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SYSTÈME INTÉGRAL

Constitution générale du Système Intégral

45. Les considérations analytiques successivement exposées nous ont peu à peu amené à une conception du système musical dont nous allons faire l'énoncé sommaire et qui se trouvera justifiée par les laits d'observations consignés plus loin.

Le Système Intégral est en entier contenu dans quatre progressions triples (V. Tableau II)

basées sur le son prime, 1 (A), sur sa tierce majeure supérieure, 5 (B , sur la tierce majeure

supérieure de celle-ci, 52 = 25 (Y), enfin sur la tierce majeure inférieure du son 1,— (X).Lamul-

tiplication ou division des expressions numériques de leurs termes parles puissances de 2 convenables peut ramener dans la même octave les sons représentés. En prenant /W pour son 1 ,

les quatre termes initiaux seront ré !?, fa, la, ut 5.

Puisqu'il ne s'agit que de rapports et de progressions régulières, on pourrait, sans changer le système total, prendre indifféremment pour son prime, à l'exclusion de tous autres sons, tout terme de la colonne A, laquelle, par voie de conséquence, a seule aussi le privilège de contenir tout chef de série et même tout degré maître. C'est ce qu'on peut voir en réalisant la suite des modulations progressives par le glissement tout d'une pièce par échelons des limites indiquées au Tableau II (41).

Toute autre progression triple que X, A, B, Y, (par exemple basée sur le son o3 = 125, dont l'expression est pourtant relativement simple) ne peut amener que des termes inadmissibles dans la théorie primordiale, toujours dominée par le principe de primogéniture, comme appartenant à des séries en double emploi avec celles qui résultent normalement de la modulation progressive. Peu importe la possibilité, en fait, pour de pareils degrés, de se produire, et même parfois nécessairement, dans les intonations vocales. Cela prouve simplement que la modulation totale est impossible sans déviations par les seules intonations naturelles vocales, à moins d'employer le concours d'instruments d'accompagnement donnant pour le raccordement par flexions, des points de repère indispensables mais souvent artificiels (151 et s.).

Cette exclusion, nous le savons, est tout autre que celle des sons quelconques étrangers à la chaîne de consonances issue du son prime, puisqu'elle vise des sons faisant partie de cette chaîne et dont l'intonation vocale normale est concevable, mais qui amèneraient des déviations contraires &a principe philosophique d'unité dans l'œuvre d'art. Ne l'oublions pas, le son prime est diapason, et comme lui tous les termes de la colonne A. Begarder la fonction de degré maître comme susceptible d'être transférée aux degrés d'autres colonnes serait admettre de continuels changements de diapason que nous croyons inconciliables avec le principe qui vient d'être mentionné.

46. Sous un autre point de vue, la colonne B n'est que la collection des sons 5 engendrés par chacun des termes de la colonne A, donc nécessairement entre eux en progression de quintes justes comme ceux-ci. Même observation pour Y vis-à-vis de B et Avis-à-vis de X.

47. On peut déclarer clos le débat séculaire qui divisait les théoricien s. Les Systèmes Primaire et Secondaire, tout en conservant des fonctions distinctes dont la considération est essentielle à l'analyse, n'ont pas en effet isolément d'existence séparée et ne sont que les deux affluents voisins et parallèles également légitimes, mêlant continuellement leurs cours pour alimenter un organisme unique que nous appelons Système Intégral. Sans le parti pris de conditions restrictives incompatibles avec la liberté de l'artiste, en tous cas susceptibles

d'une application seulement momentanée, il n'est guère possible de concevoir la plus simple mélodie chantée au moyen des intonations d'un seul système. Harmoniqttement, une simultanéité isolée semble appartenir de droit au système primaire, qui a à sa base l'accord parfait complet ; mais une succession d'accords n'étant que la résultanle de la superposition de plusieurs linéaments mélodiques, il y a là un point délicat à étudier.

48. Nous avons déjà indiqué les motifs de rejeter le système pythagoricien en tant qu'absolu. Mais il ne serait pas plus fondé d'en admettre l'emploi partiel seulement comme moyen de réalisation plus facile pour la voix et non pas comme but Les intonations de cette espèce, se produisant monodiquement dans les conditions qui leur sont propres, paraissent non seulement plus aisées, mais préférables, et se maintiennent naturellement d'une manière indéfinie sans flexion (104, 131, 132, 146). Harmoniquement, elles sont nécessaires dans la conception de la modulation normale (40 et s. 137 et s.) ; en particulier, dans les modulations progressives, nous voyons tous les termes de la colonne A devenir successivement degrés du système primaire, donc fixes dans le système intégral, suivant chaque série considérée.

49. Diatoniquement, le Système Intégral, en série UT, peut se synthétiser de deux manières, d'abord en présentant un fragment du Tableau II sous une forme particulièrement compréhensive :

Oscillations supérieures secondaires. . . .

Degré mixte

Degrés maîtres ou fixes.

Degrés subordonnés.

Oscillation inférieure intra-primaire.

Oscillations inférieures extra-primaires.

La seconde manière est par degrés conjoints en forme de gamme : Oscillations secondaires. .

Intonations primaires. . .

Oscillation intra-primaire.

Oscillations sous-primaires

ut

ré

re nu

nu

ut

fa

sol la

la

si

Si

sol

Nous appelons maîtres ou fixes (quoique cette fixité ne soit pas absolue) les trois degrés ut, fa, sol, communs aux systèmes primaire et secondaire, comme l'est aussi la forme haute du ré, qualifié de mixte, en raison de son oscillation intra-primaire. Il est remarquable que les clés usuelles déterminent, comme points de repère pour les intonations, justement les degrés fixes de la série diatonique sans accidents.

La, mi et si, que nous appelons degrés subordonnés, sont susceptibles des oscillations supérieures la, mi et n, qui, appliquées à la fois, déterminent la gamme pythagoricienne ou secondaire.

Le ré, au contraire, dans Vintèrieur du système primaire, admet une oscillation inférieure rendant faible le ton ui-ré et fort le ton ré-mi, mais d'une application moins générale que la précédente et restreinte à des cas déterminés; son caractère est donc mixte.

Enfin les degrés maîtres eux-mêmes, quoique dits aussi fixes, comportent pourtant parfois une oscillation inférieure plus rare encore, admissible comme extension du diatonique, mais extérieure au primaire. Nous l'appelons sous-primaire ; les conditions en seront établies plus tard ^30, 116, 129).

Le mot oscillation indique la possibilité de deux sons homonymes à distance de comma, pouvant, quand il y a lieu, fléchir l'un vers l'autre, et non celle d'intonations flottant à volonté entre ces deux limites. Ces variantes ne sont du reste nullement étrangères l'une à l'autre, pouvant remonter à un auteur commun et être reliées entre elles par une chaîne ininterrompue de consonances (12).

Intervalles du Système Intégral

50. Si on envisage les intervalles compris au Tableau III, on trouve qu'avec les combinaisons entre degrés de systèmes différents (mixtes), chacun est susceptible de trois formes, sauf la tierce majeure et la quinte diminuée, qui n'en comportent que deux.

51. Tout intervalle peut être considéré comme fonction de trois éléments seulement,

ton fort T, demi-ton diatonique fort t et comma ordinaire \c = — • ) . Pour être mieux

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