AFFINITÉ
n a pas une action particulière à exprimer, il est biem indifferent pour la nature de l’effet, que ce soit par’ de l’hydrogène ou de l’oxigène libres ou engagéss qu’elle soit produite ; il n’y a aucune différence dans* la cause et pas plus de différence dans les résultats : c’est toujours de l’hydrogène qui passe à de l’oxigène' en substitution à du calorique ou du calorique quii passe au même corps en substitution à de l’hydrogène, et qui produit la combinaison ou la décorablnaison.
L’affinité, d’après cela, est une; c’est la tendance! de la matière à redevenir inerte, et quoique ce butt ne puisse être entièrement atteint, la matière n’en fait; pas moins un acheminement vers ce but ; car toutes substitution de l’hydrogène au calorique , quelque; faible qu’elle soit, est un pas de fait sur cette voie;: la différence d’affinité de l’bxigène avec le caloriquct* qu’avec l’hydrogène s’oppose à ce que l’intervalle soit'* tout-à-fait franchi. La liaison entre la matière devient? un effet natuz’el dès l’instant qu’on admet que l’oxi-gène ne peut être sans saturation, et qu’il se laisser saturer, tant par du calorique que par de la matièrei combustible et par l’un pour l’autre, dans des rapports déterminés et calculés pour son entière saturation. Cette combinaison du calorique avec l’oxigène; est aussi intime que celle de l’hydrogène , et aucunéi baisse de température, aucune compression, ne peutt en séparer la moindre partie. La décomposition se* fait par la substitution d’un combustible plus fort ài un combustible plus faible; ce qui, en déplaçant davantage du calorique, fait faire à l’oxigène un pasi de plus vers l’inorganisation. La décomposition par' le calorique consiste dans la substitution de l’un des;
CHIMIQUE
li états de cette matière à de l’hydrogène près de l’oxi- I gène,- ou à un combustible près d’un comburant. Les I deux corps retournent à ce que primitivement ils I étaient : Tun reprend sa saturation par du calorique,
; et l’autre cesse d’occuper une place près de l’oxigène. y L’affinité est, ou active, ou passive, c’est-à-dire i( que dans toute combinaison chimique, l’un des corps f agit comme comburant. et l’autre, comme combustible, f Par agir comme comburant, on doit entendre que le
Î corps éprouve le déplacement dans son calorique, et par agir comme combustible , qu’il opère le même déplacement. Ces qualités sont relatives pour la plu- [I part des corps.
i Le gaz oxigène est comburant vis-à-vis de tous les ' corps, et l’hydrogène et les métaux réduits sont com- 1 bustibles vis-à-vis de l’oxlgène et des corps qnl en j| contiennent : l’un des corps comburans doit contenir :3 de ce principe pour qu’il puisse y avoir combinaison, i car c’est l’oxigène seul 'qui peut être engagé avec le i calorique et, par conséquent, qui peut en offrir à !i déplacer à un corps combustible. L’hydrogène, comme ■; nous l’avons dit, ne contracte point d’engagement ^ avec lui.
Plus la qualité comburante s’éloigne de la qualité '1 combustible , plus est forte la combinaison : c’est pourquoi l’oxigène forme avec niydrogène une corn- : blnaison qui ne peut être désunie que par le calo-
^ rlque.
La force de la combinaison se mesure d’après l’in- I tensité de la combustion ou d’après la quantité de U calorique qui dans le même temps est déplacée d’avec j la meme quantité d’oxlgène ; cependant une infinité 1 de circonstances rendent ce mode de mesurer sujet I à l’erreur.
affinité
ne opposition très-grande dans les qualités comburante et combustible est encore plus souvent défavorable a la combinaison qu’une opposition trèspetite, et les oxides se combinent plus aisément entr’eux que l’oxigène ne se combine avec les métaux ; et ceux-ci ne se combinent déjà pas avec les acides; le carbone et l’azote, pas avec le chlore ni avec l’iode,' dont cependant les acides se combinent avec d’autres acides.
L écbauffemcnt aide la combinaison en ce que le calorique augmente la qualité comburante et fortifie la qualité combustible; ce qu’il fait l’un et l’autre en se joignant a l’oxigène des corps, d’où résulte que loxigène de 1 un offre plus de calorique à déplacer, et que l’hydrogène de l’autre est plus surcombiné à 1 oxigene. C est pendant la baisse de la température que se fait la combinaison. Souvent un combustible a besoin de s’adjoindre du calorique pour pouvoir être engagé par un comburant, et ce calorique lui reste alors fixement attaché pendant tout le temps que subsiste la combinaison, laquelle il dpit soutenir en rendant le corps plus combustible : il y a en chimie de nombreux exemples de cette action; la zircone anhydreuse, qui ne peut pas plus se combiner avec les acides qu avec 1 eau , après avoir été engagée dans une combinaison qu’elle a contractée au feu et où elle gère comme acide, se combine tres-bien avec ces deux corps; et elle laisse échapper, sous forme de lumière, le calorique au moment où par la chaleur on la dépouille d’eau. C’est en devenant plus coinliuslible que la vapeur de l’eau s’engage avec l’osigène de l’air, et qu’au feu les corps contractent des engagcraens qui sont en apposition avec les affinités;
' CHIMIQUE
que l’eau chasse l’acide carbonique de la baryte, etc. Un corps ne peut demander ce calorique qu’autant qu’il agit comme combustible : quand il agit comme comburant, il en a toujours trop pour la combinaison, puisqu’il doit en abandonner.
Les combinaisons entre les matières comburantes et combustibles sont, ou primaires ou secondaires; celles-ci se font entre des corps déjà composés, et sont les plus nombreuses; celles-là ont lieu entre l’oxigène et les corps exempts de ce principe, et ce ne sont, par conséquent, que l’hydrogène et les métaux qui peuvent les contracter. Les unes sont des combustions et les autres des surcombustions : il s’engage dans les deux autant d’hydrogène qu’il se dégage de calorique, de manière à ce que l’oxigène soit toujours saturé.
Comme entre deux corps réduits il ne peut y avoir de combinaison, le calorique qui se dégage lorsque deux corps semblables se pénètrent, est du calorique de forme ou simplement d’interposition. Nous avons vu plus haut la différence entre les diverses manières d’exister du calorique.
L’affinité qu’on a tant sous-divisée d’après les circonstances dans lesquelles elle s’exerce, n’est susceptible que de la seule distinction en affinité apparente et affinité réelle; par la première, on peut désigner l’affinité de mélange homogène, laquelle n’est que de pénétration, et 1 affinité physique, laquelle, bien que s’établissant avec déplacement de calorique, peut cesser par le seul effet de la chaleur. L’affinité réelle est la vraie affinité chimique, dont celle physique est une modification.
La combinaison avec engagement de calorique est
affinité
une décornhinaison : elle a lieu en vertu d’une affînite antichimique et consisie en ce qu’on appelle solution. Nous avons eu occasion d’en parler.
Les combinaisons que l'on croit obtenir en vertu du rapprochement des parties des corps par la compressmn, sont l’effet de l’expression de la chaleur. Ce moyen si efficace n’est pas assez employé.
La capacité d un corps est en raison de son contenu eu oxigène, et son intensité, en raison de l’hydrogène dont cet oxigène est surcombiné. Il est donc intense en raison de son moindre contenu en calorique; aussi ces deux qualités se sont-elles très-souvent réciproquement inverses. La combinaison est une combustion qui est large en raison de la quantité relative de l’oxigène à laquelle correspond la quantité absolue du calorique; mais plus de calorique n’augmente pas sa capacité, comme moins de calorique ne la diminue pas; et si le calorique augmente l’activité comburante comme elle fortifie 1 activité combustible, ce n’est que temporairement et pour cesser de le faire dès l’instant que le corps n est plus échauffé. Le calorique n’est utile qu’afîn de pi oportionner 1 oxigène au niveau de ce qui manque en force combustible pour sa saturation, et ce calorique doit préexister dans le corps, sans quoi il n’y a pas de combinaison; le calorique d’addition se joint au combustible pour en soutenir la combustibilité , et non au comburant; et pour chaque corps, tant réduit qu’oxidé , il y a un proportionnement entre les trois principes qui ne peut en la moindre chose varier. Cela dépend entièrement du rapport d’affinité entre le caloritjue et 1 hydrogène pour l’oxigène ; et le proportionnement par multiples est l’effet et non la cause de ce rapport. Une constitution donnée de corps peut accom-
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moder un clat donné de l’oxigène pour sa saturation, et pas une autre constitution ; mais ce qui ne peut accommoder un état, peut accommoder un autre état; et les corps qui ne peuvent plus agir comme oxides peuvent encore agir comme acides : le corps cliange alors de rôle, et moins il est resté apte à déplacer du calorique, plus il est devenu apte à en laisser déplacer. C’est pourquoi rien n’est moins absolu jiarmi les corps compçsés que le caractère de combustible et le caractère de comburant. Une forme donnée de corps résulte toujours de principes donnés dans des proportions données et existe d’une manière donnée. Voilà ce que l’on peut dire de la matière , de scs pi'opriétés et de ses combinaisons.
En concevant bien le besoin de saturation de l’oxigène et le proportionnement rigoureux entre l’hydrogène et le calorique ' pour cette saturation, qui en résulte, l’affinité chimi(jue devient un effet au lieu d’ètre une cause de la combinaison. Il ne peut en effet y avoir dans le proportionnement entre le calorique et l’hydrogène, pour cette saturation, une particule môme imperceptible de l’une ou l’autre matière en défaut, sans qtie la combinaison ne rencontre un obstacle insurmontable : et il n’est pas indifférent par laquelle des deux matières il soit suppléé au défaut; car au-delà des limites des proportions déterminées , l’hj'drogène ne sature plus pour le caloriqtie, et le calorique, plus .pour l’hydrogène; et telle nature d’oxigène ne cède en échange de telle nature d’hydrogène, que du calorlqixe en tel rapport, et ni plus ni moins sur une partie comme sur des milliards de parties : un oxide d’avec l’oxigène duquel un axilrc oxide a déplacé la moindre portion de calori-
affinité chimique.
que, ne peut plus avec aucun acide composer un sel. La doctrine des proportions déterminées tient sa consistance de celle du calorique; et si aucune saturation n’est intermédiaire, ni aucun rapport fractionnel, c’est que ce ne sont que pour des effets entiers et pour des compositions prononcées, que le calorique souffre d’être désuni; et si de quelque chose la conception des élémens des corps sous la forme d’atomes peut acquérir du lustre, c’est bien de cette theone simple de la combinaison, car en supposant que c est j)ar masses données que la matière s’engage, on conçoit de suite la détermination des rapports. Les corps qui n’ont pas de calorique à perdie, et ceux qui n’ont pas d’oxigène ne sauraient eu avoir , ne s’engageront pas chimiquement entr’eux : ils forment des mélanges en des rapports sans autres limites que les différences dans leurs propriétés physiques. Les alliages des métaux sont dans ce cas, et les corps dont les affinités sont satisfaites et qui par des combinaisons ont acquis de la licpiidité, peuvent aussi en des rapports sans limites se mêler.