‹ Principes élémentaires de pharmaceutique. Ou, Exposition du système des connaissances relatives à l'art du pharmacienChapitre 15 sur 66 · PR IN CI P E S É L K M E N T A I R E S · texte numérisé non relu

PR IN CI P E S É L K M E N T A I R E S

quée aux minerais métalliques, dans le but de séparer les corps volatils qui sont mêlés auxmétaux qui en fontîa base. » Dans les deux opérations suivantes, il ne s’agit plus de traiter divers corps par la chaleur élevée à différents degrés, mais, au contraire, de priver certaines substances du calorique qu’elles contiennent. C’est ainsi que « dans la Congélation, on fait passer les corps de l’état liquide à l’état solide, en leur enlevant le calorique qui les maintenait dans leur état primitif. » Quand cette opération s’exécute sur des métaux fondus, on dit qu’ils se solidifient ; quand on opère sur des corps gras, on dit qu’ils se figent. La congélation s’emploie pour séparer des corps fusibles à des degrés différents, pour concentrer le vinaigre, pour obtenir de la glace. Enfin, elle sert en quelque sorte de transition à l’opération suivante, qui est du plus haut intérêt en chimie.

« Il arrive souvent que les corps, en se solidifiant, prennent une configuration régulière , symétrique ; que leurs particules se groupent et représentent de petits corps à surface polyédrique, souvent translucides, presque tonjours blancs et purs. Chacune de ces petites masses est un Cristal , et l’opération par laquelle on les obtient se nomme Cristallisation. »Î1 suffit ordinairement de faire dissoudre les corps susceptibles de cristalliser, de concentrer leur dissolution et de l’abandonner au refroidissement et au repos, pour obtenir ces corps sous forme cristalline.

Plusieurs conditions sont a observer pour réussir dans cette opération. La solution ne doit pas être trop concentrée, autrement les molécules du corps cristallisable ne

jouiraient pas de la liberté nécessaire pour se mouvoir et se grouper convenablement; il faut que le refroidissement s’opère avec beaucoup de lenteur; enfin, il est essentiel que la solution, une fois mise à cristalliser , soit maintenue dans un repos complet, car le moindre mouvement déplacerait les molécules prêtes à se réunir, et pourrait changer la forme des cristaux.

La cristallisation sert à obtenir certaines substances dans le plus grand état de pureté possible. C’est par son * moyen que Ton prépare tous les sels. On F emploie aussi pour séparer les corps facilement cristaîlisables de ceux qui le sont moins. Enfin, la forme particulière qu’affecte chaque corps susceptible de cristalliser, est un caractère distinctif auquel on attache beaucoup d’importance en histoire naturelle comme en chimie. Tous les détails qui se rapportent à la cristallisation des sels forment deux branches de la chimie générale, que Fou nomme la Cristallographie et la Haloteclmie.

§ 5. Il nous reste à définir d’une manière succincte les principaux produits qui sont ie résultat des deux ordres d’opérations que nous venons de décrire. Ces produits appartiennent aux deux premières classes de médicaments, c’est-à-dire aux substances médicinales simples ou aux médicaments simples. Les premiers, qui sont dus à la Division , sont les palpes , les fécales et les poudres. Les seconds, que Fon obtient par Extraction , sont les sucs , les huiles , les huiles volatiles , les résines et les extraits.

« Les Pulpes sont des médicaments d’une consistance

molle, qui sont le résultat d’une division mécanique pratiquée sur la partie charnue des végétaux. » Elles renferment le suc et une portion du parenchyme , que Ton sépare des parties dures à l aide du tamis et d’une sorte de spatule que l’on nomme Pulpoir.

« On donne le nom de Fécules ou à' Amidon à un produit immédiat qui se retrouve dans un grand nombre de végétaux, et qui se présente sous la forme d’une poudre blanche, insipide, inodore, insoluble dans l’eau froide, mais soluble dans l’eau bouillante, et donnant lieu, dans ce cas, à une masse qui se prend en gelée par le refroidissement et que l’on nomme Empois. »La fécule est contenue en grande abondance dans les semences des graminées, des légumineuses, et dans plusieurs racines. Il suffit, pour l’obtenir, de déchirer les cellules qui la renferment, et de soumettre le tout au lavage. La fécule étant plus lourde que l’eau et les autres parties du végétal, se précipite , et on la recueille par décantation.

Plusieurs fécules sont usitées comme aliment et comme médicament. Celles que l’on retire du froment, du riz, de la pomme de terre, l’arrow-root, le tapioka et le sagou, sont les plus employées.

« Une Poudre est le produit de la division mécanique d’un corps solide. » Cette division peut être limitée ou indéfinie. Les poudres que l’on obtient au moyen de la rasion, de la quassation, de la mouture, ne sont pas d’une grande ténuité, mais leur emploi n’en exige pas davantage. Il en est d’autres, au contraire, qui doivent être portées

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à un grand degré de division, de finesse et d’homogénéité. Les officines renferment des poudres Simples et des poudres Composées. Ces dernières seront étudiées dans les chapitres suivants.

§ 4* « On appelle Sucs les liquides contenus dans les diverses parties des substances organiques. Ces liquides sont ordinairement renfermés dans une espèce de réseau formé par différents tissus qu’il est nécessaire de déchirer et de comprimer pour les en extraire. »

La nature des sucs varie, non-seulement selon les organes qui les contiennent, mais aussi suivant Page des individus. Plus les végétaux sont jeunes, moins les tissus sont fermes et solides, et plus les sucs sont abondants. Le contraire a lieu à mesure que le végétal avance vers la vieillesse; dès lors ces liquides changent de caractères et jouissent d’autres propriétés.

Les animaux fournissent aussi des liquides auxquels on peut donner le nom de sucs : le lait, le sang, l’urine, le fiel, sont de ce nombre.

Les sucs pharmaceutiques ne sont, à proprement parler, que les liquides extraits des parties !es plus molles des plantes fraîches, comme les feuilles, les fleurs, les racines et les fruits. Nous avons parlé des opérations à 1 aide desquelles on les obtient. On les divise en sucs aqueux , huileux et résineux ; mais chacune de ces espèces est elle-même susceptible de sous -divisions. Les Sucs aqueux sont ceux dont les principes les plus importants sont solubles dans l’eau; ils peuvent contenir, par consé-

quent, des acides, du sucre* de la gomme, des matières colorantes et différents sels; les autres espèces sont plus particulièrement désignées sous les noms à' H ailes et de B es lues.

« Les Huiles sont des produits immédiats, organiques, liquides, légers, onctueux au toucher, susceptibles de brider avec flamme; elles pénètrent facilement et tachent d’une manière plus ou moins permanente les éioftes ainsi que le papier qu elles rendent transparents. » On les divise

en huiles grasses ou fixes , et en huiles volatiles ou essen-

tielles. Les premières n’entrent en ébullition qu’à 5oo degrés de chaleur, et ne se volatilisent pas sans se décomposer. Leur saveur est douce, elles sont plus légères que l’eau, se dissolvent rarement dans l’acool, jamais dans l’eau, et se combinent avec les alcalis pour former des Savons.

Les Huiles volatiles se distillent à une température d’environ i 5o degrés, sans se décomposer, et à i oo degrés seulement, quand on les chauffe avec de l’eau. Elles sont solubles dans l’alcool; la tache qu’elles forment sur le papier disparaît quand on la chauffe, ou seulement au contact de l’air. Leur odeur est forte et aromatique; leur saveur est âcre, quelquefois bridante et même caustique.

On trouve les huiles fixes dans le péricarpe de Folive, dans l’amande des fruits à noyaux, et dans la plupart des semences. Les huiles volatiles sont contenues dans le péricarpe de beaucoup de fruits, dans les fleurs, les feuilles, quelquefois dans l’écorce. Dans la semence des ombeili-

fères, l’huile fixe se trouve dans l’amande, et l’huile volatile dans son enveloppe.

On donne le nom de Beurres à quelques huiles solides à la température ordinaire, comme celles que l’on retire du cacao, des baies de laurier et de la noix muscade.

Les animaux fournissent aussi des substances grasses plus ou moins solides. L’huile d’œuf, le beurre ordinaire, la graisse de porc, la moelle de bœuf, sont au nombre de ce s produits.

Les huiles fixes et volatiles sont des produits de nature fort complexe. La chimie y découvre un grand nombre de principes divers de la plus grande importance, et sur lesquels nous reviendrons plus tard.

« A côté des huiles volatiles viennent se placer les Réshviïs, produits d’abord fluides, qui découlent naturellement de certains arbres, on que l’on obtient à l’aide d’incisions pratiquées sur l’écorce de ces végétaux, et qui se solidifient par le contact de l’air. Les résines sont souvent aromatiques, inflammables, douées d’une saveur âcre comme les huiles essentielles , dont elles se rapprochent beaucoup par leur composition chimique; nullernentso lubies dans leau, mais très -solubles dans l’alcool; souvent mêlées de gomme , de fibre ligneuse , de matière colo~ rante, etc., qu’il en faut séparer par la purification. On obtient les résines pores en les dissolvant dans l’alcool, d’où on les précipite par l’addition de l’eau. »

De toutes les préparations de cet ordre, les Extraits sont les plus compliqués. « On donne ce nom à des pro-

doits de consistance variable, que l’on obtient soit par l’évaporation des sucs végétaux ou animaux, soit en faisant agir sur une substance organique un liquide capable d’en dissoudre les principes actifs, et en réduisant la solution qui en résulte à un très-petit volume, par la concentration. » Les liquides les plus employés à cet effet sont l’eau,

l’alcool et l’éther; de 1^ les Extraits Aqueux, Alcooliques,

Ethérès . On peut les rapprocher en consistance plus ou moins molle ou solide; de là les extraits Mous, Pilulaires et Secs.

La nature de ces produits varie presque à chaque substance qui en forme la base. Ils contiennent, non-seulement tous les principes solubles dans le véhicule employé, mais encore des principes nouveaux auxquels leur réaction réciproque et l’action du calorique peuvent donner naissance pendant l’opération.

La difficulté, pour ne pas dire l’impossibilité d'établir une classification des extraits, fondée sur leur composition intime, a fait prendre le parti de les ranger dans l’ordre des opérations qui servent à les obtenir. Ainsi, après avoir formé trois classes des extraits préparés par l’èlu, l’alcool ou l’éther, on a sons-divisé les premiers en deux sections, suivant qu’ils sont préparés avec le suc du végétal, ou seulement par l’action de F eau. La première section contient trois séries : les extraits aux sucs de fruits, les ex traits aux sucs dépurés de plantes, et les extraits aux sucs non dépurés.

La deuxième section comprend les extraits préparés

par macération dans l’eau, par infusion, ou par décoction.

« Les Gelées végétales et animales ne sont autre chose que des extraits mous, d’une consistance tremblante, qui ont pour hase de la gélatine. «Les gelées se décomposent en peu de jours. Lorsqu’on concentre jusqu’à siccité les gelées animales, elles peuvent se conserver indéfiniment, et prennent alors les caractères de la gélatine sèche. Gomme on leur associe souvent d’autres substances médicamenteuses, nous aurons occasion d’en parler encore, en passant en revue les médicaments du troisième ordre.

Quels que soient le véhicule et le mode d’opération employés, les règles générales à observer dans la préparation des extraits peuvent se réduire aux préceptes suivants :

Éviter le contact de i’air, qui colore toujours plus ou moins les produits; opérer par conséquent à vase clos, autant que la chose est possible.

N’employer que la quantité de véhicule nécessaire, afin de n’avoir pas à prolonger la concentration.

Pour les extraits aqueux, n’employer que de l’eau distillée, afin de ne pas ajouter au produit les sels que contient ordinairement l’eau commune.

Éviter une trop grande élévation de température, pendant la concentration, dans la crainte d’altérer les produits. Employer pour cela, de préférence, l’évaporation au bain-marie ou à la vapeur.

Éviter la décoction, dont l’un des principaux inconvénients est de rendre la fibre végétale propre à absorber en pure perle une certaine quantité de matière extractive.

Enfin , pour les extraits secs, achever la dessiccation h l’étuve.

Nous n avons rien à dire pour le moment des Sels, qui, bien qu’extraits à l’aide des opérations du deuxième ordre, appartiennent à la classe des médicaments combinés , et dont, par conséquent, la préparation et l’histoire sont do ressort de la chimie.

Dii PHARMACEUTIQUE.

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