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aisé à exécuter sur-tout vis-à-vis des corps réduits, la séparation de l’hydrogène d’avec de pareils corps n’exigeant aucune dépense en calorique et l’hydrogène étant gazeux indépendamment du calorique.
Prenons pour exemple d’une pareille substitution de l’eau à l’hydrogène, le métal de l’ammoniaque dont la composition est reconnue et. le contenu en ce principe constaté. Qu’à une proportion, y, de ce métal on ajoute une proportion, 8,5, d’eau ; n’est-il pas plus raisonnable de concevoh’ que l’eau , sans se décomposer , déplacera d’avec le métal une proportion d’hydrogène et entrera avec sa proportion propre d’hydrogène en engagement avec le métal soushydrogéné, que de supposer que l’eau se décomposerait à l’état libre pour de nouveau se composer à 1 état engagé. Ce qui peut être vrai pour V ammoniaciim doit pouvoir l’être pour tous les autres métaux, car la différence entre ce métal et les autres métaux, consiste en ce qu’au feu il échange trois proportions d’hydrogène conti’e une proportion d’oxigèiie , et trois proportions de calorique ou quatre proportions du même principe, contre une proportion deau pourvue de ces trois proportions de calorique. L oxigène de 1 eau doit dans cette combinaison éprouver un nouveau déplacement dans son calorique de la part des sept proportions d’hydrogène restantes du métal , sans quoi il ne pourrait se combiner.
Les métaux trop faibles pour déplacer beaucoup de calorique d’avec l’eau, ne s’oxident pas par ce liquide. Ils ne peuvent que former de l’eau par de l’oxigène fibre ou faiblement engagé, qu’ils surcombinent ou ne surcombinent pas ou même laissent souscombiné de calorique aux proportions de l’eau.
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Cela ne change rien à leur nature générale d’oxlde, et trace seulement la limite de saturation où l’hydrogène est encore séparable d’avec l’oxigène par d’autres agens que le calorique, laquelle limite est dans l’eau; et les seconds oxides pas plus que les oxides faibles ne peuvent se former par l’eau.
Lorsqu’un métal s’oxide par l’eau à la faveur d’un acide , et, comme on dit, par l’intermède d’un tel corps, comme une cause qui agit postérieurement à son effet ne peut être conçue , on doit penser que l’hydrate de l’acide se met indécomposé et par une proportion de sa substance, à la place d’une propor- , tion d’hydrogène , d’où résulte à la fois et par un travail unique, un oxide et un sel.
Figurons - nous une proportion d’hydrate d’acide sulfurique, composé de 87, 5 de cet acide et de 8,
5 d’eau, ensemble, 46; que cet hydrate, sans se dé- ^ sunir quoique dissous dans l’eau , se substitue près d’une proportion de zinc, 33, à une proportion, i , d’hydrogène, il en résultera, par un effet simultané, une proportion, 40 > 5, d’oxide de zinc, en union . avec une proportion, 37 , 5, d’acide sulfurique et formant du sulfate, dont le nombre est 78. De l’acide muriatique est-il substitué à l’acide sulfurique, une proportion, 33, de cet acide, sans être dissoute dans l’eau, prendra également près d’une proportion, 33, de zinc la place d’une proportion d’hydrogène et formera une proportion, 66, de muriate sec de zinc. L’etain, dans la même circonstance , ne formerait que son premier muriate, le second ne pouvant se former par l’eau, j laquelle ne saurait d’avec un métal , déplacer plus | d’une seule proportion d’hydrogène, ni, par conséquent, , s’y engager par plus d’une proportion de sa matière. ^
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Cependant l’oxigène, à la faveur du calorique que le sel dépose en se cristallisant, peut se concentrer dans une demie proportion de métal, l’autre demie proportion se séparant réduite et cristallisée , et ainsi former une demie proportion de second sel , ayant le double d’oxigène et d’acide que le premier, ou la moitié seulement de métal que celui-ci.
Pourquoi le mercure ou autres métaux faibles ne prennent-ils point leur oxigène sur l’eau plutôt que de le prendi’e sur l’acide sulfurique, lorsqu’ils sont en réaction simultanée avec ces deux corps? Parce qu’ils ne peuvent le recevoir en déplacement d’hydrO' gène, et ont tout au plus une proportion d’hydrogène à laisser déplacer. Cependant l’étain, réagissant sur de l’acide nitrique, dont les premières proportions d’oxigène se détachent si aisément, préfère de s’adjoindre l’hydrate indécomposé de cet acide, que de décomposer celui-ci, ainsi que le prouve l’ammoniaque qui est produite de son hydrogène avec l’azote de l’acide.
Ce n’est pas que lorsqu’un métal est oxldé par l’eau d’un acide, il ne l’est comme s’il l’était par toute autre eau; mais l’hydrogène, qui ne se dégage pas, est brûlé, et le calorique qui en résulte aide 1 eau à oxider le métal. Et l’oxigène qui se détache d un acide ne serait pas plus pourvu de calorique qu il ne lest dans leau, s il s’en détachait tout à la fois, parce qu’alors autant de proportions d’hydrogène que le combustible acidifiable en porte en surcombinaison à son acide sec, deviendraient libres; mais lorsqu’une ou deux proportions seulement sç retirent, ainsi que cela a lieu pour l’acide nitrique, alors ces proportions s’en vont accompagnées de tout
le calorique que l’hydrogène devenu en surrapport , déplace d’avec l’oxigène qui reste; ainsi, si l’acide nitrique cède à un métal deux proportions d’oxigène, alors deux proportions d’hydrogène cessent d’étre saturées en eau, et, se surcombinant aux trois autres proportions, en déplacent trois proportions de calorique lesquelles se retirent avec l’oxigène soustrait. G’est à cela seul qu’est dû que des métaux qui ne peuvent être oxidés par l’eau, le sont par l’acide nitrique; le tout dépend de ce que l’oxigène soit proporlionné de calorique pour la nature de l'engagement qu’il doit contracter.
Lorsqu’un comburant acidifiable oxide un métal, ' l’eau ne peut y prendre aucune part, parce que dans,? un tel comburant il n’y a que de l’acide sec et de ' î’oxigêne, et pas d’eau; cependant, si ces corps étaient constitués tels que le suppose Berzelius, alors ils au-' j raient en outre de l’eau, et le chlore aurait deux ! proportions de ce liquide.
Un combustible acidifiable est moins facilement , déplacé par l’eau dans son hydrogène, que l’est un ■ corps réduit, parce que cet hydrogène doit être rem-"' placé par du calorique près de l’oxigène de l’acide, sec, ce qui oblige de faire rougir le corps, et il exige ; presque toujours que son déplacement soit complet, i
Le cai’bone , le soufre , le phosphore , lorsqu’on j les acidifie par l’eau , se partagent en deux parties , j dont l’une emporte tout l’hydrogène et dont l’autre i jirend de l’eau en échange de ce principe : c’est ainsi '! que du charbon l’ougi au blanc, étant traversé par j de la vapeur d’eau, se partage en une proportion d’acide carbonique d’un côté , et en deux proportions ; d’hydrogène carboné de l’autre côté, de deux pro-
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)orlions (le carbone, lune prenant deux proportions l’hydrogène, et l’autre recevant deux proportions l’eau, ce qui fait précisément 21 d’acide carbonique :t 8 d’hydrogène carboné, qui résultent de 12 de larbone avec 17 d’eau. C’est parce que de celte réjartition de l’eau entre deux portions de carbone, il le peut résulter une moindre saturation de ce com- )ustible avec l’hydrogène , et que cette saturation le se fait que par le déplacement de l’hydrogène :n adhérence avec le carbone, et de la manière quil dent d’élre dit; que du charbon incandescent, ni néme de la houille, avec l’eau, on ne peut obtenir lu carbone hydrogéné, mais que de la houille seule, qui :ontient de l’hydrogène surcombiné, on dégage du car- )one hydrogéné, pourvu que la chaleur ne soit pas issez forte pour le souscarboner après qu’il est surjarboné.
Le partage du soufre en hydrogène sulfuré et en icide , par l’eau , ne peut donner que de l’oxide do ioufre et de l’hydrogène sulfuré ; aussi sont-ce là es produits que l’on obtient lorsque par de l’eau > les sulfures sont changés de composition. Une pro- Dortion de soufre , 7 , 5 , se combine avec une proportion d’eau en échange d’une proportion d’hydrogène, et forme de l’acide sulfureux; la proportion d’hydrogène se surcombine à deux proportions de soufre, i5, et forme de l’hydrogène sulfuré, et une quatrième proportion de soufre , 7 , 5 , se surcombine à l’acide sulfureux et en fait de l’oxide de soufre. Lorsque l’oxide de soufre, lequel n’a point d’existence incombinée, ne peut rester engagé, le partage du soufre par l’eau ne saurait avoir lieu. Toutefois siy proportions de soufre seraient par deux propor-
eau.
tiens d eau, converties en deux proportions d’acide sulfureux et deux proportions d’hydrogène sulfuré,
51 ces deux corps, après leur formation, ne devaient être l’un par l’autre détruits.
Une proportion, lo, de phosphore étant par une proportion, 7, 5, d’oxigène saturé en sous -acide, si une proportion au lieu d’une proportion et demie du meme combustible avec une proportion , i , d’hydrogène, formait du phosphore hydrogéné, alors deux proportions de phosphore avee une proportion d’eau, se partageraient en une proportion d’acide phosphoreux et une proportion de phosphore hydrogéné ; mais alors une pi’oportion de phosphure de métal réduit, où paraissent se trouver i5 de phosphore , serait, par une proportion d’eau, oxidée dans son métal, mais seulement aux deux tiers hydrogénée dans son phosphore, et ne pourrait, par conséquent, for- | mer une chaîne éleclro- chimique. ■
Toutes ces difficultés se présenteraient-elles si l’eau ■ se décomposant, ses principes pouvaient se répartir 1
entre des portions inégales des combustibles cités; mais j
• • •’ ce liquide n’est point décomposé , et il ne se substitue I
à l’hydrogène d’une proportion de combustible qu’au- |
tant qu’une autre proportion de ce combustible ne '
puisse se retirer avec l’hydrogène déplacé et auquel
il était déjà adhérent; le carbone, dont proportions ;
égales forment, avec les élémens de l’eau, de l’acide :
carbonique et de l’hydrogène carboné , peut avec ce
liquide compléter une chaîne électro-chimique ; mais |
le soufre pas plus que le phosphore ne sont dans le
même cas; et la répartition de trois proportions d’eau <
entre deux proportions d’azote formeraient une pro- ^
portion d’acide hyponitreux et une proportion d’amino-
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niaque , lesquels étant l’un par l’autre détruits e résous en azote et en eau, ne peuvent se former; et il y aurait , comme avec le soufre , deux proportions d’eau en excès à la chaîne électro-chimique. Deux proportions d’azote avec une proportion i’éau , lesquelles établiraient cette chaîne, ne pourraient être partagées qu’en une proportion d’oxide d’azote et une proportion d’azote hydrogéné lequel n’a pas encore été obtenu.
Lorsque de l’acide muriatique réagit sur un sulfure de métal , si c’est le premier sulfure de fer ou le bulfure d’antimoine , on peut concevoir que le gaz de cet acide se substitue à l’hydrogène du métal , lequel restant en adhérence avec le soufre , se dégage sous forme de gaz hydrogène sulfuré, i5 de soufre avec Il d’hydrogène et 3g, 5 d’antimoine ou 24 de fer sous-* hydrogénés, avec 33 de gaz acide muriatique. Le sursulfure de fer ne peut être ainsi décomposé à cause de son excès de soufre à la formation de la chaîne Électro-chimique, à moins que l’eau n’oxidât le fer au second degré, mais cette oxidation n’a pas lieu. Proportions égales de fer réduit et de soufre, étant, :avec de 1 eau , formées en pâte , comme si on voulait faire de l’éthiops martial , s’échauffe et se réduit en une poudre noire , fine, semblable à cet éthiops, let qui avec 1 acide sulfurique ou l’acide muriatique toute la quantité possible d’hydrogène sulfuré : et si du carbure d’un métal , fait d’égales proportions et tel que de 6 de carbone avec 2 5 de fer pouvait être obtenu , il ne composerait également cette chaîne à moins que le fer pût être déplacé dans deux proportions d’hydrogène et être oxidé au second degié; mais cet effet n’aurail pas plus lieu tj[u’aYec
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le soufre, et le carbure simple de fer ne serait, par l’acide sulfurique ou l’acide muriatique, pas plus décomposé que ne l’est le sulfure double du mêmemé-tal ; celte différence dépend de ce que pour se former en hydrogène carboné , une proportion de car- bone prend deux proportions d’hydrogène, lesquelles » ne peuvent être fournies par une proportion d’eau, ■ La réduction de la potasse offre l’exemple d’une» oxidation suivie d’une réduction et terminée par une» oxidation, au moyen de l’eau et de ses principes. Les 5 oxides doivent être à l’état d’hydrates pour que l’opé-'ration puisse avoir du succès. La proportion de ce? liquide qui hydrate une proportion, supposée de po-tasse, déplace d’avec une proportion de fer une pro- •• portion d’hydrogène, laquelle proportion va se subs- tiluer près de la potasse, à une proportion d’eau, etfc cette eau prend, en dei'nier effet, près d’une seconde; proportion de fer , la place d’une seconde proportion; d’hydrogène, laquelle se gazifie. Ainsi, dans cette opé-ration, deux proportions d’oxide de fer sont forméesi pour une proportion de potasse qui est réduite;, c’est t parce que l’effet de la seconde oxidation du fer est; postérieur à celui de la réduction de l’alcali, que l’ap- ■ parition de cet hydrogène est aussi postérieure à celle • du métal. Avec les oxides anhydres de potasse et de t soude on n’obtient point de réduction; et l’on n’enï obtient pas davantage lorsqu’après avoir mêlé à froid’! les hydrates avec de la limaille de fer, on fait rougir* le mélange, parce qu’alors les oxides sont déjà par le fer enlevés dans leur eau d’hydratation avant que; leur eau d’oxidation soit assez proportionnée de ca-^lorique pour pouvoir s’isoler. j
Sous la pile, comme ailleurs, l’eau oxide en se>
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substituant à l’hydrogène, malgré que là elle pourrait le faire par son oxigène ; mais l’effet de cette substitution est si simple qu’elle s’opère déjà avant que l’eau soit décomposée; cependant, la pile oxide eu second et suroxide par l’oxigène de l’eau, les corps qui sont placés à son pôle positif ; et elle réduit , en substituant à leur eau , de l’hydrogène accompagné de fluide^ électrique , les oxides qui sont placés à son pôle négatif. Le second oxigène, que les oxidules ne peuvent recevoir par la substitution de l’eaii à de l’hydrogène, ils ne le perdent aussi pas par : la substitution de l’hydrogène à de l’eau , mais par son enlèvement, à l’aide d’hydrogène, d’un autre combustible ou de calorique incandescent; et c’est peut-être ; parce que les oxidules des métaux réductibles au feu n’ont pas d’oxigène qui doive être déplacé sous forme d’eau que leurs oxides , en se réduisant par le feu ,
I au lieu d’être abaissés dans leur oxidation, sont toutà-fait réduits. L’oxidule de mercure que l’on soumet à cette réduction, devient oxide avant de devenir i métal, et celui-ci est déjà revivifié avant que de l’o.xi- 1 gène se soit encore dégagé.
Leau qui, à l’état libre, n’a qu’un seul proporllonnement entre ses principes et qui ne saurait pas en avoir davantage, la saturation entre trois élémens ne pouvant varier, en se sousproportlonnant diver- ; sement, à 1 état engagé, avec son principe impondérable, constitue le plus grand nombre des corps composés; c’est ainsi que naissent les oxides, les hy-
Idrates , presque tous les corps, hors les métaux l'éduils; et jusques dans les radicaux des acides à combustibles , on peut concevoir qu’il existe de l’eau :
I seulement dans les acides, où elle est engagée en nua-
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lité d’oxide , l’cau conserve son proportionnement, naturel.
L’eau, en se congelant, ne perd, comme il a déjà été dit, que son calorique de forme; et elle n’eu acqtiiert que de forme en se mettant en vapeur. Cependant , la glace agit plus activement comme combu- , rant, et moins activement comme combustible, que l’eau, et l’eau, plus activement et moins activement dans les memes qualités que la vapeur; c’est pour- v quoi la glace s’unit volontiers aux oxides et aux sousacides, l’eau aux acides et la vapeur à l’oxigène ; c’est qu’avec moins de calorique, la glace a relativement plus d’oxigène , et avec plus de calorique, l’eau re- ‘î lativement plus d’hydrogène, et la vapeur plus de ,i celui-ci, que l’eau : la quantité absolue reste la même, mais, suivant que l’hydrogène est plus ou moins dé- ' placé par le calorique d’avec l’oxlgène , il peut plus ou moins agir comme combustible, et son oxigène, plus ou moins comme comburant, et l’effet de la chaleur et du froid est le même sur tous les corps chimiquement agissans.
L’eau, par sa décomposition, est l’agent actif de la vie végétale, et, par sa recomposition, l’agent actif de la vie animale : elle est encore, comme nous venons de le voir, le grand agent des procédés dans le règne inoi’ganique, où son hydi’ogène oxidé se met fréquemment à la place d’hydrogène réduit.
La doctrine des proportions déterminées a pris naissance dès l’instant que Bergman a vu que plus un métal s’oxidait , plus il acquérait de capacité pour saturer les acides. Tout ce que nous avons appris depuis se rapporte à ce fait, et n’en est qu’une conséquence et une application plus étendue.
Il n’existe aucun rapport de poids entre les quantités des divers métaux qu’une quantité égale d’oxigène ! oxide, et il n’en existe pas davantage entre les poids des combustibles acidifiables que l’hydrogène sature
10U que l’oxigéne acidifie ; mais entre ces combustibles et les métaux, il l’ègne le même rapport qu’entre ceux-ci et l’oxigène et qu’entre les oxides des métaux et les acides ; comme si le proportionnement n’avait pour objet que de produire des sels. Tous les autres rapports sont subordonnés à ceux-ci.
Après Bergman est venu Ricbter , qui a posé les bases du calcul stoechiométrique ; ensuite Proust , Higgins , Dalton , Gay-Lussac , Berzelius , Davy , Trommsdorff, Gilbert, WoÛaston , Doebereiner , Schweigger, Melnecke , Thomson.
Richter a en outre établi que lorsque les corps se combinent dans plus d’une proportion, les secondes combinaisons se font toujours dans des rapports simiples des premières : et en effet , les unions qui ne sui- Ivent pas cette loi, ne sont pas des combinaisons chimirpies', ce ne peuvent être que des mélanges , caries jproportionnemens intermédiaires se font encore dans des rapports qui sont des multiples ou des sous-divi-
sions de la première ou de la dernière proportion. Il a calculé, d’après un seul sel, le contenu en oxigène dans les oxides de la plupart des autres sels; et l’expérience a confirmé ses estimations. La table qu’il a dressée d’après ces lois de rapport, embrasse l’ensemble des sels connus jusqu’à son temps.
Higgins a posé la base de l’atomométrie chimique. Le grand inconvénient de sa méthode est que la plus petite particule d’un corps n’est plus susceptible d’être ultérieurement divisée : on peut, il est vrai, changer la valeur de cette particule ; mais on ne peut la sousdiviser qu’en nombres entiers ; ce qui la rendra toujours sujette à faire fléchir les indications des faits devant les indications des nombres.
Gay-Lussac, à qui la découverte de la mesure des élémens d’après les volumes est due sans partage , a pris pour étalon l’air atmosphérique.
Gay-Lussac a fait voir que non-seulement les gaz se combinent dans des rapports simples , mais que les contractions et les expansions que , dans leurs volumes, ils subissent, sont en de semblables rapports ; ce qui doit dépendre de quelque loi du calorique. Il est peu apparent que les rapports en volumes soient des conséquences des rapports en poids; mais les deux mesures servent admirablement à se conti'ôler. L’estimation d’après les volumes présente la particularité que beaucoup d’équivalens se trouvent dans des mesures égales; ce qui n’est pas dans l’estimation d’après les poids.
Dalton , Davy et Doebereiner ont pris l’hydrogène pour unité de leurs estimations. Il y a beaucoup de correspondance entre les méthodes des deux derniers chimistes ; Tronimsdorff n’a cessé de rendre attentif ù
DÉTERMINÉES. • G 3
la méthode de Richter ni d’en présenter des développemens.
Nous sommes partis avec Dalton , Davy et particulièrement avec Doebereiner , du corps le plus simple, qui est l’hydrogène et qui nous a fourni l’unité radicale. Nous avons suivi ce corps dans sa combinaison la plus simple qui est celle de l’eau, et où I d’hydrogène est saturé par 7, 5 d’oxigène, ce qui donne la seconde unité et une unité générale à laquelle nous avons rapporté le proportionnement de tous les corps qui se combinent immédiatement avec ce principe. De rapports ainsi établis, peuvent se déduire tous les autres rapports.
Connaissant une fois les nombres proportionnels dans lesquels se combinent les élémens des corps , le chimiste a un guide sûr dans ses travaux , un indicateur d’après lequel il peut tout entreprendre et qui lui fournit les moyens de commander aux résultats et de vérifier les produits.
Le stoehiomètre ne doit pas s’arrêter aux rapports entre des nombres; c’est le hasard qui les produit : et que i5 de soufre et i5 de phosphore sont les équivalens de 7,5 d’oxigène , cela ne dit pas plus que ne dit que 12 de carbone et i3, 5 d’azote, dans des nombres entièrement hors de rapport , sont également les équivalens de 7, 5 de ce principe.
Par de tels nombres on s’oriente parfaitement parce que depuis l’eau, dans laquelle se trouve la plus basse proportion d’oxigène, jusqu’au second acide de Stadion, dans lequel se trouve la plus haute proportion d’oxigène, les engagemens sont toujours des corps très-prononcés.
Le premier motif du proportionnemcnt'doit se trou-
Ter dans l’union entre les deux seuls corps simples ^ qui sont les principes de l’eau , et ce motif ne peut que se faire sentir dans toutes les combinaisons que contl actent ces principes, soit isolement, soit en union#
Dans cette méthode de calcul les nombres proportionnels de tous les autres corps peuvent, sans irrég'ularite , etre rapportes au nombre de l’oxîgènej car on peut dire : une proportion d’oxigène avec une septième proportion de chlore , aussi bien qu’on dit une projjortion de chlore avec sept projjortions d’oxigène et ainsi de suite.
Comme la combinaison des métaux avec l’oxigène est contrôlée par la combinaison des mêmes corps avec les comburans acidifiables , et avec deux des combustibles acidifiables , aucune erreur dans les déterminations ne peut long - temps subsister ; et les premiers oxides contrôlent les seconds oxides j et les combinaisons des combustibles acidifiables avec les élémens de l’eau, une fois déterminées dans leurs rapports , contrôlent encore un grand nombre d’autres rapports , et l’eau indécomposée elle-même complète vis-à-vis d’un grand nombre d’oxides , d’acides et de sels , la vérification de tous les rapports.
Je ne prétends pas donner des valeurs invariables, ni même toutes les valeurs. Il y a des corps qui n’ont > pas encore été analysés et d’autres qui l’ont été assez mal ; mais ils sont en très-petit nombre et le plus ou moins d’exactitude d’un rapport trouvé n’a rien de commun avec le principe; les nombres radicaux peuvent changer d’après des analyses plus rigoureuses et Sur-tout d’après de bonnes contrôles , mais jamais de beaucoup; je n’ai d’ailleurs pas en vue de tout délermmer, mais de dire comment on détermine et de
donner les règles et les élémens de toute détermination. Ouand une fois on sait que la quantité de matière par laquelle un corps prend près de l’oxigène de l’eau la place de i d’hydrogène ou reçoit celte eau en remplacement de i d’hydrogène, forme son nombre , et que l’adjonction du nombre de cet oxigcne , lequel est 7,5, à ce nombre, forme celui de l’oxide de ce corps, et que dans ce nombre cet oxide forme des sels avec les nombres respectifs de tous les acii des , et que dans les mêmes nombres qu’un corps ■ prend 7, 5 d’oxigène , il prend aussi 32 de chlore,
! Il 7, 5 d’iode, i5 de soufre et, pour les seconds oxides , le double de ces divers saturans ; que par-tout I l’oxigène se met en rapport avec proportion égale de sa matière contenue dans un second corps, que l’eau I proportionne tantôt comme oxide et tantôt comme
I acide , et que ses rapports , lorsqu’elle forme des combinaisons chimiques , s’établissent toujours avec I l’oxigène des corps, ce qui fait qu’elle ne s’unit jamais à des corps réduits, quand on sait cela, on n’a pas I besoin d’autres directions pour trouver les nombres de I tous les corps qu’on analyse ou dont , par la syn- ; thèse , on vérifie la composition. Ce dernier moyen 'est aujourd’hui beaucoup plus employé que le premier pour trouver les élémens des compositions.
La doctrine des proportions définies était proprement née dès l’instant que dans les recettes des compositions on a pu spécifier des quantités, et cette spé- ! cification existe depuis des siècles et existe pour un’ I grand nombre de procédés dans de très-justes rap- I ports. Si Higgins avait vécu sur un plus vaste théâtre de science, cette doctrine aurait depuis long-temps été I une connaissance vulgaire. liiggins n’a jamais pensé
que le nombre d une particule ne pouvait pas être ,i diminué à mesure que Ton découvre de plus bas “l proportionnemens, et particule est pour lui synonyme de proportion. Que doit-on en effet entendre par particule, ou atome, relativement à une combinaison, ^ sinon la portion active avec laquelle un corps s’en- î gage. Et quelle est cette portion active ? Pour les j combustibles absolus, c est l’hydrogene , et pour les j oomburans absolus, et pseudo-absolus, c’est Toxigène, j et pour tous les autres corps , c’est relativement Tun X ou 1 autre j ce que le corps a de plus en poids ap- || partient à sa matière inerte. L’hydrogène seul a un a atome absolu et sature par tous les poids de sa matière, ^ et c est à cela qu’il doit sa grande capacité. Les mé- fl taux , qui saturent par le même principe, ont en fl outre de la matière inerte , et Tont en des rapports fl très-différens , et Toxigène en place de matière inerte, fl a du calorique , qui également Tempéche de saturer 9 avec tout le poids de sa matière et eu vertu de toute fl sa capacité. L’eau, dans laquelle sur 7. 5. par tien- fl les il ne sature que par une seule particule, une par- ^ ticule d’hydrogène , nous donne la mesure de cet empêchement ; mais cet empêchement du calorique peut I être en partie écarté, tandis que celui de la matière ■ inerte reste toujours. L’oxigène n’a donc pas d’atome absolu , car s’il en avait ce serait ,par poids égaux .1 qu’il s’engagerait avec l’hydrogène et non dans le j rapport de 7. 5. à i. ]
Dans la détermination des nombres , la proportion doit toujours être rapportée à celui des princi- , pes de l’eau avec lequel se fait la combinaison. Une ' proportion d’oxigène et une proportion d’hydrogène ou 1 et 7, 5, sont les nombres radicaux auxquels,
ians les combinaisons, ions les autres nombres doivent se rapporter, i d’hydrogène et 7, 5 d’oxigène ’ormcnt l’eau, et' c’est par l’union des principes de ce liquide et par la substitution de l’eau à ces principes ou de ces principes à l’eau, qu’a lieu le plus i^rand nombre des combinaisons et des decombinai— sons. Le nombre de parties quelconques qui se combinent avec l’hydrogène ne peut jamais former qu’une proportion de celte combinaison; cependant, comme les combinaisons de l’hydrogène sont trèspeu nombreuses, et presque nulles eu égard à celles de l’oxigène , c’est d’après le plus bas nombre des parties que saturent 7, 5 d’oxigène, que les proportions des corps sont exprimées et, par exemple, 6 parties de carbone saturent 7 , 5 parties d’oxigène jdans l’oxide gazeux de carbone , 7,5 parties de soufre saturent 7 , 5 parties d’oxigène dans l’acide sulfureux, 10 parties de phosphore saturent 7, 5 d’oxigène dans l’acide phosphoreux, i3, 5 parties : d’azote saturent 7 , 5 d’oxigène dans le gaz oxide : d’azote. Ces parties déterminent les nombres qui doivent être donnés à ces corps. Cependant, i d’hydrogène SC proportionne avec une demie proportion scu- ’ lementou3 de carbone, pour composer l’hydrogène carboné, tandis que i d’hydrogène prend deux proportions de soufre, i5, pour former l’hydrogène sulfuré, et que I d’hydrogène ne prend encore une fois qu’une demie proportion , 5 , de phosphore pour former l’hydrogène phosphoré; I d’hydrogène ne s’engage qu’avec une troisième pi’oportion d’azote, 4> 5, mais le com- ' posé qu’il forme est un oxide de métal. Tous ces nombres avec i d’hydrogène , forment les propor- I lions des divers hydrogènes composés; et 4> et 6
sont les nombres des hydrogènes carboné , sulfuré et pbospboré. Il n’y a pas d’hydrogène azoté. Le carbone, le soufre et le phosphore hydrogénés se composent du double de leur combustible avec encore I d’hydrogène; et ces composés ont pour nombres 7, 3i et II. Je ne parle pas des combinaisons de l’hydrogène avec le chlore et l’iode parce que l’oxigène règle le rapport dans ces corps; et une proportion, 3a, de chlore et une propox’tion, 117, 5, d’iode, avec une demie proportion d’hydrogène, o, 5, forment les acides muriateux et iodeux ; et avec une proportion entière , les acides muriatique et iodique. Si le proportionnement devait se rapporter à l’hydrogène, ce serait i d’hydrogène avec 64 de chlore et a35 d iode qui formeraient les premiers acides et avec la moitié des mêmes comburans, les seconds. Les métaux forment leurs nombres plus régulièremeut à cause qu’ils ne se combinent qu’à un seul principe de l’eau et que 7 , 5 d’oxigène constituent toujours l’oxide d’un métal qui n’a qu’un seul degré d’oxidation , et le premier oxide d’un métal qui a deux degrés, avec le double de métal; 7, 5 d’oxigène avec 12, 5 de fer, 16, 5 d’étain, 3o de cuivi'e, g5 de mercure, forment les seconds oxides de ces métaux, et 7, 5 d’oxigène avec 25 de fer, 33 d’étain, 60 de cuivre, igo de mercure, leurs premiers oxides; on ne doit pas plus élever qu’abaisser l’oxigéne jusqu’à ses composés , mais bien ses composés jusqu’à lui. C’est l’étalon auquel toutes les proportions doivent se rapporter : 7 ,
5 d’oxigène avec 22 de sodium, 27 de manganèse, 40, 5 d’antimoine, 100 de plomb, formeront toujours les oxides uniques de ces métaux; et ce qu’ils prennent de plus en oxigène est pour se suroxider.
Ce qui serait plus régulier, ce serait de rapporter la saturation active entièrement à l’oxigène et de reléguer riiydrogène parmi les saturans passifs, qui est en effet la place de tous les combustibles et plus particulièrement celle de l’hydrogène , car tout engagement ayant lieu pour la saturation de l’oxigène , ce n’est toujours que comme agent obligé et jamais comme agent obligeant qu’un combustible peut y prendre part : il ne reçoit pas, mais il donne, il sature et a’est pas saturé j il ne change pas de condition , ne perd pas du calorique, mais déplace du calorique, 2n un mot, ce n’est pas lui, mais le corps auquel il se oint qui a besoin de saturation , et il n’est que forcément retenu après avoir été forcément pris en^ substitution à cet autre saturant.
I Si donc, en faisant l’hydrogène se proportionner ivec l’oxigène formant les acides secs dans les commstibles acidifîables et dont la quantité est assez eonlue d’après le nombre dans lequel les acides de ces îombustibles saturent les oxides, alors on dirait ; une )roportion, 12, de carbone avec quatre proportions,
'j , d’hydrogène forme l’hydrogène carboné ; une proportion , 1 5 , de soufre avec une proportion d’hydrogène , I , forme l’hydrogène sulfuré ; une proportion , i5, de phosphore avec trois proportions d’hydrogène, forment l’hydrogène phosphoré; ces divers nombres ies combustibles nommés contiennent une proportion d’acide sec et ainsi une proportion d’oxigène, et c’est dans ees nombres, qu’étant convertis en acides, ils saturent une proportion d’oxide. Alors il n’y aurait plus qu’un seul proporlionnement auquel se conformerait aussi bien l’hydrogène que les métaux; 12 de carbone, i5 de soufre, i3, 5 d’azote seraient les vrais
nombres de ces combustibles parce qu’ils seraient pris dans la proportion de leur acide sec et seraient ceux dans lesquels non-seulement leurs acides saturent les oxides , mais eux-mêmes , les métaux , car 1 5 de soufre et 1 5 de phosphore forment les sulfures et les phosphures de métaux ; alors le proportionnement de l’oxigène avec les combustibles acidifiables serait mis > hors de calcul rapporté , et , en effet , cet oxigène n’est en relation avec rien , servant seulement à oxider ou sousoxider en eau les parties variables d’hydrogène dont les acides secs des combustibles acidifiables sont surcombinés , et le nombre du combustible devant, au reste, changer chaque fois qu’un i plus bas degré d’oxidabilité vient à être reconnu , , et le rapport de l’oxigène pouvant, avec le même droit, , être censé se faire au plus haut degré d’acidification qu’au plus bas degré d’oxidation d’un tel combustible; et, par exemple, on peut aussi bien dire que 7, 5 > d’oxigène avec 5 de soufre forment l’acide sulfurique . qu’on peut dire que 7,5 d’oxigène avec i5 de soufre* forment l’oxide de ce combustible.