f) PRINCIPES ÉeÉMENT AIRES
potassium, le sodium, le lithium, le barium, le strontium et le calcium. On les appelle aussi métaux alcalins , parce que leurs oxides possèdent le caractère des alcalis.
La deuxième section renferme ceux qui peuvent absorber le gaz oxigène à la-température îa plus élevée, mais qui ne décomposent l’eau qu’à une chaleur de 100 à 200 degrés; ce sont: le magnésium, le glucinium, l’yttrium et raluminium ; on les désigne aussi sous le nom de métaux terreux , parce que leurs oxides forment ce qu’on nommait autrefois des terres .
On range dans la troisième section les métaux qui absorbent l’oxigène à la température la plus élevée , mais qui ne décomposent l’eau qu’au degré de la chaleur rouge, comme le manganèse, le zinc , le fer, l’étain , le cadmium le cobalt et le nickel.
Dans la quatrième section, on range tous ceux qui peuvent absorber le gaz oxigène à la température la plus élevée, mais qui ne décomposent l’eau ni à cbaudni à froid. Cette section comprend 14 métaux que l’on partage encore en deux séries; les uns sont acid i fiables ; ce sont : l’arsenic, le molybdène, le chrome, le vanadium, le tungstène, le colombium, l’antimoine et le titane. Les autres ne sont qu 'oxidables ; ce sont : le tellure, l’urane,le cérium, le bismuth , le cuivre et le plomb.
La cinquième section comprend les métaux qui n’absorbent l’ oxigène qu’à un certain degré de chaleur, et qui ne peuvent opérer la décomposition de l’eau, comme le mercure et l’osmium.
Enfin la sixième section renferme ceux qui n’absorbent Foxigène et ne décomposent Feau à aucune température , et dont les oxides se réduisent au-dessous de la chaleur rouge. Ces métaux sont l’argent, le palladium, le rhodium, le platine , l’or et l’iridium.
Un dernier groupe qui pourrait servir d’appendice , ou plutôt qui devrait être placé comme intermédiaire entre les métalloïdes et les métaux, comprend deux corps qui ont entre eux beaucoup d’analogie : le zirconium et le thorinium.
Le zirconium est la base de la substance connue sous le nom de zircone , laquelle se rencontre seulement dans le zircon, minéral assez rare qui est un silicate de zircone et de fer. Le zirconium se présente sous la forme d’une poudre grenue, cohérente, noire; il prend difficilement l’éclat métallique ; il est inodore, insipide, plus dense que l’eau. Elevé au rouge , il s’enflamme et se convertit en zircone ou oxide blanc de zirconium. Ce corps s’unit assez bien au soufre , au chlore, au carbone. Les acides concentrés ont peu d’action sur lui; l’acide fluorhydrîque est le seul qui le dissolve complètement.
Le thorinium a été obtenu de la thorite , substance minérale dans laquelle il se trouve à l’état d’oxide , connu sousle nom de thorine . On extrait le thorinium du chlorure de cette substance; il se présente sous l’aspect d’une poudre grise, lourde, qui brûle avec un vif dégagement de lumière quand on la chauffe au contact de l’air; il en résulte de la thorine, qui est d’un blanc de neige éclatant. Ce corps se combine au soufre , au phosphore , et ne sc
dissout bien que clans l’acide chlorhydrique. La découverte du zirconium et du Thorinium est due à M. Berzélius. Ces
deux corps simples sont fort rares.
Jetons maintenant un coup d’œil sur chacun des métaux que nous venons d’énumérer, et décrivons d’une manière succincte les caractères les plus saillants qui les distinguent.
iTe Sect. Métaux alcalins . Le potassium est un métal solide à la température ordinaire. Il est ductile,, mou comme de la cire. Il a beaucoup d’éclat métallique et la couleur de l’argent mat; mais il se ternit bientôt et prend l’aspect du plomb. Son poids spécifique est de o,863 , celui de l’eau étant 1,000. Il entre en fusion à 58 degrés; il est volatil. A la température commune, il absorbe l’oxigène de l’air presque sans dégagement de chaleur; mais si on réchauffe, il s’enflamme rapidement. L’action est beaucoup plus vive dans le gaz oxigène pur. Cette tendance à l’oxidation oblige à le conserver dans de l’huile de naphte.
Lorsqu’on place un fragment de potassium sur de l’eau, le métal s’enflamme , s’agite en tournant sur lui-même , et se convertit en une petite masse d’oxide de potassium qui détonne et se dissout dans l’eau. Cet oxide hydraté, qui jouit de propriétés alcalines très - prononcées , est connu sous le nom de Potasse. C’est une des substances les plus utiles et les plus employées en chimie, en médecine et dans les arts. Le potassium n’existe point à l’état natif; mais il est très-répandu dans la nature à l’état- de
protoxide combiné avec divers acides, c’est-à-dire, sous forme de sels à base de potasse. C’est du carbonate de potasse que l’on extrait le potassium. On calcine fortement ce sel avec du charbon dans une cornue de fer, et l’on recueille le potassium qui se volatilise dans un récipient maintenu à une basse température, et qui contient de l’huile de naphte.
Le sodium est également solide à la température ordinaire, inodore, ductile et mou, comme le potassium. Sa couleur est à peu près celle du plomb ; sa section est brillante; son poids spécifique est de 0,972. Il se fond à 90 degrés, et se volatilise difficilement. Il n’a pas d’action sur l’oxigène ni sur l’air atmosphérique à une basse température ; mais à chaud la combustion est très-vive ; il y a dégagement de chaleur, de lumière , et il en résulte de l’oxide de sodium qui est jaune. Cet oxide hydraté constitue la soude t dont les caractères chimiques sont trèsrapprochés de ceux de l’hydrate de potasse , et qui forme comme lui une base alcaline très-puissante. Mais tandis que l’hydrate de potasse, exposé à l’air, en attire l’humidité et prend la forme liquide , l’hydrate de soude sc dessèche, au contraire, et s’efïleurit. Le sodium ne se rencontre jamais naturellement à l’état de pureté; on le trouve toujours combiné à l’oxigène et à divers acides, notamment dans le sel marin (chlorhydrate de soude), dans le natron et dans beaucoup d’eaux minérales naturelles. Le procédé d’extraction du sodium est fort analogue à celui par lequel on obtient le potassium.
i 83 PRINCIPES ÉLÉMENTAIRES
Le lithium est un métal blanc, solide, ductile et fusible. Son oxide , qui porte le nom de Lithine, est une base alcaline que l’on rencontre dans la triphane, la pétalite, la tourmaline apyre et dans quelques eaux minérales. Lorsqu’on chauffe le lithium dans l’air ou l’oxigène, il brûle et donne naissance à de la lithine. Parmi les métalloïdes , il ne s’unit qu’au soufre, et, parmi les métaux, au mercure seulement. Il décompose l’eau à la température ordinaire , avec dégagement de lumière et de chaleur. Ce métal est rare et encore peu connu.
Le barium est blanc comme l’argent, solide à la température ordinaire, plus lourd que l’acide sulfurique. Il s’oxide facilement à l’air, et décompose l’eau en s’emparant de son oxigène; il en résulte un protoxide qui est la barite , base puissante, alcaline, caustique, susceptible d’absorber une nouvelle quantité d’oxigène pour passer à l’état de bioxide de barium. On ne trouve ce métal dans la nature qu’à l’état de sulfate ou de carbonate. On le retire de l’hydrate de barite à l’aide de la pile voltaïque. La barite est fort employée en chimie et dans les arts; mais le barium a été fort peu étudié jusqu’ici.
Le strontium est la base de la strontiane , base alcaline qui se rapproche beaucoup de la barite. C’est du sulfate ou du carbonate de strontiane, sels assez abondants dans la nature, que l’on retire le strontium par le meme procédé à l’aide duquel on obtient le barium de la barite. Ce métal est blanc, solide, très lourd; il brûle vivement dans l’air et dans l’oxigène, décompose l’eau à la tempé»
rature ordinaire, et forme un protoxide alcalin, la strontiane , susceptible d’absorber une nouvelle quantité d’oxigène , et de se convertir en un bioxide neutre , blanc ,. brillant, insipide et inodore.
Le calcium est le métal dont le protoxide constitue la chaux. Il est blanc et ressemble beaucoup , par ses pro priétés physiques et chimiques, au strontium. On l’obtient par le même procédé. Ce métal n’existe pas à l’état naturel; mais à l’état de protoxide ou de chaux, c’est une des bases les plus abondamment répandues dans la nature, ainsi que les sels dont elle fait partie. Le carbonate de chaux constitue la craie , la pierre à chaux, le marbre, et se trouve dans un grand nombre de minéraux. Le sulfate de chaux est connu sous le nom de plâtre et de gypse. Le bioxide de calcium est neutre, et présente beaucoup d’analogie avec les bioxides des deux métaux précédents.
2e Sect. Métaux terreux. Le magnésium est solide, d’un blanc d’argent, brillant, dur, malléable, plus dense que l’eau, fusible sans être volatil. Il n’a point d’action sur l’air sec à la température ordinaire , mais à l’air humide il s’oxide lentement. Lorsqu’on élève la tempéra iure, il brûle avec rapidité , et se convertit en un oxide que l’on connaît sous le nom de magnésie. Ce métal se combine aussi avec le soufre et le mercure. Il ne décompose l’eau qu’à la température de 100 degrés, il se combine vivement avec les acides énergiques, et il en résulte des sels magnésiens très-connus et très-employés. On ne rencontre pas le magnésium natif dans la nature, mais seulement à
l’état de sel ou d’oxide hydraté. On l’obtient comme les autres métaux terreux, en décomposant à chaud son chlorure par le potassium.
L’yttrium est peu connu; on l’a trouvé dans la gadolinite, Fyttrotantalile et quelques autres minéraux assez rares. Il se présente sous la forme de petites écailles lui santés, d’un gris noir, et cependant douées d’éclat métallique. Il brûle dans l’air à une température élevée , avec dégagement de lumière , et il en résulte un oxide blanc , infusible, qui porte le nom d'yttria.
Le glucinium est le radical de la glacine ou oxide de glucinium , base terreuse trouvée dans l’émeraude et l’euclase. Ce métal brûle vivement dans l’air au degré de la chaleur rouge, et se convertit en oxide blanc, il se combine avec la plupart des métalloïdes et à quelques métaux. Il est très-rare, et par conséquent il n’est d’aucun emploi.
L’aluminium, au contraire, est très-abondant dans la nature , mais non pas à l’état natif. Il constitue le radical de Y alumine ou oxide d’aluminium, si répandu h l’état de sel dans un grand nombre de minéraux et surtout dans Y alun ( sulfate acide d’alumine et de potasse). L’aluminium a été obtenu sous la forme d’une poudre grise, qui prend l’éclat métallique quand on la comprime ; il est très -difficile à fondre. Chauffé au contact de l’air, il brûle vivement avec dégagement de lumière et se transforme en oxide. L’aluminium se combine avec plusieurs métalloïdes et quelques métaux; il s’unit à la potasse.
la soude, 1* ammoniaque , et semble, dans ce cas, jouer le rôle d’acide; aussi donne-t-on aux sels qui en résultent le nom d’aluminates. Enfin, il se combine avec les acides forts, en donnant lieu à des sels d’alumine.
3e Sect. Le manganèse est un métal gris blanc, cassant, grenu, assez dur, peu éclatant; sa cassure est cristalline; sa densité est de 7»o5, celle de l’eau étant 1,00. Il est difficilement fusible , il se ternit et s’oxide promptement à l’air. Mis en contact avec un acide étendu d’eau, il décompose celle-ci , absorbe son oxigène , en dégage l’hydrogène, et se dissout dans l’acide.
On ne le trouve qu’à l’état d’oxide, de combinaison avec les métalloïdes , ou sons forme de sels. Ce métal est trèsavide d’ oxigène; aussi ne peut-on le conserver à l’abri de son action que dans de l’huile de naphte ou dans le vide. 11 peut former , par sa combinaison avec i’oxigène , trois oxides à différents degrés, et deux composés acides capables de saturer les bases. On retire le manganésium du peroxide en le calcinant fortement avec du charbon et du borax.
Le fer est le plus abondant et le plus utile de tous les métaux. 11 est solide, d’un gris bleuâtre, dur; sa cassure est à gros grains, quelquefois lamelleuse. Il est ductile, malléable et fort tenace. Son poids spécifique est de 7,788; il n’entre en fusion qu’à i3o degrés du pyromètre de Wedgwood. Il jouit au plus haut degré de la propriété magnétique. Il n’est pas altéré par l’air atmosphérique à la température ordinaire , seulement il se couvre d’une
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couche d’oxidc irisée. A la chaleur rouge , il s’oxide rapidement; si on le plonge alors dans du gaz oxigène pur, il truie avec un vif dégagement de lumière et va même jusqu’à se fondre. Le fer ne décompose pas l’eau à la température ordinaire lorsqu’elle ne contient point d’air, mais il la décompose au degré de la chaleur rouge. Les
acides étendus d’eau agissent vivement sur lui; il s’empare #
de l’oxigène de l’eau, dégage son hydrogène, et l’oxide qui en résulte se dissout dans les acides. C’est même par ce moyen que l’on se procure ordinairement le gaz hydrogène. Le fer se combine avec la plupart des métalloïdes et s’allie avec un grand nombre de métaux. On le trouve quelquefois à l’état natif, souvent à l’état d’oxide à différents degrés d’oxidation , mais très-fréquemment combiné avec des acides sous forme de sels. On l’obtient à l’état pur en le calcinant avec du charbon dans les hauts fourneaux. On sait que la plombagine, la fonte et l’acier, sont le résultat de la combinaison du fer et du charbon dans des proportions diverses. Un très-grand nombre de préparations de fer sont en usage dans les arts et dans la médecine.
Le zinc est un métal solide, blanc -bleuâtre, d’une texture cristalline, lamelleuse, d’une dureté faible. Son poids spécifique est de 7,10. Il entre en fusion au-dessous de la chaleur rouge, et se voîatise à un degré supérieur qui n’est pas déterminé. Il est ductile, mais ne passe pas facilement à la filière. Il a peu d’odeur et de saveur» On î extrait de la calamine et de la blende parla calcina-
tion et la distillation. A peine fondu, sa surface s’oxide; mais, à la chaleur rouge, il brûle avec un vif dégagement de lumière. Le protoxide qui est le résultat de celte combustion, est connu sous les noms de fleurs de zinc , de pompholix. Il se comporte comme le fer avec l’eau et les acides; il décompose la première et se combine avec les seconds. Les sels de zinc sont très-nombreux et fort employés. Ce métal s’unit aussi avec plusieurs métalloïdes et métaux. On ne le trouve dans la nature qu’à l’état de sulfure (blende) , de carbonate et de silicate (calamine) , et quelquefois combiné à l’acide sulfurique, au fer et au manganèse.
Le cadmium accompagne presque toujours les minérais de zinc. On l’a découvert, en 1817, dans quelques variétés de blende et de calamine. Il est blanc comme l’étain ; il a beaucoup d’éclat métallique;, il n’a ni odeur ni saveur; il cristallise par la fusion sous forme de feuilles de fougère. 11 est ductile, d’une texture compacte; sa densité est de 8,69. Il se fond avant d’arriver à la chaleur rouge et se volatilise. L’air froid a peu d’action sur lui ; mais si on le chauffe, il brûle comme le zinc, et il en résulte une fumée épaisse qui se condense en un oxide d’un brun rougeâtre. Il agit sur l’eau et sur les acides énergiques à la manière des métaux de la même section; il se combine avec plusieurs métalloïdes et peut s’allier à beaucoup de métaux. Comme il est plus volatil que le zinc, il passe le premier lorsqu’on traite la blende , qui toutefois n’en contient guère qu’un centième de son poids. Le cadmium est jusqu’à présent assez rare et peu employé.
L’étain est solide, d’un blanc d’argent, très-facile à laminer, malléable et ductile. Il est plus mou que le zinc , mais moins que le plomb. Lorsqu’on le plie , il fait entendre un bruit que l’on nomme le cri de Félain. Sa densité est de 7,29. Il est fusible à 212 degrés, mais non volatil. A la température ordinaire, il n’agit pas sur l’air sec ou humide. A la chaleur rouge , sa surface se couvre promptement d’une couche d’oxide gris-blanc. L’étain se combine en deux proportions avec l’oxigène ; il s’unit facilement avec plusieurs métalloïdes , et s’allie avec divers métaux. Il décompose Peau à la température rouge ; si l’eau contient de la potasse ou de la soude, l’oxide formé peut se dissoudre dans l’alcali. Les acides énergiques le convertissent en sels. On ne trouve pas l’étain à l'état natif; mais il est assez abondant dans quelques mines, à l’état d’oxide ou de sulfure. On l’extrait en grand dubioxide. Les usages de l’étain sont très-répandus dans les arts et dans la chimie ; il est moins employé en médecine.
Le cobalt est solide, dur, cassant, peu ductile, grisblanc, sensiblement magnétique, fusible à i5o degrés du pyromètre ; non volatil. Il se combine avec l’oxigène en deux proportions ; l’oxide le plus oxigéné se combine à l’ammoniaque, à la manière d’un acide. Le cobalt s’unit avec la plupart des métalloïdes. Parmi les métaux, il s’allie surtout avec l’arsenic. Il se dissout dans les acides forts en décomposant l’eau. On le trouve dans la nature à l’état de sesquioxide, de sulfure , de sulfate , et d’arséniate ou de scî/b-arséniure. C’est de ce dernier minéral qu’on l’extrait.
Les sels de cobalt ont assez d’emploi dans les açts* mais n’en ont aucun en médecine.
Le nickel est pulvérulent, poreux, moins blanc que l’argent, ductile, tenace; son poids spécifique est de 8,66. Sa cassure est fibreuse; il est plus magnétique que le cobalt, mais moins que le fer. Il est difficile à fondre, un peu volatil; il agit sur l’air, sur l’eau et sur les acides énergiques, comme les métaux de la même section. II offre deux degrés d’oxidation et se combine avec plusieurs métalloïdes et un grand nombre de métaux. On le trouve naturellement à l’état d’arséniale, de silicate, d’arséniure et de sulfure ; il fait partie des pierres météoriques. On l’extrait du sulfo-arséniure ou speiss , produit d’usine qui résulte de la fabrication du bleu d’azur. Le nickel n’a d’autre emploi que d’entrer dans certains alliages métalliques.
4e Sect. La première série de cette section comprend neuf métaux , qui se distinguent de ceux de la seconde en ce qu’ils sont acidifiables. L’arsenic est celui qui* par ses propriétés énergiques, occupe dans cette série le premier rang. Il est solide, d’un gris d’azur, brillant, friable; sa texture est lamelleuse et grenue ; il a une odeur alliacée qui se développe par le frottement; sa saveur est nulle; son poids spécifique est de 5,q5. C’est un poison trèsviolent.
L’arsenic se volatilise à 180 degrés, se sublime et cristalise en tétraèdres ; sa vapeur est blanche et répand une odeur d’ail très-prononcée. Il se combine avec l’oxigène
en trois proportions ; la plus faible est un oxide , les deux antres sont l’acide arsénieux, et l’acide arsénique. Ce métal s’unit facilement au soufre, au phosphore et aux autres métalloïdes. Ses alliages sont nombreux; il ne décompose pas l’eau , mais il s’oxide à la faveur de l’oxigène qu’elle contient , et finit par s’y dissoudre. Sous l’influence des alcalis, il s’empare de l’oxigène de l’eau, dégage de l’hydrogène et se convertit en arsénite. Avec l’hydrate de potasse, il y a en outre formation d’arséniure de potassium.
On trouve quelquefois l’arsenic à l’état natif; plus souvent h l’état d’oxide, de sulfure, d’arséniure de cobalt, de nickel, de fer, de bismuth, d’antimoine ou d’argent. On le retire ordinairement de l’oxide blanc (acide arsénieux), en le calcinant avec du charbon. Ce métal est employé dans les arts. Ses usages, en médecine, sont très-bornés, en raison des graves dangers qui en sont presque inséparables.
Le Molybdène est d’un blanc mat, argentin; il est peu ductile, très -réfractaire; sa densité est de 8,60. 11 se combine avec l’oxigène en trois proportions , savoir : deux oxides et un acide. Le protoxide est brun, le peroxide est bleu; le protoxide hydraté est noir. Le molybdène s’unit au soufre, au chlore et au fluor, parmi les métalloïdes; on ne connaît pas ses alliages avec les métaux. Il n’a point d’action sur l’eau, et se dissout difficilement dans les acides. On ne le trouve dans la nature qu’à l’état de bisulfure ou de molybdate de plomb ; il n’est jusqu’ici d’aucun usage.
Le chrome est bien plus remarquable et plus employé. Il est d’un blanc grisâtre analogue au platine; il est fragile, très-dur à fondre; sa densité est de 5,go. Il s’unit h Foxigène en trois proportions , savoir : deux oxides et un acide* Il se combine également avec le phosphore, le soufre, le fluor, le chlore et quelques métaux. Il agit comme les métaux de la même section sur Feau et les solutions alcalines. Les acides les plus énergiques sont presque sans action sur lui. Le caractère le plus remarquable des sels de chrome ( chromâtes) est d’être trèsdiversement colorés. Cette propriété les rend très-utiles dans les arts , surtout dans la peinture. On trouve le chrome naturellement à l’état d’oxide , de chromate de plomb et de cuivre, de magnésie et d’alumine, et dans quelques minerais de fer. C’est dans le plomb rouge de Sibérie (chromate de plomb) que Vauqueiin l’a découvert. On l’extrait en réduisant l’oxide de chrome par le charbon.
Le vanadium n’a été découvert qu’en i85o, dans un minérai de fer de Jaberg, en Suède. Il est d’un blanc d’argent; il est facile à réduire en poudre, cassant, bon conducteur de l’électricité. Il s’unit à Foxigène en trois proportions; l’une de ses combinaisons est acide. Il brûle dans l’air au-dessous de la chaleur rouge ; il n’a aucune action sur Feau. On connaît quelques-unes de ses combinaisons avec les métalloïdes, les métaux et les acides forts. Du reste, ce métal est encore très-rare et n’est pas employé.
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Le tungstène est solide , très- dur, d’un blanc grisâtre comme le fer ; sa cassure est cristalline. Il est difficile à fondre. Sa densité est de î 7,6. Il n’a pas d’action sur l’air à froid ; mais à la chaleur rouge, il s’oxide et peut même s’enflammer. Il se combine à l’oxigène en deux proportions ,* la plus faible est un oxide, la seconde un acide. La couleur de l’oxide varie du brun au rouge de cuivre ; l’acide est solide , jaune, inodore et insipide. Il se combine avec plusieurs métalloïdes , s’allie assez bien avec les inétaux, et se dissout dans les hydrates alcalins, beaucoup mieux que dans les acides. On ne le trouve qu’à l’état de tungstate de chaux, de 1er et de magnésie. Il n’a pas d’emploi connu.
Le colombium, qui porte aussi le nom de tantale est un métal noir, pulvérulent; lorsqu’il est poli, il prend f éclat métallique et une couleur grise. Il est infusible par les moyens ordinaires. Chauffé à l’air libre, il s’enflamme et se transforme en acide colombique. Si on chauffe cet acide avec du charbon, on obtient l’oxide de colombium. On ne l’a encore combiné qu’avec un petit nombre de métalloïdes et de métaux. Il n’est attaqué que par l’acide fluorique et par l’hydrate de potasse. On le trouve à l’état de tantalate, combiné avec la chaux, fyttria, la zircone, etc., dans quelques minéraux originaires d’Amérique. Il est rare et n’est point employé.
Il n’en est pas de même de I’antimoine, métal connu depuis plusieurs siècles, et dont les chimistes se sont beaucoup occupés. L’antimoine métallique est solide ,
d’un blanc bleuâtre, brillant , facile à casser et à réduire en poudre. Sa texture est lamelleuse ou grenue , sa den sité est de 6,70. Il cristallise naturellement en cubes; mais quand il a été fondu, il affecte une cristallisation en feuilles de fougère. Il se fond au-dessous de la chaleur rouge ; il n’est pas assez volatil pour être distillé. Chauffé avec le contact de l’air, il absorbe vivement l’oxigène, et donne lieu h un oxide blanc, volatil, sublimable, connu sous le nom de fleurs d'antimoine.
Indépendamment de cet oxide, l’antimoine, en se combinant avec l’oxigène , peut donner lieu à deux acides : l’acide antimonieux et l’acide antimonique. Ce métal se combine aussi avec plusieurs métalloïdes, mais surtout avec le soufre; aussi le trouve-t-on naturellement presque toujours à l’état de sulfure. Il s’allie à plusieurs métaux; il n’a aucune action sur l’eau, soit à froid, soità une température élevée, mais il se dissout dans plusieurs acides forts. On le trouve quelquefois à l’état natif ; on l’extrait le plus souvent du sulfure par le grillage. L’antimoine est fort employé en médecine; ses préparations pharmaceutiques sont nombreuses et importantes; on compte surtout, parmi elles, le tartre émétique, le kermès, le soufre doré, le perchlorure ou beurre d’antimoine , et l’antimoine diaphorélique.
Le titane se présente sous forme de grains cubiques, d’un rouge jaunâtre analogue au cuivre bruni. Il est dur, cassant, infusible. Sa densitéest de o,3o. Onle trouve dans les scories de quelques hauts fourneaux, et dans le schorl
rouge de Hongrie. Il peut donner lieu à deux degrés d’oxidation ; le plus riche en oxigène peut saturer les bases et jouit de propriétés acides. Il porte le nom d’acide titani— que, et il est connu en minéralogie sous le nom de r uthile. Le titane se combine avec plusieurs métalloïdes et métaux.
II est assez abondant dans quelques mines à l’état de titanate, souvent combiné avec le fer, la chaux ou la silice. Ce métal n’a aucun emploi dans les arts ni en médecine.
•Le tellure est solide, brillant, cassant, gris-blanc, d’une structure lameileuse; il est fusible et volatil; sa densité est de 6,1 5. Chauffé avec le contact de l’oxigène, il brûle et donne naissance à un oxide blanc volatil, avec production d’une flamme bleue, verdâtre sur les bords. Cet oxide fait fonction de base quand on le combine avec les acides, et joue le rôle d’acide quand il est en contact avec les bases. Le tellure s’unit avec l’hydrogène et donne lieu à un autre acide qui porte le nom de gaz acide tellurhydrL que. Il se combine également avec le soufre, le sélénium et quelques métaux. L’eau n’a aucune action sur lui. On le trouve dans la nature, combiné à l’or, à l’argent, au bismuth ou au plomb. L’ensemble de ses caractères semblerait le rapprocher autant des métalloïdes que des métaux.
L’urane se présente sous la forme d’une poudre brune, infusible, dont la densité est de 8,5o à la température ronge et au contact de l’air; il brûle et forme un protoxide. On le retire d’un minéral nommé pech- blende ; il se trouve aussi dans la nature, à l’état d’hydrate, de deutoxide et de phosphate double, combiné h la chaux ou au cuivre. Ce
métal est rare, peu connu; cependant il partage les propriétés des métaux de Sa deuxième série de cette section. On ne Fa jusqu'ici appliqué à aucun usage.
Le cérium a été découvert dans la cerlle , minéral dans lequel il se trouve â l’état de protoxide uni h de la silice , de la chaux et du peroxide de fer, ainsi que dans plusieurs autres minéraux. 11 se présente sous la forme d’une poudre rougeâtre. Il acquiert l’éclat métallique par le frottement; il est infusiblc. Chauffé avec Foxigène, il s’enflamme et
laisse dégager une odeur d’hydrogène. Il se combine avec
l’oxigènc en deux proportions. 11 décompose l’eau à une faible chaleur, surtout sous l’influence des acides. Il se combine assez bien avec les métalloïdes. On ne connaît pas ses alliages; on l'obtient pur en traitant son chlorure par le potassium. Le cérium est rare et sans emploi.
Le bismuth est plus connu et plus utile; c’est un métal blanc -jaunâtre, ductile, peu tenace , un peu moins dur que le cuivre, cassant, facile à pulvériser; sastructureest îamelleuse; il cristallise facilement en cubes disposés en pyramide décroissante ; son poids spécifique est de 9,8 2. Il fond à 246 degrés ; il est peu volatil ; il se ternit à l’air humide et froid ; mais à chaud, il s’oxide facilement. Ce protoxide est jaune et son hydrate est blanc ; le second oxide de bismuth ( sesquioxide ) est brun foncé. Ce métal se combine avec l’hydrogène, le phosphore et le soufre, parmi les métalloïdes; ses alliages avec les métaux sont très-nombreux. Il n’a aucune action sur l’eau. L’acide azotique est celui qui le dissout le mieux. Si l’on met les cristaux