‹ Principes fondamentaux de la science forestièreChapitre 88 sur 105 · DE LA DIRECTION FORESTIERE · texte numérisé non relu

DE LA DIRECTION FORESTIERE

A qui revient la direction forestière.

L'économie forestière est si intimement liée avec toutrensembledel'administralionfinancière, qu'une fusion de la direction de celle-là avec celle-ci a des avantages prépondérants ; il doit être bien entendu encore que dans l'adminislration des finances il faut placer à sa tête un homme tout à fait expérimenté dans la pratique de la science forestière. Il y en a beaucoup qui sont même d'avis qu'un homme de l'art ne suffit pas pour assurer aux forêts un traitement convenable et notamment encore économique, et qui pensent qu'il est besoin, pour cela, d'une autorité supérieure formée en collège.

Sans aucun doute on obtient par une pareille institution une plus grande garantie , seulement il est vrai qu'alors aussi on perd les avantages que peut offrir une organisation bureaucratique , qui , du reste , dans les petits États , est même sans cela commandée par les circonstances. Cependant il ne faut pas méconnaître qu'avec la nature de l'économie forestière il demeure opportun, dans tous les cas, d'avoir une autorité technique compétente, qui représente consultativement les intérêts des forêts , laquelle n'est pas seulement en état, mais est encore olDligée d'émettre un jugement indépendant sur la situation et la possibilité des bois. L'hypothèse qu'une pareille représentation a déjà lieu , et notamment par les autorités locales techniques, est réfutée par l'expérience.

D'ailleurs il y a également divers points dans les affaires de la direction forestière auxquels d'autres autorités concourent aussi , par exemple, dans la législation forestière, dans la réguhirisation des servitudes, dans les cas de concessions à accorder, etc.

Principes généraux de la direction foreslièie.

Les formes de la direction forestière peuvent varier infiniment, mais toujours faut-il que la maxime suivante soit considérée comme principe suprême :

Diriger de manière à atteindre le plus grand résultat avec les plus petits moyens >

Mais cette base , relativement aux forêts, n'est que trop souvent mal comprise et faussement appliquée. Dans aucune partie de l'économie publique et privée, il ri'est aussi facile, ni la tentation aussi grande , de diminuer les dépenses et d'élever les recettes, que dans l'économie forestière.

Admettons un pays où les forêts sont dans un état parfaitement régulier , où il existe une division convenable en forêts et forêts supérieures , et où les dépenses de cultures nécessaires y sont annuellement affectées; les forêts produisent, par une économie soutenue, un revenu net de (deux millions de thalers) 7,800,000 fr. l'année. Mais il arrive qu'on désire augmenter le revenu de (7 million) 1 ,950,000 fr. On y procède facilement dans les conditions suivantes :

r On supprime autant d'emplois forestiers et on réduit les dépenses de culture autant qu'il le faut pour économiser (^ de million) 975,000 fr.;

2" On coupe en plus annuellement pour (-^ de million) 975,000 fr. de bois.

Le compte ne peut pas tromper et les avantages ne paraissent pas seulement sur le papier , mais aussi dans la caisse ; les torts ne sont tout d'abord saillants nulle part et ne se montrent que plus tard dans la forêt. Celle-ci renferme les fruits de beaucoup d'années et on ne s'en aperçoit pas de si tôt, lorsqu'on prend plus que la production ne le permet , et les dommages qui y résultent du manque

de personnel forestier nécessaire et de frais de culture refusés, sont dans les premiers temps encore moins sensibles dans les caisses.

Dans les forêts, on peut donc aisément réduire les dépenses et élever le revenu , ?ans que le préjudice qui en découle s'offre de prime abord. Mais plus cette circonstance est séduisante et dangereuse, plus aussi il importe, relativement à la direction forestière, de bien se pénétrer de tout ce qui est relatif à ce point , et d'en faire une juste application.

Sur Texposë des bases d'après lesquelles les forêts doivent être traitées et cxploite'es.

La direction forestière, afin de pouvoir atteindre son but, doit, avant tout, se procurer une connaissance suflisante de l'étendue , des rapports de peuplement et autres, des forêts qui se trouvent sous sa direction : elle doit déterminer quelles parties des bois doivent être aménagées comme futaie , sousfutaie ou taillis simples; quelles sont les espèces et assortiments de bois à élever de préférence ; comment on doit les arranger pour le repeuplement; d'après quelles considérations , en général , doivent être traitées les forêts, et ce qu'il y a à faire en ce qui concerne les exploitations secondaires.

Sur les cliangements nc'cess;iires ou utiles dans les surfaces des forêts.

L'extension convenable des surfaces des forêts dans

un pays dépend de circonstances très-muUiples, principalement du sol, du climat et des besoins particuliers. Or, comme ces objets diffèrent non-seulement dans presque chaque province, mais qu'aussi les besoins changent souvent beaucoup suivant Vépoque, en ce que la population d'une contrée qui s'accroît ou diminue, l'exploitation différente de telle ou telle fabrique, ainsi que la manière de vivre des hommes , produisent une grande diversité , il s'ensuit dés lors que chaque pays et chaque tempsdemandent une extension spéciale de la surface forestière , et que par suite il n'y a pas de précepte fixe en général à donner à cet égard; mais, par contre, il se présente souvent des cas où des changements particuliers à opérer sur le terrain forestier sont extrêmement miles et opportuns. De toute façon, il parait certain que, sous beaucoup de rapports, par exemple dans l'intérêt de la garde des forêts, de la police forestière , d'une économie bien ordonnée , etc. , il est très-désirable de tenir et d'établir les bois comme un tout, aussi compacte que possible, et d'éviter ou de faire disparaître les propriétés étrangères enclavées dans les forêts.

De la division en forêts, forêts supérieures et ressorts de direction.

Une forêt ou un district administré par un seul homme ne peut — si l'on veut qu'il soit bien dirigé sous tous les rapports et dans toutes les parties dépa.sser (4,000 îitfcr — acres ou arpents) 216000""

ou 2,160'"" , et on peut y admettre 1 ,080''"' , comme grandeur moyenne. Le terrain , les rapports d'économie, le mode de traitement administratif et la valeur des produits forestiers décident des bonnes proportions de l'étendue, et il y a certainement des conditions dans lesquelles un district peut être du double plus grand , par exemple dans les contrées où le bois a trop peu de valeur et oii on ne demande pas d'économie régulière.

Si un district donne annuellement un produit net de (4,000 2[)aler* — écus) 15,600 francs, et que l'on puisse porter celui-ci à 19,500 francs, en employant, au lieu d'un, deux forestiers de district, et que l'on augmente par là les frais d'administration seulement de 2,340 à 3,120 fr., il sera bon d'y préposer encore un second forestier de district; mais, si le produit net par la séparation en deux districts ne devait s'accroître que de 1 ,560 francs , l'augmentation des frais d'administration de 2,340 à 3,120 francs tournerait à préjudice pour la caisse forestière. Malgré cela , cependant , sous le point de vue de l'état économique , elle pourrait toujours être conseillée, car le capital de l'état (que représente Tétat de possibilité de la forêt) gagne annuellement 1,560 francs.

Une forêt supérieure, sur laquelle un préposé doit exercer la surveillance, et dans laquelle il doit diriger l'administration, peut consister en huit ou dix districts, ou en ( 1 6 à 30,000 acres de Saxe ) 7,640 à 16,200 hectares, en supposant que les districts ne sont pas trop distants l'un de l'autre , que le terrain

n'est pas trop rude, et que le préposé a un lieutenant pour le remplacer, le cas échéant, soit que les fonctions de ce dernier soient remplies par un attaché à la justice forestière, soit qu'il existe à cet effet des forestiers supérieurs particuliers.

Pour ce qui concerne les ressorts de direction, on n'en a pas besoin pour de petits pays, parce que la direction forestière peut être unie à l'autorité financière. Mais dans de grands états il faut former plusieurs ressorts de directions forestières , pour lesquelles les départements déjà formés du gouvernement s'y approprient du reste le mieux, et ces cercles de directions forestières doivent alors être subordonnés à une autorité centrale supérieure.

De la désignation des emplois dans l'économie forestière.

Les opérations de l'économie forestière, — à l'ex^ clusion des affaires de direction proprement dite, — se répartissent dans la protection ^ admmislration , surveillance y comptabilité y compris V administration fiscale, la régularisation d' exploitation et réi^lsion, et de là résultent autant de sphères d'activité différentes d'après leur nature.

Par les créations de plusieurs emplois , la surveillance et le contrôle peuvent, il est vrai, se multiplier, et l'on peut mieux utiliser les connaissances éprouvées des individus; toutefois, non-seulement les frais d'administration augmentent considérablement par là, mais ces créations occasionnent encore

une grande augmentation d'éci ilures et de formalités d'où résulte une paralysation des affaires : ce qui, dans une répartition simple des affaires, pourrait être terminé dans quelques heures exige souvent des semaines et des mois, et il n'est pas rare que toute la question change dans les entrefaites des requêtes, des communications et des rapports, au point que la résolution , lorsque finalement arrive , ne trouve plus d'application. Du reste, on préviendrait difficilement par l'augmentation de la surveillance autant de dommages que celle-ci occasionne de déboursés. Dans la coopération de trop de personnes, il arrive encore que chacune reporte sur l'autre une affaire manquée.

Il vaut donc mieux prendre pour bases d'emplois

I ° La garde des forêts ,

2° L'administration spéciale, 3° L'inspection ou surveillance , 4° La comptabilité réunie à l'administration fiscale, et 5° La régularisation d'exploitation et révision, Que les fonctionnaires s'appellent maintenant 1° Forestier subalterne ou garde forestier, 2° Forestier ou administrateur des forêts, 3° Maître supérieur des forêts ou maître des forêts , 4° Officier des domaines ou receveur ûscal, et 5° Taxateurs forestiers ou réviseurs des forêts.

II reste seulement à observer, relativement aux forestiers supérieurs à intercaler entre les forestiers.

et les maîtres des forêts, que cette augnientatiou d'emplois, dans ceriaines conditions, peut être bonne et même nécessaire, savoir :

(a) Là où le personnel subalterne d'administration possède encore trop peu de connaissances forestières, et qu'on a, par conséquent, le but de suppléer par la création de forestiers supérieurs aux capacités qui manquent au forestier;

(b) Dans les pays où la naissance seule donne accès aux grades supérieurs, et que, par conséquent, en partie, la justice demande de laisser ouverte au moins une perspective de récompense à l'homme de mérite auquel, à cause de sa naissance, on refuse les emplois de premier ordre, et où en partie l'intérêt des forêts exige de ne pas livrer le traitement au hasard;

(c) Là où quelques districts sont trop éloignés de la résidence du maître des forêts , et sont pourtant trop petits pour former à eux seuls un ressort de maître des forêts. Du reste , on ne peut pas oublier que les forestiers supérieurs ne sont jamais à regarder que comme les suppléants des maîtres des forêts , de façon que les désavantages résultant de grades de service trop multipliés, blâmes ci-dessus , ne s'ensuivent pas.

Dp la inanit'ie de conduire l'exploitation des fiirét».

Il faut que chaque autorité possède un pouvoir suffisant pour ne pas être entravée d une manière

préjudiciable dans la marche de ses fonctions , et que chaque fonctionnaire de l'État ait dans sa sphère d'activité une liberté d'action assez étendue , mais qu'il soit également responsable de l'usage qu'il en fait.

C'est une grande faute lorsque les autorités supérieures retiennent leurs subordonnés sous une direction trop minutieuse et veulent toujours les conduire comme aux lisières. Il n'y a plus alors de terme aux questions , aux rapports et aux ordres , au point que , souvent même , il ne reste plus de temps pour les exécuter , et que toute vie et tout plaisir disparaissent du service.

Les principes suivants doivent être considérés, en général , dans la conduite de l'exploitation forestière ; il faut

1° Déterminer exactement quelles opérations

rentrent dans les attributions de chacun ; 2° Donner à chacun le plus de liberté possible, mais aussi le déclarer responsable des conséquences ; 3° On doit se garder de l'induire en tentation par une surveillance trop relâchée, et ne point le pousser par une méfiance déplacée, à faire ce dont il se voit innocemment soupçonné, celui auquel on confie tant de richesses ni comptées ni enfermées , chose inévitable dans l'économie forestière ; 4" Intervenir là où les subordonnés manquent aux bonnes mesures et donner à l'exploita-

— -M^ — lion, dans reuseml)le, la direction qu'exige le but du gouvernement, sans ordonner l'exécution dans le détail ; 5° Il faut éviter tous les détours inutiles et se garder d'étouffer l'esprit sous la forme ; craindre surtout de trop multiplier les écritures.

De rinstruclion et de Tëduration du personnel forestier.

Le forestier de nos jours doit avoir une instruction scientifique, et de là s'élève la question :

Le jeune homme doit-il commencer à suivre pendant quelque temps la science des écoles, puis apprendre la partie forestière dans les forêts , et alors recommencer à étudier dans une académie forestière , ou doit-il préalablement terminer ces éludes et passer ensuite à la pratique?

Par la première méthode l'une supprime facilementl'autre, et le temps d'étude proprement dit n'est que trop souvent un moment perdu, et souvent fait plus de mal qu'il ne profite. Par la seconde méthode, au Cvontraire, l'exposé de beaucoup de madères forestières est trop difficilement intelligible pour l'étude.

Delà dérive la nécessité où est le jeune homme de connaître les bois et les opérations relatives à l'économie des forêts avaut de visiter l'académie forestière , mais seulement pendant le temps convenable pour

Tefficacité des cours; or, pour cela, il ne faut pas plusieurs années, une seule suffit. Il en est des mines comme de la partie des forêts. Pour comprendre les instructions d'enseignement théorique , il faut également qu'on ait vu toutes sortes de choses ; pourtant personne ne s'avise d'exiger que celui qui se destine à la science des mines ait passé antérieurement quelques années sous terre avant daller dans une académie de minéralogie ; on combine simplement la pratique avec la théorie en tant que cela est nécessaire pour rinteUigence des cours : il doit aussi en être de même avec l'économie forestière.

Mais entre le temps des études et l'époque de l'emploi se trouve un grand intervalle qui , dans peu de pays seulement, est convenablement comblé. En Bavière il existe, à cet égard, une bonne institution, qui provisoirement peut restei" pour modèle. Entre autres , on y a , relativement aux degrés inférieurs, changé la dénomination de garde-chasse par celle plus convenable à' aide-forestier ^ et séparant de cet emploi les fonctions domestiques qui y étaient autrefois attachées , on considère Taide-foreslier comme serviteur de l'Etat. D'une manière analogue , les hommes forestiers qui aspirent aux emplois supérieurs sont employés sous le nom d'aides de la justice forestière auprès des maîtrises des forêts {Forstmeisterein- oberforstbezirkey La dénomination d'aide-forestier, non-seulement fait disparaître la répugnance qui s'attache à celte place , mais encore le placement d'aides- forestiers et d'aides de la

justice des foiéts a les conséquences les plus importantes pour la partie forestière , puisque l'on obtient ainsi la bonne école pour l'instruction pratique des futurs officiers forestiers.

Dans beaucoup de pays on admet que , lors de l'enseignement des forestiers, on demande tout d'abord , afin de s'y conformer, s'ils veulent entrer dans ce qu'on appelle les emplois supérieurs ou inférieurs des forêts.

Pour ce qui concerne le personnel , qui doit simplement veiller à la garde des forêts , il ne faut certainement ni de grands moyens intellectuels , ni de grandes connaissances; mais, à partir des administrateurs de districts — qu'on' doit considérer comme l'âme d'une bonne économie forestière — et ainsi de suite en montant , il faut déjà assez d'acquis pour que , si , de plus , l'homme a les facultés et les capacités nécessaires que réclame un poste élevé, on puisse très- bien le porter pour l'avancement.

Un des meilleurs moyens d'instruction pour le forestier ce sont les voyages , et il serait, pour cela, d'une grande utilité, même à un âge assez avancé, de faire voyager les employés des forêts et de leur permettre de voir le monde; une foule d'expériences seraient ainsi communiquées, et on éviterait la poursuite de vues bornées et de maintes idées ayant cours dans tels pays; erreurs routinières — on ne saurait le nier — auxquelles les forestiers ne sont que trop enclins.

De la iioiiiinalion.

L'aptitude au service est déterminée par les qualités suivantes:

1° Par les connaissances et capacités nécessaires,

2° Par l'aptitude physique et activité , et

3° Par la fidélité, l'honnêteté et le zèle.

A mérite égal , c'est l'ancienneté qui donne les titres les plus directs.

Les connaissances peuvent être constatées par les examens, mais non les autres qualités nécessaires ; celles-ci ne se manifestent qu'au service.

Or, là où existe l'institution plus haut mentionnée des places d'aides, et où, en général, tous sont obligés d'entrer par les derniers grades, se trouve alors , pour reconnaître les capacités d'un chacun à l'avancement , une occasion meilleure que par les examens, qui souvent donnent un résultat trompeur et insuffisant.

Des traitementj et des rapports e'conomiquesdu service eu ge'neral.

Il faut poser, en principe suprême, que chaque employé doit recevoir un traitement siifïisant pour qu'il puisse vivre de ses appointements , d'une manière convenable à sa position, sans luxe, mais libre de souci.

Des traitements trop élevés sont aussi préjudiciables au service que des traitements trop faibles.

Dans la fixation des appointemenis se présentent les questions suivantes :

1° A combien doit se monter le revenu?

2° Le chiffre entier doit-il être fixé, ou faut-il en faire constituer une partie encasuel?

3° Doit-il être fourni en argent seulement ou en nature, ou consister dans les deux?

4° Le revenu du personnel forestier doit-il être également procuré en partie par des terrains donnés en usage ?

Au 1° Les circonstances de temps et de lieu décident de la quotité nécessaire du revenu.

Au 2"" Les casuels ordinaires dans les forêts font, le plus souvent , du tort j un tant fixe peut toutefois être accordé dans des districts évalués et soumis à un bon contrôle, pour stimuler l'ardeur au service et favoriser le meilleur parti possible à tirer des produits ; mais toujours c'est une chose hasardeuse de mettre les intérêts pécuniaires des hommes en conflit avec les devoirs de leur position. En ce qui concerne les cultures, on doit établir des primes.

Au 3" Les prix des denrées variant souvent, il est bon de délivrer en nature une partie des traitements.

Au 4" Si le forestier habitant la campagne n'a pas de terrain d'usage, il tombe tout à fait sous la dépendance des paysans; et, alors, qui doit prendre soin du cheval de service

et le tenir en état? Sera-ce l'aide-forestier ou le forestier lui-même? Le traitement n'est pas suffisant pour l'entretien d'un domestique. Le forestier a-t-il un champ à cultiver, un garçon se chargera de l'une et de l'autre occupation.

Des demeures de service sont indispensables, et la nécessité n'en existe pas moins malgré la circonstance que, dans beaucoup de pays, la construction aux frais du fisc est décourageante; mais, dans tous les cas, il est plutôt à conseiller de supprimer les abus qui ont envahi les bâtisses de l'État, que de se laisser détourner par là de l'établissement des demeures d'usage indispensables. Celles-ci, du reste, doivent être jalacées le plus prés possible de la forêt; cependant il ne faut pas, sans nécessité, les élever loin de toute habitation humaine, au milieu de la forêt.

Les améliorations dans les conditions du service peuvent s'effectuer ou bien par des permutations dans les emplois ou par des suppléments de gages pour le même emploi.

11 y en a beaucoup qui pensent qu'un long séjour dans le même endroit procure plus d'occasions aux liaisons dangereuses , et demandent, pour cette raison , que des mutations soient opérées par moments. Or , presque nulle part les changements trop fréquents dans le service ne sont plus préjudiciables que dans la spécialité forestière, parce que la connaissance des localités y est d'un trop grand poids.

De plus, par le changement de résidence, une grande partie du supplément se perd pour celui qui doit en jouir. Il n'est, par conséquent, pas bon de n'améliorer les conditions que par des mutations; mais, dans beaucoup de cas, un supplément de traitement sans translation est également recommandable.

De la direction de la haute surveillance sur le personnel forestier et sur les punitions de celui-ci.

On peut faillir dans l'administration forestière : 1° Par vieillesse et faiblesse de corps, 2° Par défaut de connaissances et capacités requises, 3° Par défaut d'activité et bonne volonté, et 4° Par défaut d'honnêteté et intégrité.

Dans le premier cas, il faut adjoindre un aideforestier aux dépens de l'État ; dans le second et le troisième cas, aux frais de l'employé; mais, dans le quatrième, il faut, sans ménagement, infliger le châtiment encouru.

Maintien des droits de souveraineté' de TÉtat sur les forêts , et législation forestière.

11 appartient à l'autorité directrice des forêts de maintenir les droits de souveraineté de l'État sur les forêts; mais cette autorité n'est pas un pouvoir législatif, et, par conséquent, ne peut que proposer les lois qui sont relatives à cet égard.

De la fiTation des taxes et du débit des produits des bois.

Le produit le plus important de la forêt, c'est le bois; les profits moins importants sont les fruits des arbres , les baies et autres productions des forêts. Nous nous bornerons ici à la fixation des taxes; or il conviendrait de distinguer en cela :

1° La valeur du bois, particulièrement et en général;

2° La valeur des différentes espèces de bois , et

3° La valeur qu'acquiert chaque espèce par les usages spéciaux auxquels elle se prête, par exemple fes constructions, etc.

La taxe naturelle du bois est celle qui, pour ainsi dire, nous dispose tout aussi bien à élever du bois que tous autres produits.

Mais ce principe est tout à fait inapplicable là où on ne peut élever que du bois : c'est pourquoi on a encore établi un autre principe, savoir : que la valeur du sol d'abord , et ensuite le montant des frais d'éducation des bois, doivent être pris en considération. De la combinaison des deux on cherche alors à calculer l'importance du revenu en argent , à réclamer et à rechercher le prix du bois produit; seulement la valeur du sol forestier n'est pas à déterminer, sans que l'on ait préalablement pris connaissance ou adopté la base d'une taxe de bois : par conséquent, nous tournons ici dans un même cercle.

La vente au plus offrant semble écarter toutes les

— 352^ difficultés, mais ce moyen aussi a deux grands inconvénients :

1°11 n'est pas vrai que le bois, par l'enchère,

soit toujours vendu à sa véritable valeur; 2" Ce moven, sous le rapport d'économie politique, doit être très-souvent rejeté.

L'abondance du bois et la demande dans cet article déterminent ordinairement le prix du marché des bois, comme pour tous les autres produits agronomiques; mais il faut alors que l'économiste, relativement au taux du bois à dresser, prenne en considération particulière les fabriques ou les circonstances spéciales tenant au pays.

La localité a, du reste, aussi une grande influence sur la taxe, relativement aux espèces et aux assortiments de bois : les préjugés mêmes pour ou contre une essence déterminent souvent les rapports du prix.

De tout cela ressort la difficulté d'une fixation des taxes de bois ; néanmoins, il faut que des bases soient posées dans l'économie forestière, et on doit alors suivre à peu près le procédé suivant :

1° On commence d'abord par faire dresser, par les autorités locales, des registres particuliers des taxes et prix de marchés ayant cours dans les divers endroits.

2° Il faut que les registres soient pourvus, par les autorités, de visas qui les approuvent, dans lesquels celles-ci ont également à préciser et exposer les circonstances qui, dans l'une ou

l'autre conlrée, favorisent surtout la hausse ou la baisse des prix.

3" L'autorité directrice , lors de la fixation des taxes, apporte alors, autant que possible, une juste proportion dans les prix ayant cours dans les divers pays, en tenant compte de toutes les annotations et prenant, en principe, que les taux de prix doivent ê(rc fixés un peu plus bas que les prix de marchés , afin de favoriser le débit du bois; mais qu'aussi ils ne doivent pas être établis trop bas, afin de ne pas attirer un double préjudice.

L'achat des bois dans les forêts de l'État est toujours environné, pour les acheteurs, de plus de formalités que sur les marchés et dans les forêts des particuliers : si donc ils ne sont pas attirés par la modicité du prix, ils préfèrent acheter dans cellesci plutôt que dans celles-là.

D'un autre côté, par de trop basses taxes, il se produit aussi, entre autres désavantages, la nécessité de couvrir le déficit qui en résulte dans les revenus de l'État, par des impôts qui pèsent sur le pauvre d'une manière plus onéreuse que n'eût été pour eux la fixation des prix du bois à un taux plus élevé; de fait les basses taxes favorisent, aux dépens des autres , ceux qui ont besoin de beaucoup de bois.

En outre il est extrêmement important, dans la fixation des taxes, d'observer une juste proportion entre les difierentes essences et les assortiments du bois;

mais, toutefois, il est impossible de traiter absolument sur le même pied tous les acheteurs de bois ; il faut donc se contenter de prendre en considération les rapports de la localité en général.

Mesure pour faciiitt r rccoiilemcnt <lcs produits forestiers.

Partout où il est nécessaire de faciliter le transport par Tamélioration des routes, des établissements de flottage, etc., l'autorité directrice des forêts doit prêter une coopération active.

Lorsque le bois manque de débouchés, il faut aussi songer à l'établissement de fabriques qui , par le genre de leur industrie, en consomment beaucoup.

L'établissement des magasins de bois et semences, et concessions à accorder.

i" Sur les magasins de bois.

Les avis sont encore partagés au sujet de la question de savoir s'il est bon que l'État établisse des magasins de bois. On dit que le gouvernement ne doit entrer en lice ni comme fabricant, ni comme négociant; mais, relativement aux magasins de bois, on pourrait faire une exception, parce que, pour remplir de pareils magasins, des mesures préparatoires très-étendues, que l'État seul peut faire, sont souvent nécessaires; il n'y a encore, certes, pour prévenir les vols de bois, qu'à favoriser la formation

de magasins, dans lesquels on pourrait se procurer le matériel de chauffage dans des quantités justes et modiques ;

2° Sur les magasins de semences.

L'établissement de magasins de semences entre aussi dans le cercle des attributions de l'autorité directrice des forêts ; afin d'avoir toujours les semences en bonne qualité, et à bon marché, ces magasins sont trés-recommandables.

3° Sur les concessions à accorder.

En accordant des concessions, on doit, avant tout, bien considérer si on ne se crée pas pour l'avenir une charge et des inconvénients, qui l'emporteraient de beaucoup par la suite sur les avantages primitifs.

Nous n'avons d'ailleurs à ajouter, à cet égard, aucune observation spéciale.

deuxie:\ie section.

ADMINISTRATION FORnSTlÈRE (ÉCOOMIE ET EXPLOITATIO).

Deûnition.

Par administration forestière, on comprend le traitement de l'économie forestière dans les forêts, même dans les emplois locau\ de service. L'exécution de

toutes les dispositions et de toutes les affaires qui se présentent dans l'économie et dans l'exploitation des forêts rentre dans le domaine de l'administration forestière.

Développement ultérieur.

Les affaires particulières qui se présentent dans l'administration forestière se traitent aussi d'une manière différente, selon les mesures diverses des différents pays, et on ne saurait donc donner à ce sujet ni description ni règlements d'une application générale. Si l'on voulait, pour ces opérations, prendre pour base quelque administration existante , l'exposé n'en aurait qu'une valeur locale; et, si l'on voulait poser un idéal, celui-ci, sans doute, ne pourrait être réalisé que dans bien peu de pays. Nous nous contenterons aussi , pour cela , de citer nominativement pour exemples quelques actes rentrant dans le domaine de l'administration forestière , et d'y ajouter des indications sur la manière de les traiter, et sur les autres observations auxquelles ils se prêtent.

Une exploitation juste et convenable des provisions existantes, et une éducation régulière des nouvelles, voilà les deux points sur lesquels roule toute l'économie forestière. C'est pourquoi aussi les abatages et les cultures sont d'une importance particulière dans l'administration , et, à ce titre, nous devons entrer plus avant dans ce sujet.

De la conduite des coupes d'essences et de la vente du bois.

Le forestier de district est tenu de remettre annuellement à son supérieur un registre des endroits dans lesquels il pense asseoir des coupes et compléter son état (ou le revenu passible).

Ces propositions de coupes subissent l'examen de ce supérieur sur les lieux mêmes, et sont approuvées ou modifiées d'après le jugement qu'il porte.

Suit alors la démarcation des coupes, ainsi que la désignation d'abatage et entassement (ou dépôts) des bois.

Ici la qualité des bûcherons n'est aucunement indifierente, et c'est par cette raison très-essentielle, que l'administration forestière doit entretenir de bons bûcherons.

Le bois entassé, l'administrateur du district le prend des mains des fendeurs de bois, et veille à ce qu'il soit dûment numéroté, mesuré et calculé.

Maintenant viennent l'examen et le contrôle des bois (appelés en Saxe contrôle de transport ou de livraison — abpostimg) par l'officier forestier chargé de l'inspection , et après le bien-trouvé par l'employé comptable; ensuite, lorsque lepayementaétéefTectué entre les mains de celui-ci , il délivre lui-même aux acheteurs ou aux preneurs, en général^ des reçusvisas contre lesquels l'adnjinistrateur du district fait livraison des produits forestiers.

La vente du bois a lieu d'ailleurs dans les conditions suivantes :

1° On considère la forêt comme un marché constamment ouvert, où chaque amateur peut, en tout temps, se présenter, et trouver à se satisfaire autant que l'état le permet, ou hien, 2° Le bois doit être vendu au plus offrant, à des époques déterminées , précisées à l'avance , ou enfin 3" Les acheteurs doivent faire connaître leurs besoins quelque temps avant le commencement des coupes; on examine et on décide alors si on peut satisfaire aux demandes, et jusqu'à quel point on le peut, puis on fait la répartition des bois à délivrer.

Dans déjeunes forêts, et encore dans la vente des bois de travail et de service, le premier procédé est applicable, et favorise certainement le meilleur écoulement des bois, mais aussi occasionne un grand surcroît de travail pour le personnel de l'administration forestière.

La vente au plus offrant simplifie l'œuvre de la comptabilité , facilite la garde des bois entassés et abrège encore l'opération de leur livraison aux preneurs beaucoup plus que par le mode de débit précédemment mentionné. Cependant des considérations multiples s'opposent à une introduction générale de la vente par mode d'enchères, et il paraît prudent de le borner à certains articles , à quelques localités et à des cas particuliers seulement.

On ne peut se dispenser, dans beaucoup de cas, •— . par exemple lorsqu'il s'agit de faire de grandes

livraisons à des entreprises industrielles , — de satisfaire les preneurs de bois selon la mesure d'une demande préalable par écrit ou d'une répartition , et il en résulte, d'ailleurs, l'avantage qu'un certain calme et une certaine régularité s'établissent dans le roulement du débit.

Quelque soit d'ailleurs le mode de vente, il est, dans tous les cas , nécessaire de laisser reposer toutes les coupes pendant quelques instants de l'année , afin de donner, par là , au personnel de l'administration forestière la latitude nécessaire pour mettre en ordre et arrêter tout ce qui a rapport aux provisions et aux comptes matériels.

De la culture forestitTC,

Nous supposons , à cet égard , que , dans toute économie forestière bien ordonnée , il existe , pour chaque district , un relevé des surfaces destinées à une certaine époque de la coupe d'une part , et de l'autre à la culture ou au repeuplement . Or, de même que cela ne suffit pas pour les coupes , mais que des propositions de coupes deviennent annuellement nécessaires , de même c'est aussi le cas pour les cultures.

Il y a , il est vrai , beaucoup à redire contre la présentation de ces propositions de coupes annuelles, et c'est ainsi qu'on dit, par exemple, qu elle arrête et entrave la culture en général , et fait que bien des choses ne peuvent s'exécuter ni aussi bien, ni à

aussi bon marché, que cela eût été possible, si on eût eu les mains libres et qu'on eût pu profiter du temps et des circonstances , comme ils se présentent ; on est d'avis que beaucoup de travaux utiles de ce genre se trouvent supprimés entièrement , parce qu'il est trop difficile d'en faire, au préalable, une juste estimation ; mais ce qui déplaît principalement, c'est le cas où des réductions et des changements sont apportés dans les estimations , que l'homme entendu et probe avait cependant cherché à accommoder à des rapports de localités à lui connus, — et on demande aussi, pour cette raison, une somme moyenne , sur l'application de laquelle il n'y aurait à rendre compte annuellement qu'après l'achèvement du travail.

Tout cela est juste; mais il est tout aussi vrai que le plan pour les cultures à effectuer dans l'année prochaine n'est pas , à beaucoup près , aussi bien médité , et il n'arrive que trop souvent que bien des choses sont laissées au hasard, si, assez à temps, on ne prend en considération ce qui est nécessaire, et si on n'en dresse un aperçu.

Le forestier fonctionnant doit lui-même chercher à se déterminer assez tôt sur la question de savoir où et comment il veut établir ses cultures pour l'année suivante. Et qui révoquera en doute que cela n'est que trop fréquemment négligé , lorsqu'il n'y a pas d'estimation faite ? Et pour cela il est donc vraiment à conseiller d'effectuer cette estimation et d'en faire déclaration !

Or, pour que les désavantages mentionnes plus haut ne s'établissent pas , il faut , il est vrai aussi, que la direction s'impose la loi de ne pas changer de plan sans nécessité; d'un autre côté, il faut qu'il soit permis au personnel administrant de dévier des plans et estimations portés en déclaration, lorsque cela se peut faire avec une véritable urgence , ce qui pourtant doit toujours être prouvé.

La remise des plans de culture a donc infailliblement beaucoup d'avantages, seulement il faut laisser aux administrateurs forestiers assez de temps pour les dresser, afin qu'ils puissent méditer et examiner convenablement leurs propositions et leurs évaluations. Ces plans doivent être d'abord confectionnés par les employés de districts et être remis par ceux-ci à leur supérieur , qui les contrôle pour les faire passer ensuite à l'autorité centrale, où ils sont vérifiés de nouveau, puis sanctionnés après le bien trouvé.

Il est bon de concéder aux administrateurs forestiers, sans plus de formalités, la disposition d'une certaine partie de frais de culture pour chaque époque; par exemple, la faculté d'acheter assez tôt des glands , faînes , etc. , et il faut , en général , avoir en vue les considérations mentionnées plus haut , afin de n'apporter qu'en cas de besoin un changement dans l'un ou dans l'autre des plans de culture présentés. On devrait, à cette fin, ordonner que, si , jusqu'à une époque déterminée, aucune obsen'ation de règle , relativement à l'estimation de

culture, n'a été communiquée, celle-ci doit être considérée comme approuvée.

L'exécution, sous la surveillance du supérieur, revient alors au forestier, et il doit tenir un manuel sur les cultures et dessèchements opérés.

Profits secondaires des forêts.

La surveillance et la direction des profits secondaires des forêts appartiennent encore essentiellement au domaine de l'administration forestière. Ils sont — comme il a été déjà développé dans la division traitant des profils secondaires des forêts '*■ — souvent d'une grande importance , et souvent aussi le tort qu'ils occasionnent indirectement est de nature à surpasser de beaucoup l'avantage. Il est, pour cela, doublement nécessaire de prendre des mesures indispensables , afin de pouvoir toujours embrasser clairement la situation des rapports. Pour cela, il convient de faire, à la fin de chaque année , un relevé à cet égard, et d'examiner leur productivité , leurs conséquences , leur utilité , etc.

Mesures pour le transport des bois.

L'état de ces mesurée est d'une importance ex-

* Nous devons ajouter, aux' .iragraplies 14;, i48 et i49, le profit secondaire que l'on obtient dans les bois, au moyen de la culture des pommes de terre , soit pour améliorer le sol , et alors elle est entière et pendant un an ou deux ans, soit pour utiliser le terrain et le garantir des berbes, par leur plantation mélangée avec les essences jeunes ou viiilles, autant que faire se peut et suivant les conditions données.

{lYotc ilii tradiirteur)

Irême pour le revenu des forêts , voire même , on peut le dire , pour la condition générale des forêts , et elles sont des objets dont l'utilité saute d'autant plus aux yeux , que l'économie forestière est ellemême plus rationnelle et , pour ainsi parler, plus rafQnée. Ordinairement elles se bornent à l'établissement et à l'entretien des chemins , bien que les moyens de flottage, trains de bois , etc. , rentrent dans cette catégorie.

Il est aussi conforme au but de dresser non-seulement, de temps à autre, un plan principal pareil à celui des cultures, relativement aux constructions des chemins à entreprendre , mais encore de faire proposer annuellement, par les administrateurs de district , ce qui , sous ce rapport et en fait d'autres travaux de ce genre , doit être exécuté pour l'amé lioration des forêts.

Protection des forêts.

Il est du devoir du personnel forestier de faire exécuter les lois de police forestière , et de garantir par là , de toutes ses forces, les vols dans les forêts, endommagements des bois, des bornes et des clôtures, etc., et de prévenir de semblables dégâts , et de rechercher, si c'est possible, les coupables inconnus.

§ oOG.

Travailleurs des forêts.

Il se présente dans l'économie forestière, et sur-

tout dans les abatages et cultures, une foule de manipulations qui exigent des gens sûrs et habiles dans leur genre : il n'est donc pas sans opportunité de chercher à se procurer de ces gens-là et de pourvoir à ce qu'il y ait des ouvriers spéciaux pour la forêt, qui, y trouvant essentiellement leur gagne-pain, s'intéressent d'autant plus vivement pour elle.

Dans quelques maîtrises forestières de la Saxe, on a établi, à cet effet, avec un succès notable, des caisses de secours pour les bûcherons , dans lesquelles chaque travailleur est obligé de verser quelques centimes pour cent de son salaire, et desquelles, par contre, il reçoit des secours pour lui et pour les siens en cas d'accident ou de maladie. Ces secours sont d'une grande importance pour des individus le plus souvent sans ressources; et comme les titres sont perdus du moment qu'un ouvrier se rend coupable de quelque méfait , lequel , pour cette raison , se trouve rayé comme indigne, à toujours ou pour un temps, de la liste des ouvriers, il découle de cette institution un lien très-bienfaisant et un grand stimulant à se conduire d'une manière irréprochable.

La vénerie.

L'exercice des chasses se trouvant ordinairement uni avec l'administration forestière, c'est également ici le cas d'en parler.

Les opérations principales relatives à la chasse se résument comme il suit ;

1° Dans le maintien des limites des chasses et des droits de souveraineté de l'État sur ces dernières , 2° Dans l'entretien du gibier, 3° Dans les mesures pour le détruire, 4' Dans le débouché et la vente du gibier, et 5° Dans les comptes à dresser.

TROISIEME SECTION

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