L-avenir de notre , y - -i i
( Note D, p. 059.)
Je tiens de l’un des botanistes les plus éminents de notre époque, que lors de noire première révolution, errant dans les montagnes de la Suisse avec un parent proscrit, l’idée lui vint d’apprendre la botanique. Privé de guide et même de livres, il se mit à recueillir des plantes, à les disséquer, à les observer dans tous les détails de leur structure et de leur organisation , et se livra pendant plusieurs années à ce travail, sans savoir le nom d’aucune plante, pas même celui de ces organes que d’ailleurs il connaissait si bien. Arrivé à Paris, dans le but de poursuivre cette étude qui, heureusement pour la science, avait pris chez lui l’empire d’une passion, il se présenta chez les premiers professeurs, et, tout en les interrogeant sur les éléments de l’anatomie et de la physiologie végétales, il faisait des remarques, il signalait des particularités, il présentait des vues nouvel les, résultats de ses observations propres, qui jetaient les savants dans l’étonnement et l’admiration. Enfin, celui qui venait apprendre la botanique qu’il croyait ignorer, et qui, en effet, n’aurait pu nommer une seule plante, passait déjà aux yeux des maîtres pour un profond botaniste; pronostic qu’il ne devait pas tarder à réaliser , car ce jeune adepte était M. Decandoîlc.