DE LA PLA]YCHE III
FIGURE I
Cette figure représente un bassin dont le détroit supérieur est resserré du pubis au sacrum^ de manière a ne laisser d'autres ressources pour V accouchement que /'opération césarienne.
aa. Les os ilium.
bb. Les os pubis, ce. Les os ischium.
ddd. Les trois dernières vertèbres des lombes.
eee. La base du sacrum, ff; Les cavités cotyloïdes.
^^. Les trous ovalaires.
h. L'arcade des os pubis.
i. La symphyse du pubis.
kk. Les symphyses sacro-iUaques.
AA. Diamètre qui va du pubis au sacrum : sa longueur n'est que d'un pouce deux Hgnes.
BB. Diamètre transversal : sa longueur est
de quatre pouces dix lignes.
ce. Distance de la saillie du sacrum à la cavité cotyloïde gauche ; un pouce et une ligne.
DD. Distance de la saillie du sacrum à la cavité cotyloïde droite : un pouce huit lignes.
Le détroit inférieur sur ce bassin est très grand.
FIGURE IL
Cette figure représente un bassin d'une fiDrmeplus irréguliere encore que celle du précédent y et le détroit inférieur étant également défectueux.
Nota» Nous n'indiquerons que les dimensions du détroit supérieur.
AA. Diamètre qui va du pubis à la sailHe du
sacrum : deux pouces deux lignes.
BB. Diamètre transversal : trois pouces huit lignes.
ce. Distance de la saillie du sacrum au fond de la cavité cotyloïde gauche : six à sept lignes.
DD. De la saillie du sacrum au fond de la cavité cotyloïde droite : un pouce deux lignes.
EE. Diamètre transversal , mesuré du fond d'une cavité cotyloïde à Tautre, à égale distance du sacrum et de la symphyse du pubis : un pouce huit lignes.
SECTION VIII
Des parties molles qui ont rapport au bassin.
D. Quelles sont les parties molles qui se trompent dans le bassin ?
R, Le bassin n'ayant d'autres bornes que celles de la cavité abdominale même, nous pourrions faire mention de toutes les parties qui forment l'enceinte de celle - ci , et de tous les viscères abdominaux, sans que cette digression paroisse étrangère à notre objet ; mais nous nous bornerons à celles de ce^ parties qui ont le plus de rapport avec le bassin proprement dit.
On trouve de chaque coté , et sur la face interne de l'ilium , un muscle appelé iliaque, et au-dessous de celui - ci un autre qu'on wovciVCiQ. psoas. Ces deux muscles, réunis à leur partie inférieure, passent au-dessus de
la cavité cotyloïde , et vont se terminer à Fos de la cuisse. On rencontre quelquefois un troisième muscle assez mince, appelé petit psoas y placé à côté du second, et qui vient s'insérer à l'extrémité du pubis derrière la cavité cotyloïde. Des cordons de nerfs semblent sortir de l'épaisseur des muscles psoas, et descendent le long de ces muscles jusqu'à leur sortie du bassin, pour se distribuer à la partie antérieure des cuisses : ce sont les nerfs cruraux.
On remarque au - devant des vertèbres lombaires l'aorte inférieure et la veinecave. Ces gros vaisseaux se divisent chacun en deux branches , qu'on appelle iliaques , et celles - ci bientôt en deux autres , dont l'une s'enfonce dans le bassin pour se distribuer aux parties qu'il renferme , tandis que l'autre s'avance le long du muscle psoas jusqu'à la cuisse, oii elle prend le nom de crurale, et va se répandre dans toute l'extrémité inférieure : de sorte qu'il y a, contre l'un et l'autre muscle psoas , une grosse artère et une grosse veine.
On trouve dans le petit bassin , i°. vers le sacrum , l'intestin rectum ; derrière cet intestin de gros cordons de nerfs qui sortent du canal sacré, et dont la plupart se réunissent , de chaque coté , en un seul , pour aller à la cuisse; dans ce même lieu, d'autres nerfs et beaucoup de vaisseaux , dont quelques uns se nomment hèmorrhoïdaux ;
2°. derrière et au-dessus des os pubis se trouvent la vessie et le canal de l'urètre; 3°. entre la vessie et l'intestin rectum, la matrice et ses ligamens, les trompes de Fallope, les ovaires et le vagin. On trouve encore d'autre^ muscles dans le bassin, tels que les releveurs de l'anus , les obturateurs internes, etc.
D. Quelles sont les parties molles qui s' attachent a la surface extérieure du bassin ?
R. Un grand nombre de muscles s'attachent aux parois de cette cavité , et la recouvrent de toutes parts. Dix appartiennent au bas-ventre, et en forment comme l'enceinte antérieurement : on les nomme abdominaux. Huit descendent du bord inférieur et des côtes de la poitrine à la crête des os des iles et à l'angle des os pubis : ce sont les muscles grands et petits obliques , les trahsverses et les droits, au bas et au-devant desquels sont situés deux autres petits muscles qui s'appellent pyramidaux. Parmi ceux qui s'attachent encore au bassm, les uns appartiennent aux bras, aux lombes et au dos ; les autres aux cuisses et aux jambes
D. En quoi la connoissance de toutes ces parties peut-elle être utile a V accoucheur?
R, La connoissance des parties qui sont à l'extérieur du bassin est moins nécessaire que celle des parties intérieures, sans doute; mais elle ne peut être que fort utile. Celle du rapport des muscles abdominaux avec la
poitrine et le bassin, par exemple, sert à expliquer rinfluence de leur action dans l'accouchement : celle des autres muscles, à déterminer la meilleure attitude qu'on peut donner à la femme, soit relativement à l'accouchement, soit en d'autres circonstances qui en font partie.
Parmi les parties intérieures , les unes diminuent la capacité du bassin, les autres sont exposées à un degré de compression, tantôt plus forte et tantôt plus foible, soit durant la grossesse, soit pendant l'accouchement; ou bien elles éprouvent une espèce de refoulement et de déplacement plus ou moins grand, selon le volume et la pesanteur de la matrice développée par le produit de la conception. C'est à ces divers changemens qu'on doit attribuer beaucoup de ces phénomènes que présentent la grossesse et l'accouchement , tels que la constipation , la rétention des urines, ou la difficulté de les rendre ; l'infiltration des cuisses et des jambes , la foiblesse de ses extrémités , les crampes, les tremblemens, les engourdissemens qu'elles éprouvent, et un grand nombre d'autres effets.
DES ACCOUCHEMEJfS. 47
SECTION IX
De la manière d'examiner le bassin pour re-^ connoîti^e s il est bien ou mal conformé,
D. Dans quels cas est-ilnécessaire de s' as' surer si le bassin est bien ou mal conformé ?
R, Ces recherches devroient être le principal objet de l'accoucheur, lorsqu'il a reconnu que la femme ressent les douleurs de l'enfantement, surtout quand elle n'a point encore eu d'enfant, puisque la facilité et les difficultés de l'accouchement dépendent en général de la bonne ou de la mauvaise conformation du bassin. Ces recherches, toujours importantes dès le premier temps du travail , quand la femme a été nouée dans son bas âge, et en conserve des marques extérieures , le sont bien plus encore lorsqu'elle éprouve depuis quelque temps les douleurs de l'accouchement, et que malgré ses efforts l'enfant , quoique bien placé , n'a pu s'engager.
Les parens, craignant d'exposer la vie de leur fille lorsqu'elle a quelques difformités apparentes, consultent avant de la marier, et s'en rapportent assez souvent au jugement, tantôt d'une sage-femme, et tantôt d'un accoucheur. Gomme la destinée de la jeune fille qui se soumet à l'examen dépend de ce jugement, on voit de quelle impor-
48 PRINCIPES SUR l'aKT
tance devient cet examen, et combien de lumières il exige de la part de celui qui y procède.
D. Comment doit-on procéder à V examen du bassin , et quels signes feront distinguer celui qui est bien conformé d'avec celui qui est défectueux?
R. On peut y procéder de différentes manières, et aucune ne doit être négligée; car le résultat qu'on obtient de l'une ajoute à la certitude du résultat des autres. Nous observerons cependant que ces divers procédés ne peuvent être mis en pratique dans toutes les circonstances pénibles, et qu'en quelques unes on doit s'en tenir à un seul.
Lorsqu'on s'est habitué à saisir, par l'application des mains à l'extérieur du bassin , l'ensemble des signes qui caractérisent sa bonne conformation , il est plus aisé de distinguer celui qui est bien disposé d'avec ce-lui qui est défectueux.
Pour acquérir cette habitude , on peut s'exercer dans le cours de l'accouchement ordinaire qui en offre de fréquentes occasions, à bien juger de l'élévation, de la rondeur, de la largeur, de l'égalité des hanches et de l'écartement qu'elles présentent en devant, ainsi que de la forme du sacrum et des os pubis extérieurement.
Quand les hanches sont ouvertes en devant de l'étendue de huit à neuf pouces; quand elles présentent la même largeur, la
même
même élévation et la même rondeur ; si la région du pubis est un peu saillante, et la partie postérieure et supérieure du sacrum légèrement déprimée , le bassin est bien conformé dans son détroit abdominal. On en sera plus certain encore , si l'épaisseur de la femme, prise au moyen d'un compas d'épaisseur, depuis le milieu du mont de Vénus jusqu'à la partie postérieure et supérieure du sacrum , est au - dessus de sept pouces.
On juge presque avec la même facilité, et la même exactitude, de la distance de la pointe du coccix à la symphyse du pubis, et de l'écartement des tubérosités ischiatiques , en palpant extérieurement , quand les cuisses et les jambes de la femme sont ployées.
L'irrégularité des hanches, l'aplatissement du pubis , la grande convexité du sacrum extérieurement, et la dépression profonde de sa partie postérieure, dénotent une mauvaise conformation, surtout celJe du détroit supérieur ; mais il reste à déterminer de combien ce détroit est resserré.
Ces premières recherches se font en passant les mains sous les habits de la femme , et les appliquant immédiatement sur le corps, ou dessus la chemise.
D. Comment peut-on apprécier le degré d'ouverture du détroit supérieur ?
R. Le plus simple et le plus sûr de tous
5o PRINCIPES SUR l'art
les procédés consiste à prendre l'épaisseur du bassin , depuis le milieu du mont de Vénus , ou le haut de la symphyse du pubis , jusqu'à la partie postérieure et supérieure du sacrum , environ quatre pouces et demi au-dessus du coccix , comme on l'a déjà annoncé. On déduit trois pouces pour l'épaisseur de la base du sacrum et celle des os pubis antérieurement, y compris même les graisses et les tégumens , si la femme est maigre, et le surplus donne la mesure du diamètre sacro-pubien. Cette déduction de trois pouces , sur l'épaisseur de la femme entre les deux points assignés, suffit encore si l'embonpoint est médiocre , et même au-dessus , parce qu'alors en appliquant le compas , on affaisse les graisses du mont de Vénus par une pression convenable.
Pour mesurer ainsi le bassin , on se sert d'un compas d'épaisseur, dont les pointes forment les boutons lenticulaires, (r) ^ Exemple : Quand on trouve sept pouces d'épaisseur sur une femme maigre et d'une stature ordinaire , on peut assurer que le diamètre qui se mesure du pubis à la base du sacrum est d'environ quatre pouces : l'erreur ne peut être, en aucun cas, au-dessus de deux lignes. On peut aussi mesurer ce
(i) Nous en avons fait construire un sur lequel il se trouve une échelle ponctuée de l'étendue de neuf pouces,
DES ACCOUCHEMENS. 5l
diamètre avec une autre espèce de compas qui se développe en dedans du bassin : mais l'application en est difficile et douloureuse , sans que le résultat en soit plus certain que celui du compas d'épaisseur bien appliqué.
On peut également déterminer la longueur de ce même diamètre avec le doigt indicateur introduit dans le vagin. On l'avance jusqu'à la jonction du sacrum avec la dernière vertèbre lombaire ; on relève alors le poignet, pour appuyer le bord radial de ce doigt contre le bord inférieur de la symphyse du pubis , et l'on mesure ainsi la distance de ces deux points. L'étendue que parcourt le doigt depuis la saillie du sacrum jusqu'au bas de la symphyse du pubis , est ordinairement de six lignes plus grande que le diamètre du détroit supérieur, (i)
Si l'on ne peut mesurer de. même , ni le diamètre transversal , ni les diamètres obliques de ce détroit , on se rappellera que c'est presque toujours celui qui va du pubis au sacrum qui est vicié, et dont il importe le plus de connoître la longueur.
D. Comment peut-on apprécier retendue des diamètres du détroit inférieur?
R. On peut mesurer la distance de la
(i) Il ne peut encore se trouver au plus qu'une ou deux lignes d'erreur dans le résultat de ce procédé.
pointe du coccix au bord inférieur de la symphyse du pubis avec assez d'exactitude pour ne pas commettre de grandes fautes : mais on ne doit pas s'attendre à une grande précision. On introduit le doigt indicateur dans le vagin jusqu'à la pointe du coccix, en le tenant d'ailleurs appuyé contre le bord inférieur de la symphyse du pubis ; et, après l'avoir retiré , on voit à quelle profondeur on l'avoit porté. On peut en juger encore au moyen d'un doigt appliqué extérieurement sur l'extrémité du coccix , et d'un autre sous la commissure antérieure des grandes lèvres.
Pour apprécier, autant que cela se peut, l'écartement des tubérosités ischiatiques , ou le petit diamètre du détroit inférieur , on fait plier les jambes et les cuisses de la femme , et on palpe extérieurement au moyen de dej-ix doigts de l'une ou l'a^utre main, jusqu'à ce qu'on sente distinctement les tubérosités dont il s'agit , à travers les parties molles dont elles sont recouvertes ; et , après les avoir bien reconnues , on observe quel est l'écartement des doigts. Cette estimation est difficile , et ne sauroit se faire plus sûrement en introduisant le doigt dans le vagin.
D. Comment peut-on juger des dimensions de V excavation du bassin ?
R. On peut estimer son diamètre de devant en arrière , comme on mesure celui
de ses détroits ; mais cette partie du bassin mérite peu d'attention, quand on est certain de la bonne ou mauvaise conformation du reste.
D. Ces dwers procédés pour meôurer le bassin peuvent-ils être admis dans tous les cas ?
R. Non : on ne peut les mettre tous en pratique sur la même femme que dans le temps du travail de l'accoucbement : hors ce temps, l'on ne devroit pas se servir de ces espèces de compas qui se développent dans le bassin même , parce qu'il pourroit en résulter des inconvéniens , indépendamment de la difficulté qu'on éprouveroit à les diriger convenablement, et des douleurs qui seroient inséparables de leur usage.
On devroit peut-être éviter avec le même soin l'introduction du doigt , quand le sujet qu'on examine est encore dans l'état de virginité , et se borner , dans ce cas , à l'application des mains sur l'extérieur du bassin , et à celle du compas d'épaisseur.
ARTICLE II
Des parties molles qui ont quelque rapport h la génération , a la grossesse , et a r accouchement.
SECTION PREMIERE
Des parties externes.
jy. Sous quel nom désigne-t-on les parties externes qui sentent h la génération ?
R. On les désigne sous le nom de parties honteuses ; mais chacune d'elles est connue sous une dénomination particulière , '^elle que le mont de Vénus , les grandes lèvres , les petites lèvres ou les nymphes , le clitoris , le méat urinaire, l'orifice du vagin, l'hymen, les caroncules myrtiformes, la fourchette , et la fosse naviculaire ; nous y ajouterons le périnée , pour avoir occasion d'en dire un mot.
D. Qu'est-ce que le mont de Vénus ?
R, On donne ce nom à l'élévation ou éminence qui se remarque au-devant des os pubis , et qui se recouvre de poils à l'âge de puberté. Elle est plus ou moins grande, selon que les os pubis sont plus arqués ou plus aplatis, et que la femme a plus ou moins d'embonpoint.
D. Quelles sont les parties qu'on désigne sous le nom de grandes Vevres ?
R. Ce sont deux replis de la peau qui semblent prendre naissance au bas du mont de Vénus, qui se portent parallèlement en arrière pour se réunir à un pouce ou environ au-devant de l'anus , et qui forment les bords d'une espèce de fente ou de cavité appelée vulve.
Les grandes lèvres présentent deux faces : l'une externe qui se couvre de quelques poils à l'âge de puberté , et ne diffère d'ailleurs en rien des tégumens ordinaires ; l'autre interne, rougeâtre cbez les jeunes filles, et assez pâle chez les fenimes qui ont eu des enfans, est formée d'une peau très mince , semblable à celle de l'intérieur des lèvres de la bouche.
On trouve dans l'épaisseur de ces parties du tissu cellulaire, un peu de graisse, des vaisseaux et des glandes.
La réunion des grandes lèvres , tant en devant qu'en arrière, se nomme commissure.
D. Quelles sont les parties qu'ion nomme petites lèvres ou nymphes?
R. Ce sont deux replis de la membrane interne des grandes lèvres, assez ressemblans par leur grandeur et leur couleur aux crêtes qui pendent sous le gosier de certaines poules. Elles sont plus fermes et d'un rouge plus vif chez les jeunes femmes que chez celles qui sont mariées depuis long-temps, et qui ont
eu des enfans. Le plus souvent , au terme de la naissance , elles sont saillantes, et elles excèdent le bord des grandes lèvres ; mais dans la suite on ne peut les découvrir qu'en écartant celles-ci. Elles sont plus rapprochées vers leur extrémité supérieure qu'en en bas, où elles paroissent médiocrement écartées.
Elles contiennent dans leur épaisseur très peu de tissu cellulaire , mais beaucoup de vaisseaux, de filets de nerfs, et de petites glandes.
Elles sont d'une sensibilité plus exquise que les grandes lèvres. Leur usage est de diriger, vers le bas , le cours des urines à leur sortie du canal de l'urètre, et de contribuer un peu à la dilatation de la vulve ou de l'entrée du vagin lors de l'accouchement.
D. Qu'est-ce que le clitoris?
R. On donne ce nom à une espèce de caroncule d'un rouge pâle , qui se voit audessus des nymphes et aurdessous de la commissure antérieure des grandes lèvres : mais cette caroncule, qui est enveloppée d'un repli de la membrane interne des grandes lèvres même, qu'on appelle prépuce , ne forme que l'extrémité du clitoris. Celui-ci est un corps cylindrique un peu plus gros qu'une plume à écrire, long de six à huit lignes, et qui est formé de la réunion de deux autres corps également cylindriques appelés corps cui^erneuûs. Ceux-ci naissent du bord anté'
DES ACCOITCHEMENS. 5']
rieur de la branche de rnn et l'autre os pubis, se joignent et se confondent ensemble devant la partie inférieure de la symphyse de ces mêmes os.
Le clitoris n'a cependant pas la même longueur ni la même grosseur chez toutes les femmes : quelquefois il égale le petit doigt , et d'autres fois il est beaucoup plus long et plus gros. On a souvent pris les femmes chez qui cette conformation avoit lieu, pour des hermaphrodites, c'est-à-dire pour des individus qui participoient des deux sexes. ^
Le clitoris a deux muscles qui en embrassent les racines ou corps caverneux : on les nomme muscles érecteurs. C'est la plus sensible, la plus irritable de toutes les parties extérieures de la génération. Il se gonfle et se roidit aux moindres attouchemens voluptueux.
D. Qu'est-ce que le méat urinaire?
R. C'est une ouverture assez petite , de figure un peu oblongue, située au-dessus de l'entrée du vagin, et dans l'écartement que les petites lèvres laissent entre elles. Cette ouverture, destinée à la sortie des urines, est la fin d'un canal appelé urètre, qui aboutit au col de la vessie. Ce canal, long d'un pouce ou environ, passe obliquement sous la symphyse du pubis , le long de laquelle il monte quelquefois dans les derniers temps de la grossesse, à mesure que la vessie s'élève au-dessus de ces os.
Les sages -femmes, pouvant se trouver quelquefois dans l'obligation de sonder leurs malades , ne doivent pas ignorer la situation du méat urinaire et la direction du canal de l'urètre.
D. Qu'est-ce que V orifice du vagin ?
R. C'est l'ouverture située au-dessous du méat urinaire , et au-devant de la réunion postérieure des grandes lèvres qu'il faut écarter pour la découvrir : cet orifice est assez étroit chez les jeunes femmes, et plus large chez celles qui ont eu des enfans. Il est comme bordé inférieureiiaent par un demicercle membraneux chez les vierges; tandis qu'on y remarque chez les autres plusieurs petites appendices très courtes, qui ne semblent qu'autant de lambeaux de ce demicercle membraneux.
D. Qu'est-ce que Vliymen?
R. C'est ce repli membraneux, de forme demi-circulaire, dont on vient de parler, placé au-devant et au bas de l'orifice du vagin , qu'il rétrécit plus ou moins.
Cette membrane forme quelquefois un cercle entier au lieu d'un croissant , et présente alors, dans son milieu, une ouverture plus étroite encore qui suffit à peine pour le passage du sang menstruel. D'autres fois elle ferme complètement l'entrée du vagin , et ne laisse aucune issue à ce sang. La femme , qui est alors imperforée , peut ignorer cette conformation jusqu'à l'âge de puberté ; mais
DES ACCOÙCHEMEl^rS. 6g
dans ce temps il se développe des accidens qui ont fait plus d'une fois soupçonner de grossesse la femme la moins disposée à devenir grosse , et auxquels on ne peut remédier qu'en incisant l'hymen, et en donnant issue au sang retenu dans le vagin et la matrice.
Ce n'est pas toujours Thymen qui met obstacle à l'évacuation du sang des règles; quelquefois ce sont des cloisons membraneuses situées plus profondément, et d'autres fois c'est une membrane qui voile et bouche l'orifice de la matrice.
L'existence de l'hymen passe généralement pour le signe physique de la virginité; mais ce signe en est fort incertain, et les débris de cette membrane n'indiquent pas mieux l'état contraire. L'hymen peut exister, quoique la femme ait souffert les approches d'un homme , même quoiqu'elle soit enceinte; et cette membrane peut être détruite par des causes qui ne donnent aucune atteinte à cette vertu morale qui mérite seule le nom de virginité.
D. Quelles sont les parties quon appelle caroncules myrtiformes?
/?. Ce sont des espèces de crêtes ou appendices très petites, qui se remarquent au bord inférieur de l'orifice du vagin, et qu'on regarde avec raison comme autant de lambeaux de la membrane hymen déchirée dans l'acte vénérien. Ces caroncules sont au nombre de trois pour l'ordinaire.
6o PRINCIPES SUR L ART
p. A quelle partie donne-t-on le nom de frein ou de fourchette?
R. On donne ce nom a un repli semilunaire de la membrane interne des grandes lèvres, situé au bas de l'orifice du vagin, au-devant et un peu au-dessous de l'hymen. Ce repli se déchire presque toujours lors du premier accouchement , malgré les soins qu'on apporte à le conserver; mais cette déchirure n'a rien de désagréable quand elle ne se prolonge pas fort au loin sur le périnée.
D. Qu est-ce que la fosse naviculaire?
R. C'est un enfoncement en forme de petite nacelle, situé transversalement derrière le frein ou la fourchette , et au - devant de l'hymen. Cette fosse n'existe qu'autant que le frein ou l'hymen sont entiers.
D. Que désigne-t-on sous le nom de périnée?
R, Le périnée est l'espace qui s'étend depuis le bas de la vulve jusqu'à l'anus. Sa longueur est de quatorze à quinze lignes; quelquefois il a moins d'étendue, et d'autres fois plus. Cette espèce de pont est formé par la paroi postérieure et inférieure du vagin , par des muscles et la peau.
Le périnée s'élargit beaucoup dans tous les sens au moment où la tête de l'enfant fait effort pour sortir; et trop souvent il se déchire lorsqu'il traverse la vulve. Cette déchirure, qui se borne pour l'ordinaire vers le milieu de la longueur du périnée, s'étend aussi quelquefois jusqu'à l'anus, de sorte que
BES ACCOUCHEMENS. 6l
cette ouverture et la vulve ne paroissent en former qu'une. C'est cette grande déchirure que l'accoucheur doit s'efforcer de prévenir, parce que les suites en sont au moins désagréables pour la femme, lorsqu'elles ne deviennent pas fâcheuses.
SECTION II
Des parties molles internes.
D. Q UELLES sont les parties internes de la génération ?
R. Ce sont la matrice , ses ligamens , les trompes, les ovaires et le vagin.
D. Qu'est-ce que la matrice?
R. La matrice est un viscère creux , charnu , membraneux et vasculeux , situé dans le petit bassin entre la vessie et l'intestin rectum , de manière que son fond est en haut et son orifice en bas. Sa forme naturelle ressemble assez bien à celle d'une poire un peu aplatie selon son épaisseur, ou à celle d'une petite courge. Sa longueur est de deux pouces et demi au moins, sa plus grande largeur de dix-huit à vingt lignes , et son épaisseur de huit à dix.
On divise la matrice en fond, en corps et en col. te fond en est la partie supérieure, le corps la partie moyenne, et le col la partie inférieure. Ce dernier, long d'un pouce ou environ, s'ouvre dans le vagin, où
il s'avance de plusieurs lignes sous la forme d'un gros mamelon, connu sous le nom de museau de tanche.
On considère à la matrice, i°. deux faces légèrement arrondies, dont l'une regarde la vessie, et l'autre l'intestin rectum; conséquemment une antérieure et une postérieure; 2°. trois bords, savoir : un supérieur qui en est le fond , et deux latéraux qui en forment les côtés; 'd". trois angles, dont deux supérieurs, desquels paroissent sortir les trompes de Fallope , et un troisième qui termine le col inférieurement , ou dans le vagin.
D. Quelle est la grandeur respect fi^e du fond^ du corps et du col de la matrice?
h. Le fond est la plus petite de ces trois parties de la matrice dans l'état naturel ; il comprend seulement ce qui se trouve audessus de l'insertion des trompes de Fallope. Le corps en est la partie la plus considérable, celle qui offre le plus de longueur, de largeur et d'épaisseur. Le col en est la partie la plus étroite : la moitié de sa longueur se découvre dans le fond du vag^in , et v forme cette saillie qu'on a désignée sous le nom de museau de tanche y à cause de la ressemblance qu'on a cru lui trouver avec celui du poisson qui porte ce nom.
D. Lajigure de cette portion du col de la matrice est-elle la même chez toutes les femmes ?
R. Chez les femmes qui n'ont point eu
d'enfans cette portion du col de la matrice forme une espèce de mamelon de la longueur de quatre à six lignes , un peu aplati de devant en arrière , et à l'extrémité duquel se remarque une petite fente transversale de plusieurs lignes seulement , et si étroite qu'on a peine à la distinguer en touchant du bout du doigt. Cette ouverture est l'orifice externe de la matrice ; sa lèvre intérieure est un peu plus épaisse et plus allongée que sa lèvre postérieure. Le museau de tanche est tel , le plus constamment , chez les femmes qui n'ont pas eu d'enfans , qui ne se sont pas livrées avec excès à l'acte vénérien , et qui n'ont eu aucune maladie dans cette partie; mais on ne voit que trop souvent sa forme altérée par l'une de ces causes. Chez les femmes qui ont eu plusieurs enfans, même un seul , le museau de tanche paroît plus gros, plus arrondi et plus court ; son orifice est plus large, plus irrégulier, et presque toujours comme découpé et échancré dans son bord , tantôt d'un côté , et tantôt de l'autre. Ces changemens ne sont cependant pas exclusivement la suite de l'accouchement ; et le praticien qui assureroit qu'ils ne peuvent dépendre que de cette cause , s'exposeroit à compromettre la réputation et même quelquefois la vie de certaines femmes, (i)
(i) L'accoucheur chargé juridiquement d'exa-
D. Quelle est la structure ou la composition de la matrice ?
R. La matrice est d'une structure difficile à déterminer hors le temps de grossesse. On ne peut juger alors ni de la nature de ses fibres , ni de leur arrangement , ni de leur entrelacement. On remarque seulement qu'elles sont plus molles, plus rougeâtres et moins serrées dans le corps de ce viscère que dans son col, où elles sont plus denses et plus pâles.
Dans le cours de la grossesse ces fibres se développent , deviennent plus longues , plus épaisses , plus souples , et prennent partout le caractère de la fibre charnue. Elles paroissent alors former différentes lames étroitement appliquées les unes sur les autres , et liées entre elles par des fibres de traverse , de manière qu'il est impossible de les séparer sans couper ou déchirer beaucoup de ces fibres.
Les fibres de ces diverses lames ne suivent pas la même direction. Les plus extérieures semblent descendre du milieu du fond de la matrice au bord de son orifice,
miner une femme accusée d'infanticide ou de suppression de part , et de prononcer si elle est véritablement accouchée ou non, s'exposeroit à faire un faux jugement , et à compromettre la vie de l'accusée, s'il ne prononçoit affirmativement que d'après les altérations du col de la matrice , exclusivement à tous les autres signes.
et celles des plans intérieurs croiser ces premières en divers sens.
On trouve dans l'épaisseur de ce tissu un grand nombre de vaisseaux de toutes espèces , et de petites glandes qui filtrent une partie de l'humeur dont la cavité de la matrice est toujours enduite. Les vaisseaux sanguins viennent de plusieurs sources : les artères sont produites , i°. par les spermatiques qui naissent de l'aorte inférieure ; 2°. par les honteuses communes qui viennent des iliaques internes ou hypogastriques. Les veines qui accompagnent ces artères vont se rendre dans la veine cave inférieure , par des troncs connus sous les mêmes noms que les artères. Tous ces vaisseaux , dans l'état habituel de la matrice , suivent un cours très tortueux , et paroissent repliés sur eux-mêmes de mille manières différentes ; mais ils se développent dans la grossesse , et ne décrivent à la fin de celle-ci que des courbures très allongées.
On trouve dans la substance de la matrice une autre espèce de vaisseaux sanguins , qu'on nonmie sinus utérins. Des artères très déliées viennent s'y terminer , et des veines assez grosses paroissent y prendre naissance. Ces sinus s'ouvrent dans la cavité même de la matrice , par autant d'orifices assez remarquables, dans le temps des règles surtout ; et plus remarquables encore après
l'accouchement , puisqu'on en trouve alors de très larges a l'endroit où étoit attaché le placenta.
Les vaisseaux lymphatiques de la matrice ne sont pas moins nombreux que les vaisseaux sanguins : mais les nerfs , beaucoup plus petits , n'y paroissent pas distribués avec autant de profusion. Ces nerfs viennent des spermatiques , des plexus sacrés et hypogastriques.
La matrice est recouverte extérieurement par le péritoine, qui forme ses principaux ligamens (i) , et qui lui est intimement adhérent , excepté sur les côtés au-dessous des trompes. La cavité de la matrice est tapissée d'une autre membrane beaucoup plus mince , et percée d'un très grand nombre de trous.
D. Quelle est V épaisseur des parois de la matrice ?
R, Cette épaisseur est d'environ quatre lignes vers le milieu du corps de la matrice, et un peu moindre dans les autres parties.
D. Quelles sont la figure et V étendue de la ca<^ité de la matrice^ et quy trouve-t-on de remarquable?
R. La cavité de la matrice peut être di-
(i) Le péritoine est une membrane qui tapisse toute la cavité du ventre , et qui fournit une enveloppe à chaque viscère.
visée en deux parties, i°. en celle qui appartient au corps de ce viscère; 2°. en celle qui appartient au col. La première a une figure triangulaire , et la seconde est à peu près ovalaire : mais l'accouchement altère la forme naturelle de cette dernière , et chez la plupart des femmes qui ont eu des enfans , elle ressemble en quelque sorte à un entonnoir dont la pointe seroit en haut et le pavillon vers le vagin.
L'étendue de la cavité du corps de la matrice est telle qu'elle contiendroit difficilement une grosse fève de marais. On y remarque supérieurement, de chaque coté, une ouverture très étroite qui forme l'entrée de la trompe ; et une troisième en bas , qui est un peu plus large , et qu'on appelle orifice interne de la matrice. On y trouve d'ailleurs un grand nombre d'autres ouvertures beaucoup plus petites , répandues partout , et dont les plus remarquables appartiennent aux sinus dont nous avons parlé. On trouve aussi de pareilles ouvertures dans la cavité du col , et de plus des rugosités ou replis formés par le tissu même de la matrice et la membrane qui le recouvre intérieurement.
Le corps de la matrice s'est trouvé double chez quelques femmes ; chez d'autres , sa cavité étoit divisée par une cloison longitudinale qui s'étendoit depuis l'orifice externe jusqu'au fond; et il s'en est rencontré une qui sembloit n'avoir que la moitié de
ce viscère , ce qui ne l'avoit pas empêchée d'avoir des enfans.
D. Quels sont les ligamens de la matrice?
R. Ces ligamens sont au nombre de quatre principaux ; savoir : deux qu'on appelle ligamens larges , et deux autres connus sous le nom de ligamens ronds.
Les ligamens larges sont des replis du péritoine qui s'étendent des côtés de la matrice aux parties latérales du bassin , et qui forment eux-mêmes supérieurement deux autres replis placés l'un au-devant de l'autre , qu'on nomme ailerons : l'un de ces ailerons enveloppe la trompe de Fallope , et l'autre l'ovaire.
Les ligamens ronds naissent des parties supérieures et latérales de la matrice , audevant et un peu au-dessous de l'origine des trompes , d'oii ils descendent entre les deux lames des ligamens larges, et se recourbent ensuite en montant vers les os pubis , pour sortir du ventre par les anneaux inguinaux , et aller se perdre aux plis des aines, en se divisant en plusieurs branches, et en formant une espèce de pâte d'oie.
Les ligamens ronds ne sont pas , comme les précédens , de simples replis du péritoine , mais des espèces de cordons formés de fibres qui paroissent charnues , de quelques vaisseaux sanguins et de filets de nerfs. On remarque de plus quatre replis du péritoine en forme de croissant , qui passent
pour autant de ligamens de la matrice. Deux semblent descendre de ses parties latérales et antérieures vers la vessie, et les autres, de ses parties latérales et postérieures vers l'intestin rectum.
D. Faites la description des trompes de Fallope.
R, Les trompes de Fallope sont deux conduits, un de chaque côté, qui naissent des parties latérales et supérieures de la matrice , et se portent vers les côtés du bassin , où ils se terminent par une ouverture assez large, dont le bord est découpé et comme frangé : cette ouverture en forme \ç^ pavillon. Une des franges est attachée à l'ovaire, et les autres sont flottantes. La longueur des trompes est de quatre a cinq travers de doigt, et leur direction un peu tortueuse; elles sont très étroites à leur principe, et, après s'être élargies graduellement en s'éloignant de la matrice, elles se rétrécissent un peu, pour se dilater de nouveau et former le pavillon.
Les trompes sont d'un tissu fibreux semblable à celui de la matrice : elles sont enveloppées dans l'aileron antérieur des ligamens larges.
D. Faites la description des ovaires.
R. Les ovaires sont deux corps glanduleux , ou qui paroissent tels , du volume d'une grosse fève de marais, placés dans l'aileron postérieur des ligamens larges , et à quelque
distance de la matrice, a laquelle ils sont attachés par ce même aileron. Ils sont un peu bosselés extérieurement, et garnis intérieurement d'un nombre indéterminé de petites vessies pleines de liqueur, qu'on regarde comme autant d'œufs, et dont la grosseur n'excède pas celle d'un grain de chenevis. Ces œufs, vrais ou présupiés tels, n'attendent que leur fécondation pour se détacher et être portés dans la matrice au moyen de 4'une des trompes.
Selon quelques auteurs, les ovaires ne sont que des organes destinés à séparer une liqueur semblable à celle que préparent les testicules de l'homme ; mais ce sentiment a peu de partisans, tandis que celui des œufs est généralement admis.
D. Qu est-ce que le vagin ?
R, C'est un canal membraneux et long de plusieurs pouces, qui s'étend depuis le milieu du col de la matrice, auquel il s'unit, jusqu'au bas de la vulve. Il paroît composé de deux membranes, dont l'interne, très épaisse et très élastique, forme une infinité de replis qui rendent le dedans de ce canal inégal et comme raboteux. Ces replis se développent et s'effacent dans l'accouchement; ils diminuent insensiblement et disparoissent, de sorte qu'on ne les voit plus chez les femmes qui ont eu plusieurs enfans, ce qui rend le vagin plus ample et plus lisse intérieurement.
DES ACCOUCHEMENS. yi
L'extrémité inférieure de ce canal est entourée d'un plexus de vaisseaux assez remarquables, et de deux muscles en forme de bandes qui montent de la partie antérieure du spbincter de l'anus au clitoris où ils se terminent : on les nomme constricteurs du vagin. On trouve sous ces muscles et dans l'épaisseur du plexus vasculaire dont on vient de parler, deux glandes dont le canal excréteur, long de plusieurs lignes , vient s'ouvrir sur les côtés de l'entrée du vagin.
De la surface interne de ce dernier, transsude par une infinité de petites ouvertures l'humeur muqueuse dont elle est enduite continuellement, (i)
EXPLICATION