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d'altérer la température générale de la terre. Mais si, à une autre époque, on admet que la continuation de la même action transpose un égal volume de terre, de la zone torride aux régions tempérées et arctiques, soit des deux hémisphères, soit d'un seul, il faudra, dès lors, admettre aussi un tel refroidissement dans la température moyenne de toutes les latitudes, qu'a peine un petit nombre des races préexistantes d'animaux pourront y résister; et. qu’à moins qu'il ne convienne à l’auteur de la Nature que notre planète cesse d'ètre habitée, de nouvelles espèces devront nécessairement remplacer celles qui seront éteintes.
On voit, d’après ce qui précède, qu’il ne faut pas se hâter de conclure que des périodes égales de temps doivent toujours être accompagnées d'une somme égale de changements dans la vie organique, puisqu’une grande altération dans la température moyenne de la terre, cause qui, de toutes celles que l’on peut concevoir, est la plus propre à occasionner l’extermination de races entières d’animaux et de plantes, doit, à des époques différentes, exiger des temps plus ou moins longs, pour la réalisation de ses effets.
( urte montrant l’étendue de la surface de ! Europe gui a été recouverte par les cause depuis le commencement du dépôt des terrains tertiaires les plus anciens, ou fur-
336 EXPLICAT. DE LA CARTE MONTRANT itlvitK l,
mations Eocèncs.[BassinsdeParisetdc Londres, e te.) ('). — Cette carte mettra le lecteur à même d’apercevoir (l’un coup d'œil la grande étendue des changements qui, ainsi qu’on peut aisément le prouver, se sont produits dans la géographie physique de l’Europe depuis que quelques-unes des plus anciennes couches tertiaires ont commencé à se déposer. Les preuves de la submersion qui, pendant cette période, eut lieu dans toutes les parties indiquées par des hachures, offrent le caractère le moins équivoque possible; car les lieux ainsi désignés se trouvent actuellement recouverts de dépôts renfermant les débris fossiles d’animaux qui ne peuvent avoir vécu que sous l’eau. La partie la plus ancienne de la période dont il s agit ne peut, géologiquement parlant, être considérée comme datant d une époque extrêmement éloignée , puisque les dépôts des bassins de Paris et de Londres, de l'Auvergne, et de plusieurs autres districts appartenant a la plus ancienne époque tertiaire, sont plus récents que la majeure partie des couches sédimentaires (de celles que l'on désigne ordinairement sous le nom de terrains secondaires et de transition) qui forment la croûte du globe. De plus, les espèces de testacés marins et d’eau douce, dont on trouve les débris dans (*)
(*) Celte carie a été construite principalement d'après la carte eèolnpique de l’Europe de M. Ami Boue.
CHAI*, vin.) DES CII. DANS LA GKOG. PHYS. 337
ces formations tertiaires anciennes , ne diffèrent pas entièrement de celles qui vivent aujourd'hui. Néanmoins, malgré le peu d’ancienneté comparative de l’époque à laquelle il est fait allusion ici, les changements dans la distribution des terres et des mers, représentés sur la carte, ne forment qu’une partie de ceux qui doivent avoir eu lieu pendant celte période. Jusqu’à présent, on s’est borné simplement à faire une évaluation approximative de la quantité de mer qui a été convertie en terre dans les parties de l’Europe qui sont le mieux connues des géologues; mais quant à déterminer la quantité de terre qui, dans le même temps, a été transformée en mer, c’est un résultat auquel il semble en quelque sorte impossible d’arriver. Certains lieux ont pu, à diverses reprises, être occupés successivement par la terre et par l’eau; mais ces lieux ne sont point indiqués sur la carte, et l’on ne doit guère espérer de posséder jamais des données très-exactes sur l’importance de pareils changements.
Dans deux ou trois exemples, j’ai étendu la mer au delà des limites de terre ferme qui, à l’époque actuelle, sont recouvertes par des formations tertiaires; et cela, par la raison que de nouvelles données géologiques ont mis à même de reconnaître que la sortie du sein des eaux de certaines portions de terre n’a eu lieu qu’après que les strates tertiaires eurent commencé à se déposer. Ainsi, par exemple, tout porte à t. i. 09
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croire qu'une partie de la craie d'Angleterre (les Dunes Septentrionales et Méridionales, et les terrains secondaires qui s’y trouvent) restèrent sous la mer, jusqu'à ce qu’eut lieu le dépôt des strates Éocènes, ou couches tertiaires les plus anciennes.
La carte représente aussi un détroit qui dut jadis séparer l'Angleterre du pays de Galles, à en juger par les coquilles d’espèces vivantes que l’on a trouvées dans un dépôt de gravier, de sable, de marne, et d’argile, désigné sous le nom de « terrain de transport venant du Nord,» par M. Murchison, qui l’a suivi depuis le Lancashire jusqu’au canal de Bristol , sur l’espace indiqué par la carte (*). M. Trimmer a découvert des coquilles marines'récentes, tout à fait identiques, sur la côte septentrionale du pays de Galles, et à 1,392 pieds (4.24 m. env.) au-dessus du niveau de la mer, sur la montagne de Moel-Tryfane, aux environs du détroit de Menai.
Plusieurs rivages soulevés indiquent l’ancien séjour de la mer sur une partie des côtes orientales de l’Irlande. Tel est, entre autres, celui qui, situé à l’entrée de la baie de Carlington , renferme des coquilles marines récentes; et a été observé dernièrement par le professeur Sedgwick et par M. Murchison.
Une partie du district primaire de la Bretagne se
(') Voyez Proceedings of Geol. Soc., vol. II, p. 33t