‹ Principes fondamentaux de la science forestièreChapitre 69 sur 105 · DE LA GARDE DKS FORETS COMRE LES PHÉNOMÈNES DE LA NATURE · texte numérisé non relu

DE LA GARDE DKS FORETS COMRE LES PHÉNOMÈNES DE LA NATURE

Des dommages résultant du froid.

Le froid est daiif^ercux pour les plantes , en ce que , ou bien il les arrête dans leur végétation , ou bien les endommage partiellement , ou bien les fait mourir tout à fait.

L'influence des dangers du froid de la première espèce se manifeste dans les pays froids, même avec le meilleur sol , par une croissance chétive. L'autre espèce se manifeste par la gelée des jeunes bourgeons , ainsi que des fleurs et fruits , et par les gerçures des arbres par un froid rigoureux ; la troisième enfin se produit lorsque le froid est très-intense, surtout lorsqu'il y a changement brusque du temps, et alors il entraine la destruction complète des arbres.

La disposition des coupes appliquée au but, le dessèchement des endroits marécageux , la conservation d'un massif convenable et l'abri à donner aux jeunes plantes ensemencées, par une jonchée de ramilles, ou par la culture des plantes protectrices dans les intervalles du jeune bois , sont les moyens à employer pour le garantir.

Des dangers de la chaleur.

Les rayons du soleil ne sont pas seulement nuisibles à la semence et aux petites plantes , mais encore aux grands arbres , ce qui apparaît surtout avec les hêtres, lorsque, après avoir pratiqué une scission, le soleil de midi donne sur la partie mise ainsi à découvert par la fente (plaquis) faite à l'arbre de réserve; le chancre arrive et l'écorce se crevasse.

Pour prévenir ce mal , ainsi que l'influence dangereuse de la chaleur, il faut , en général , que les coupes soient conduites où cela est nécessaire et praticable, qu'elles se fassent principalement dans la direction du nord au sud et qu'elles ne soient pratiquées que très-étroites ; mais, dans les coupes de taillis composés , il faut que , là où il y a beaucoup à craindre du soleil , on laisse debout plus d'arbres qu'à l'ordinaire .

L'abri des semences par les ramilles , des bandes très-étroites ou de très-petits espaces, fossés ou trous avec culture, l'ensemencement simultané d'autres plantes, la plantation profonde, le couvrement du terrain sur les racines fraîches des tiges plantées, par de la mousse, ou mieux encore avec des pierres, sont, en outre, particulièrement à recommander.

Des (loinmagCR de-^ vents.

Les vents dominants en Allemagne viennent de

l'occidenl et souvent aussi du midi; sur le lilloral les vents de mer sont les plus dangereux : vers la Baltique, ce sont notamment les vents du nord-est et nord-ouest.

Les espèces de bois n'ayant que des racines traçantes à la surface de la terre , comme les épicéas , ne doivent , par conséquent , pas être coupées du côté d'où viennent les vents le plus à craindre dans la contrée. Plus le terrain est mouvant , plus les racines s'étendent à plat, plus aussi faut-il être attentif aux vents dans les coupes. Dans des contrées montagneuses, les vents non-seulement sont, en général , plus dangereux que dans les pays plats , mais proviennent aussi de beaucoup de directions différentes, parce que la situation et la configuration des montagnes et des vallées y modifient beaucoup celles-ci; d'ailleurs on ne peut pas toujours, sur les montagnes, faire les coupes comme l'exige le courant du vent.

Ordinairement , pour donner de l'abri contre les vents , on recommande la réserve des arbres de lisière (parois) ou ce qu'on appelle un manteau de forêt , parce que les arbres de lisière résistent le mieux aux vents; seulement les arbres extérieurs d'une forêt ne garantissent en aucune manière les endroits de la forêt retirés au loin dans l'intérieur , et il faut , par conséquent , pourvoir à ce que l'on obtienne dans la forêt de pareils abris, partout où cela est nécessaire.

Les ravages provenant d ouragans peuveni être

également atténués par cela que, dans l'intervalle des espèces de bois que le vent renverse facilement , on en élève d'autres qui résistent aux vents , et par cela qu'on établit aussi les bandes de sûreté dont nous venons de parler.

Des dommages provenant de la neige.

La rupture sous le poids de la neige a lieu le plus souvent pour les jeunes et moyennes essences résineuses , lorsqu'elles sont réunies en masses trop denses.

Là où il y a beaucoup à craindre la rupture sous le poids des neiges, il faut éviter^ pour le taillis composé, les réserves de baliveaux trop minces et, par là, d'arbres tropbranchus; et, pour le bois résineux, en éclaircissant de temps en temps les massifs trop serrés, en mettant en état les coupes faites, non par des semences , mais par des plantations , on peut écarter en majeure partie le danger.

Des dégâts piovenant du brouillard, givre et verglas.

Le brouillard porte grand dommage à toutes les espèces de bois, surtout dans les rudes contrées montagneuses. Les vapeurs suspendues dans l'air s'attachent souvent en si grande densité autour des branches des arbres , que celles-ci ne peuvent résister au poids.

Comme les arbres trop isolés sont exposés à la

rupture par les brouillards', tandis que des bois trop épais le sont plutôt sous le poids de la neige, et que toutefois les deux malheurs se montrent l'un et l'autre dans une seule et même contrée, il faut que le forestier, dans les pays rudes, cherche à trouver un juste milieu. Ainsi, on peut limiter le dommage qui résulte des deux , par cela qu'on ne conserve pas trop en massifs les jeunes essences exposées davantage à la rupture sous la neige, tandis que l'on entretient plus épais les vieux arbres qui ont plus à craindre des vapeurs du brouillard (gelées blanches).

Le givre et le verglas se produisent lorsqu'à un froid très-rigoureux succèdent soudain le dégel et la pluie.

Comme pour le brouillard , le massif convenable des essences les protège également contre le danger; mais les extrêmes , savoir, le trop grand massif et le trop clair, sont l'un et l'autre préjudiciables.

De la garde des forêts contre les influences nuisibles de Feaii.

On peut diviser comme suit les dommages qui résultent de 1 action de l'eau relativement au bois :

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