EXAMEN DE LA QUESTION DE SAVOIR SUR QUELLES FORETS
DOIT s'Étendre la direction fiscale forestière d'un pays.
Dislinciior. lies foréb
Les forêts sont , ou 1" Forêts de l'État, ou T Forêts des particuliers.
Les premières se subdivisent :
(a) En forêls réelles de l'État , et
(b) En forêts domaniales , qui , dans beaucoup de pays, sont assignées à la liste civile pour en jouir.
Avec les forêts des particuliers nous dilinguons :
(a) Les forêts ordinaires particulières ou proprement dites, appartenant à des particuliers, comme propriétaires réels , et
(b) Les forêts des corporations, telles que forêts en fidéicommis (en dépôts) , des majorais, du clergé, des écoles, cures, couvents, fondations et les fojêts communales ou communes.
Disc(is>i()ti lie la question de savoir si la mise cii l)ois des terres vagues tst toujoiiis avantageuse ans propriétaires de fortis.
Le bois que l'on sème ou plante maintenant dans les forêts à grande révolution , qui produisent le bois le plus abondant et de la meilleure qualité , n'est récolté qu'après beaucoup d'années , et c'est, par conséquent, rarement par celui qui l'a planté ; il faut donc que le propriétaire de la forêt y emploie un capital sans jamais espérer de le recouvrer, ni d'en tirer les intérêts. Si , de plus, les terres vagues se prêtent au pâturage ou à l'agriculture , et que le propriétaire les mette en bois, il est obligé défaire, d'une part, une dépense, et, de l'autre, de se priver d'un revenu. 11 a donc double avantage, etilest,par conséquent, pour toutes les surfaces qui s'approprient à la culture des blés et de l'berbe , et qui ne
peuvent être regardées d'une manière absolue comme un sol propre aux forêts , plus avantageux pour le propriétaire de ne pas planter en bois ces terres vagues , quelque faible que soit d'ailleurs le revenu qu'elles donnent.
Pour préciser les faits , supposons un district de forêt de hêtres de (iSOstcter — acres ou arpents) 70 hectares 20 ares d'étendue , et présentant tontes les gradations normales d'âge , pour laquelle la révolution a été laite à i30 ans , et pour laquelle (une acre) 54 ares doivent donc être repeuplés tous les ans. La table suivante renferme les chiffres à appliquer ici. A cet effet , la première colonne y indique l'âge du bois , la seconde renferme la masse en provision que présentent 5'i ares aux divers âges respectifs ; la troisième colonne montre combien il y a de bois dans toutes les coupes de chaque décennie, à combien , par exemple , se monte le bois dans les dix coupes , depuis la vingt et unième année jusqu'à la trentième inclusivement, depuis la trente et unième jusqu'à la quarantième inclusivement, etc. ; la quatrième et principale colonne de cette table indique la valeur respective de la masse des bois de la colonne précédente (le ^ubirfuij — pied cube), 0" ''■ 02242 cent millièmes de mètre cube coûtant (1 ©roôd)en — groî ) à peu près 17 à 18 centimes, dans toutes les périodes d'âge ; dans la cinquième grande colonne , les taxes de bois sont portées, suivant les diverses périodes d'âge, avec les inégalités qui déterminent les différences de valeur. (Cette valeur
est indiquée en gros et 'Pfcnnigen-fennins , deniers. En monnaie de Saxe : 12 fennins font un gros, 3 fennins font de 4 à 5 centimes. )
"aï
bois.
Provisions en mètres cubes par 54 ares.
La masse
des
provisions
monte
dans les
décennies
Puisaue 0 mètre cube 022^2 cent millièmes de mètre cnbe coûtent 17 cent., la masse de bois indiquée ci à côté vaut donc.
Taxe pourO
mètre cube
02242 cent
millièmes
cubes.
Valeur de la masse des provisions selon U taxe ci a côté.
Francs.
Centimes.
Centimes.
Francs, j Centimes.
no
Somme .
Par cette table on voit que le produit annuel de celte zone d'économie durant une révolution de cent trente ans , sans comprendre les exploitations intermédiaires*, monte à 192 mètres cubes — la
* On a laissé hors décompte les cxploitalious intermédiaires , uni- «lut-ment parce qu'elles eussent été trop compliquées pour le cadre de cet ouvrage.
provision totale de bois, en descendant jusqu'à vingt ans, étant de 10941 mètres cubes. Mais si , maintenant, on porte les prix de bois, pour chaque période d'âge , au chiiTre égal de 1 7 centimes pro o™ ' 02242 cent millièmes de mètre cube, l'exploitation soutenue donne alors auMucUenient 1394 fr. 34 cent.
La valeur de la masse des provisions de bois existantes par contre est de
79275 fr. 08 cent., et les intérêts, à 4 pour cent , forment la somme de
3170 fr. 98 cent. , et alors les soi et terrain , et le bois au-dessous de la vingtième année , celle-ci comprise , peuvent encore être employés à d'autres exploitations. Le propriétaire de la forêt gagne , par conséquent, beaucoup en coupant le bois.
La justesse de ce calcul ne saurait être révoquée en doute ; mais on objecte maintenant (f qu'il suffit seulement de taxer le vieux bois à un prix assez élevé pour que l'on se trouve disposé à en cultiver; quant au prix convenablement élevé, il s'obtiendra déjà de lui-même, pour peu qu il puisse être augmenté sous ccJte condition, n
Explication.
Pour juger si la manière de voir que nous venons d'exprimer est juste , nous supposerons , selon la
mesure de l'âge du bois , la différence de prix telle qu'elle est portée dans la cinquième colonne.
Avec les taxes de bois cotées en proportion de la progression d'âge , beaucoup plus haut , qu'on ne peut jamais le faire dans la réalité , Tensenible de la forêt , telle que nous la supposons , avec une révolution de 1 30 ans et une exploitation soutenue, fournirait annuellement, par 192 mètres cubes à 51 centimes, un revenu pécuniaire de
4,1 82 fr. 84 c.
La masse des provisions de 1 854 mètres cubes , depuis le bois de l'âge de 1 30 ans jusques et y compris celui de 21 ans , vaut alors
172,157 fr. 82 cent. ,
et les intérêts à 4 pour cent se montent à
6886 fr. 40 cent. ; par conséquent
2,703 fr. 56 cent.
de plus que ne fournit l'économie soutenue ; donc , dans ce cas aussi, où le vieux bois est supposé douze fois plus cher que le jeune, le propriétaire de la forêt a néanmoins un très-grand avantage à défricher sa forêt.
Lors même qu'on se ferait illusion au point de croire que , par les cotes des prix du bois que nous donnons ci-dessus, nous n'avons pas encore pris un chiffre assez élevé — abstraction faite de la considération qu'à la fin le bois ne pourrait plus être payé
du tout — le but ne serait pas toujours atteint , mais, au contraire, l'appât de la dévastation des forêts ou du moins de l'abréviation de la révolution n'en serait que plus fort.
Admettons maintenant l'hypothèse que les prix du bois fussent dix fois plus grands que nous ne les prenons dans la supposition ci-dessus, et que , par conséquent, 0" '■ 02242 cent millièmes de mètre cube de bois âgés de 130 ans valussent 4 fr. 92 cent. , le propriétaire de la forêt, par la coupe de bois, en descendant jusqu'à l'âge de 20 ans, gagnerait alors
2,703 fr. 56 cent. , au lieu de
27,035 fr. 24 cent.
Reconnaissant cela, il en est beaucoup qui rejettent la grande révolution en général. Mais , lors même que des assortiments de bois vigoureux, demandant une révolution avancée , ne seraient pas déjà absolument nécessaires pour maints usages, il y aurait cependant encore beaucoup d'autres rai*sons militant en faveur de la révolution assez étendue dans les forêts de l'État , tandis que les exploitations à court intervalle sont avantageuses pour le particulier.
Mais, supposons ici que Ion coupe sur (1 302icter — acres ou arpents) 70 hectares 20 ares, jusqu'à l'âge de 20 ans, tout le bois compris dans le grand cercle d'économie en question, et que le propriétaire convertisse alors sa futaie en taillis simple de hêtres de
20 anji de révolution , la coupe des essences aurait bien dorénavant 3 hect. 51 ar. d'étendue; mais ces 3 hect. 51 ar. , ensemble , fourniraient , tout au plus , les trois quarts de la masse de bois que fournissait antérieurement 1 acre ou 54 ares *", et la masse des bois elle-même , à cause de la moindre qualité de ceux-ci, n'atteindrait pas encore la moitié de la valeur qu'a le bois de 130 ans. Le produit futur de cette forêt serait ainsi affaibli de plus de moitié par la diminution de la révolution extrêmement avantageuse aux particuliers, et la production territoriale serait réduite dans cette proportion.
Cette circonstance ne fait pas de tort au particulier ; car , si d'une forêt qui , par l'économie soutenue , lui rapportait 4,180 fr. 80 cent. , il vend du bois pour la somme qu'il faut pour lui procurer annuellement 6,883 fr. 50 cent. , il lui reste encore un bénéfice annuel de 2,702 fr. 70 c. , lors même que le terrain forestier ne devrait plus rien lui rapporter par la suite. L'argent que reçoit le particulier pour le bois tombe de la caisse d'autrui dans la sienne ; mais c'est tout le contraire pour les forêts de l'État, l'argent payé par les habitants à la caisse du gouvernement n'est pas un argent étranger, le propriétaire de la forêt est ici le preneur et le bailleur en même temps. Si celui qui tient une banque
* On voit , par la table précédente, que les liétrcs e'ievës de semence ne présentent, à Vâgc de 20 ans, que li mètres cubes, tandis que, à Tâge de i3o ans, ils en donnent 192, par conse'quent plus de i3 fois le premier cbiflre pro acre ou 54 ares.
de jeu, en mettant sur une carte , gagne 3,900 fr. de sa caisse , il n'en est pas plus riche , car ce n'est pas l'argent d'autrui , mais le sien propre qu'il retire. Il en est à peu prés de même dans le cas qui nous occupe pour le profit que doit avoir l'État en abaissant la révolution dans sa forêt , la circulation de l'argent ne s'en accroît pas comme on voudrait le prétendre ; mais évidemment le capital national est réduit de ce que le sol forestier perd en possibilité de production.
Développement ultérieur.
Pour prévenir l'objection qu'on pourrait me faire d'avoir choisi l'exemple proposé sous un point de vue particulier, ne s'accommodantqu'à mon but, je veux encore reprendre le môme exemple qui se trouve proposé, à lefFet de prouver que l'avantage procuré par la révolution abrégée est tout aussi utile pour l'État, en général, que pour chaque propriétaire de forêts en particulier.
On suppose une forêt de pins ^, contenant, à l'âge de 60 ans, 67 mètres cubes de bois par ( 'Preuéèi*d)fn a?îorgen — arpent de Prusse) 55 ares. Avec cela, le recru annuel est porté de 1 " " 1 21 '"'"''" -ai"" " 233""^'" " ; et, par là, la provision par arpent à l'âge de 1 1 0 ans s'élève à 1 34 mètres cubes.
L-léments de la science forestière dans ses rapports a\ec l'économie nationale et la science politico- financière , par le D"^ W. Pfeil , I vol., p. 98.
En donnant à cette forêt do pins une étendue de 176,000 ares ou 1,760 hectares, chaque coupe, avec la révolution de 1 1 0 ans, contient, en terme moyen, 66 hectares. Or, en descendant jusqu'au bois de 60 ans, on peut, dans les 50 coupes les plus anciennes, en laissant de côté des subtilités inutiles, compter sur 67 mètres cubes du bois le plus jeune et 134 mètres cubes du bois le plus vieux : par conséquent, en terme moyen, 101 mètres cubes pro 55 ares. Pour la forêt dont la révolution est fixée à 1 10 ans, il se trouve donc 605,340 mètres cubes dans les 50 coupes les plus anciennes, et la valeur s'en monte, en calculant 0"' ' 02242 cent millièmes de mètre cube à 17 centimes, prix admis dans l'exemple précédent, à 4,387,500 fr.
Les intérêts de cette somme, à 4 pour 100, se montent annuellement à
175,500 fr.
Or maintenant, comme pendant la révolution de 110 ans, on récolte, dans les coupes de 66 hectares d'étendue, 16,142 mètres cubes de bois qui ne produisent que 117,000 francs, les intérêts seuls du capital ci-dessus excédent de 58,500 francs le revenu de toute la forêt avec une économie régulière.
Mais on a, en outre, encore
(a) 3,300 hectares de terrain forestier exploité, appliqué à d'autres usages, et
(b) 3,960 hectares de forêt d'une révolution de 60 ans, dont les coupes, de 66 hectares cha-
que, donnent annuellement 8,071 mètres cubes de bois ou 58,500 francs.
Sans compter la valeur des 3,300 hectares de terrain forestier exploité, le propriétaire de la forêt lire, par conséquent, un excédant de produit de 117,000 francs. Mais, pour ce qui concerne maintenant les conséquences que cette diminution de la révolution a sous le point de vue de l'économie de l'Etat, celles-ci se montrent, à un examen plus approfondi, dans un jour très-défavorable.
Dans la révolution de 60 ans, ou a annuellement 121 hectares à couper; et ceux-ci fournissent, en calculant l'arpent à 67 mètres cubes, 14,797 mètres cubes.
Mais, avec la révolution de 110 ans, le produit de 66 hectares à 134 mètres cubes est de 16,142 mètres cubes.
Le produit en argent est, par conséquent, pour 0'" ' 02242 cent millièmes de mètre cube à 1 7 centimes, compté,'
Dans le premier cas, à 107,250 francs; Mais, dans le second cas, à 117,000 francs. La révolution abrégée est, d'après cela, suivie, tous les ans , d'un déficit de 1 ,345 mètres cubes de bois et de 9,750 francs; et, en admettant que le bois manquant est indispensable au pays, cela doit suftire pour montrer ce qu'il y a de pernicieux dans ce système. Mais, dût-on supposer le cas que l'on put se passer de ces 1,345 mètres cubes, il serait toujours encore très-peu économique d'employer
une surface de 7, 200 hectares de sol forestier, si, par la révolution de 1 10 ans, on peut obtenir une quaiUité de bois égale et sulïisante pour la consommalion, sur 6,G55 hectares. Or, dans le cas qui précède, c'est là justement la quantité de surface qu'il faut pour retirer annuellement 1,/i80 mètres cubes, en conservant la révolution de 110 ans : pour un seul district, 005 hectares de sol forestier, qui peuvent être employés à quelque autre usage, sont ainsi snperflus. L État subit par conséquent ici, comme dans la forêt de hêtres prise antérieurement pour exemple, uv.e grande perte, quoique le particulier propriétaire de bois y relire un grand profit.
îMais il faut encore prendre en considération un autre point extrêmement important, qui, par un hasard inexplicable, a jusqu'ici toujours échappé dans la discussion: ce point, c'est la bien plus grande duiée du vieux bois, et principalement du bois résineux, en comparaison avec le jeune bois. Du bois résineux qui a atteint une croissance suflisante dure, comme bois de construction . pour le moius le double de temps que le jeuîîc bois de la même espèce et produit par le même sol*.
* A Iîii)lci l)cnîistlorf, i.l;;ns Li Suisse saxonne, on construisait autrefois to'.itcs. les maisons, et maintenant encore on en conslruit beaucoup avec tli-s troncs dV.rbrcs formant les nnirs. Il y a loo ans et plus, on y employait ilu bois fort arjivo à sa maturité de croissance, et il existe encore bcaucouji île maisons rie ce tv>mps -là parfaiten.ent bien conservées ; mais . de nos jours , on ne j>renJ i|ue du jeune bois pour ce mode de construi lion , et, depuis qu'on agit ainsi, une pareille conslruclion dure à peine 3o ans.
Toutefois, celte plus grande durL-e du vieux bois détermine, par la même raison, l'emploi d'une surface de forêts, en proportion moindre, pour élever du bois de construction.
On obtient ainsi, par l'extension de la révolution, une plus grande masse de bois, et celle-ci offre pour le cbauffage un plus grand avantage de qualité, et pour la construction celui d'une durée beaucoup plus considérable.
Cette dernière circonstance est encore dune importance majeure, parce que les frais de construction sont toujours les mêmes, qu'une maison dure 30 ou 00 ans; mais, dans le premier cas, les dépenses reviennent trois fois, tandis que, dans le second cas, il suffit de les faire une fois.
Or, par là, la différence entre l'intérêt du particulier et celui du bien public de lÉtat devient assez saillante. Les forêts sont d'une nature si spéciale , qu'elles ne sont d'une réelle utilité pour le bien public que lorsqu'on les traite autrement que ne le demande l'avantage privé des particuliers propriétaires : elles ne peuvent donc assurer une grande prospérité nationale que lorsqu'elles sont entre les mains du gouvernement, qui ne calcule pas seulement dans des vues bornées ce qui doit revenir immédiatement à la caisse forestière, mais qui considère et juge, d'après des considérations plus élevées, ce qui convient le mieux au bien public'*'.
* Lii luiulc importance lîe cet ol>jct serviia ii nous ci. uar d'y avoir consacre uii si grand espace .
Application.
Par les développements qui précédent se trouve en même temps tranchée la question de savoir si c'est bien faire que de remettre les forêts de lÉtat aux mains des particuliers. Si jusqu'ici il y a encore beaucoup de forêts particulières bien tenues, il faut prmcipalement l'attribuer à la circonstance que, jusqu'à ce jour, peu de propriétaires seulement sont arrivés à connaitre la chose; mais cette ignorance ne pourra pas durer, et alors nous ferons en Allemagne des expériences semblables à celles que nos voisins, les Français, ont déjà faites par la vente d'une partie des forêts de l'État.
M. Baudrillart , chef de division de la direction générale des forêts de France, s'exprime, à cet égard, comme il suif*" :
a D'où vient que les Allemands, ces gens si sensés
* Gazelle des forêts et des chasses , 1S2Ô, n° zi. M. Baudrillart n'a point publié de Gazette des forêts et des chasses.
D'après les reclierclies que nous avons dû faire et les renseignements que nous avons pris , il semblerait que la citation aurait été empruntée, soit au\ ouvrages connus de M. Baudrillart , soit à quelque publication paraissant en Allemagne sous le litre en question. Cette dernière opinion semble rationnelle , puisque , comme on le sait ,M. Baudrillart élait membre correspondant de l'Académie forestière de Saxe- Gotlia. Un journal qui se publiait à Francfort , à Tépoquc dont parle M. Cotta , sons le titre de Gazette des forcis et des chasses, pourrait bien être celui où M. Baudrillart aurait fait paraître un article sur la matière dont s'agit. La direction de ce journal ou de cette gazette appartenait à M. Etienne BeLlcn , maître des foiéts du rci de Bavière. >"ou5 avons eu elle j;.3Z"ltc sou:- les yeux, jusqu'aux numéros nicn-
et si bons connaisseurs dans l'économie forestière, pensent encore aujourd'hui à poser en question ce que l'expérience a déjà décidé ? Il n'est pas un homme raisonnable, en Fiance, qui n'admelte qu'il n'appartient qu'au gouvernement de posséder des futaies ou même des taillis d'une révolution majeure. Les débats soulevés sur cette question dans nos assemblées législatives ont anéanti les raisons qu'on a voulu faire valoir pour la vente des forêts , et actuellement cette discussion est terminée. »
Sur l'autorile du gouvcrneraent relativement au traitement ùes forêts lies particuliers.
Si, d'après ce que nous venons de dire, c'est une chose décidée que , dans le traitement des forêts , l'intérêt privé est en contradiction avec l'intérêt public , il s'établit de là la question : Le propiiétaire de la forêt peut-il être forcé de sacrifier son intérêt au bien général , et le gouvernement peut-il , à cet égard , lui prescrire des lois?
Dans l'état naturel, il faut qu'un individu pour-
suels de i8i8. Ceux de iSih n'ava'ent jamais été dans les mains de M Colieu, bibliothécaire à Sainte-Geneviève, quia bien voulu mecoiiimuni^uer les autres. J'ajouterai qu'en 1826 il ne p;irais!.ait en France aucun écrit périodique sous le litre dont nous parlons. Seulement, en liZh, le Journal des chasses , puis des chasseurs, a commencé à être public. J'ai inséré cette note pluLùt par régularité ([ue comme ini])ortante pour le lecteur. J'aurai, du reste, je respèrc , l'occasion de ni'en éclairer auprès de .M. Henri Cotta lui-même.
(iV')/t dti Lradiicteur.]
voie à sa personne et à la satisfaction de ses besoins; mais , dans la comumnaulé , le pouvoir régnant prend soin du bien général, et ensuite le particulier est obligé de renoncer à beaucoup de droits et de libertés dont il jouit dans l'état primitif. On a , par conséquent , admis en principe , à cet égard : « Le bien privé doit passer après le bien de tous. »
En conséquence de ce principe, le gouvernement de l'État a certainement le droit de déterminer, si cela est nécessaire, le traitement des forêts des particuliers ; mais le gouvernement a, en même temps, l'obligation de protéger les droits de propriété de ceux-ci et de ne pas les blesser sans besoin. Il importerait donc , avant tout, de voir avec clarté le point où se fait sentir la nécessité qui détermine le gouvernement à porter atteinte aux droits de la propriété, où il s'agit d'appliquer les restrictions , et jusqu'où celles-ci doivent s'étendre pour atteindre le but et ne faire ni trop ni trop peu.
Mais alors surgissent les questions suivantes, trés-difticiles à résoudre :
1° Doit-on se borner à empêcher le fait de dévastation des forêts , ou 2° Doit-on aussi donner des préceptes d'économie fixe ?
3° Peut-on même en cela prescrire d'élever certaines espèces et des assortiments de bois , puisque, sans cette faculté de déterminer la culture , souvent le but ne saurait guère être obtenu ?
Il faut examiner, déplus,
4° Jusqu'où de pareils préceptes peuvent s'élcndre , si la disette des bois n'est que partielle dans le pays , et que, par exemple , il y a manque de bois dans une contrée et en même temps abondance de bois et de terrain forestier dans une autre.
Il importe alors d examiner spécialement si, en pareil cas, des précepk^s généraux sui' le traitement des forêts des particuliers peuvent avoir lieu dans un même pays , et si , en conséquence , on peiU forcer les propriétaires des forêts , dans la contrée riche en essences , à ménager leur provision de cellesci , pour que la disette de bois, qui se manifeste dans la contrée plus éloignée, soit couverte. Dans une partie du pays il peut être bien fait d'extirper des surfaces entières de forêts, pendant que , dans une autre, il pourrait être extrêmement préjudiciable au bien public d'en agir ainsi.
Là où ces cas seraient absolument arrêtés, il serait facile de donner des préceptes à cet égard ; mais combien de degrés intermédiaires n'y a-t-il paseritre ces extrêmes et où trouvera-t-on les limites î Finalement se présente encore la question : 50 Qui doit supporter les frais d'enquête sur les dévastations, et comment les peines, pour les différents échelons , variables à l'infini , de la dévastation , peuvent-elles être fixées d'une manière quelque peu convenable?
Eiamen (Irs résultats auxquels aboutis^ct toutf! cps considératioos.
Les questions que l'on vient de soulever indiquent déjà , sans qu'il soit besoin de les examiner plus particulièrement, que l'application du principe de soumettre toutes les forêts privées à une surveillauce telle que l'exige l'intérêt général de l'État conduit à un labyrinthe inextricable.
Aussi faut-il que chacun accorde qu'il n'est pas seulement équitable , mais encore légitime , d'accorder au propriétaire des forêts un dédommagement aux dépens de l'État, lorsque celui-ci veut disposer des propriétés privées et a la prétention de forcer les particuliers à traiter leurs bois comme l'exige le bien général du gouvernement , en sacrifiant leur avantage personnel.
Mais ici s'élèvent des difficultés très-délicates. En effet, qui doit et qui peut déterminer la grandeur du dommage qui résulte, pour un propriétaire de forêts de la limitation des droits de propriété? Souvent l'étendue de ce dommage ne peut être évaluée.
Tout cela considéré, la limitation du traitement des bois des particuliers paraît , en général , une mesure beaucoup trop rigoureuse, souvent injuste dans un cas spécial et excessivement épineuse et périlleuse dans l'exécution , car elle n'enfante que trop facilement l'arbitraire et la chicane.
Conséquence .
Mais, si de ces motifs pércmptoircs la limitation de la liberté dans le traitement des forêts partieulières apparaît, d'une part, contraire au droit, et (pie, de l'autre aussi , une pareille liberté semble dangereuse, là où l'État ne possède pas lui-même des io rets en nombre suffisant, il suit :
Que, dans le dernier cas, l'Ëtat doit tendre à acquérir autant de forêts qu'il lui en faut pour le garantir de la disette absolue de bois qu'il a à craindre.
Comme partout et dans tous les temps il y a des propriétaires fonciers désireux de vendre ou de faire desécbanges, on ne peut pas manquer d'occasion de faire des acquisitions successives, et ces acquisitions demanderont certainement un capital moindre qu'il n'en faudrait p')ur subvenir aux frais de l'indemnité, que l'équité obli(jeiait d'accorder aux propriétaires des forêts, dans le cas où on voudrait leur prescrire un mode déterminé dans l'exploitation de leurs bois.
Que l'État tache donc de se mettre en possession de forêts suffisantes pour écarter une disette de hois dangereuse y et ipc alors il supprime toutes restrictions relativement aux forêts des particuliers.
KOVa CITO\S, EKTHE AVTRLS, COMME TRKS-BKCOUMANDABLES SUB f/ORCAMSATIO.\ FORESTIÈRE , LES OLVRACES SLIVWTS :
IIartig. — Piincipes de la direction forestière. Hadamar, i8i4. g fr. 60 c.
Lacrop. — La science de rc'conomie forestière dans ses rapports avec IV'tat. Giesse, 1818. 9 fr.
Maver. — Science de la direction forestière. Wurtzbourg, 1819. 3 tom. îS fr.
Pfeil. — Principes de la science forestière. Berlin, 1822 a i8i4. a V. 94 fr. 5o c.
Baron de \Vedeki.\d. — Instruction sur Tadmiaistralion forestière, etc. Darmstadt , i83i. i4fr.
Feistsiaxtei.. — Science forestière. Vienne, 1827. 2 parties. Examen de la question de savoir à qui doivent appartenir les forêts, comme problème d'Ktat.