CONSIDÉRATIONS EXTEN SEVES DANS T/EMPLOI DES DISSONANCES DE CONTACT
Définition
367. Malgré le caractère de certitude que nous parait présenter le principe général de résolution, l'analyse pratique relève une foule de cas où la règle ne paraît pas observée. Nous appelons considérations extensives les conditions spéciales qui expliquent ce phénomène de non-résolution apparente ou réelle.
Parmi ces considérations, deux sont véritablement substantielles à l'harmonie, où leur fonction est nettement caractérisée et n'en remplace pas une autre. Nous voulons parler de la relation de neuvième, dont nous avons déjà traité, et de la pédale, dont nous parlerons plus loin, qui est une véritable considération d'exception.
Les autres sont dues à la faculté merveilleuse, mais indéniable, que possède l'oreille humaine de saisir inconsciemment des rapports même indirects et de reconnaître par action réflexe, à travers de simples approximations, l'application sous-entendue d'un principe nécessaire. Telles sont la considération fragmentaire, la résolution implicite, dont nous allons parler, comme susceptibles d'affecter l'harmonie schématique, X arpège proprement dit, les retards et anticipations, qui n'affectent pas L'harmonie schématique, et dont il sera question plus tard.
Mais gardons-nous bien de parler ici d'exceptions ; il s'agit au contraire de confirmation, par application indirecte, des règles posées. D'autre part, ces faits ne doivent jamais intervenir en théorie initiale.
Il faut ajouter que, dans bien des cas, l'analyse harmonique peut se faire de diverses manières également admissibles, quoique, s'il en est une plus naturelle, elle doive être préférée.
Considération Fragmentaire
368. L'origine évidente en est dans le besoin qu'on a éprouvé de donner avec un petit nombre de parties l'impression d'une harmonie plus nombreuse, au moyen de l'artifice
d'arpège. Une voix incapable de produire à elle seule deux sons simultanés j ^ en donnera
l'impression approchée en les énonçant successivement : la-do ou do-la.
La considération fragmentaire est, si l'on veut, un cas de celle d'arpège, supposant une dissonance dont la résolution est indirecte et parfois sous-entendue, donc étranger aux accords simples, où, en l'absence de dissonances de contact, tous les mouvements sont libres. Elle ne peut donc s'appliquer qu'aux accords dissonants par contact, et encore quand elle présente un caractère de nécessité, inexistante au contraire s'il s'agit d'un simple mouvement mélodique d'arpège doublant seulement une combinaison simultanée entre d'autres parties.
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Schéma
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J j J d -1, h J l .hf±d
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Dans tous ces cas, la résolution n'est en somme que relardée, la note de résolution faisant, avant de l'opérer, un mouvement sur un autre degré de l'agrégation sous- entendue ; mais il est nécessaire de sous-entendre celle-ci pour expliquer le premier mouvement : la considération fragmentaire est donc formelle.
Elle serait inutile, et il n'y aurait qu'un simple arpège extraschémalique dans le redoublement de notes de l'accord, complet dans d'autres parties (502) :
La considération fragmentaire peut se manifester dans plusieurs parties à la fois.
Schéma
Wm
369. Nous sommes amené maintenant à constater un fait des plus remarquables, synthétisé dans les exemples suivants :
Sché
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Schf
Schéma
il La I
En a, la résolution de la septième
do
, quoique retardée, a lieu implicitement par
l'audition du si au 3° temps, mais le mouvement de la neuvième, mi sur ré, n'est que sousentendu à moins de voir de mi à fa une résolution implicite de seconde).
En è, le sous-entendu des résolutions est total, puisque le mouvement du fa au mi et du la au soi n'existe à aucun moment.
En c, même absence de résolution de la dissonance
( ré
f Hi : on pourrait supposer un autre complément pour le schéma.
En d, il s'agit d'un accord bidissonant.
Dans ces cas, suffisamment simples pour que l'oreille admette deux fragments d'accords comme représentant un accord plus complexe, le mouvement naturel du deuxième fragment semble suffisant à satisfaire le sentiment musical.
Il y a là un véritable moyen d'éviter parfois la résolution des dissonances lorsque l'arpègement dans la même agrégation arrive momentanément à un fragment où il n'existe plus de dissonance. Ce procédé peut faciliter l'emploi d'agrégations ultradissonantes en appuyant le moins possible sur les dissonances les plus dures.