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LA CULTURE DES BOIS

Explication.

Par culture des bois nous comprenons l'éducation, le traitement et la récolte du bois.

La dernière peut et doit souvent être exercée de manière que le recru du bois s'ensuive de luimême. Ce genre d'exploitation se nomme réensemencemejit naturel du bois , et l'exploitation au moyen de laquelle la semence ou les plantes sont apportées sur lieu et place à main d'homme se nomme \ éducation des bois.

Dans l'ordre de la culture des forêts , la récolte des bois doit passer avant leur éducation , parce que l'économe forestier, d'ordinaire, récolte premièrement et puis après s'occupe de nouveau à élever; mais , dans un ouvrage systématique sur les principes relatifs aux matières forestières , il est mieux de placer l'éducation avant la récolte.

PREMIÈRE SECTION

DE l'Éducation du bois.

Énumeration des espèces de bois les plus dignes de culture.

Il y a en Allemagne plus de cent espèces de bois sauvages, mais le plus petit nombre mérite d'être cultivé dans nos forêts. Les chênes, hêtres, aunes, bouleaux, pins, épicéas, sapins et mélèzes sont les plus communément employés; et, d'après certaines circonstances différentes, les érables, frênes , ormes, charmes, tilleuls, peupliers, trembles, bons châtaigniers et pins cimbro sont dignes aussi d'une considération particulière. Dans les forêts de taillis simple et composé, les coudriers (noisetiers) , les cerisiers à grappes , merisiers à grappes ou pades et merisiers mahaleb, ou bois de Sainte-Lucie, les cerisiers des oiseaux ou doux ( merisiers communs ou des bois ) sont encore à recommander tout aussi bien , ainsi que, parfois, les différentes espèces de saules, les acacias ( ou robiniers "i , l'épine des chemins ( nerprun commun ou bois à poudre*) , etc.

* En ce qui concerne le nerprun , il est bon , sans contredit , de ne le recommander que là où Ton en fait usage pour la fabrication de la poudre et où il est bien paye , car son accroissement est ex<essivpmenl faible .

Quels lieux de situation (localite's) conviennent aux espèces de bois.

Par lieu de situation on comprend l'espace de terre et d'air dans lequel un arbre doit croître , par conséquent les sol , situation , exposition et climat.

Les chênes ont leur place dans les localités basses ou sur les collines ; ils ne prospèrent point sur les hautes montagnes. Le chêne à grappe (chêne d'hiver ou rouvre) arrive cependant dans de plus rudes situations , mieux que le chêne d'été ( chêne blanc ou pédoncule). Les deux espèces aiment un terrain frais , meuble avec une substance nutritive , mélangée de terre argileuse à fond solide ; mais elles profitent aussi dans les terrains de sables capables de fertilisation : sur un fond plat elles n'atteignent jamais leur perfection.

Le hêtre (des hojs, rouge, fouteau , fau , fajard , foyard ) est bien plus un arbre de montagne ; il profite à une plus haute situation que le chêne et n'exige pas un sol aussi profond que celui-ci ; de plus il arrive moins bien dans un sol sablonneux, si la terre n'est pas abondamment pourvue d'humus. Il vient préférablement dans un terrain meuble en basalte et dans les fonds frais en calcaire. Il croît mieux sur les moyennes montagnes que sur les sommets élevés ; on le trouve peu dans les régions entièrement plates, et il ne peut supporter de sol acidulé.

Le bouleau est très- frugal et pousse, de plus, à peu près partout; mais il est frappant qu'il s'ac-

croit moins bien sur les terrains calcaires et en basalte, terrains que les arbres feuillus préfèrent avant tout. Il semble profiter au mieux dans les sables fertilisables, dans les sols humectés (aquatiques ou mouilleux) et de gneiss. On le trouve sur les sommets élevés comme dans les contrées les plus basses , dans les régions très-froides et très chaudes , sur les sols entièrement humides et secs; toutefois il arrive souvent, dans fous ces cas extrêmes, à l'état d'un petit arbuste à peine reconnaissable.

\Saune commun (glutineux ou noir) aime pareillement le terrain humecté et une douce situation : il profite de même avec une grande abondance dans celui qui est des plus humides; néanmoins, dans les marécages remplis d'acides et d'eau très-ferrugineuse , comme sur les sols compactes et tenaces, il pousse très-mal.

Uaune du Nord ou aime blanc aime en particulier un sol sablonneux, avec glaise, fructifiable ; mais il croit à peu près partout , néanmoins sans doute sur tous les sols productifs , et supporte une situation plus calcaire et plus sèche que l'aune commun.

he pÏTi (en général pin sylvestre j qui est le plus commun) demande particulièrement le même lieu de situation que le chêne ; mais , relativement à la fécondité du sol , il est plus frugal et il supporte aussi bien le froid que celui-ci. Sur les monts élevés il s'abâtardit et se rabougrit [pin des motif agnes , bois nain , rabougri ).

\J épicéa ( sapin rou^e , pesse , Jie ou sapin gentil ) aime préférablement les montagnes à roches primitives. Il n'exige pas de sol à fond profond; il se contente d'une médiocre fertilité, mais ne supporte nullement ni sables chauds ou secs, ni terre glaise compacte. Dans les terrains trop fertiles il se corrompt souvent. Il prospère de plus dans de rudes régions, mais sur les sommets élevés il n'atteint qu'une basse croissance ; il profite encore quelquefois très-bien dans les terrains tourbeux acétiques.

Le sapi7i blanc (ou sapin) ne supporte point une aussi rude situation que l'épicéa, mais il en admet une plus élevée et plus froide que le pin. 11 demande un bon sol à fond profond.

Le mélèze ( larix d'Europe ) vient bien dans des régions encore plus hautes que celles de l'épicéa. Il croît à peu prés dans toute situation, et sur quelque sol que ce soit (excepté l'humide); cependant il se présente dans des rapports irès-différents, soit relativement à la croissance , soit relativement à la quantité du bois ,■ de là les jugements si opposés qui ont été portés sur l'avantage de la culture des mélèzes.

Le plus convenable sol pour ceux-ci est un terrain glaiseux de sable à fond profond; il ne peut pousser dans le terrain argileux. Un pays de montagne est plus profitable à l'éducation des mélèzes qu'une contrée de plaine. Une place exposée au soleil est meilleure que celle couverte.

Les érables végètent principalement sur une terre forte, mais meuble et fraîche. Si la terre est meuble

et humide, ils réussissent alors sur le sol , bien qu'il soit moins riche en humus. On trouve l'érable plane (à feuilles pointues) en la plus grande abondance sur les moyennes montagnes; mais l'érable commun (ou l'érable sycomore) se présente, au contraire , sur les hauts et rudes sommets. Les deux espèces arrivent bien aussi dans les plaines.

he frêne demande encore un terrain plus fort que l'érable, et beaucoup d'humidité. Il aime de préférence le basalte, croit plus abondamment sur les montagnes moyennes et sur les versants , mais encore sur d'assez hautes montagnes, et il est extrêmement rare sur le sol sablonneux.

Les ormes {ormeaux) se propagent convenablement sur le sol continuellement bien nourrissant de sable frais et meuble; cependant ils viennent mieux sur terrain fort, meuble et gras ou substantiel.

Observation. Avec l'éducation de l'érable , du frêne et de l'orme , beaucoup de précautions deviennent nécessaires relativement à leur lieu de situation; ainsi, plus leur lieu de situation est convenable , plus leur culture est avantageuse ; moins elle est convenable , moins on atteint le but qu'on se propose.

Le charme ou le hêtre blanc croit à peu prés dans tous les sols , mais il préfère un terrain fort, glaiseux et meuble; il supporte moins bien un sable chaud et les marais. Il n'avance pas sur les hautes roches, mais il prospère sur les montagnes et les plaines.

Les tilleuls aussi ne viennent pas continuellement bien sur les situations ou sommets élevés, mais ils

supporCent mieux à peu près tous les sols; ils recherchent surtout un sol frais à fond profond, et un sable de bonne culture.

YtQ peuplier-tremble (ou seulement le tremble, populus tremula) recherche un bon sol de sable frais et une situation basse.

Le bon châtaignier (ou châtaignier commun et cultivé y castanea vesca) exige un climat chaud et bon , avec du terreau richement répandu et un sol profond.

Le pin cimbro {bois d'arol) aime les hauteurs des contrées sud de l'Allemagne , et se montre continuellement dans le Tyrol aux plus hautes et rudes localités, comme toute autre essence de bois.

Sur l'iitililë de l'éducation des précédentes espèces de bois.

Nos deux espèces de chêne en Allemagne, savoir, le chêne d'été ou pédoncule, et d'hiver ou rouvre, fournissent un excellent bois d'œuvreou de construction, qui est d'une durée aussi certaine dans les endroits secs que dans ceux humides. Ce même bois a des qualités inférieures comme bois de support ou de charpente , mais il est , du reste , trèsutile pour les constructions des vaisseaux et pour le charronnage , la menuiserie et la tonnellerie. Aucun autre bois ne peut être comparé au chêne pour ce dernier usage. A titre de bois à bi^iiler, il se rapporie au hêtre comme 76 à 100.

Les chênes fournissent, avec leurs écorces, le meilleur tan reconnu. Leurs fruits donnent un bon panage; le feuillage pris vert et séché est employé comme fourrage pour les brebis.

Le hêtre rouge {ou des bois) fournit un des meilleurs bois de travail ou d'ouvrage pour les charrons et carrossiers, en ce que le bois est très-solide, se laisse bien travailler; mais il doit, suivant les cas, être employé avec précaution et après dessiccation, parce qu'autrement il se gâte très-facilement; c'est pourquoi on ne peut convenablement l'appliquer aux constructions. On reconnaît généralement sa force de chaleur comme bois de chauffage, ainsi que son état carbonique. C'est pour cela qu'on l'a choisi pour base, comme règle de mesure, relativement à la recherche de la puissance de chaleur des bois. Les fruits donnent une très-bonne huile à manger, et servent aussi à l'engraissement des porcs.

Les aunes promettent un bois de chauffage de qualité moyenne. Comme bois de travail ou d'ouvrage, il est assez souvent recherché par les menuisiers ; on obtient fréquemment en particulier, avec les aunes , les belles fournitures formant les madrures des dessus de table ; toutefois les vers se mettent dans les meubles confectionnés avec ce bois. Comme bois de charpente ou de service , il n'a aucune valeur lorsqu'il est exposé; employé dans les bâtisses sous eau et pour les tuyaux de fontaine, il conserve, au contraire, une durée établie.

Les bouleaux fournissent un bois très-utile pour

— soles menuisiers et carrossiers, et dans beaucoup de parties de la Russie ils remplacent , sous ce rapport , les hêtres rouges. Il est aussi bien employé comme bois de service ou de construction civile dans les endroits secs. Les jeunes petites tiges sont mises en usage pour les cercles de douves et les faibles perches pour des balais. On emploie les madrures pour les têtes ou tuyaux de pipe et pour les meubles. C'est à bon droit que pour les ouvrages de menuiserie on le place avant les aunes. Si le bois reste couché en conservant son écorce ou sa peau , il durcit très-facilement. Pour le chauffage, il n'est pas de beaucoup inférieur au hêtre. On prépare avec sa sève une savoureuse boisson (eau de bouleau, liqueur de bouleau). On gagne avec son écorce le goudron de bouleau ; delà suie du bouleau on prépare une bonne couleur pour les imprimeurs.

Avec \e pin, plus qu'avec toute autre espèce de bois, la bonté du bois et sa longue durée dépendent de la localité où il est situé; de là les différents avis sur l'utilité du pin. Comme bois de travail ou d'ouvrage, il a la préférence sur les épicéas ci-devant cités, parce que l'on peut obtenir abondamment des planches provenant de ses branches saines, et que ces mêmes planches ne se déjetlent pas aisément. Comme bois de charpente , de service ou de construction , lorsqu'il est placé dans un bon lieu de situation , l'accroissement est régulier; et, arrivé à son maximum d'accroissement , le bois de pin offre une grande durée. Seulement il n'est pas bon pour les

poutres ou supports : de ses souches et racines résineuses on retire le goudron.

Les épicéas et sapins fournissent , en général , un bois de construction et de planche préférable ; il se fait remarquer en particulier par son utilité dans les supports ou traverses , et par son applicabilité aux tables. L'écorce de Tépicéa convient aux meilleurs moyens de préparer le cuir ; de sa résine on cuit la poix et on tire des sapins de la térébenthine.

Le mélèze. Ayant crû dans une situation convenable, le mélèze est, de droit, préféré, comme durée, aux chênes ; il s'utilise spécialement en conduite de fontaine et en châssis de fenêtre. De la résine du mélèze est extraite la térébenthine connue sous le nom de térébenthine de Venise.

\Jérable commun est très-recherché des tourneurs, menuisiers, charrons et, en particulier, des luthiers ; sous ce dernier rapport , on ne saurait le remplacer avantageusement.

Les érables champêtres sont, en particulier, trèsestimés pour les madrures servant aux têtes ou fourneaux de pipes , et , en Franconie , les rondins sont vendus très-cher comme manches de fouet.

Dans la Saxe-Voitglande ( province de la Saxe du côté de la Bavière), les peignes préparés avec le bois d'érable forment un p^^oduit d'un assez bon revenu. La force de combustible du bois d'érable champêtre approche celle du hêtre.

hefrê/ie fournit , au moyeu de sa ténacité , un

très-bon bois de cbarronnage et menuiserie , et il est , jeune on vieux , (rès-solide. Comme bois de chauffage , on le classe à peu près égal au hêlre.

Vomie garantit pareillement un bon bois de cbarronnage , et comme bois de cbauffagc, il doit marcher de pair avec le hêtre.

Uorme à lîége y ou fongueux , ulmus suberosa ) se distingue particulièrement comme bois précieux aux constructions navales.

Le charme^ de tous nos arbres des forêts, est celui qui donne le bois le plus fin et le plus solide ; il est, en particulier, trés-apprécié des meuniers pour les roues de moulins , des ébénistes pour les vis de pressoir , des menuisiers pour le rabotage, et, en outre , il sert à tous les modèles de travail. Il est frappant que, lorsque cette espèce de bois vient à croître en massif très- serré , il perd de sa solidité. Comme bois à brûler, il est préféré au hêtre.

Le tilleul est un bois très estimé dans la menuiserie ; mais il est surtout recherché par les carrossiers , pour lambrisser les carcasses de voitures ,- il a peu de valeur au chauffage. De son écorce (principalement le liber) on confectionne des cordes, lesquelles sont importantes pour une grande partie de la Russie ; on en fait même , dans ce pays, des sandales ou sabots, des sacs et nattes {^pour garantir du froid ou de la chaleur). Les fleurs produisent un bon thé , et (le la graine on prépare une huile savoureuse.

Le tremble donne, pour maintes destinations , un

bois (le travail très-estimé ; il est , en particulier, recherché pour les paniers en tresse , pour les conduits à eau et autres semblables , et pour les voliges ou planchettes composant l'intérieur des meubles de maison. Comme bois en bûches, il est d'une extraordinaire durée dans les panneaux de muraille ; comme bois de charpente , il est employé en lieu sec, et pour les menuisiers il remplace quelquefois le bois de tilleul. A l'égard du chauffage , il est au bois de hêtre comme 6 est à 10.

hç, châtaignier cultivé. Son bois est, comme bois d'ouvrage, sur la même ligne que le bois de chêne; l'écorce est également employée à tanner, et les fruits se consomment dans le commerce.

Le pin cimbro fournit un bois d'une solidité ordinaire et d'une odeur agréable ; les Tyroliens en confectionnent de belles sculptures. On le préfère, dans le Tyrol, à tout autre bois, relativement aux boîtes à lait. On sait aussi que les gerçures (mites, petits insectes ou vers ) n'y arrivent point.

Bases sur le choix des espèces de bois.

Dans le choix d'une espèce de bois à cultiver, on doit prendre en considération

1 ° Le lieu oii la culture doit se faire ; 2° L'entourage ( ou enceinte ) du lieu ; 3° Les besoins de la contrée ; 4° La quantité du revenu à attendre ; 5° Le temps de la production ;

6" Les dangers qui menacent l'espèce de bois et

la localité; 7° Les frais d'éducation.

Différentes espèces d'éducation et de propagation des bois.

L'éducation des bois se fait , dans la règle , ou par semis ou par plantation ; en outre , la propagation peut aussi s'effectuer par bouture et par marcotte. Le jardinier emploie encore un autre moyen de développement, par exemple, l'ente, la greffe ordinaire ou en écusson , etc.

Premier chapitre.

DU SEMIS OU DE l'eXSEMENCEMENT DES BOIS.

PBKLIHIRAIBB.

De l'obtention de la semence du bois.

A cet égard , on doit prendre en considération 1° Le juste choix des arbres dont la graine est à

profit ; 2° Le temps de maturité de la graine et la chute

des fruits ; 3" L'époque et le genre de récolte ;

4° La manipulation des graines récoltées jusqu'à

l'enseinencemenl ; 5° La connaissance et Tépreuve de leur valeur en

fécondité, par exemple , lors des achats.

Principes généraux reconnus , et règles relatives à rensemencement des bois,

1° Pour le développement d'une graine de semence , il faut la chaleur, l'humidité et l'air.

2° La lumière du soleil est préjudiciable à la germination d'une semence, si cette lumière tombe directement sur elle.

3° Les semences des bois profitent au mieux à la proximité du vieux bois.

4° Chaque espèce de bois doit recevoir pour elle un lieu de situation convenable.

5° La graine des bois ne profite point dans les sols légers ou sans consistance.

6° La terre doit être convenablement retournée à chaque semis.

7° On doit se procurer et éprouver en temps opportun la semence qui est nécessaire.

8° L'ensemencement doit se faire dans la saison dans laquelle la graine se dépouille le plus facilement et a à craindre le moindre danger.

9° Dans les surfaces de bois où il faut beaucoup d'années pour l'ensemencement , on doit le commencer du côté duquel , à l'avenir, les abatages doivent être établis en premier ordre.

1 0" H est de règle de remplir les vides des semis plus anciens , avant de procéder à de nouveaux ensemencements.

DE LA PRÉPARATiOX DV SOL I>UUK L^EASEHEKCEHBNT DES BOIS.

But de la préparation du sol.

Puisque la graine doit germer et s'élever, il est rationnel de lui procurer un lieu de situation qui lui convienne; et si, après la levée de la plante, on désire qu'elle prospère, on doit lui offrir un sol dont la qualité intérieure soit favorable. Or, là où le sol n'est point de la condition voulue, il est raisonnable de le rendre en état par un travail préalable.

La préparation du sol a , du reste , dans la plupart des cas , un double but , savoir :

1° Le rétablissement d'une situation propre à la semence ;

2° L'amendement du sol profitable aux jeunes plants.

Re'partition des terrains relativement à la préparation de ceux-ci.

Nous distinguons, avec le sol, la situation supérieure , où le grain de semence doit germer et où les jeunes plants doivent d'abord se développer, et nous nommons cette situation :

Le lit (ou l'assiette) des semences.

Mais nous appelons l'étendue de terrain dans la-

quelle l'espeoe de bois ensemencé doit répandre ses racines

L' espacement {ou la circbiiscription) des racines.

Or, comme chaque sol susceptible de fécondation porte dans sa condition naturelle une enveloppe , nous reconnaissons alors dans un sol trois différentes parties, relativement à la préparation du terrain pour l'ensemencement, et nous admettons

1° L'enveloppe, la superficie ou couverture du sol,

2" Le lit des semences et

3" L'espacement des racines.

L'état dans lequel se trouve chacune de ces trois divisions exige de plus le choix d'une espèce de préparation du terrain relativement à chaque essence de bois.

Des diverses espèces de prepaiatiou du sul.

Les procédés ordinaires^ dans la préparation du sol , sont :

1° Le labour à court , complet ou entier , 2° Le labour en coulisses, rigoles ou bandes alternées , et 3° Le labour par places.

En outre , on a encore ; 4' Le labour par trous, 5" Le labour par pots , 6* Le labour par fosses ,

7° Le labour par sillons *.

Du reste, il y a encore le labour à la cbarrue, également bon comme moyen de préparation du sol, là où le terrain le permet. La préparation de la terre à ensemencer est d'une très-grande importance; mais, toutefois, elle est si fréquemment exécutée à faux, qu'il en ressort plus de mal que de bien. Et le vice , en cela, ne provient pas d'une connaissance trop imparfaite , mais bien de la persévérance à entreprendre les travaux à trop peu de frais. Là où les dépenses pour la culture sont à limiter, il est bien mieux de destiner à la culture des surfaces fixes , seulement de petites places ou d'étroites bandes alternées convenablement éloignées , dans lesquelles surfaces on établit un bon arrangement , que de mal traiter la totalité !

DE L"Ei«SEME^•CEME^T MÊME,

Règles générales.

1 ° On peut semer la graine avec abondance ( en

* On peut employer encore IVcohuage à feu couvert et ;i feu courant, dont on fait une application journalière dans la culture des champs. Dans le premier cas, on enlève par tranches la superficie du sol couvert de plantes; on coupe ces tranches en petits morceaux pflur en faire des fours , et on les y brftle à feu couvert : l'opération finie , on répand les cendres. Dans le second cas , les herbes et arbustes sont brfllés sur pied. {Note du traducteur.)

plein) ou partiellement (d'une manière économique ou maigre).

2" On doit employer la méthode d'ensemencement la plus convenable à chaque espèce de bois et de sol.

3° La graine doit être distribuée également sur la place d'ensemencement.

4° Elle peut être couchée entièrement libre (à découvert) ou bien être profondément recouverte.

5° On doit constamment veiller, dans les semis, à ce que toute chose soit régulièrement opérée et que toute semence soit employée.

6° On doit , pour cela , faire en sorte que les places

ensemencées reçoivent une protection suffisante

contre les ennemis et les dangers qu'elles ont à

craindre.

Développement des pre'cédentes règles.

Au 1°. La juste quantité des graines est dépendante du climat , de la qualité du terrain , de la place même à ensemencer et de la préparation du sol , et il est difficile , en général , de préciser quelque chose à cet égard ; du reste , il a été examiné, dans monTraité sur la culture des bois (5-^ édition), pages 378-393 , comment et jusqu'à quel point cela peut se faire.

D'ailleurs, nous remarquerons expressément ici que c'est une opinion préjudiciable que celle qui admet qu'on peut toujours remplacer la qualité

dont esl dépourvue la semence, au moyen d'une plus grande quantité de graines.

Au 2**. On a plusieurs méthodes dans l'ensemencement du bois ; la graine est répandue , savoir, ou j)ar le jet , comme les céréales , ou en rigoles et sur place, ou déposée isolément ; il y a aussi, pour cela, certains instruments de semis. Les glands viennent

moins bien ensemencés que posés. — Les graines de bouleau , au contraire , ne peuvent pas être aussi bien mises en terre que répandues par l'ensemencement naturel.

Au 3°. L'égale répartition d'une quantité donnée de graine, sur une place déterminée d'ensemencement, se laisse effectuer au mieux par une division préalable de cette dernière place et de la graine en plusieurs parties.

Au 4". Longtemps a existé le préjugé que les espèces légères de semence, et , en particulier, celles pourvues d'ailes , ne supportaient pas de couverture de terre : c'est cependant une erreur; au contraire, une enveloppe de terre est salutaire à toute graine de semence ; néanmoins celles qui sont très-petites et celles pourvues d'ailes n'en exigent qu'une trèsfaible. Or, plus le sol est meuble et sec, plus dès lors on doit recouvrir profondément et en sens inverse ; plus il est lié et humide, moins la graine doit être couverte. Une trop vigoureuse mise de terre sur la semence empêche entièrement la germination.

Aux 5" et (j\ Ces deux dernières règles n'ont pas besoin d'explication.

Des semis mélanges.

Dans les semis mélangés on peut se promettre les buts suivants :

1° Les différentes espèces de bois à obtenir au temps de la récolte de celui-ci ,

2" Protection d'une espèce de bois par une autre, pendant la jeunesse ,

3° Couverture du sol par l'essence de bois à rapide croissance ,

4° Profit moyen, prçmpt ou utile,

5° Épargne de certaine graine qui est ou trop chère ou actuellement en trop petite quantité,

6° Production plus considérable du bois ,

7° Protéger davantage les essences contre le vent et les ravages des insectes.

neuvième clia pitre.

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