‹ Principes généraux d'une théodicée pratiqueChapitre 2 sur 25 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Nous avions pensé qu'il suffisait d'avoir posé les principes de la méthode pratique que nous inaugurons, pour qu'ils fussent compris de tous. Il n'en a rien été s soit que nous eussions cédé d'une manière trop absolue au besoin de concentrer nos idées pour ne pas multiplier les volumes, soit que la nouveauté de cette méthode n'ait pas permis de la saisir. Nous l'appelons nouvelle, bien qu'elle se rétrouve dans l'école de Socràte et surtout dans l'enseignemeint de Jésus-Christ; mais elle estuiie nouyeauté pour les temps modernes, où Ton a depuis si longtemps substitué la méthode abstraite à cette méthode vivante.

Nous aurions dû peut-être ne pas perdre de vue ce que nous avons dit touchant le peu de fruit que nous avons retiré de la lecture des philosophes. Nous aurions dû légitimer plus complètement ce jugement, que beaucoup auront trouvé trop sévère. Il nous fallait montrer ces

^ Nous voulons parler ici du premier jet de ce travail , que nous avons communiqué à quelques personnes dont nous demandions les conseils.

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luttes gigantesques de Tesprit humain^ aboutissant à la confusion des pensées, comme l'œuvre des habitants de Sennaar, à la confusion des langues, parce qu'on a voulu substituer partout la théorie à la pratique, l'abstraction à la réalité.

Plein du désir d'être utile à nos frères, nous avons donc cru devoir présenter cette méthode vivante dans son ensemble, son mouvement et sa vie, et en développer le principe fondamental dans les trois premiers chapitres, sur le sentiment de la perfection, la pratique et le sacrifice. C'est ainsi que ce livre, simple introduction d'abord, a atteint les proportions d'un volume.

Seulement, par suite des développements qu'il a pris, nous lui donnerons le titre de Principes généraux d'une Théodicée pratique, dénomination qui nous a paru plus appropriée à la nature et au but de ce travail.

Au reste, l'ouvrage gardera la forme synthétique qu'il avait d'abord. Empruntée à l'ensedgnen^nt, cette forme fait pénétrer la vérité plus profondément dans les esprits, eu. les larçaot à la soumettre à ua travail intérieur et fécond. Pourquoi, nousdira-t-on, ces difficultés yoicHilai* rement laissées à rintdligeoce du lecteur ? Mais c'est la loi de Dieu que l'homme aoquière le paio de l'âime à la sueur de son front, comme celui du corps. Est-ce àxious de violer cette loi? D'ailleurs, il faut distinguer entre la difficulté naturelle d'un sujet et l'obscurité de l'auteur. Des études approfondies peuvent seules écarter les voiles

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de Tune, nous avons tout fait pour éditer l'autre. Si le penseur doit trouver dans ce» page& matière à réflexion^ nous croyons qu'elles offrent aussi assez d'aliments au cœur, pour rép<mdre aux asp-irations du grand nombre.

Nous ne sommes point novateurs. Eh ! comment le serions-nous? la vérité n'est pas d'aujourd'hui; elle était hier, elle sera demain, elle estéternelle. Quiconque croit à ta nouveauté d*une vérité méconnaît par là même sa nature fondamentale, qui est d'être contemporaine de tous les âges, contemporaine de Dieu. Nouvelle, elle peut l'être dans les aspects sous lesquels elle s'offre au monde ; maïs dans son essence elle ne Test point.

Nous n'apportons et ne voulons apporter aucun système, aucune opinion qui nous soit personnelle. La vérité ne vient ni de l'individu, ni même de Thumanité tout entière ; elle vient de plus haut que l'homme, de plus haut que le monde, elle émane de Dieu, elle est Dieu lui-même, vox Dei veritas. Sans doute, chaque homme peut essayer de lui donner la forme la plus vivante, la plus appropriée aux besoins de son siècle, et aux tendances générales des esprits; il peut la revêtir de cette enveloppe transparente, à travers laquelle l'humanité la voit se mouvoir et marcher. Mais qu*il se garde bien de confondre cette forme qui passe avec l'esprit

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qui demeure, et que surtout, puisant la vérité à sa source, dans la révélation du Verbe divin perpétuée par l'Église, il soumette humblement son œuvre à l'œuvre commune, qui l'explique et la juge; car cette œuvre de TÉglise est elle-même la voix de Dieu dans Thumanité. C'est là ce que nous faisons, ce que nous ne cesserons jamais de faire.

Toutes nos œuvres, discours, écrits ou actes, se résument en une seule pensée, règle invariable de notre vie. Cette pensée, la voici : « Tout notre amour, toute notre foi, tout notre être au Christ, notre Dieu, notre révélateur, notre juge, et en lui et par lui, à l'Église, dépositaire infaillible de sa loi, à sa divine hiérarchie, qui descend de la chaire de saint Pierre pour atteindre jusqu'au prêtre, jusqu'au simple fidèle, pour remonter de là au Chef de la grande famille chrétienne, tête du corps spirituel, expression vivante de Jésus-Christ. Tout dans l'unité, tout par l'unité, tout pour l'unité, unum sint. »

La foi, nul n'en est plus convaincu que nous, n'a besoin ni de nos démonstrations ni de nos travaux. Elle puise sa force et sa vie en elle-même ; elle repose sur le roc de la Parole divine oh s'édifie l'Église. Dix-huit siècles de tempêtes ont battu ses flancs; les flots et les vents ont passé, et ce roc indestructible reste debout pour l'éternité.

Étoiles qui brillent au firmament des âmes, les dogmes n'ont besoin que de leur propre lumière pour illuminer

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