PRÉFACE XVII
Ils montent une garde farouche autour du domaine intellectuel et moral (i), et disent : ceci
celui de vivre » (p. 447). Et sa « panacée » à cet homme qui nous reproche de trop penser à l'estomac, est « la gratuité du pain » I
Ils sont quelques-uns tellement aveuglés par le désir de nous combattre, qu'ils ne s'aperçoivent même pas d'aussi stupéfiantes contradictions.
(1) Je m'explique, dès la première partie de ma conférence « Socialisme, révolution, internationalisme», publiée plus loin, sur le mépris qui nous est gratuitement prêté, de rihlelligence et de son action. En ce qui concerne notre soi-disant incapacité ou répugnance à concevoir une morale, je me bornerai à donner ici quelques extraits d'une remarquable étude de notre ami E. Belfort Bax, dont la traduction française a paru dans la Revue Socialiste, îuin 1891 :
« Pour arriver à une vue exacte du sujet, il faut nous débarrasser de cette notion préconçue que la société n'est en dernier ressort, qu'une agrégation d'individus; qu'entre la communauté et cet individu l'antagonisme — ouvert ou latent — est fatal ; que la catégorie individu, enfin, a un sens distinct et séparé de la catégorie communauté ou société. Reconnaître la fausseté de cette conception, c'est admettre en principe la dépendance de la morale, c'est poser en fait que le devoir dérive des conditions matérielles, économiques et sociales, car, dès que la société existe, le sentiment éthique doit exister aussi implicitement, sinon explicitement, le sentiment moral étant, dans la sphère des idées, le corrélatif du fait de l'existence sociale dans la sphère matérielle...
«A l'origine c'est dans^la tribu qu'est renfermé le devoir, et l'individu implicitement conscient de $on insuffisance s'absorbe dans la société parentale, n'a ni souci, ni existence en dehors d'elle. Au point de vue socialiste, c'est la olus haute moralft ani ait