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EXPLICATION DES PLANCHES

Planche I.

Figure 1. Tête de Géorgienne.

Figure 2. Tête de Kalmouk, 1 frontal, 2 pariétal, 3 temporal, 4 occipital, 5 sphénoïdal, Gfjugal (os de la pommette), 9 conduit auditif.

Planche II.

Figure 1. Tète d’Australien.

Figure 2, Tète de orang jeune.

Planche III.

Figure 1. Crâne de la Géorgienne.

Figure 2. Crâne du Kalmouk.

Figure 3. Crâne de l’Australien.

Planche IY.

Figure 1. Tète d’un Grec ancien.

Figure 2. Tête d’une femme caraïbe.

Planche Y.

Figure 1 . Le Kalmouk Fédor, dessinateur et graveur habile ; c’est une figure calme et intelligente.

Figure 2. Profil d’un jeune Kalmouk, tiré du livre de Lavaler, où l’on trouve le commentaire qui suit : « La distance de ce faible sourcil à l’œil... l’œil ainsi rapproché du contour du nez, la petitesse de ce nez relevé, la longueur de la lèvre d’en haut, la grandeur monstrueuse de l’oreille, sont autant de traits caractéristiques du peuple kalmouk. Du reste, ce garçon a de la bonhomie, de la dextérité et de la vivacité ; malgré son naturel sauvage, je ne le crois ni fourbe, ni méchant. »

Planche YI.

Figure 1 . Nègre du Congo.

Figure 2. Australien; physionomie d’une extrême brutalité.

Planche Y II.

Fille née à Paris. Figure 1, âgée de quinze jours.

Figure 2, la même âgée de quatre ans et demi.

Figure 3, la même âgée de neuf ans. Les deux tempéraments nerveux sont bien marqués sur ce dernier profil.

Planche VIII.

Figure 1. La même âgée de onze ans et demi.

Figure 2. La même âgée de trente ans.

Sur ces cinq profils dessinés par moi d’après nature et où le tempérament nerveux se prononce de plus en plus, on peut suivre les changements apportés par les années.

Planche IX.

Figure I. Benjamin West, à vingt-cinq ans probablement. Voici ce qu’en dit Lavaler : « La jolie physionomie! que de simplicité dans l’expression ! tranquillité, noblesse, pureté et

douceur dans l’ensemble sans le moindre mélange de fadeur. Le front, tel qu’il se présente ici, est judicieux, calme et réfléchi, mais il manque de hardiesse... La transition au nez est d’une délicatesse infinie. L’œil embrasse un vaste espace et n’en voit pas les choses avec moins de clarté... un tel regard tient le milieu entre une vivacité prématurée et une conception purement passive. Mais rien n’approche de la correction et de l’élégance du nez... Dans ce visage c’est assurément ce qu’il y a de plus distingué , de plus avantageux et de meilleur. Couvrez le reste, et le nez seul vous indiquera déjà un homme rare. L’esprit qui l’anime conserve toute son expression jusqu’à la narine inclusivement : là il commence à diminuer et à s’amortir plus ou moins... La bouche porte le caractère d’une douceur féminine, d’un goût, réfléchi, et en même temps d’une noblesse que je ne retrouve pas dans tous les portraits de West. Le menton est plein de bonté et de finesse.

Planche X.

Figure 1. West, à quatre-vingts ans, réduction de la gravure de Fittler d’après Harlow. Ici encore la même douceur, le même calme religieux, plus un peu de mélancolie. Le personnage est parfaitement reconnaissable dans les trois portraits, et je les ai choisis en conséquence comme montrant bien les changements dus aux années. Mais plusieurs portraits gravés de West , gravés même d’après Harlow, n’en donnent pas une idée aussi avantageuse : ils sont fades plutôt que doux ; moroses plutôt que mélancoliques.

Figure 2. Léonard de Vinci ; cette tète est bien plus noble, bien plus puissante que l’autre.

Planche XI.

Figure 1. Daumas-Dupin, condamné à mort pour vol et assassinat.

• Figure 2. Voleur de profession.

J’ai dessiné ces deux têtes d’après nature, aux assises de Versailles en 1829.

Planche XII.

Figure 1. Idiote de naissance.

Figure 2. Idiot tiré de l’ouvrage de Pinel : Traité sur l’aliénation mentale .

Planche XIII.

Figure 1. Idiote très-rusée, surnommée le singe à la Salpétrière.

Figure 2. Folle mélancolique par chagrins domestiques.

Planche XIV.

Figure 1. Charles Fourier , puissant et facile génie, profond, patient, tenace, d’un orgueil naïf; homme simple, désintéressé, bon, excellent; tempérament irritable que bouleversaient les objections sottes et hypocrites.

Figure 2. M..., ancien commis-voyageur, esprit très-superficiel et très- futile ; homme bon et honnête ; grand amateur du beau sexe...

J’ai dessiné et gravé ces tètes d’après nature.

Planche XV.

Figure 1. Diderot , calqué sur le portrait gravé par Cathe-

lin, d’après Cochin. Physionomie sanguine, vive, expansive, qui contraste avec la suivante.

Figure 2. Néron, d’après un buste antique ; physionomie sombre, concentrée.

Planche XVI.

Figure 1. F. Alv. de Tolède, duc à’Albe, calqué sur le portrait édité par P. de Jode. Dans cette copie on retrouve la forme générale ; mais la sévérité, la dureté, sont presque entièrement effacées.

Figure 2. Panard , calqué sur le portrait gravé par Chenu. Bonhomie et sensualité. Le copiste a, comme dans la tête précédente, amoindri l’expression.

Planche XVII.

Figure 1 et 2. Lava ter à 40 ans.

Planche XVIII.

Figure 1. Silhouette de Lavater.

Ces trois portraits de Lavater sont des réductions des gravures de son grand ouvrage. Voici le commentaire qui les accompagne. < Quoique cette silhouette ne soit pas de la dernière exactitude, elle est pourtant plus vraie que tous les portraits qu’on a faits ou qu’on fera de ce visage. La copie ne sera jamais ni tout à fait méconnaissable, ni tout à fait ressemblante; telle qu’on la voit ici, je puis en dire bien des choses, mais je commence par caractériser l’original.

» Mobile et irritable à l’excès, d’une organisation excessivement délicate, il compose un ensemble très-singulier et qui contraste dans ses parties. Il se laissera mener par un enfant, et cent mille hommes ne l’ébranleront pas. On obtiendra de

lui tout ce qu’on voudra, ou l’on n’obtiendra rien. Par celte raison, il est tendrement chéri des uns et mortellement haï des auties. Avec un.tel caractère, il doit passer tantôt pour un être faible, tantôt pour un esprit opiniâtre; et il n’est ni l’un, ni l’autre. Tout blesse et irrite sa sensibilité; il se livre tout d abord à des emportements, et presque aussitôt, après une simple réflexion, il se calme et s’adoucit... Ce qu’il doit apprendre, il le sait d’abord ou il ne le saura jamais. Tout lui est en quelque sorte donné, tout chez lui est intuition. Il aime les spéculations métaphysiques et n’a pas assez d’intelligence pour comprendre la plus simple mécanique... Sa mémoire est à la fois des plus heureuses et des plus faibles... il fera de très-longs récits et de vingt noms propres, il en retiendra à peine un seul... Il a quelque talent pour la poésie. Son imagination est, dit-on, extravagante, déréglée, prodigieusement excentrique... Sans doute, abandonnée à elle-même, cette imagination se livrerait à des excès, mais elle est toujours soumise à deux gardiens sévères : le bon sens et un cœur honnête. Cet homme passe pour rusé, et il n’est qu’étourdi ; toute son âme est sur ses lèvres...

» Rarement on verra tant d’activité réunie à tant de tranquillité, tant de vivacité naturelle à tant de modération. Jamais on ne l’empêchera de poursuivre une entreprise qu’il aura formée sérieusement. Mais il se soumet avec humilité aux décrets de la Providence... Il est timide à l’excès et courageux jusqu’à l’intrépidité.

» La crédulité a toujours été son grand défaut, et il ne s’en corrigera jamais. Que vingt personnes le trompent de suite, il n’en accordera pas moins sa confiance à la vingt-unième : mais l’homme qui lui en a imposé une seule fois, lui devient

pour toujours suspect.,. La béatitude éternelle et le simple trait d’une silhouette captivent de môme son .intérêt. 11 rapporte tout à un but unique, et il -retrouve ce grand but partout. 11 mêle à ses sentiments religieux une douce mélancolie. Son extrême sensibilité ne trouble pas sa sérénité naturelle, et sa bonne humeur le quitte rarement une demi-journée. Il aime, sans avoir jamais été amoureux. »

» Jugeons maintenant la silhouette , comme si nous ne savions rien de l’original : Un caractère poétique, beaucoup de sentiment et encore plus de sensibilité, une bonhomie qui va jusqu’à l’imprudence, voilà ce qu’il n’est guère possible de refuser à ce profil. L’expression poétique, c’est-à-dire une imagination fertile à laquelle se joint un sentiment subit et délicat, on la retrouve surtout dans le contour et la position du front, dans l’arc presque imperceptible de ce nez de furet : la bonhomie se peint dans toutes les parties du visage par des contours doucement courbés et qui n’ont rien de tranchant. Le même caractère paraît encore plus distinctement dans cette lèvre qui avance, trait commun à tous les jeunes enfants. Le long intervalle qui sépare le nez de la bouche devient l’indice du défaut de prudence et de la précipitation. Le contour inférieur, depuis la lèvre d’en bas, jusqu’à l’extrémité du menton, promet un homme appliqué..., ami de l’ordre, un caractère fixe, un esprit juste et qui ne néglige point les petits détails, quoique l’expression soit affaiblie par l’allongement de cette section et de celle qui avoisine le nez. Tout ce visage exprime un heureux abandon ; il respire librement, il a un air de gaieté franche, il est aux aguets. Nous concevons qu’on aurai f peine à rassembler ces différents caractères sous un seul titre.

» À juger delà silhouette par le manque total delignes droites

et par les traits allongés du milieu, je dirai avec certitude que j’aperçois beaucoup d’imagination, un sentiment vif et rapide mais qui ne conserve pas longtemps les premières impressions, un esprit clair qui cherche à s’instruire , et qui s’attache à l’analyse plutôt qu’aux recherches profondes, plus de jugement que de raison, un grand calme avec beaucoup d’activité. Cet homme n’est pas fait pour le métier des armes ni pour le travail du cabinet. Un rien l’oppresse": laissez-le agir librement ; il n’est que trop accablé déjà. Son imagination et sa sensibilité transforment un grain de sable en montagne; mais, grâce à son élasticité naturelle, une montagne souvent ne lui pèse pas plus qu’un grain de sable.

» Lorsque la nature relâche les traits, l’art pour l’ordinaire, les offre encore plus lâches dans l’imitation, et de même ce que la nature contracte, l’art le contracte encore davantage. L’art ajoute ou retranche; rarement observe-t-il les proportions données par la nature. La figure 1 (PL XVII.) en est une preuve. Elle représente celui dont nous venons de tracer le caractère et dont on a vu la silhouette... Ce portrait annonce plus de sagesse et de pénétration que la silhouette... Mais on y trouve beaucoup moins d’expression poétique , parce que le bas du visage est plus droit, plus plat que dans la silhouette. L’ensemble exprime le calme de l’esprit plutôt que son activité. La narine dénote de la sensibilité et des désirs modérés. La mâchoire ne rend pas assez la vivacité du caractère. Une douce et tendre affection se peint dans l’œil et dans la bouche.

s La figure 2, reconnaissable dans chaque irait séparé, ne l’est presque plus dans l’ensemble : son allongement vers le bas dérange les proportions; la forme principale est détraquée; cependant cette attitude et celte manière de dessin

seraient très-caractéristiques pour la physionomie... L'os de l’œil est mieux prononcé , tandis que la surface du front manque de vérité. Tout est renforcé dans ce visage : c’est là plutôt un œil hagard que l’œil attentif d’un observateur : avec un tel regard on a plutôt l’air de suivre des visions que de s’attacher à des réalités. D’ailleurs, quoique cette figure annonce moins d’esprit que la précédente ; quoiqu’on y remarque une teinte de froideur et même de fadeur, elle promet un caractère doux et paisible qui ne veut de mal à personne, qui n’est sujet ni à des caprices, ni à des emportements , un caractère plutôt fait pour recevoir des impulsions que pour en donner. En général, ce portrait n’a pas les mêmes mœurs, le même goût, ni la même originalité que le premier.

Figure 2. Voir à la page 63.

Planche XIX.

Figure 1. Femme des environs d’Orléans, dessinée par moi, d’après nature et sans exagération. D’une intelligence trèsbornée, elle n’était pas cependant regardée comme idiote.

Figure 2. Jeune anglais très-intelligent, dessiné par moi, d’après nature.

Ces tètes prises toutes deux dans la race européenne diffèrent entre elles presqu’autant que l’Australien au plus bas de l’échelle, et le Grec antique au plus haut.

Le vaste front de L. de Vinci parait aussi saillant que celui de la figure 2. Sabatier, à en juger par le buste et les portraits, devait avoir un pareil front. Sabatier, chirurgien habile, était un homme positif, sage, savant, réfléchi, laborieux.

Planche XX.

Figure 1 . Croquis de l’enfant dont il

est parlé à la page

Figure 2. Garçon de quinze ans : sot orgueil et môcliunceté. La forme du nez est caractéristique.

Figure 3. Jeune homme de vingt-trois ans, bon garçon, fier d’avoir mangé de l’argent à Paris et fait jouer un vaudeville en province, étudiant en médecine, — À soixante ans, quoiqu’il fût médecin d’un hôpital, son caractère léger, évaporé, avait peu changé , — j’ai dessiné ces trois figures d’après nature.

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