SET
« ce ne sont pas des accords, mais des simultanéités transitoires : il n'y a là qu'échange de parties entre deux positions d'un même accord au moyen de notes de passage, d'éléments mélodiques ». En fait, c'est vrai si l'on veut, mais ce n'est pas la question. En somme, tous les accords sont de passage, sauf le premier et le dernier, dans l'œuvre musicale, el chaque partie, dans le plus aride exemple scolastique, exécute forcément un mouvement mélodique quelconque. Mais il s'agit de savoir ici si a et b peuvent s'analyser comme faits harmoniques normaux sans avoir recours à une considération extra schématique comme celle d'ornement, et ils le peuvent certainement. Dans ce cas, la considération harmonique normale doit prévaloir. Deux exemples bien simples nous le feront comprendre. En c, superposons simplement la tenue de l'accord de septième dominante. Sous cette tenue, la note mi ne remplit pas comme en b de fonction harmonique possible en montant ou en descendant : il y a forcément ornement par notes de passage. De même, en rf, pour toutes les notes des tierces et sixtes successives autres que les termes de la tenue, il y a ornement, parce que l'interprétation harmonique n'est pas possible.
II faut ajouter que les notes ornementales ne sont jamais susceptibles d'une durée quelconque comme celles qui jouent un rôle harmonique, et que la brièveté plus ou moins prononcée est un de leurs caractères. Il n'y a aucun inconvénient à prolonger indéfiniment
en b l'agrégation
mi sol
Qui oserait en dire autant en c? En réalité, il n'y a jamais ornement
que quand la note ornée est à l'état de redoublement (513).
Nous ne contestons pas pour cela que les agrégations très complexes demandent esthétiquement une plus prompte résolution, étant de leur nature moins stables, plus éphémères, et c'est pourquoi il n'y aucun intérêt à les dénommer, pas plus qu'à s'attarder dans leurs
Mil
complications ; il n'en est pas inoins vrai qu'on ne doit pas hésiter à attribuer un caractère harmonique même à des successions telles que celle-ci :
Appoggiatures, notes de passage, dira-t-on ! mais appoggiatures harmoniques. Dans ces successions isolées de tout autre accord :
|g* Il le si peut passer en e pour appoggiature harmonique de l'ut,
le ré et le fa pour appoggiature double du mi. Sans doute, le principe des deux faits harmonique ou ornemental n'est pas différent, mais nous croyons avoir déjà suffisamment indiqué dans quel cas il y avait néanmoins lieu de les distinguer, et quel intérêt il y avait a le faire.