LE PROFIT SECONDAIRE DES BOIS
"■Qu'entend- on par profit secondaire des bois.
Les forêts contiennent et produisent, en outre du bois qui est exploité par le propriétaire , beaucoup d'autres choses encore d'un bon rapport; or tout ce qui, se trouvant dans le bois, peut être profitable au possesseur, et qui est compté comme revenu de la forêt, appartient à l'usage secondaire des forêts, tandis que , comme nous venons de le dire , le bois luimême est le profit principal.
Énume'ration des objets appartenant au profit secondaire des bois
Chacun des trois règnes de la nature se rencontre ici , et on y compte en particulier :
1° La chasse et l'oisellerie;
2° La pêcherie sauvage et l'éducation des abeilles sauvages (c'est-à-dire dans la forêt);
3° Fleurs, fruits, feuilles, feuilles aciculaires ou résineuses et rameaux des arbres et arbustes , ainsi que le menu bois (menus marchés ou bois
de glanage, bois mort), et jeunes plants de bois commerçablès (ou de bonne vente);
4° Écorces et sèves ;
5° La litière des bois;
6° Le pâturage des bois (pacage et paisson) et herbage ;
7° La cultivation des fruits des champs (ou céréales) dans la forêt (autrement dit sartage);
8° L'usage des baies, champignons, lichens, mousses et herbes d'une application particulière;
9° Les tourbières (ou l'exploitation des tourbes avec la bêche);
1 0° Les carrières de chaux et pierres , les fosses de terres argileuses, glaiseries, sablonnières et marniéres.
Premier chapitre.
DE LA CHASSE ET DE l'oISELLERIE.
Aperçu historique sur en qui regarde les chasses.
Autrefois la chasse était l'objet principal des bois, et ce qui la concernait l'emportait de beaucoup sur le régime des forêts. A présent l'on est revenu au véritable but; néanmoins la vénerie est toujours, après le bois, le sujet le plus considérable dans les forêts.
Chez les anciens Allemands , la chasse était l'occupation préférée, et servait comme amusement et moyen de nourriture des plus importants. Il en est encore toujours de même avec beaucoup d'habitants de r Amérique-nord et du nord de l'Asie , et surtout aussi avec la plupart des peuples nomades. Dans les nations civilisées, au contraire, elle ressortait de préférence de l'action chevaleresque, et était principalement exercée par les princes et les plus distingués parmi le peuple. Chez les Grecs, spécialement les Spartiates, elle était estimée très-haut, et à titre tout particulier, parce qu'on la mettait au nombre des meilleurs exercices gymnastiques.
Au commencement du moyen âge, on connaissait
pour celle-ci des classifications et des fixations en
districts de chasses; et dans les temps modernes, ce
qui a trait à la vénerie a été élevé au rang d'une
science séparée.
Division de cette science.
Elle se distribue principalement en parties suivantes :
1 " La zoologie des chasses. On comprend, par ces mots, la connaissance, la dénomination et le partage des bêtes courables. La zoologie des animaux servant à la vénerie apprend à connaître intérieurement et extérieurement l'éducation des bêtes courables ou propres à la chasse; leur retraite, leur nutrition, leur multiplication par voie de génération, leur différence
de sexe, leur manière de vivre, d'agir, et en général leur genre de propriété , ainsi que leurs voyages et traces ou pistes. En outre, il appartient encore à l'histoire naturelle de nous instruire sur les animaux qui sont employés dans l'exercice de la chasse, notamment, à cet effet, les chevaux, chiens et furets.
2° L éducation du gibier. Ici se présente de préférence la connaissance de la manière dont on peut établir et entretenir les demeures ou les reposées du gibier en liberté , ou dans des parcs à ce destinés; la manière de le préserver des localités corrompues, et de la façon de le protéger dans les demeures de repos, au moyen de clôtures , et de lui procurer soins, fourrages, nourriture friande un peu salée, et des sources et fontaines.
3° La protection du gibier. Ceci consiste dans l'attention à garantir la reposée contre toute espèce d'animal nuisible et rapace , et des braconniers; à empêcher la chasse en temps défendu et outre mesure , et à mettre à l'abri des injures du temps cette même demeure,
V Le langage technique des chasses . Comme toute autre profession, tout autre art, toute autre science , la chasse a aussi une terminologie qui lui est propre, laquelle est rigoureusement obligatoire pour l'exercice de la chasse. De grandes erreurs sont commises à l'égard de cette connaissance, et (juelquefois, dans certains cas
déterminés et d'après la coutume de certaines pratiques, on devient coupable d'offense. 5° L'exercice de la chasse même. On comprend en cela l'acte même par lequel on se rend maître des bêtes courables. avec le genre d'adresse convenable. Par là résulte maintenant la connaissance de tous les instruments nécessaires à cet effet, et de tous les moyens, comme, par exemple, de la manière de se servir avec habileté de ces mêmes instruments, particulièrement des armes à feu, filets, pièges, lacets et fers à prendre ou tuer; et après cela encore, l'art d'employer utilement les chevaux, chiens, furets et faucons, en ce qui concerne l'oisellerie ou la manière de les dresser à l'égard de la prise des oiseaux et pour la chasse même.
Division tle la chasse relativeiiienl aux bêtes courables '''.
Sous ce rapport une double division a lieu, savoir : 1° En grande et petite chasse, et 2° En grande, moyenne et petite chasse. Dans le cas de la première, on compte :
A. da>-s la grande chasse }
(a) parmi le» bêtes à poil (ou sauvages )
1° Les bêtes fauves (le cerf entre autres);
* Voir Biifl'on pour plus amples détails
2° Le chevreuil; 3° Le daim ; 4° Les bêtes noires, au nombre desquelles on range
les ours; 5° Les lynx (loups-cerviers); 6" Les loups.
(b) p.irmi le sH»'" " plume .
7o Les cygnes;
8° Les outardes ;
9° Les grues;
10° Le coq de bruyère (coq sauvage);
11° Les faisans;
1 2" Le coq des bois ;
13° La gelinotte de bois (poule sauvage, femelle du coq de bois);
14° Gros courlieux (sortes de grosses bécasses — courlis, pluviers, pluvioux);
1 5° Les hérons , et
1 6° Comme oiseaux de proie (ou propres à dresser à l'amusement de la chasse, à la chasse au faucon) : l'aigle commun, le hibou, oiseaux étrangers ou de passage, faucon (pied bleu), émérillons, autour, épervier.