‹ Principes généraux d'une théodicée pratiqueChapitre 3 sur 25 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

et frapper les esprits attentifs. Mais est-il permis de tenir dans l'ombre quelqu'un des aspects de la Térité, et de taire certaines difficultés qui suspendent l'adhésion de tant d'âmes? Est41 utile, est-il opportun, pour défendre notre foi, d'employer au dix-neuvième siècle les méthodes du douzième, et d'opposer aux aspirations, aux idées, aux tendances de la génération présente^ des arguments faits pour des générations qui ont passé? Les esprits marchent; retiendrons-nous dans l'immobilité la vérité toujours vivante ? Non, ce n'est pas à l'homme d'arrêter le soufiQe de Dieu.

Aussi, croyons-nous que c'est faire une œuvre de bien que de venir aider nos frères à rendre leur conviction hbre, intelligente et pratique, telle que saint Paul et le christianisme l'exigent de nous, rationabile obsequium. Nous tentons cette œuvre, dans la faible mesure de nos forces. Nous venons dire à nos frères dans la foi et hors la foi : voici ce qui nous est apparu dans le monde de l'esprit. Nous y avons puisé nous-même une sève d'activité pratique, et, à ce signe, nous avons reconnu que la vie était là. Alors, jugeant l'arbre à ses fruits, nous vous l'offrons comme un don de Dieu. Quant à ce livre, la forme qui le recouvre est passagère et fragile; mais nous croyons que l'esprit qui l'anime est le Verbe divin lui-même. Rejetez ce qui est de nous, recueillez ce qui est de Dieu.

Notre œuvre tout entière repose sur un seul principe,

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qui est la loi ttitirmielk da toni 1^9 dtPQS, Ce principe est eelui que toutas les philoaophies prgclfi^ment 90139 le pom à'unité dmiê la variâtes et qua rÉoritUF^ ^iote formule d'une manière bien plu3 précise euçore, eu l'appelwt Vmku9 muttipkniif V}m multiple* h^ vie étaut ess^utiellemeut indivigible n@ ie révèlç pas à uou$ comme une figure matâriellet dont Tuu de» cOtég serait uu et l'autre multiple, mai3 bien eomme une réalité ludivisf dont Tunité est toiyourg €omple)^e et la multiplicité toujours une, repos dans le mouvement et mouvement dans le repos. De là, la nécessité de résumer et de préciser ce priocipe en un seul mot, qui en présente simultanément la double face. Ce mot, nous ne l'avons pas créé, il existe, il çst déjà passé dans la langue philosophique, c'est le mot AinmaMiE.

Nous en développerons longuement dans ce travail la signification. Qu'on nous passe donc ici la définition suivante, dont il sera facile dans la suite de saisir la précision rationnelle et la clarté, en même temps que la profondeur philosophique. Nous appelons antinomie la loi une et double sans cesser d'être une, par laquelle un être est autre en restant toujours le même, offrant ainsi simultanément un aspect qui le met en communion avec tous les autres êtres et un aspect qui l'en différencie par son innéité, par son caractère propre. Nous appelons antinomie ou contre-loi, l'unité-pluralité qui met à la fois la distinction dans l'identité et Tidentité dans la dis-

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tiactioR. h peri6»aaHté dansPétra ât Tètre dans la par* ^nnaUté» qui, m on mot, eat lé oànlrasta dans lasimi'titudp et la JH^alUtuda dans leeoairaate. Expliquons-nous par quQlqueii ei[«mplas.

Si nous nous élevons jusqu'à Dieu, nous trouvons dans «et être adorable l'antinomie absolue que la tradition universelle et la révélation ont nommée Trinité. N'est-il pas l'infinie et indivisible unité? Oui. N'est-il pas aussi Père, Fils et Esprit-Saint ou trine personnalité? Oui. L'un de ces deux aspects contredit-il l'autre? Non. Ils sont distincts, mais ils ne sont pas contradictoires ; et si l'unité d'essence irradie en personnalités distinctes, chacune des personnalités se eoQfoiid dans Tunité dû nature ou d'essence. C'est la distiaQtiondansridentité atridçntité dans la distinction. Voilà Taptinomie en Dieu.

Dieu est encore l'antinomie, Vunicus multiplex, dans son rapport avec la création, dont l'indéfinie variété trouve en lui seul son unité, comme nous le montrerons en traitant directement de Dieu. En lui seul la distinction est sans limite, sans nombre, et si, en épelant le dogme UK)is fois saint de la Trinité, nous lui donnons la forme multiple, ce n'est là qu'une nécessité de notre langage borné, et non une expression réelle de la nature de Dieu, néeessairement une, parce qu'elle est infinie.

Si nous considérons Dieu, non plus comme principe, mais comme raison d'être de lui-même et de toutes choses^ ce que la tradition et la révélation appellent le

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