‹ Principes élémentaires de pharmaceutique. Ou, Exposition du système des connaissances relatives à l'art du pharmacienChapitre 26 sur 66 · I 44 PRINCIPES ÉLÉMENTAIRES · texte numérisé non relu

I 44 PRINCIPES ÉLÉMENTAIRES

son composée de sa dureté excessive et de sa combustibilité.

La lumière est composée de plusieurs rayons qui, lorsqu’ils sont isolés, produisent sur nos yeux l’impression de diverses couleurs. Gomme ces rayons sont doués de plus ou moins de force réfringente , on tire parti de celte propriété pour les séparer. Ces sept rayons , rangés dans l’ordre de leur plus grande réfrangibilité, sont : le rouge , f orangé , le jaune , le vert , le bleu , V indigo et le violet . De leur réunion résulte l’impression du blanc , comme l’absence de toute lumière, ou bien son absorption complète par certains corps, produisent l’impression du noir. Si donc on fait tomber un pinceau de lumière sur un prisme de cristal, les rayons dont ce fluide est formé se décomposeront en le traversant. Le rouge, qui est le plus réfrangible , prendra la direction qui se rapprochera le plus de la perpendiculaire ; le violet s’en éloignera le plus, et tous les autres rayons se placeront dans leur ordre naturel entre ces deux extrêmes. Arrivés à la face postérieure du prisme, et sur le point de repasser d’un milieu plus dense dans un milieu plus rare, chacun des rayons prendra une direction inverse de la première, et ils se montreront isolés sur un plan qu’on leur offrira, pour former cette série de couleurs que l’on nomme le spectre. Cette décomposition de la lumière s’opère tous les jours sous r.os yeux. La plupart des pierres gemmes, le diamant, l’arc-en-ciel, nous offrent à chaque instant des exemples de ce phénomène. Un corps paraît rouge quand il absorbe tous les rayons de la

lumière, hors le rouge; un corps est blanc quand il les réfléchit tous; il est noir, au contraire, quand il n’en réfléchit aucun.

Enfin, dans cette hypothèse, qui est celle des émanations , on sépare à peine le calorique de la lumière. On regarde ces deux fluides comme des modifications d’un même principe, qui dépendent des circonstances inhérentes à leur émission. Lorsque le dégagement est lent et ne s’étend pas au-delà d’une certaine sphère , il en résulte de la chaleur; s’il est considérable et rapide, il donne lieu à de la lumière. Dans un grand nombre de cas il y a production de chaleur et de lumière simultanées, comme cela arrive ordinairement dans le phénomène de la combustion.

La seconde hypothèse , celle des ondulations ou des vibrations , a été d’abord émise par Descartes, puis abandonnée, puis tout récemment reprise et développée, au point qu’elle satisfait peut-être d’une manière plus complète à l’explication de tous les phénomènes produits par la lumière.

Dans ce système, on suppose un fluide unique, universellement répandu, qui ne manifeste sa présence que lorsqu’il est mis en mouvement, et qui , dans ce cas , au moyen de vibrations de différentes sortes, produit des effets très- variés. Ces vibrations, analogues à celles qui sontproduites par une corde élastique, se propagent et se communiquent aux particules environnantes du même fluide, et cela , de la même manière que l’air mis en mouvement

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par un corps sonore, produit des sons qui varient d’intonation et d’intensité, suivant la nature de l’agent qui les fait naître. Tous les phénomènes de la chaleur, de la lumière, de l’électricité, du magnétisme, seraient, selon cette hypothèse , les résultats de ces mouvements divers, imprimés par divers agents d’un seul et même fluide.

Ainsi la lumière comme l’obscurité ne seraient que des états relatifs à nos organes. L’intensité de la sensation produite par le corps lumineux dépendrait de l’amplitude des oscillations imprimées au fluide ; en sorte que cette sensation varierait suivant l’énergie de ces vibrations et de la

susceptibilité de l’organe qui en percevrait l’action.

Les phénomènes de ï Optique seraient le résultat de l’ébranlement imprimé aux particules du fluide par le corps lumineux , et il en résulterait un mouvement vibratoire qui, se communiquant de proche en proche, donnerait naissance à une foule de rayons qui se propageraient en ligne droite et indéfiniment dans l’espace.

Les phénomènes de la lumière réfléchie et réfractée , ainsi que ceux de la coloration des corps , s’expliquent d’une manière tout aussi satisfaisante dans l’hypothèse des ondulations. Mais sans nous arrêter è ces détails, non plus qu’à ceux qui se rapportent à la Diffraction de la lumière et à la théorie des interférences, nous dirons quelques mots d’une autre propriété du fluide lumineux , qui commence h jouer un certain rôle dans les phénomènes chimiques : nous voulons parler de la Polarisation de la lumière.

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Les rayons lumineux , en traversant certains corps cristallisés, ne se bornent pas toujours h se réfracter, mais il arrive souvent qu’ils se divisent en deux faisceaux qui donnent ainsi une image double du point lumineux. L’un d’eux suit la direction de la réfraction naturelle: on l’appelle faisceau ordinaire ; l’autre suit une direction diffé-

rente et on le nomme faisceau extraordinaire. On désigne ce phénomène sous le nom de double réfraction. Il se produit dans tous les cristaux , excepté dans ceux dont la forme primitive est le cube. La double réfraction se confond en une seule , toutes les fois que les rayons tombent dans le sens parallèle ou perpendiculaire à l’axe du cristal; mais elle se prononce d’autant plus qu’ils s’éloignent de ces deux directions. On appelle axe du cristal une certaine ligne par rapport à laquelle les molécules cristallines se trouvent symétriquement disposées. La double réfraction est plus ou moins forte selon la nature du cristal et selon le sens dans lequel la lumière le traverse.

On suppose , pour l’explication de ces faits , que les molécules lumineuses arrivées dans l’intérieur du cristal sont soumises, de la part de celui-ci, à une action qui modifie ses propriétés , et en vertu de laquelle ses molécules se dirigent dans des sens divers et se portent dans des directions que i on assimile à des pôles. De là , tous les phénomènes qui se rapportent à la lumière polarisée.

Cette propriété que possèdent certains corps d’agir ainsi sur la lumière, a été récemment l’objet de recherches fort ingénieuses. On a soumis au calcul l’intensité

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