‹ Principes élémentaires de pharmaceutique. Ou, Exposition du système des connaissances relatives à l'art du pharmacienChapitre 53 sur 66 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Histoire naturelle des Drogues. — Manipulations chimiques. —

Examens, Thèse.

Je suis persuadé qu’il n’y a aucun médecin, ni apothicaire, qui ne puisse , dans le cours de sa vie, découvrir la vertu particulière de quelque drogue, s’il veut s’y attacher.

(Lémery, Dlctionn. des Drogues , Prèf. , un.)

Si le jeune pharmacien doit faire sa première étude des manipulations dont l’usage seul peut donner l’habitude , il doit y revenir encore lorsqu’il a acquis des connaissances scientifiques plus exactes.

('Sobbeiran, Manuel de Pharm. , vus.)

C’est aux diverses branches de l’histoire naturelle que la connaissance des drogues emprunte ses premiers éléments; mais il en est beaucoup d’autres qui la complètent et qui en forment une étude assez vaste, à laquelle on donne le nom d "Histoire naturelle Pharmaceutique. En effet, connaître la nomenclature, la classification et les principaux caractères d’un être naturel, n’est pas encore le connaître comme substance médicinale. D’ailleurs, l’art de guérir n’emploie souvent qu’une partie de ce corps, d’autre s fois l’u n de ses p rod n i ts i muiédi ats n a tu rel s, o u b ien Y un des principes qui résultent des modifications que la chimie lui a fait subir. Le pharmacien doit aussi connaître la sy-

nonymie des drogues, c’est-à-dire les différents noms qu’une même substance a portés h différentes époques , dans diverses langues , ou dans divers pays. Lorsque ces substances sont originaires de contrées lointaines et sont fournies par le commerce , il doit pouvoir les reconnaître à des caractères certains, apprécier leur pureté, leur conservation, leur bonne qualité réelle et apparente ; découvrir les altérations ou les falsifications qu’elles auraient éprouvées. Enfin , il doit connaître leur analyse , leurs usages économiques et industriels, ainsi que tous les détails qui se rapportent à leur origine , à leur histoire et aux préparations qu’elles subissent avant d’être livrées au commerce ou à la consommation. On conçoit que cette étude serait immense si elle s’appliquait à tous les êtres delà nature ; mais elle sc borne nécessairement aux substances employées en médecine, ou, du moins, h celles dont les propriétés bien tranchées peuvent faire supposer qu’elles auraient quelque efficacité dans certaines maladies.

L’ordre dans lequel les drogues proprement dites doivent être étudiées est assez difficile à établir. Il est évident qu’ici la classification naturelle ne saurait suffire : i° parce que le trop grand nombre de lacunes que laisseraient les substances inertes ou inusitées romprait tous les liens qui unissent les diverses divisions de la science ; 2° parce que les parties détachées de chaque corps naturel ne présenteraient pas une analogie suffisante pour pouvoir les grouper régulièrement; 5° enfin, parce que certains produits immédiats n’auraient aucune place dans les classifications

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