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tomiques relatives aux accouchemens , quT présentent des conformations vicieuses ou des altérations produites par la maladie.
Quoique , par la nature de leur objet, ces ouvrages soient peu susceptibles d'une analyse propre à exciter l'intérêt général de l'assemblée , on nous pardonnera sans doute de rappeler dans le sein de cette École les considérations principales qui sont la base de la doctrine , de la méthode pratique de Baudelocque ; elles serviront à faire mieux sentir tout ce qu'il a fait pour les progrès de Fart , pour l'avantage des mères , la conservation desr enfans.
Depuis Hippocrate et Paul d'Égine ^ il existe un grand nombre de traités sur les accouchemens, et on trouve dans plusieurs, surtout parmi les modernes , et spécialement dans les ouvrages de Smellie , de Levret ^ une théorie sage, des règles précises, des préceptes judicieux ; cependant les véritables principes qui doivent diriger dans la pratique, assurer les succès , étoient épars , isolés , incomplets , souvent associés à des erreurs , à des préjugés , ou noyés dans des raisonnemens arbitraires , des explications hypothétiques ,
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quelquefois méconnus et abandonnés dans l'occasion par ceux mêmes qui les avoient donnés. Baudelocgue , qui avoit lu, médité tout ce qui avoit été dit ou écrit sur son art, recueille , rapproche les règles , les préceptes établis par ses prédécesseurs ; il en écarte les hypothèses , en remplit les lacunes par ses propres observations ; il les coordonne , les confirme par son expérience , et en forme un corps de doctrine , sinon entièrement nouveau , du moins complet , et d'autant plus solide , qu'il est fondé sur l'observation constante de la nature, sur l'étude approfondie de ses phénomènes.
L'accouchement est une fonction naturelle , mais d-élicate et complexe ; il dépend non seulement de la structure , de la disposition des organes de la mère , de Faction qui leur est propre , mais encore de la position de l'enfant , de la manière dont il se présente , et surtout du rapport de ses proportions avec les détroits du bassin qu'il doit traverser. Il est naturel j se termine spontanément et heureusement lorsque ces diverses conditions se trouvent réunies dans des rapports convenables. Il est contre nature ^ laho-
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vieux y exige le secours de la main ou des instrumens lorsqu'il y a défaut dans une ou plusieurs de ces conditions. Le premier objet est donc d'observer, de reconnoitre, de distinguer de la manière la plus exacte , tous les phénomènes qui constituent l'accouchement naturel. Car de cette observation bien faite , dérivent les principes fondamentaux de l'art; et, quand on les a bien saisis, « on u laisse avec sécurité agir la nature lorsqu'elle 'c peut se suffire ; on la maintient aisément u dans la marche qu'elle doit suivre lorsque a quelque chose tend à l'en détourner ; on a la ramène de même à cette marche quand « elle s'en est écartée ; et, pour y parvenir, il ce ne faut souvent que peu de moyens, v Un mouvement bien dirigé , un changement de situation, des procédés simples suffisent quelquefois pour terminer en peu de minutes un accouchement qui a coûté à la nature tant de travail et tant d'efforts ; enfin , « s'il faut opétc rer, on opère à propos, et on le fait tou- « jours avec connoissance de cause et avec « méthode. On ne peut donc trop insister sur « l'étude et l'observation du mécanisme de a raccouchement naturel, de ses causes, de
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tt ses symptômes et de ses suites ; car c'est « au moyen de ces connoissances, qu'on n'ac^ (( quiert bien qu'au lit des femmes en travail « et en couches, que les sages-femmes trou- * « veront peu de cas où il soit indispensable «d'agir, qu'elles agiront à propos, et le « feront convenablement. S'ils paroissent ente core assez fréquens aujourd'hui , ils le de- « viendront bien moins par la suite , à mesure « que les connoissances qui doivent faire la « base de l'éducation des sages-femmes se ré- « pandront davantage. » Peut - être même , iïjoute le sage et savant professeur, ces cas deviendront- ils si rares qu'alors on oubhera qu'il fut un temps où l'accouchement , cette fonction si belle et si grande quant à sa fin , si naturelle et si simple dans son exécution , quoique constamment très douloureuse, étoit regardée comme une des plus importantes opérations de la chirurgie , et ne devoit être confiée qu'à des hommes d'un grand talent. Pénétré de ces principes dont l'expérience lui démontre chaque jour la justesse, la solidité , Baudelocque en déduit tous les préceptes de sa pratique ; c'est à lui que l'on doit d'avoir déterminé , d'une manière plus
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précise^ue l'on ne l'avoit fait , les différentes positions de la tête , la direction qu'elle prend, les changemens qu'elle éprouve en traversant le bassin ; c'est lui qui , le premier, a rassemblé, décrit avec exactitude les variétés des positions vicieuses dans lesquelles l'enfant peut se présenter à l'entrée du bassin ; on lui a même reproché d'en avoir trop multiplié les espèces. Cependant ces distinctions , ces divisions successives ne sont point l'ouvrage de l'imagination , elles ne sont que l'expression de l'observation de la nature ; elles servent d'ailleurs à instruire l'élève , à éclairer le praticien. Aussi ces objections n'ont-elles contribué qu'à faire mieux sentir l'avantage de sa méthode.
Bien différent de ces accoucheurs vulgaires, qui, dans leur pratique bornée, rencontrent à chaque instant des cas difficiles , laborieux , et ont si souvent recours à des opérations , à des instrumens ; à peine dans le cours d'une pratique très étendue , Baiidelocque enrencontre-t-il quelques uns : observateur attentif de la marche de la nature , de la tendance de ses efforts , il prévoit , il reconnoît d'abord la difficulté qui se prépare ;
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il sait en arrêter les progrès , et rétablir l'ordreNiaturel. Appuyé sur des principes certains, il n'hésite jamais et ne fait aucune tentative sans être assuré du succès. Réservé sur l'emploi des moyens, toujours il se borne aux plus simples ; il préfère le doigt à tout autre instrument pour mesurer le bassin ; il n'admet comme pelvimètre artificiel que le compas d'épaisseur de son invention. Il adopte le forceps de Leçret, corrigé par Pean; c'est même et presque le seul instrument dont il se serve ; et quoiqu'il en ait rendu l'usage sûr et facile, qu'il l'ait étendu à des cas particuliers pour lesquels on ne l'employoit pas avant lui , il sait s'en passer, et y a rarement recours ; enfin , comme il nous l'apprend lui-même dans le cours de quarante années de la pratique la plus étendue, il n'a employé le levier que deux ou trois fois, et les crochets ou autres instrumens analogues , seulement quatre à cinq fois.
Avec le talent d'observer, Baudelocque avoit celui d'exprimer, de transmettre ses observations ; abondant et fécond dans ses leçons, il ne cherchoit point à éblouir par des discours pompeux, il vouloit instruire;
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il étoit simple, méthodique, grave, et commandoit l'attention et le respect. Également clair, mais serré, précis dans ses ouvrages, il porte la conviction dans l'esprit par l'évidence de ses principes, l'enchaînement, la force de ses raisonnemens. A ces quahtés qui distinguent le professeur, l'écrivain judicieux, il réunissoit la dextérité clans l'opération, la douceur, la compiaisance , cette sensibilité délicate , si nécessaire dans l'exercice de l'art auquel il s'étoit consacré. Toujours empressé lorsqu'il pouvoit être utile , il se rendoit partout où il étoit appelé; la fatigue, l'obscurité des nuits, l'intempérie des saisons , ne l'arrêtoientjamais. L'infortune et le malheur étoient un titre particulier h ses secours, à ses bienfaits : toujours complaisant et sensible , il consoloit, soutenoit le courage clans les douleurs par ses réflexions , ses observations. Il atten^ doit avec patience lorsque la nature pouvoit se suffire, et savoit montrer de la fermeté lorsque le cas exigeoit une opération, ou des soins particuliers. Aussi avoit-il obtenu la confiance la plus générale , l'estime , la vénération la plus vraie de tous ses confrères, qui se plaisoient, avec le public, à le regarder
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comme le premier accoucheur de son siècle , l'écrivain le plus utile dans son art, le professeur le plus instructif: mais dans ces derniers temps l'éclat de sa réputation éveilla l'envie, et le méchant osa l'attaquer par la calomnie. Ses traits sont toujours impuissans quand on sait les mépriser ; mais Baudelocque étoit trop sensible , et quoique tous les gens de bien qui le connoissoient , quoiqu'un jugement solennel lui aient rendu la justice qui lui étoit due , cependant il fut profondément affecté : depuis ce temps , sa santé fut manifestement altérée; ses amis s'en aperçurent, et lui conseillèrent le repos; mais la confiance que l'on avoit en lui étoit si grande , l'attachement à son état , le désir de répondre aux sollicitations qu'on lui faisoit sans cesse, l'empêchèrent de quitter les fonctions pénibles de la pratique; le mal s'accrut insensiblement , et la mort termina sa carrière le 2 mai dernier.
Tel fut l'homme de bien que nous avons perdu ; sa vie tout entière fut consacrée à l'étude de son art, à l'instruction des élèves, au soulagement des mères, à la conservation des enfans. Le bien qu'il a fait ne sera pas
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perdu , ses ouvrages survivront , sa doctrine passera à la postérité ; les préceptes , le mode d'instruction qu'il a établi se propageront d'âge en âge ; et , dans cet amphithéâtre où il se plaisoit à répandre l'instruction , à dévoiler les secrets de son art, on placera sans doute un marbre qui rappellera son nom à la postérité , à l'amour, à la reconnoissance des élèves.