHÉMATIQUE
Nous ne comprenons guère pourquoi les Grecs traitaient la modalité hypolydienne de dissolue, sans doute à cause de l'application systématique plus ou moins justifiée à des poésies d'un caractère relâché. Pour nous, nous sommes plutôt porté à le trouver dur, grâce à la relation de triton déjà mentionnée. Cette dureté peut du reste fort bien s'atténuer et se transformer suivant l'inspiration et la volonté du compositeur. En tout cas, il ne viendrait à l'idée de personne de rien trouver de dissolu dans le sublime Adagio du fô* Quatuor de Beethoven.
Ton II 318. La relation de sixte majeure entre la tonique et le 6e degré, comme dans les tons majeurs, donne à ce mode une sorte de rudesse sauvage (musique populaire irlandaise et écossaise) qu'il ne faut pas chercher à atténuer dans l'harmonisation.
EXEMPLE SCHEMATIQUE
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Application de l'Harmonie simple aux^Monodies anciennes
319. L' Harmonie simple sera le plus souvent d'une application convenable aux mélopées anciennes, en raison de- leur caractère, et, en particulier, aucun vrai musicien n'oserait aujourd'hui plaquer sous les nobles canlilènes liturgiques la saveur aigre-douce de la septième dominante avec note sensible.
Dans le travail harmonique dont il s'agit, il suffira d'utiliser les principes connus relatifs aux gammes naturelles, aux cadences, aux demi-modulations, en tenant compte des partis pris propres à chaque cas. Une étude détaillée à cet égard serait d'un haut intérêt, mais ne rentre pas dans le cadre plus général de cet ouvrage.
A titre d'exercice, cherchons quelques harmonies terminales convenables aux 3<= et 4" tons du plain-chant et au Mode dorien.
Voici trois variantes pour le Pange lingua, la lre supposant la gamme III et comportant au dernier accord la basse et la finale mélodique en octave, condition paraissant adéquate à l'esprit des chants liturgiques. La finale serait, relativement à la basse, médianle dans la 2e, très acceptable, quinte dans la 3 , qui vient en dernier lieu comme convenance (Cf 291).
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lre Variante
2e Variante
3? Variante
Dans du si |?, 1 raison de saveur du un simple soin. La dessus.
une pièce comme le Credo, ou la sensation mixolydienne résulte de la constance 'analogue de la 1re variante exigerait la tierce mineure isolée, fait admissible en son caractère particulier, le si j?, comme quinte diminuée, n'y ayant pas place, et la si^, piquante peut-être pour des oreilles éprises de recherches harmoniques, étant contresens que décuplerait bien entendu encore la fâcheuse tierce picarde avec le 2e variante paraît ici excellente, et la 3e comporte la même observation que ci-
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I lre Variante II 2e Variante 3! Variante
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Sensation indécise sans doute pour la 1" variante, consonanle néanmoins (1/2 cadence incomplète en Fa I), et conforme à l'esprit d'une canlilène fondée sur ce parti pris excluant en lui-même la précision.
Dans l'hymne antique à Hélios, où le ton III s'affirme par la tessiture générale et de fréquents repos sur si, l'harmonisation suivante se justifierait d'elle-même.