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professeur, mais encore comme praticien habile , observateur sage : aussi étoit-il appelé par les plus anciens accoucheurs dans tous les cas difficiles, et souvent il parvint à terminer en peu de minutes , et par des procédés simples, un accouchement dans lequel on avoit employé inutilement les instrumens et les efforts les plus grands.
Les ouvrages qu'il publia successivement furent traduits dans toutes les langues de l'Europe; ils devinrent bientôt des livres classiques : ils le placèrent au premier rang des accoucheiu's , et les Académies les plus célèbres s'empressèrent à se l'associer. Ses occupations , soit auprès des femmes en couches ou attaquées de quelques maladies, soit pour répondre aux consultations qui lui étoient adressées de tous les points de la France et même des pays étrangers , se multiplièrent alors à un tel point , que , malgré son zèle et son activité, il fut obligé de cesser entièrement ses cours particuliers ; mais , appelé par le vœu public à la Faculté de Médecine et à l'Hospice de la Maternité , il reprit avec plaisir les fonctions de l'enseignement, parce qu'elles lui fournissoient l'occasion de faire du bien,
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d'instruire les femmes qui , par la délicatesse de leurs mains, la sensibilité de leur âme , la patience, la douceur si naturelle à leur sexe , lui paroissoient généralement beaucoup plus propres que les hommes à la pratique des accouchemens.
Pour arriver plus sûrement au but qu'il se proposoit , de donner à ses élèves une instruction vraiment solide , il ne borne point l'enseignement à de simples discours; mais, après avoir exposé d'une manière claire , mais concise, l'objet particulier qu'il se propose de traiter , il en développe , en éclaircit les différens points par les questions qu'il adresse à une ou plusieurs des élèves. La série des questions et des réponses alternatives conduit insensiblement au précepte qu'il veut établir, et en fait saisir toute l'importance ; chaque jour aussi une ou deux élèves sont chargées de lui rendre un compte verbal ou écrit des cas particuliers qui se sont présentés dans la pratique de l'Hospice ; et l'examen, la discussion de ces faits devient une nouvelle source d'instruction d'autant mieux sentie, que le précepte dérive immédiatement de l'exemple. Chaque leçon est ainsi comme la conversation
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d'un bon père avec ses enfans ; ce n'est pas la mémoire seule , mais Tintelligence et le jugement que Ton exerce; rien n'échappe à l'attention , les mots sont expliqués , le sens en est fixé, les difficultés sont examinées, éclaircies , et la vérité est répétée de différentes manières , jusqu'à ce qu'elle soit entendue , et tellement sentie qu'elle n'échappe plus h l'esprit. « Cette méthode d'enseignement , di- (( soit Baudelocque y est moins attrayante c( pour le professeur; elle est plus pénible, « et elle exige plus de temps pour exposer « chaque sujet en entier ; mais les élèves en 0 tirent plus de fruit, et elles savent plus, à a la fin d'une leçon, qu'elles n'auroient appris « dans plusieurs sur le même point traité par « la méthode ordinaire. »
Ces considérations avoient %ippé Baudelocque dès ses premiers pas dans la carrière de l'enseignement ; elles le déterminèrent à rédiger , sous forme de catéchisme ( par demandes et réponses), ses Principes de VArt d'accoucher. Cet ouvrage , spécialement destiné à l'instruction des sages-femmes, parut en i'y'75;il obtint une approbation générale, et devint le livre d'étude des élèves , le guide
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et le modèle de ceux qui étoient chargés de les instruire. L'utilité de cet ouvrage fixa l'attention du gouvernement , qui le fit réimprimer en 1787; on le tira à six mille exemplaires; et, malgré cette quantité, l'édition fut bientôt épuisée ; on en fit une troisième en 1806, à laquelle l'auteur ajouta des planches et des observations importantes.
En j 781 , M. Baudelocque publia , sous le titre ai Art des Accouchemens , un ouvrage plus étendu , qui a été réimprimé successivement en 1789, en 1796, et, pour la quatrième fois, en 1807.
Outre ces deux ouvrages , qui comprennent la théorie et la pratique générale et particulière des accouchemens , on lui doit un grand nombre de Mémoires ou de Rapports plus ou moins considérables qui sont dans les porte-feuilles de l'Académie royale de Chirurgie , de la Faculté de Médecine , ou ont été imprimés dans le Journal général de Médecine. On a trouvé dans ses papiers plusieurs Dissertations manuscrites , et un recueil précieux des observations les plus importantes que lui avoit fournies sa pratique ; il laisse aussi une collection de diverses pièces ana-