‹ Principes sur l'art des accouchementsChapitre 14 sur 41 · SECONDE PARTIE · texte numérisé non relu

SECONDE PARTIE

CHAP. I. De l'accouchement contre nature et laborieux ; des causes qui peuvent le rendre tel, etc. 3i3

TABLE DES TITRES. ixvij

ART. I. Des causes qui peuvent rendre Taccouchement contre nature ou laborieux ; des signes qui font connoître qu'il doit être tel, et de ce qu'il faut faire dans chacun des cas de cette espèce, pag. 3 1 4

Sect. I. De la mauvaise situation de l'enfant, de ses conformations monstrueuses , etc. 3i5

Sect. II. Des accidens qui peuvent se manifester dans le cours de l'accouchement , et exiger qu'on le termine. 32o

Sect. III. Des vices de conformation ; des accidens et des maladies des parties de la femme , qui peuvent rendre l'accouchement difficile. 3^5

Sect. IV. De l'obliquité de la matrice. 3^8

Sect. V. De la rupture de la matrice , considérée comme cause d'accouchement difficile. 336

Sect. VI. Des grossesses extra-utérines. 341

ART. II. Des préceptes généraux relatifs à la manière d'opérer l'accouchement contre nature, ou difficile. 344

Sect. I. Des préceptes relatifs à la manière d'opérer, ibicl.

Sect. II. Des devoirs que la religion prescrit. 352

CHAP. IL Des accouchemens où l'enfant présente les pieds, les genoux, ou les fesses ; et de la manière de les opérer. 354

ART. I. Des accouchemens dans lesquels l'enfant présente les pieds. ibid.

Sect. I. De la conduite qu'on doit tenir lorsque les pieds se présentent. ibid.

Sect. II. De la manière d'extraire l'enfant, dans la position des pieds où les talons regardent le côté gauche du bassin. 359

Sect. III. De la manière d'opérer l'accouchement dans la deuxième , troisième et quatrième position des pieds. 364

Sect. IV. De l'arrachement du tronc de l'enfant, ou de sa séparation d'avec la tête. 369

Ixviij TABLE DES TITRES.

ART. II. Des accouchemens dans lesquels l'enfant présente les genoux. pag. 875

ART. III. De la manière d'opérer l'accouchement quand l'enfant présente les fesses, 878

Sect. I. De l'accGucliement où l'enfant présente les fesses à l'orifice de la matrice. ibid.

Sect. If. De la manière de dégager les pieds de l'enfant lorsqu'il présente les fesses. 38 1

CHAP. III. Des accouchemens où l'enfant présente le sommet de la tète , la fac«, la poitrine, et le bas-ventre. 384

ART. I. Des accouchemens où le sommet de la tête se présente. ibid.

Sect. I. Des causes qui peuvent rendre les secours de l'art nécessaires dans l'accouchement où l'enfant présente le sommet de la tête. 384

Sect. II. De la manière de retourner l'enfant , dans les diverses positions du sommet de la tête. 399

ART. II. Des accouchemens dans lesquels l'enfant présente la face. - 404

Sect. I. Des signes qui caractérisent la face, et des indications que présente cette espèce d'accouchement, ibid.

Sect. II. De la manière d'opérer dans chacune des positions de la face. 407

ART. III. Des accouchemens où l'enfant présente le devant du cou et la poitrine à l'orifice de la matrice. [\ii

Sect. I. Des signes et des différences de ces sortes d'accouchemens. ibid.

Sect. II. De la manière d'opérer les accouchemens où l'enfant présente le devant du cou et la poitrine. 4**^

ART. IV. Des accouchemens où l'enfant présente le ventre à l'orifice de la matrice. 417

Sect. I. De l'attitude de l'enfant , lorsqu'il présente

TABLE DES TITllKS. IXIX

ie ventre , el des signes de cette espèce générale d'accouchement. " pag. /117

Sect. II. De la manière d'opérer l'accoucliement lorsque l'enfant présente le ventre. l\ 19

CHAP. IV. Des accoucliemens dans lesquels l'enfant présente la région occipitale, le derrière du cou , le dos , et les lombes à l'orifice de la matrice. 4^-3

ART. I. Des accoucliemens où l'enfant présente la région occipitale et le derrière du cou. ibid.

Sect. I. Des signes qui font reconnoître ces parties, et du jugement qu'on doit porter de ces diverses espèces d'accouchemens. ibid.

Sect. II. De la manière d'opérer l'accouchement quand l'enfant présente le derrière de la tête et du cou, 4^5

ART. II. Des accoucliemens dans lesquels l'enfant présente le dos à l'orifice de la matrice. 4^0

Sect. I. Des signes qui font connoître que c'est le dos qui se présente , et du jugement qu'on doit porter de ces sortes d'accoucheralns. l'bid.

Sect. II. De la manière d'opérer raccouchement où l'enfant ])résente le dos. 4^2

ART. III. Des accouchemens où l'enfant présente les lombes à l'orifice de la matrice. 4^6

CHAP. V. Des accouchemens dans lesquels l'enfant présente les diverses régions de l'un et de l'autre côté du corps. 489

ART. I. Des accouchemens dans lesquels l'enfant présente un des côtés de la tète à l'orifice de la matrice. zbid.

Sect. I. Des signes qui caractérisent ces sortes d'accouchemens, etc. ibid.

Sect. II. De la manière de procéder à l'accouchement dans tous les cas où l'enfant présente l'un des côtés de la tête. 443

ART. II. Des accouchemens dans lesquels l'enfant

kx TABLE DES TITRES.

présente l'une ou l'autre épaule à l'orifice de la matrice. pag. 4^9

Sect. I. Des signes qui font connoître que l'enfant présente une des épaules. ibid.

Sect. II. De la manière de procéder à l'accouchement dans les cas où l'une des épaules se présente. 4^1 Sect. III. De la sortie du bras et de la main de l'enfant , quand l'une des épaules se présente , et de ce que doit faire l'accoucheur dans ces sortes de cas. 4^7 ART. III. Des accouchemens dans lesquels l'enfant présente un des côtés proprement dits , et la hanche. 4^6 Sect.I. Des signes qui font reconnoître ces parties, et du jugement qu'on doit porter de l'accouchement, ibid. Sect. II, De la manière d'opérer l'accouchement dans les divers cas où l'enfant présente le côté de la hanche. 469 CHAP. VI. De la grossesse et de l'accouchement de plusieurs enfans ; de 1 avortement ou fausse couche; du faux travail, et des fausses grossesses. 473 ART. I. De la grossesse et de l'accouchement de plusieurs enfans. 477 Sect. I. Des signes de la grossesse composée de plusieurs enfans. ibid. Sect, II. De la manière dont s'opère Taccouche ment de plusieurs enfans, et de ce que doit faire ^ l'accoucheur. 479 ART. II. De l'avortement. 487 Sect. I. Des causes et des signes de l'avortement. 488 Sect. II. Des moyens de prévenir l'avortement, et des secours qu'on doit donner à la femme dans le temps où il se fait. 491 ART. III. Du faux travail. 494

TABLE DtS TITRES. Ixxj

ART. IV. Des fausses grossesses, de leurs signes, et de leurs suites. pag. 497

Sect. I. Des signes de ces différentes espèces de fausses grossesses. 5oi

Sect. IL De l'expulsion de la môle, et dts autres substances qui constituent la fausse grossesse. 5o3

CHAP. VII. Préceptes sur le régime et les remèdes généraux qui conviennent aux femmes enceintes ; sur les maladies et les accidensqui peuvent survenir pendant la grossesse et après l'accouchement ; sur les accidens et les maladies des enfans nouveau-nés. 5o6

ART L ibid,

Sect. I. Du régime , et des remèdes généraux qui conviennent aux femmes en couches. ihid.

Sect. II. Des maladies et des accidens qui peuvent avoir lieu pendant la grossesse. 5i 1

Sect. III. Des accidens et des maladies des femmes en couches, 5 1 r>

ART. II. Des arcidens qui peuvent avoir lieu chez l'enfant , et des soins qu'ils exigent. 525

Sfct. I. Des accidens qui peuvent provenir de l'accouchement. 526

Sect. II. De quelques défauts de conformation auxquels il convient de remédier promptement. 528

riN DE LA table.

EXTBAJT des Registres de V Académie rojale de Chirurgie. Du jeudi 3i i7iai 1787.

Messieurs Vermont et Bt, que l'Académie avoii nommés pour examiner un ouvrage de M. Bau- DELOCQUE , intitulé Principes sur l'Art des Accouchemens , en faveur des Sages-femmes de la campagne ^ publiés par ordre du Gouvernement ; ayant dit , dans leur rapport , que cet ouvrage répond aux vues de sagesse et d'iiumanité qui en ont fait désirer l'exécution ; qu'il contient des instructions lumineuses très utiles, non seulementpourles Sagesfemmes de la campagne , auxquelles il est destiné, mais encore aux jeunes Chirurgiens qui se proposent de se livrer à la pratique des accouchemens, etc.; l'Académie a permis à l'auteur de faire imprimer cet ouvrage sous le privilège de la Compagnie. En foi de quoi je lui ai délivré le présent extrait des registres, que je certifie véritable. A Paris, le 5 juin

Signé Louis', Secrétaire perpétuel de r Académie royale de Chirurgie.

DES ACGOUCHEMENS,

De V accouchement en général y de ses différences y et des connaissances qui sont nécessaires aux personnes qui se destinent à Vétat de sage-femme.

D. Ou' EST-CE que r accouchement ?

R. L'accouchement est la sortie de l'enfant et de son arrière -faix, du sein de la femme. C'est une fonction qui s'accomplit presque toujours par les seules forces de la nature , qui est aussi naturelle que d'autres fonctions auxquelles on donne peu d'attention , parce qu'elles s'exécutent chaque jour, et ne sont pas douloureuses comme elle, ni environnées des mêmes dangers ; parce qu'elles n'exigent pas un aussi grand appareil de forces, et que les résultats n'en sont pas aussi précieux.

D. A quel teiine de la grossesse V accouchement se fait-il le plus communément ?

R. La nature paroît avoir fixé la durée

'1 PRINCIPES SDR L ART

de la grossesse à neuf mois; et c'est à ce ternie presque toujours que raccouchement a lieu. Cependant il n'est pas rigoureusement le même pour toutes les femmes, ni à chaque grossesse : quelques unes peuvent aller de plusieurs jours au-delà de neuf mois, et d'autres accoucher une semaine et même deux auparavant, (i)

D. L'époque de V accouchement ne peutelle varier que de quelques j ours ?

R. Indépendamment des causes accidentelles qui peuvent troubler l'ordre de la nature et provoquer l'accouchement dans tous les temps de la grossesse, on observe que des femmes accouchent constamment au terme de sept mois, d'autres à celui de huit, ou beaucoup plus tôt; mais il n'est pas également prouvé que la grossesse puisse se prolonger autant au-delà de la révolution du neuvième mois.

D. Sous quel nom désigne-t-on raccouchement , relativement au terme de la grossesse oh il se fait?

R. On le désigne sous le nom àe fausse-

(i) L'opinion du commun des hommes est tellement en faveur de l'invariabilité du terme de l'accouchement, que les femmes les plus vertueuses ont tout sujet de s'en inquiéter; quelques unes ayant été le jouet de la calomnie , pour être accouchées plusieurs jours avant la révolution du neuvième mois de leur mariage, ou du retour de leurs maris auprès d'elles.

couche y ou à' a(^ortement , toutes les fois qu'il a lieu avant le septième mois révolu ; sous celui di accouchement prématuré , lorsqu'il se fait depuis ce terme jusqu'à celui de huit mois; et, après ce temps, on l'appelle généralement accouchement à terme.

D. Sur quoi est fondée V opinion de ceux qui pensent qitil vaut mieux naître au terme de sept mois qu'a celui de huit?

R. Cette opinion , qui paroît remonter jusqu'aux siècles les plus reculés, ne s'accorde ni avec la raison , ni avec l'observation : l'une indique que la certitude de conserver l'enfant est d'autant plus grande, que le terme de sa naissance est plus voisin de celui de la révolution du neuvième mois de la grossesse; et l'autre prouve qu'on élève bien plus de ceux qui naissent au huitième mois, que de ceux qui viennent au septième. Ces derniers sont toujours si délicats , qu'on ne peut les conserver qu'à force de soins. Si l'on en cite de très forts à ce terme , c'est parce que leurs mères avoient méconnu l'instant oii elles étoient devenues grosses, ou qu'elles avoient intérêt de le cacher.

D. Quelles sont les différentes dénominations de r accouchement, par rapport a la manière dont il s'opère ?

R. On nomme naturel , celui qui s'opère par les seules forces de la femme; contre nature^ celui ou l'on est obligé de retourner

4 PPvlNCIPES SUR l'art

l'enfant et de l'amener par les pieds, soit qu'il se présente en mauvaise position, soit que des accidens imprévus ne permettent pas d'abandonner sa naissance aux soins de la nature; et laborieux^ celui pour la terminaison duquel il est nécessaire de se servir d'instrumens.

D. En quoi consiste Varï des accouche-mens ?

R. Cet art , pris rigoureusement , n'est que celui d'aider la femme dans l'accouchement même , et d'écarter autant qu'il est possible tout ce qui pourroit alors influer sur la vie de la mère et sur celle de l'enfant. Considéré dans le sens le plus étendu , non seulement cet art a pour objet la conservation de la mère et de l'enfant dans le cours du travail même de l'accouchement , mais encore le traitement des maladies de l'un et de l'autre, soit pendant la grossesse, soit pendant le temps des couches.

D. Quelles sont les connoissances nécessaires pour exercer cet art ?

R. Ces connoissances doivent paroître très - étendues, puisque , indépendamment de celles qui sont essentiellement nécessaires à toutes les personnes qui se destinent à l'exercice de la médecine et de la chirurgie , il en est de particulières à l'art des accouchemens, qui fait partie de ces deux sciences ; mais cette vaste étendue de connoissances est au-dessus de l'intelligence

des sages-femmes, et on ne peut exiger que celles relatives à Fart même qu'elles veulent exercer.

D. Quelles sont donc les connoissances essentiellement nécessaires aux sagesfemmes ?

R. Les sages-Jemmes doivent connoître les parties de la femme qui ont quelques fonctions à remplir relativement à la génération, à la grossesse et à l'accouchement; les changemens que ces parties éprouvent dans tous ces cas ; leurs rapports avec l'enfant ; le mécanisme de l'accouchement le plus ordinaire ; les causes qui peuvent le rendre difficile, contre nature ou laborieux, et la meilleure manière de le terminer dans ces diverses circonstances; les accidens et les maladies qui exposent les jours de la mère ou ceux de l'enfant, et quelquefois de l'un et de l'autre ; celles qui exigent des secours pressans , et qui ne permettent pas , pour le moment, de prendre des conseils étrangers , d'appeler un accoucheur ou un médecin.

puisse leur en assigner une déterminée.

Elle est telle, néanmoins, qu'on peut y considérer deux faces , quatre bords, et quatre angles. Placés sur les cotés et le devant du bassin, ils en forment plus des deux tiers antérieurs. Pour les bien connoître, il faut examiner d'abord ce qui appartient à chacune des trois parties qui les composent dans Tenfance, et qui conservent les mêmes noms dans l'adulte, quoiqu'elles ne soient plus séparées, et qu'on distingue à peine l'endroit où elles se sont réunies et soudées.

D. Faites la description de Vos iliiim, R. L'os ilium est la plus grande, la plus Hiince et la plus élevée des trois pièces qui constituent l'os des iles : on pourroit l'ap^ peler Vos de la hanche. Il est placé au-dessus de l'ischium et du pubis : sa forme est telle , qu'on peut y remarquer deux faces , trois bords, et trois angles. Des deux faces, l'une fait partie de l'intérieur du bassin; elle est concave dans presque toute son étendue , et forme l^Jbsse iliaque. Au-dessous de cette fosse se remarque une espèce d'^angle ou de coude, qui s'étend obliquement de haut en bas ^et du bord postérieur de l'os au bord antérieur : ce coude, qui est assez tranchant en arrière et arrondi en devant , fait partie de la marge du bassin, ou du détroit supérieur. Au-dessous de ce coude, et vers la partie postérieure de la face iixterne de

riliuni, se voit une facette ou empreinte cartilagineuse, de forme semi-lunaire, par laauelle l'os innominé s'articule avec le sacrum.

La face externe de l'ilium est moins régulière encore que l'interne , et ne présente rien de bien important à eonnoître sous le rapport de l'accouchement.

Des trois bords de cet os, l'un est supérieur, le second antérieur, et le troisième postérieur. Le supérieur se nomme crête de Vos des iles , et forme le rebord de la hanche; il est le plus long, et il se contourne légèrement à la manière de XS italique. L'antérieur est beaucoup plus court, et ne présente de remarquable , vers son milieu , qu'une apophyse plus ou moins longue , qu'on appelle épine anléiieure et inférieure de l'os des iles. Le bord postérieur offre une semblable éminence, qu'on désigne sous le nom ^ épine postérieure et inférieure, La rencontre de ces deux bords avec le supérieur forme des angles , qu'on appelle épines supérieures de Vos des iles , et qu'on distingue également en antérieure et en postérieure.

L'angle inférieur de cet os est le plus épais et le plus irrégulier. On y remarque , i^. une fossette assez large , recouverte d'une lame de cartilage mince et polie : elle fait partie de la cavité cotyloïde que nous indiquerons ei-après ; 2°. deux autres facettes plus allon-

io i^nmciPÈs sur l'art

gëes, par lesquelles l'ilium se joint à l'isohium et au pubis.

D. Faites la description de Vischium.

R. L'ischium est situé au - dessous de l'ilium, et présente moins d'étendue que lui. Sa forme est irrégulière , et telle qu'on ne peut le bien décrire qu'en le divisant en trois parties , une moyenne et deux extrémités. Sa partie moyenne présente trois faces et trois angles : l'une des faces répond à l'intérieur du bassin , la seconde à l'extérieur, et la troisième s'appelle tubérosité ; c'est sur cette dernière qu'est appuyé le tronc quand on est assis bien perpendiculairement.

Les angles bordent ces trois faces; et deux d'entre eux la tubérosité, dont ils forment les lèvres interne et externe.

L'iscbium diminue singulièrement d'épaisseur, en se prolongeant dans sa partie antérieure , et se recourbant en quelque sorte sur lui-même en forme de croissant : ce prolongement se nomme la branche^ ou Vapophjse montante de l'iscbium ; elle se joint et se soude à une semblable qui descend de l'os du pubis, et forme avec elle un des cotés de cette large écliancrure qui se voit à la partie antérieure et inférieure du bassin ou de V arcade du pubis.

L'extrémité postérieure de l'iscbium est beaucoup plus épaisse que le reste de l'os : on y remarque une fossette revêtue de car-

DES ACCODCHEMENâ. î î

lilage , qui fait partie de la cavité cotyloïde , et deux autres facettes plus longues que larges, par lesquelles cet os s'unit à l'ilium et au pubis. On observe de plus , à cette grosse extrémité de l'ischium et en arrière, une apophyse longue de quatre à six lignes et assez aiguë , qu'on nomme épine ischiatique.

D. Faites la description de Vos pubis.

R. L'os pubis est la plus petite des trois pièces qui composent Fos innominé ; il occupe le devant du bassin , et décrit avec son semblable une portion de cercle très allongée : on l'appelle communément \os barré. Le milieu de ces os, qui en est comme le corps , est triangulaire : on y remarque une face supérieure, une interne et une externe, ainsi que trois angles , dont le plus saillant fait partie de ce qu'on appelle marge du bassin y ou \q détroit supérieur. Cet os est plus gros en arrière qu'en devant. Sa grosse extrémité présente deux facettes , par lesquelles il s'unit à l'ilium et à Tischium , et une troisième un peu concave et recouverte de cartilage , qui concourt à former la cavité cotyloïde. Son extrémité antérieure est aplatie de devant en arrière, ou de l'intérieur du bassin au dehors , et se termine par une empreinte articulaire , longue de douze à quinze lignes sur six lignes au plus de largeur, par laquelle il s'unit à l'os pubis de l'autre côté. La direction de cette empreinte

12 PlUNCIPES SUR L ART

articulaire est telle, qu'elle forme, avec hi face supérieure de l'os, un angle presque droit, qu'on :\ppe\\e angle , et quelquefois épine du pubis.

L'extrémité antérieure de l'os pubis, audessous de cette empreinte articulaire , se termine par une espèce d'apophyse longue de six à huit lignes, un peu aplatie et plus large vers son commencement qu'à son extrémité ; c'est X^x branche du pubis. Elle est comme torse dans sa long^ueur, de manière qu'un de ses bords devient presque antérieur, et elle s'unit <à la branche de l'ischium, avec laquelle elle forme un des côtés de Farcade du pubis.

D. Comment ces trois pièces osseuses , tilium , Vischium et le pubis , s'unissent et se soudent-elles ensemble ?

R. Ces pièces se soudent au mayen d'une substance cartilagineuse qui en fait d'abord partie, qui se durcit ensuite, et se convertit elle-même insensiblement en os; de manière que , dans l'âge parfait , il ne reste presque aucune trace de leur séparation. Cette espèce de soudure se fait vers le milieu de la cavité cotyloïde , et à l'union dé la branche de l'ischium avec celle du pubis.

D. Indiquez ce que présente de remarquable Vos des iles ou innominè. y lorsque les trois pièces sont ainsi réunies.

R. Il offre , vers le milieu de la face externe, une cavité de forme circulaire assez

DES ACCOUCHEMENS. l3

profonde , recouverte d'un cartilage lisse et poli appelé cavité cotjloïde , et destinée à recevoir la tête de Tos de la cuisse ; et , aadevant de cette cavité, une large ouverture, qu'on appelle trou Oi^alaire,

SECTION I I

De ros sacrum.

D. Indiquez la figure , la situation de Vos sacrum , et ce qu'il présente de plus remarquable.

R. L'os sacrum ressemble h une espèce de pyramide un peu aplatie et recourbée sur elle-même , mais dont la base seroit en baut , et la pointe en bas. Il est situé à la partie postérieure du bassin , au bas de la colonne épinière , et comme enclavé entre les deux os des iles.

On y considère deux faces, deux bords, sa base et sa pointe.

Celle des faces qui fait partie de l'intérieur du bassin est concave selon sa longueur. On y remarque buit trous d'inégale largeur, qu'on nommetrous sacrés antérieurs: ils sont percés obliquement dans l'épaisseur de l'os , de sorte qu'ils forment , vers leurs bords externes, comme autant de gouttières plus ou moins superficielles : ils pénèti^nt dans un canal pratiqué dans la longueur d^ l'os même , et donnent issue à de gros

l4 PRINCIPES SUR L ART

nerfs, dont la plupart vont se distribuer aux cuisses , aux jambes et aux pieds : ce sont les nerfs sacrés.

La face externe du sacrum est convexe, bérissée d'un grand nombre d'apophyses distribuées en plusieurs rangées, dont celles du milieu se nomment apophyses épineuses. Au-dessus de la première de ces apophyses est une ouverture triangulaire et assez large, qui forme l'entrée du canal sacré ; et une autre semblable vers le bas , mais plus petite , qui termine ce même canal. On voit de plus , à la face externe du sacrum, huit trous distribués comme ceux de la^iace interne.

Les bords ou côtés du sacrum offrent supérieurement une empreinte articulaire , semblable à celle qui se voit à la partie postérieure de la face interne de l'os ilium.

La base du sacrum en est la partie la plus large et la plus épaisse. Il existe au miHeu une empreinte cartilagineuse de forme ovale, dont la direction est telle, que le bord antérieur se trouve plus élevé que le postérieur; et derrière cette empreinte s'élèvent , des bords de l'entrée du canal sacré , deux apophyses articulaires , qui sont un peu concaves d'un coté, et recouvertes d'un cartilage.

La pointe du sacrum présente \\i\Q autre empreinte ovalaire semblable à celle de la base , mais beaucoup plus petite et inclinée

DES ACCOÛCHEMENS. l5

différemment , son loord postérieur étant plus élevé que l'antérieur.

SECTION HT

Du coccix.

D. Faites la description du coccix.

R. Le coccix, qu'on appelle vulgairement Vos du croupion , est formé de trois pièces qui diminuent insensiblement de largeur depuis le haut de la première jusqu'à l'extrémité de la dernière , et dont l'ensemble représente en petit la figure du sacrum , et forme , comme lui , une espèce de pyramide longue seulement de douze à quatorze lignes , et légèrement recourbée sur sa partie antérieure. Les trois os du coccix sont liés entre eux de manière qu'ils jouissent longtemps de quelque mobilité , et le premier est joint à peu près de mcme à la pointe du sacrum.

SECTION IV

De la connexion des os du bassin entre eux

de celle du bassin même avec la colonne vertébrale et les extrémités inférieures.

D. De quelle manière les os du bassin se joignent-ils ensemble y et quels sont les moyens qui les unissent?

H. L'espèce de cercle que le bassin dé--

crit intérieurement paroît interrompu ou coupé par trois lignes qu'on nomme sjmphyses. Celle qui se voit en devant est La symphyse du pubis; et les autres, placées en airière et sur les côtés, sont les symphyses sacro-iliaques.

Les os pubis sont liés ensemble, i". au moyen d'une substance cartilagineuse et ligamenteuse, qui est attachée fortement à l'extrémité antérieure de chacun d'eux ; 2°. par un grand nombre de faisceaux tendineux ou aponévrotiques et ligamenteux, qui s'entre -croisent de diverses manières; 3^. par des ligamens particuliers , dont le plus remarquable , appelé ligament transversal ^ est au-dessous de la symphyse.

Les os des iles s'articulent à peu près de Ta même manière avec le sacrum , et y sont également liés par des ligamens très forts , qui s'attachent à l'un et a l'autre os de chaque côté. Quelques uns de ces ligamens sont à la partie postérieure du bassin , et les autres se trouvent au-dessus et au-dessous de la jonction des os : parmi ces derniers il y en a deux très remarquables , qu'on appelle sacro-ischiatiques .

Les ligamens sacro-ischiatiques, un de chaque côté, descendent de la partie postérieure de l'os des iles , des parties latérales du sacrum et du coccix , a la tubérosité et à l'épine de l'un et l'autre os ischium , où ils se terminent par deux branches y qui

laissent entre elles un espace triangulaire assez considérable. Ces ligamens, tendus en manière de corde depuis le sacrum jusqu'aux os ischium , complètent les parties postérieures et latérales du bassin , et font paroître , au-dessous des sympbyses sacroiliaques , deux larges ouvertures ovales , comme celles qui se remarquent aux cotés de l'arcade du pubis.

Le coccix s'unit à la pointe du sacrum au moyen d'une substance ligamenteuse et cartilagineuse, et de plusieurs ligamens particuliers ; mais cette articulation n'est pas aussi serrée que les précédentes.

D. Comment le bassin est-il lié à la co^ lonne vertébrale ?

R. La connexion du bassin avec la colonne vertébrale est plus composée que celle de toutes les parties dont nous venons de parler. Le sacrum est uni , au bas de la dernière vertèbre lombaire , 1°. par une substance ligamenteuse et cartilagineuse , assez épaisse et élastique , qui est attachée fortement à ï'un et à l'autre ; 2°. par plusieurs ligamens , dont les uns sont en devant , en arrière et sur les cotés , et les autres dans le canal formé par la réunion des vertèbres et du sacrum même ; 3°. par les deux apophyses articulaires, que nous avons décrites en parlant de la base de cet os ; 4°- enfin , la dernière vertèbre lombaire est liée de chaque côté à la crête de l'os des

l8 PRINCIPES SLR l'art

iles et à la base du sacrum par deux ligamens très forts.

D. Quelles sont les connexions du bassin avec les extrémités inférieures ?

R. Ces connexions sont très différentes de celles dont on vient de parler. Ce ne sont plus des pièces assemblées qui ne se touchent que par des surfaces peu étendues , diversement figurées , et que de nombreux ligamens retiennent en place. On voit, au milieu de la face externe de l'os des iles , une cavité circulaire, appelée cotjloïde^ qui reçoit la tête de l'os de la cuisse , et dans laquelle cette tête est retenue par un ligament très fort , et par une capsule très épaisse en forme de bourse , mais de sorte que la cui-sse peut exécuter les plus grands mouvemens dans toutes les directions possibles.

EXPLICATION

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