Chapitre iy. Notions élémentaires de Zoologie. Pag
Classification du Règne animal . 348
Animaux Vertébrés . 55i
Animaux Mollusques . 362
Animaux Articulés. ........ 364
Animaux Rayonnés ou Zoophytes, . . . 372
Chapitre v. Histoire naturelle des Drogues. - — Cours d’Analyse, — Toxicologie. — Thèse, . ... . . 377
Chapitre, yî. De la Pharmacie pratique. — Moralité de !a prolèssion. * — Moralité de celui qui l’exerce. —
Conclusion . 385
Notes.
Note A . 4o3
Note B. ............ 4°7
Note C . 413
Note D. . 4*5
Bibliothèque pharmaceutique . 4 1 7
Table générale . 42^
DE
INTRODUCTION
§ Ier. Généralités. — Ordre , Durée des études
i. L’art de préparer les médicaments, étudié avec tant de soin dans ses moindres détails , n’a jamais été présenté dans les écoles , ni dans les livres , réuni en un corps de doctrine. L’homme du monde étranger aux connaissances et aux talents qu’il exige, le médecin que des études plus étendues réclament et absorbent tout entier, le pharmacien lui-même , livré à une profession dont il ne connaît pas les vraies limites, ou renfermé dans un cercle qui n’a d’autres bornes que sa propre capacité , n’accordent à cet art ni l’intérêt, ni l’importance, ni la considération qu’il mérite. Le jeune homme qui se destine à cette profession ne trouve nulle part un guide assuré dans la série
1 Phakmaceptique , s. f. , partie de la médecine Qui imite deia~«&o m position des médicaments et de leur ejtnjjïïoiT
( Dictionn, de C Académie. )
INTRODUCTION
des études qu’il doit parcourir pour s’y rendre habile. J’ai le dessein, dans cet ouvrage, de déterminer d’une manière précise l’objet et les moyens de cette branche de Fart de guérir; d’indiquer les points par lesquels elle se lie avec les autres sciences et ceux qui Fen séparent; démontrer dans quel ordre les diverses connaissances dont elles se composent doivent être étudiées; enfin, d’exposer les données fondamentales de l’art pharmaceutique, ainsi que des sciences sur lesquelles il s’appuie, afin d’offrir aux élèves des points fixes auxquels ils puissent rapporter toutes les connaissances qu’ils doivent acquérir successivement, dans le cours des études relatives à leur profession.
2. J’ai dit que la Pharmaceutique était l’une des branches de Fart de guérir , parce qu’il est certain que cet art ne saurait , dans la plupart des cas , se passer de l’emploi des médicaments, que, dans le principe, la médecine, la chirurgie et la pharmacie furent exercées par le même homme, et que l’impossibilité seule de posséder à la fois toutes les parties de l’art médical a motivé sa division en plusieurs branches. En effet, de toutes les sciences, il n’en est aucune qui repose sur une série de connaissances plus étendue et plus variée : l’étude de l’homme physique, celle de la force qui préside aux phénomènes delà vie, au jeu de nos organes ; les causes qui peuvent influer sur l’harmonie des fonctions , l’histoire et la classification des affections morbides , la connaissance des moyens propres
a les combattre, Fart de mettre en œuvre ces matériaux et de les appliquer à l’économie vivante : tant d’objets de
INTRODUCTION, 5
recherches et de méditations dépassaient le terme de la capacité d’un seul homme. Il fallut donc attribuer l’exercice de la médecine à des professions diverses, et partager entre elles tout ce qui se rattache à l’art de conserver ou de rétablir la santé.
5. Dans ce partage , la connaissance et la préparation des moyens matériels destinés à la guérison des maladies, devinrent l’objet particulier de la profession du pharmacien. L’Histoire des corps naturels qui, tous, sont plus ou moins propres à former des médicaments ; la Physique, qui s’occupe des propriétés générales de ces corps considérés dans leurs masses; la Chimie, qui observe les résultats de l’action moléculaire qu’ils exercent les uns sur les autres; enfin , la Pharmacie proprement dite, qui modifie, mêle ou combine les corps naturels de manière à les rendre ap plicables à l’organisme , formèrent une série do connaissances à laquelle on donna le nom de Pharmaceutique.
4* Tout cet ensemble d’études relatives à l’art de pré parer les médicaments peut se diviser en trois catégo* ries , savoir :
A. Les études préparatoires, ou celles qui forment la base de toute bonne éducation : les langues anciennes et modernes, l’histoire, la géographie, les mathématiques, les éléments des sciences physiques et naturelles , Fart d’écrire et la philosophie.
j B. La pharmacie proprement dite, ou la pratique des procédés opératoires relatifs à la préparation des médicaments, éclairée par la théorie des principaux phéno-
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mènes qui les accompagnent. Cette connaissance ne peut s’acquérir qu’en sc livrant lourà-tour au service public et aux travaux du laboratoire, dans une officine, seule école où l’on puisse se familiariser complètement avec les nombreux détails dont cette partie de l’art se compose.
C. Les connaissances théoriques , qui consistent , soit dans l’élude régulière de toutes les parties de Fhistoire naturelle, soit dans celle des phénomènes qui sont du ressort de la physique ou de la chimie. Celte dernière série de connaissances, ainsi que la pratique des hautes manipulations chimiques, ne peut s’acquérir qu’à l’aide de l’enseignement méthodique des écoles spéciales.
5. Cet ordre est aussi celui que nous suivrons dans Fexposilion des principes généraux qui forment l’objet de ce travail. Nous parcourrons successivement les trois catégories d’études que nous venons d’indiquer, attachant à chacune d’elles l'importance relative qu’elle nous semble mériter, nous appliquant surtout à présenter nettement les données essentielles qui s’y rapportent, et ne négligeant que les détails qui trouvent plus naturellement leur place dans les traités spéciaux relatifs au diverses parties de ces éludes.
Mais avant d’aborder celle partie fondamentale de notre travail , il est nécessaire de déterminer l'ordre , l’étendue et la durée des études relatives à la profession de pharmacien. Si nous nous écartons en cela, jusqu’à certain point, de l’ordre de choses encore en usage au moment où nous écrivons, nous pensons devancer de fort peu
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rétablissement d’une réforme jugée indispensable dans renseignement pharmaceutique , et qui , déjà consentie par les écoles, l’académie royale de médecine et l’opinion générale, n’attend plus que la sanction législative pour être adoptée définitivement.
6. Les études préparatoires terminées , la durée totale de renseignement pharmaceutique serait au moins de six années. Cet espace de temps serait divisé en deux périodes : l’une de quatre ans, consacrée b l’étude pratique de l’art, et à laquelle on donnerait le nom d a Période Officinale; l’autre de deux années, que l’élève passerait près des écoles , qui seraient consacrées à la théorie , et que l’on nommerait
Période Scolaire .
Dans la première période, qui aurait pour objet spécial Fart de préparer, de confectionner les médicaments , l’élève s’exercerait à la pratique des opérations qui constituent la pharmacie proprement dite; il s’appliquerait à exécuter tous les procédés, toutes les manipulations qui se rapportent au service public d’une officine. Cette première période serait elle-même divisée en deux époques, chacune de deux années entières et consécutives. Durant la première époque, le jeune homme, admis dans l’officine d’un pharmacien j sous le titre d’élève de deuxième classe, et aux conditions qui constituent ce que l’on nommait autrefois l’apprentissage, ne sortirait de cette classe , pour passer dans la suivante, qu’après avoir subi, soit dans une école , soit devant un conseil médical de département, un examen de capacité, lequel porterait sur les,
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principes des nomenclatures botanique, chimique, pharmaceutique, et sur les premiers éléments de la pharmacie. Pendant les deux années suivantes, devenu élève de première classe, il passerait successivement des travaux du laboratoire à ceux de l’officine, et il s’appliquerait spécialement à l’étude de cette partie de l’art relative à l’exécution des formules médicales, et que l’on pourrait nommer la pharmacie magistrale ou extemporanée.
Les deux années de la période scolaire seraient consacrées à l’étude méthodique des diverses sciences qui doivent compléter l’ensemble de l'éducation pharmaceutique. Ces connaissances consistent dans l’étude des diverses branches de l’histoire naturelle (minéralogie, botanique et zoologie), de la physique, de la chimie, delà toxicologie , de l’histoire des drogues , enfin , dans l’exercice des manipulations chimiques et pharmaceutiques les plus délicates, lesquelles ne peuvent guère se pratiquer que dans de vastes laboratoires et sous les yeux mêmes d’habiles professeurs.
7. La priorité que nous donnons ici à la pratique , relativement à la théorie , dans le cours des études pharmaceutiques, est non-seulement fondée sur l’usage, mais elle peut aussi s’appuyer sur de puissants motifs. Il est certain que, lorsqu’une profession comporte plus de considérations scientifiques que de détails positifs ou d’application , c’est à la théorie qu’il faut d’abord se livrer, afin d’accoutumer l’esprit des jeunes gens l\ conserver l’élévation des vues et le génie propre qui caractérise la
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science. Mais s’il s’agit d’un art qui ait pour objet X application, plutôt que Y étude des données scientifiques, c’est par la pratique, au contraire , qu’il faut commencer, afin d’assujettir de bonne heure les élèves aux détails matériels de cet art, et de les mettre en garde contre les séductions d’une carrière toute spéculative, à laquelle ils ne sont pas destinés. (Voy. note À, à la fin du volume.) Toutefois, il ne s’agit pas d’admettre l’un de ces moyens à l’exclusion de l’autre; il faudrait, au contraire, qu’ils pussent marcher d’un pas égal. Ainsi , tout en s’adonnant h la pratique des opérations manuelles , on doit s’exercer à chaque instant à les éclairer par la théorie; mais il est évident que la connaissance des faits doit précéder leur explication , et que l’enseignement théorique n’aurait aucun résultat, si chaque principe ne trouvait un point d’appui dans le souvenir des faits qui lui servent de texte et de fondement.
8. Au commencement de la deuxième période de l’éducation pharmaceutique, au moment où l’élève, déjà habile dans la pratique de l’art, viendrait prendre sa première inscription scolaire, il serait assujetti à présenter son diplôme de bachelier ès-lettres. Dans le cours de cette période et à des intervalles déterminés, il subirait dans
une école les divers examens prescrits par la loi et les
réglements universitaires. EnOn , pour couronner toute la série des actes probatoires, et avant de recevoir la licence d’exercer la pharmacie, il aurait à présenter et à soutenir une thèse , ou dissertation inaugurale , sur l’un des points capitaux de la profession, ou sur une proposition relative
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h l’une des sciences dont se compose la Pharmaceutique.
Tel serait , à l’envisager d’un point de vue général , l’ensemble des conditions et des épreuves auxquelles serait assujetti tout candidat qui aspirerait à exercer la profession de pharmacien.
§ 11. Etudes Préparatoires.
9. On s’est plaint quelquefois de ce que l’éducation de collège était trop exclusivement littéraire, et qu’elle retenait trop long-temps les élèves appliqués h des études souvent inutiles pour l’exercice de certaines professions. Ce reproche, s’il est fondé dans quelques cas, ne l’est pas sans doute dans ce qui regarde les professions médicales. Il est évident que le pharmacien , dont l’art repose sur une vaste série d’études scientifiques, doit y préluderpar celles qui forment la base de toute éducation libérale, de toute profession savante. L’influence des bonnes études s’étend loin dans la vie; leur défaut, au contraire, se fait vivement sentir dans toutes les situations, car le moment une fois passé de les faire avec suite et avec fruit , l’occasion ne s’en retrouve plus. Notre profession a des abords difficiles, arides, rebutants; elle exige de la part des parents qui y destinent leur fils , un véritable parti pris , et du côté de l’élève, un dévouement réel, une résolution soutenue. Immédiatement au sortir du collège , il faudra qu'il s’exerce à la pratique de l’art, et cette période, si elle n’est pas entièrement perdue pour les spéculations de la théorie, lui permettra rarement de revenir sur ses
INTRODUCTION
études classiques. Les détails multipliés d’une officine , l’attrait des objets nouveaux qu’il aura sous les yeux, le merveilleux des opérations de la physique et de la chimie, l’occuperont sans relâche et le captiveront tout entier. Il faut donc qu’avant de s’y livrer complètement, il se soit appliqué avec goût et persévérance à scs études de collège , et que des maîtres prévoyants les aient dirigées dans le sens le plus favorable à ses progrès futurs dans 1 s scien ces qui servent de fondement à la pharmaceutique.
10. 11 devra s’adonner de bonne heure à l’étude des langues grecque et latine , parce qu’elles forment la base de toutes les langues scientifiques, et même de sa langue maternelle ; parce qu’en les étudiant il se familiarisera avec les écrivains modèles de l’antiquité , et qu’ enfin , d’excellents ouvrages relatifs à son art, écrits dans ces deux langues, méritent d’être lus dans l’original, ou n’ont jamais été traduits. L’étude des langues ne réussit bien que dans la première jeunesse , surtout celle des langues anciennes , pour l’intelligence desquelles le secours des dictionnaires ne suffit point. Or., tous les termes des sciences médicales ont une origine grecque ; toutes les dénominations d’histoire naturelle sont latines ; toutes les Pharmacopées sont écrites en latin. Si l’on se contente d’une connaissance superficielle de cette dernière langue, on s’expose à de graves et perpétuelles erreurs dans l’exécution des formules; car si une étude approfondie du latin est nécessaire à celui qui l’écrit, elle ne l’est pas moins sans doute à celui qui l’interprète, et, dans ce cas, comme
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dans beaucoup d’autres, une ignorance absolue serait peut-être préférable au demi-savoir, qui ne doute jamais.
1 1. La connaissance des langues vivantes lui permettra de suivre les progrès des sciences chez les nations contemporaines. L’histoire, en l’éclairant sur le passé, lui apprendra plus tard à rapporter les fastes de la science aux diverses époques de l’histoire générale du monde. La géographie lui fera mieux connaître l’origine de tous les corps naturels, et les différences qu’établit souvent entre eux la diversité des climats qui les produisent.
Qu’il se livre avec application à Fétude des mathématiques. Soit qu’il s’occupe de la pratique de son art, soit qu’il l’étudie dans les écoles, il ne saurait faire un pas dans l’étude de la physique et de la chimie, sans une connaissance étendue de cette science. L’arithmétique le familiarisera avec les calculs de proportion , avec les systèmes de pondération et de mesure ; l’algèbre l’exercera à Fart de représenter par des signes les quantités et les nombres ; la géométrie le préparera h l’étude des formes qu’affectent les substances minérales et les matières salines dans leurs cristallisations. Qu’il ne néglige point non plus d’acquérir les notions élémentaires de physique, de chimie et d’histoire naturelle, qui font partie aujourd’hui de l’éducation classique ; elles suffiront pour lui inspirer le goût de ces belles sciences, et le préparer à Fétude plus approfondie qu’il doit en faire par la suite.
1 2. Qu’il s’attache à devenir habile dans l’art de parler et d’écrire ; qu’il s’accoutume à revêtir sa pensée de for-
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mes heureuses, à s’exprimer avec clarté, précision, et même avec élégance. Quelque jour il devra former aussi des élèves ; il peut occuper une chaire, remplir de hautes fonctions, tenir sa place parmi les savants et les illustres; ou, à l’exemple de tant de pharmaciens célèbres, doter la science du fruit de ses veilles. «Le style est tout l'homme ,» a ditBulïon ; on en peut dire autant du langage : la netteté de l’expression caractérise en général celle de la pensée , et le talent d’écrire ou de parler est le véritable cachet d’une bonne éducation. Quant à la philosophie, son étude ne saurait être inutile à celui qui tient dans ses mains des armes si puissantes , à qui sont confiées la santé et la vie des hommes. Son titre sera quelque jour la garantie de son savoir; mais où sera celle de sa probité, si, par une étude sérieuse de ses devoirs envers Dieu, la société et luimême , il n’a appris à se mettre en garde contre les séductions de la cupidité, plus dangereuses peut-être que les méprises de l’ignorance ? Formons d’abord l’honnête homme , nous tâcherons plus tard de former le savant; et si, dans cette profession, suivant fexpression de Cabanis, la probité n’a d’autre surveillant qu’ellemême , que la conscience de celui qui l’exerce devienne ce surveillant sévère, et sa réputation de probité provoquera la confiance du public, mieux que ne le ferait peut-être une haute renommée de science et d’habileté.
Et d’ailleurs , pourquoi cette branche d’un art unique dans son principe comme dans son objet, resterait - elle en arrière des autres, sous les rapports littéraire et philo-
INTRODUCTION
sophiquc ? Nous sommes loin de penser qu'il faille, pour pratiquer dignement la pharmacie, moins d’années d’étude, moins de capacité, d’intelligence , d’adresse, de savoir, de probité,, que pour exercer toute autre branche de l’art de guérir. L’un des meilleurs résultats des bonnes études est évidemment celte faculté de toujours apprendre , qui est l’un des caractères des intelligences supérieures; tandis que celui des esprits médiocres est de rester stationnaires. Or, cette faculté est indispensable dans la culture des sciences, parce que celles-ci sont toujours en progrès. Les lettres et les sciences ont plus de points de contact qu’on ne le suppose généralement. Enfin, il y va de l’honneur comme des intérêts du pharmacien , de rehausser, dans l’opinion publique, l’importance et la dignité de son art. Il y réussira, non-seulement avec des connaissances spéciales, mais encore en se montrant, par l’étendue et la variété de son éducation, l’égal de tous les hommes qui exercent des professions scientifiques, et en figurant comme eux parmi les classes les plus éclairées de la société.
§ III. Définitions.
i 5. La Pharmaceutique est le système complet des connaissances qui se rapportent è Fart de préparer les médicaments.
La Pharmacie est Fart de préparer les médicaments ; elle comprend l’ensemble des faits et des principes que Fart emprunte à diverses sciences, ou qu’il tire de son propre
INTRODUCTION
fonds , pour les appliquer à la préparation des médicaments.
Cette distinction entre la pharmaceutique et la pharmacie nécessite peut-être quelques explications. La première est une science, ou plutôt une série de sciences; la seconde est seulement un art. La pharmacie n’est proprement qu’une partie de la pharmaceutique, car celle-ci comprend, non-seulement les faits et les théories empruntés à diverses sciences, qui se rapportent à la préparation des médicaments, mais encore ces sciences elles-mêmes dans toute leur étendue. Ainsi , on ne peut pas dire que l’histoire naturelle, la physique et la chimie, sont des branches de la pharmacie ; mais ces sciences sont évidemment des parties de la pharmaceutique. Le pharmacien, pour obtenir son titre légal, peut, à la rigueur, ne connaître de ces sciences que les parties applicables à la préparation des médicaments ; mais le professeur, celui qui se consacre à l’enseignement et aux progrès de Fart pharmaceutique, doit posséder les sciences sur lesquelles cet art s’appuie , dans leurs détails les plus explicites. L’est dans ce sens que l’on a émis l’opinion d’ériger en Facultés les écoles de pharmacie, ou du moins d’exiger que les professeurs, au lieu du grade de docteurs ès-sciences, prissent, dans l’Université, celui de docteurs en pharmaceutique.
î/j. On appelle Médicament toute substance naturelle modifiée par l’art , tout mélange ou combinaison destiné h être pris intérieurement, ou appliqué à l’extérieur, dans le but do combattre une maladie.
INTRODUCTION
Les substances destinées à l’usage de la médecine, lorsqu’elles n’ont point encore subi la modification qui les constitue médicaments, se nomment Drogues, ou Sub stances Médicinales .
La Pharmacie se compose , en conséquence , de deux parties :
i° La Connaissance des substances médicinales; 2° la Préparation des médicaments.
A cette dernière partie se joignent deux parties accessoires : l’une préliminaire, et l’autre consécutive. La première est le C hoixy ou la Collection des substances médicinales; la seconde est la Conservation des médicaments.
i5. La Connaissance des substances médicinales s’acquiert d’abord par l’habitude de les voir, de les toucher, de les observer sous divers aspects ; puis en étudiant leur histoire, après les avoir rapportées aux différentes parties de l’histoire naturelle auxquelles elles appartiennent. Cette étude s’opère d’une manière incomplète et irrégulière, durant la période pratique ; mais elle s’achève et se régularise pendant la période scolaire. L’histoire des drogues, ou des substances usitées en médecine, se nomme Histoire naturelle médicinale.
La Préparation des médicaments s’opère par quatre modes principaux: la Division, Y Extraction, la Mixtion ou le mélange, et la Combinaison ou l’action chimique ; en sorte que les produits peuvent être partagés en quatre ordres généraux : Médicaments Divisés , Extraits , Mixtes et Combinés.
INTRODUCTION
Ces deux derniers ordres avaient jadis reçu d’autres noms : les mixtes s’appelaient médicaments galéniques, et les combinés médicaments chimiques.
On divise encore les médicaments en Simples et en Com posés , suivant qu’ils sont formés d’une seule ou de plusieurs substances.
Enfin , une autre division générale se rapporte à leur durée : on les nomme Officinaux , quand ils peuvent être préparés à l’avance, et lorsqu’ils sont peu susceptibles de s’altérer avec le temps ; et Magistraux 9 quand ils se conservent mal, ou doivent être préparés extemporanément, sur la prescription du médecin.
Nous aurons l’occasion de revenir plus d’une fois sur ces divisions , et de discuter ce qu’elles peuvent avoir de rationnel, d’arbitraire ou de suranné.
Etudes pharmaceutiques.
INTRODUCTION
TABLEAU
Présentant l* ensemble des connaissances pharmaceutiques et l’ordre dans lequel elles doivent être étudiées,
j Nomenclature et classification des médicaments.
/ ire epoque.
/ Période / officinale.
Opérations du 1er ordre. — Choix ou Collection des substances médicinales. — Médicaments obtenus par DIVISION.
Opérations du 2e ordre. — Médica- \ ments obtenus par extraction.
( Médicaments du 5e ordre, ou obtenus
par mixtion.
duits.
Opérations et pro-
2e époque.
Travaux du laboratoire.
tion des médicaments.
CONSEJRVA-
Médicaments du 4e ordre, ou obtenus par combinaison. — Opérations et produits. — Pharmacotechnie ma¬
gistrale.
Histoire
naturelle.
Minéralogie.
Botanique.
Zoologie.
Période scolaire.
Physique générale.
/ Chimie générale.
Chimie. 1 Toxicologie. Analyse.
\ Manipulations chimiques.
Histoire naturelle des drogues.
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