‹ Principes fondamentaux de la science forestièreChapitre 56 sur 105 · B. DANS LA PETITS CHASSE · texte numérisé non relu

B. DANS LA PETITS CHASSE

(a) parmi les bêles à poil 'sauvages ou fauves} :

1° Les lièvres; 2° Les lapins ; 3" Les castors;

4" Les écureuils; 5** Les blaireaux; 6** Les renards ; 1° Les loutres ; 8° Les chats sauvages; 9° Les martres (^fouines); lO'^ Les putois; 1 1 ° Les belettes.

(b) parmi les bètes à plume :

Tous les oiseaux qui ne sont point compris cidessus dans la division de la grande chasse.

Dans le royaume de Saxe, où la seconde division dont nous venons de parler existe, on trouve un édit du 8 novembre \ 71 7, dans lequel la division est établie littéralement de la manière ci-après :

w Dans la haute chasse doivent être compris : ours , ourses, jeunes ours (oursins), cerfs, bêtes sauvages ou fauves, faons sauvages, daims, daines, jeunes daims, lyhx (^loup-cervier), cygnes, outardes, grues, coqs de bruyère (coqs sauvages), poules de bruyère (femelles des coqs de bruyères), coqsfaisans, poules-faisanes, oiseaux de proie.

(( Dans la chasse moyenne : chevreuils mâles , chevreuils broquarts, chevrettes (femelles des chevreuils), faons (leurs petits), sangliers à défenses ou boutoirs, sangliers tierans, tiersans (ou verrats), sangliers mâles, laies (femelles des sangliers), marcassins (petits de ces deux derniers), loups, coqs de bois, gelinottes de bois, gros courlieux.

«Dans la petite chasse : lièvres, renards, castors, loutres, martres (fouines), chats sauvages, élans, écureuils, belettes, mulots, bécasses, peidrix, oies sauvages, canards sauvages, hérons, oiseaux d'étangs, hirondelles de mer ou mouettes, poules d'eau (foulques), bécassines (bécasseaux, petites bécasses d'eau), pigeons sauvages (palombes ou ramiers), cailles, râles de genêts (ou rois de cailles), petits courlieux (sortes de bécassines) , courlis, chevaliers, litornes (sortes de grosses grives ou grosses grives de gui), crécerelles, merles, tourds (tourdelles, communément tourdres, petites grives), alouettes et autres petits oiseaux, quels que soient les noms qu'on leur donne. »

Division de la chasse d'après ses diflcrents genres d'eserciie.

Après ce qu'on vient de lire , on distribue la chasse :

1** En chasse de bois,

2° En chasse d? champ et

3° En chasse d'eau.

Avec ces trois parties se présentent encore les sousdivisions suivantes dans les méthodes de chasse :

(a) Les battues (chasses à lancer ou à débusquer), autrement dit en plaine ou aux lieux des remises , — à courre ;

(b) L'affût (ou chasse d'attente^;

(c) La chasse au chien d'arrêt (à surprendre ou

épier ; dans ces cas, l'arme à feu est ordiuairemeiU employée;

(d) La prise au moyen de filets, fossés, pièges, fers, lacets.

Et, avec la chasse au bois et aux champs, il y a encore

(e) La capliue par bêtes, comme par chiens ou faucons.

Moyens d'exercice de la chasse.

Les premières armes qu'on a employées à la chasse étaient la massue , la pique , la fronde et le lacet. Immédiatement après on se servit de l'arc, qui, dans la suite, devint l'arbalète, du glaive, des panneaux, et plusieurs embûches et collets. Les anciens Grecs portaient ordinairement à la chasse un glaive et un javelot; et chez les Hébreux, qui aimaient pareillement la chasse, on se servait principalement de lances, javelines, fossés et trappes. Les chiens et les chevaux étaient toujours les moyens auxiliaires obligés avec cet exer^ce.

Dans les temps passés, avec des procédés insuffisants, la chasse était extrêmement difficile, et devenait souvent un combat assez dangereux pour que le chasseur y laissât quelquefois la vie : aussi est-il vrai que le courage forcé et la vigueur indispensable des muscles étaient regardés comme les premières vertus de l'homme, et Samson, Nemrod, Hercule et Thésée, par la destruction de beaucoup

de monstres dangereux, se sont acquis, à leur époque, comme fameux chasseurs, un souvenir de longue durée.

Dans la première moitié du xiv^ siècle, une grande sûreté et un perfectionnement, par rapport à l'usage de la chasse, se sont fait jour par l'invention des armes à feu, lesquelles, dans ce temps-là, se tiraient au moyen de mèches : peu à peu elles sont parvenues à l'état actuel d'amélioration.

Considérations sur la i>assion de la chasse.

Sous le point de vue philosophique , il est trèsremarquable que l'homme tout à la fois le plus doux et le plus formé a aussi un penchant décidé pour la chasse, et y trouve, la première fois, le plus grand plaisir que l'homme puisse en retirer. Déjà l'enfant innocent poursuit avidement les papillons, et le garçon ressent une vive joie à la capture d'un oiseau; mais la passion est à l'extrême quand il s'agit de prendre et tuer un animal sauvage, lorsqu'il est devenu jeune homme. Dès que la froide raison essaye de ralentir cette ardeur de la chasse, l'instinct vous porte irrésistiblement vers elle. Quelque chose d'indéiinissable promet au chasseur une jouissance que rien ne peut remplacer : peut-être est-ce le résultat de l'attention dans laquelle il se trouve ou du transport dans lequel il est entretenu. Le calcul de la manière dont le gibier va venir, la pensée en lui-même de sa propre adresse, le juge-

ment intime qu'il en porte, l'usage instantané qui termine l'anxiété, ou encore plus le sentiment de la santé, de la force et du courage, qui, par l'exercice de la chasse, est exalté, tels sont les motifs qui enflamment le chasseur. D'ailleurs , quelle que soit la cause, toujours est-il certain que l'amour de la chasse est profond, inné dans la nature humaine, et il n'est nullement vrai de dire que les hommes durs et non civilisés soient les seuls qui l'aient aimée et qui en aient éprouvé du plaisir. Combien il y a d'excellents hommes en même temps passionnés chasseurs, qui sont là pour servir d'exemple du contraire à un grand nombre de détracteurs de la chasse ! Les travaux d'un homme ne sont jamais si sérieux et si importants, jamais si indispensables, (pi'il îie puisse rechercher un délassement et une réparation de forces : or on trouvera difficilement un moyen qui vaille celui de la chasse pour la santé à relever, le corps à raffermir, l'esprit à rafraîchir, et pour donner à l'intelligence une nouvelle activité.

Limite nécessaire.

Lorsque les ensemencements de la campagne doivent être endommagés, ainsi que le recru dans le bois, et que celui «|ui fait corvée est détourné de ses occu|)ations qui servent à le nourrir, et que les ressources du pays s'opposent aux dépenses occasionnées par la chasse, ou qu'on dissipe en plaisir de chasse le temps qui appartient aux affaires, ou qu'il existe

toute autre considéra lion de ce genre, là est alors le mal, qu'on ne saurait louer ou protéger. Tout extrême est nuisible; et quel bien ne devient pas préjudiciable par l'abus? Nous devons donc nous garder de dépasser les bornes du permis, et user de la chasse en ce qu'elle a de bon.

Influence de la chasse en ce qui concerne les forets.

La chasse a, entre autres, sur le régime des forêts le grand avantage que le forestier est animé par elle tous les jours et en tout temps : par elle il est excité à parcourir les localités dans toutes les directions, ce qui dès lors l'amène comme employé non-seulement à être encore plus zélé, mais le conduit nécessairement à être très-apte pour la garde forestière, la culture des bois, et, en général, pour l'économie des forêts ; sans cela , peut-être il resterait inconnu. Par conséquent, aussi, on a de nos jours remarqué partout que la séparation essayée par-ci par-là, de ce qui concerne les forêts d'avec ce qui regarde les chasses, n'est nullement convenable.

Deiixiènie chapitre.

DE LA PÊCHERIE SAUVAGE ET DE l'ÉDUCATION DES AltClLLES SAUVAGES ( c' EST A-DIRE DANS LA FORET *).

De la pêcherie sauvage.

On divise la pêcherie en pêche sauvage et efi pêche cultivée ou domestique : par la première on comprend la pêche dans les fleuves, mers et tous les lacs qui sont formés par la nature ; la seconde est limitée par digues ou barrages faits avec art pour cette pêche, et donnant les étangs et viviers.

Autrefois, excepté les étangs et réservoirs à poisson, ceux-ci étaient comme sans maîtres, et, d'après les Romains, ce droit de propriété sur les poissons n'avait lieu que lorsqu'ils étaient contenus dans ces réserves.

Dans beaucoup de pays, la pêche sauvage, ainsi que la chasse, est comptée comme droit régal (ou privilège de la couronne), et, souvent aussi, comme la chasse, administrée par les officiers des forêts. Lorsque la pêcherie se trouve dans les bois, cette surveillance est la plus conforme au but, puisque les employés des forêts, le jour et la nuit, viennent

* Comme ces deux objets sont de peu d'importance dans IVconomie forestière , nous les avons re'unis ici en un seul chapitre.

dans les endroits du bois où se trouvent les eaux servant à la pêcherie sauvage.

•Par conséquent aussi on comptait, en général, la pêche sauvage parmi les objets avec lesquels le forestier devait être familiarisé, et pour lesquels il devait connaître les titres des coutumes précédentes. Ainsi l'on découvre dans les anciens écrits pour les verdiers et les chasseurs presque toujours la pêcherie assimilée à l'usage de la garde. L'exercice de la pêche ne rentre cependant pas dans la sphère d'activité des hommes forestiers et chasseurs, et pour cela nous devons ici passer outre.

De l'éducation des abeilles sauvai^es.

On comprend en cela l'éducation des abeilles dans les bois. Elle existe actuellement encore, principalement en Pologne, Courlande et autres provinces de Russie, en Poméranie et en Prusse; mais autrefois elle était aussi, dans les contrées du sud, plus indigène qu'à présent, et à Nuremberg les cours de justice des gardiens d'abeilles (de ceux qui ont droit d'entretenir des abeilles en forêts) sont connues et particulièrement célèbres.

Les abeilles sauvages ou des bois promettent une plus grande quantité et une meilleure qualité de miel et cire que les abeilles des jardins, et exigent moins de peine.

Pour les arbres des forêts que l'on creuse de manière à servir de ruche aux abeilles, on se sert, de

préférence, des pins. Ces arbres doivent au moins avoir en grosseur de (1 à 1 ^ ^^^" — aune) gggmuiim 5 dixièmes de millimétré à SSO"'"'" de diamètre. Sur de semblables arbres, on établit des échelons pour monter jusqu'à la hauteur de (5 à 7 aunes) 1 - 832'"'""" à 3" 965'"'"'" ; on fait une ouverture de (3 à 4 5u^ — pieds) 846-''"'" à l"" 128'"""'" de hauteur et (1 pied ^) 352'"""'" 5 dixièmes de millimètre de profondeur, et on cloue une planche sur le devant de l'ouverture. On arrive souvent dès lors à construire deux ou trois ruches semblables sur un seul arbre.

L'éducation des abeilles de bois est exercée d'ordinaire par de nombreuses compagnies, qui se partagent les revenus. Elles ont une justice des abeilles et un grand juge, et ces compagnies tiennent régulièrement des assemblées, se consultent dans ces assemblées et prennent des conclusions à la pluralité des voix. Entre autres on connaît une compagnie de ce genre, formée dans les bois de îMouskau (ville de la Silésie prussienne), de 170 intéressés, laquelle avait, dans les années 1648 et 1718, des statuts particuliers.

Cette Société avait, en commençant, au delà de 8,000 ruches, logées dans les arbres creux; mais actuellement elles sont réduites à 4,000. On paye (^3 pfennins) à peu près 4 centimes de redevance jX)ur chaque ruche au propriétaire du bois.

Quand un essaim d'abeilles, sur les limites de son possesseur, s'en va sur un arbre du voisin, alors ce dernier peut s'approprier l'essaim, lorsque, jetant à

tour de bras le manche du couteau qui sert à châtrer les ruches et à recueillir et placer les essaims d'abeilles, il atteint ainsi l'arbre de limite dont s'agit.

Dans beaucoup de contrées, on apporte aussi dans la forêt les abeilles domestiques , et dans maintes localités on paye au maître du bois, pour chaque ruche à abeilles qui y a été introduite, 2 gros (à peu près 36 centimes) pour droit d'herbage ou salaire du berger.

Une chose digne de remarque , et à laquelle il importe de faire la plus grande attention, c'est que l'on croit avoir trouvé , d'après l'Encyclopédie chronologique, que le bétail, là où étaient beaucoup de ruches à miel, recevait une nourriture plus saine, et que la contagion parmi les bestiaux (épizootie) tournait moins mal, parce que les abeilles suçaient le miellat ou miel de la feuille des plantes, par lequel se propage la maladie.

Troisième chapitre.

USAGE DE'i FLEURS^ FRUITS, FEUrLLES ET RAMEAUX

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