XVIII PRÉFACE
est à nous. La bonté, le libéralisme, la largeur d'esprit, la franchise d'allures, le désir sincère d'union et toutes les qualités qui constituent leur monopole, aidant, ils veulent bien,
eu cours dans le monde ; mais, avec la dissolution de la société patriarcale primitive sur sa base familiale, avec le développement de la société politique sur la base de la propriété, l'ancien but moral perdit peu à peu sa raison d'être. Devenu explicitement conscient de sa propre insuffisance, Thorome chercha à résoudre la contradiction et à satisfaire son sentiment intime, soit en tournant son attention sur lui-même, avec le but avoué de prendre son intérêt propre pour fin, (cyniques, cyrénaïques, premiers stoïciens et épicuriens), soit en cherchant un idéal extra-individuel, mais aussi extra-humain (derniers stoïciens, néo-pJatoniciens, gnostiques et chrétiens) ; ainsi dans les deux cas l'homme ne voyait plus son but dans la société, mais en luimême, considéré au point de vue naturel ou au point de vue spirituel...
« L'éthique du monde patriarcal primitif, était naïvement objective. Celle de la société individualiste est tout aussi naïvement subjective. Mais, à mesure de son déclin, cette subjectivité décroît et ridée d'une autre perfection commence à poindre. Le spiri tualiste s'en aperçoi L bien lui-même, puisque — signe caractéristique —il se met sur la défensive en cherchant un sens social à la morale pourtant si personnelle de sa religion. Il sent instinctivement que l'antique sentiment éthique a fait son temps et. glisse peu à peu dans le sens opposé ; quoique la forme ancienne semble inaltérée, il voit vaguement que le but moral n'est plus dahs la renonciation ou) l'apothéose personnelle, ni dans l'abstraction, maisi dansTidentiflcation de l'intérêt particulier avec Tin-l térêt social..*