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II. Des essais par la voie sèche

§. 3. L'essai par la voie sèche a pour but de faire conuoître la nature et la proportion des métaux contenus dans une substance minérale. Cependant, pour faire un bon essai, il faut absolument savoir quel est le métal que l'on veut retirer, et même, entre certaines limites, en quelle quantité se trouvent les substances étrangères : le plus ordinairement il ne s^agit que d'un seul métal à obtenir, si ce n'est dans le cas de certains minérais argentifères. L'examen minéralogique des substances à traiter suffit le plus souvent pour fournir des données à cet égard; mais on est toujours maître de varier les essais sous divers rapports , avant de s'arrêter à un résultat quelconque , et dans tous les cas on ne peut

compter que sur ceux qui ont été vérifiés par une double opération.

Ce genre d'essai, qui ne demande qu'un peu d'habitude et des appareils assez simples, est de nature à pouvoir être pratiqué couramment dans les usines'. Nous ne nous arrêterons pas ici. à décrire les fourneaux et les ustensiles dont on se sert, parce qu'ils sont connus de tous ceux qui ont assez de pratique pour en faire usage.

Les essais par la voie sèche, qui se font dans des creusets par le moyen du feu, et souvent avec l'addition d'un fondant ou d'un agent quelconque de séparation, ont un avantag 'particulier relativement aux opérations des fonderies ; c'est qu'il y a bien des analogies entre ce qui se passe en grand et ce que l'on exécute en petit : cela va jusqu'à pouvoir déduire, de la manière dont l'essai a réussi avec tel ou tel fondant, à tel ou tel degré de chaleur, des indications souvent précieuses pour diriger le traitement du minérai en grand : c'est ce qu'on aura soin de faire remarquer plus particulièrement , lorsqu'il s'agira de l'essai des minerais de fer.

Nous exposerons successivement les moyens les plus exacts et les plus simples pour faire , par la voie sèche , les essais rela* tifs à clfaque métal, en y ajoutant ce qu'il pourroit y avoir de plus simple et de plus facile à exécuter par la voie humide. Dans les fonderies qui achètent du minérai, ainsi que cela se

voit en Allemagne , on est obligé de donner beaucoup d'attention aux essais, parce qu'ils servent à régler la valeur et le

i Les procédés que nous indiquerons sont, en général , ceux ployés en Allemagne. M. Berthier, ingénreur en chef des tunes et professeur de docimasie à l'école royale de Paris, se propose de publier les perfectionnemens qu'il a ajoutés aux méthodes anciennes , et qui en rendent la pratique plus sûre, en même temps que la théorie en tera mieux comprise par le résultat de ses recherche* : ce sera un yéritaWe service rendu à l'art des mines.

de l'essai des minorais. *7

prix que l'on doit donner des imnérais livras. Ces essais ne

sont pas à beaucoup près sans ^.iflicultés , surtout lorsqu'il s'agit de minérais qui renferment plusieurs métaux utiles, et que l'on veut doser; tels sont ceux où se trouvent, en quantité notable, plomb, cuivre et argent mêlés ensemble.

Dans les fonderies centrales du Hartz, ainsi que dans celles de la Saxe , les schlichs qui sont livrés sont soumis à des essais docimastiques qui sont faits trois fois contradictoirement , et par trois personnes différentes, dont l'une opère dans l'intérêt des actionnaires des mines, l'autre dans l'intérêt de l'usine, et la troisième comme arbitre, en cas de dissidence. Si les deux premiers résultats d'essai diffèrent entre eux de ; loth

d'once) d'argent par quintal de schlich,les opérations sont recommencées ; ce qui arrive rarement. Lorsque des trois essais l'un ne diffère des deux autres que de \ de loth d'argent par quintal, mais en plus relativement à l'un d'eux, et en moins relativement à l'autre, ce résultat moyen est adopté. Quant à la teneur du schlich en plomb , les résultats d'essais contradictoires peuvent présenter quelques différences, dont on prend alors la moyenne : ces différences tolérées sont de 3 livres pour le schlich qui contient environ de 12 à 5o

pour 100 de plomb, et vont en croissant jusqu'à 6 livres pour

ceux qui contiennent au-dessous de 55 pour 100 de ce même

métal. 1

Les essais forment , dans ces grandes fonderies, iln objet important sous le rapport du temps qu'ils exigent et même de la dépense qu'ils occasionnent: c'est ainsi que, dans la seule usine de Franckenscharn , au Hartz, il faut que trois cents essais soient faits triples, tous les lundis, sans parler de divers essais de produits de l'usine qui ont lieu tous les jeudis. On employoit jadis pour cet objet des Jlux plus ou moins composés , et chaque essai coûtoit environ 1 fr. 5o cent. Au-

1 De la riches«c minerai», tom. III, pag. 157.

j8 chapitre i.

jourd'hui tous ces essais se font plus simplement , par des moyens beaucoup moins Goûteux, puisqu'ils ne coûtent chacun que 12 cent, f, terme moyen' i nous en examinerons plus tard le procédé.

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