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CHAP VIII.) DES CH. DANS LA GÉOG. PHYS

trouve /tussi divisée en lies , parce que ce district a , pendant longtemps, été couvert de portions détachées de couches marines tertiaires. Lorsqu’en 1830, je me livrai avec mon ami, le capitaine S. E. Cook , de la marine royale, à l’examen de ces couches , j’acquis la conviction que la mer avait recouvert jadis des espaces beaucoup plus grands que ceux qu’occupent aujourd'hui ces petits- dépôts épars.

La large bande de strates tertiaires qui s’étend sur une partie de l’espace actuellement compris entre la mer Blanche et le golfe de Finlande, prouve l’ancienne jonction de ces deux portions de l'Océan. Le détroit, il est vrai,- se trouve représenté sur la carte comme étant un peu' plus large que l’espace à présent occupé par le terrain tertiaire , mais cela tient à ce que cet espace est bordé au nord-ouest par une partie de la Finlande qui est extrêmement basse, et renferme un si grand nombre de lacs que presque la moitié de sa surface se trouve couverte d’eau douce.

On a laissé en blanc certaines parties des côtes occidentales «je la Norwége et de la Suède , parce que les dépôts de coquilles récentes, trouvés par MM. de Buch, Brongniart, et plusieurs autres naturalistes, en divers points et à différentes hauteurs au-dessus du niveau de la mer, sur les côtes de ces contrées , attestent la date comparativement récente de l’élévation d’une partie du gneiss et de diverses autres roches

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primaires de ces pays, bien que pourtant on ne puisse déterminer encore jusqu’où la mer a pu s’étendre.

D’un autre côté, si on a représenté comme Taisant partie de la mer, l’espace considérable de terre basse qui s’étend le long du rivage, des deux côtés du golfe de Bothnie, dans la mer Baltique, c’est par la raison que l’élévation graduelle du sol et l’abaissement des eaux sur cette côte, que l’on sait avoir eu lieu dans les temps historiques, ne permettent pas de douter que les limites du golfe n’aient dû se restreindre extrêmement depuis une époque comparativement moderne. On trouve aussi dans les mômes parages, mais à une assez grande distance dans l’intérieur des terres, des lits de sable et d’argile , renfermant des coquilles fossiles dont les analogues vivent aujourd’hui dans les mers voisines. Une portion de la Scariie, et diverses autres parties méridionales de la Suède, ont aussi été indiquées par des hachures, comme étant couvertes d’argile , de sable et de blocs erratiques , qui m’ont paru, après un examen attentif; appartenir aux terrains tertiaires. Si l’espace que couvrent ces formations était mieux connu, les parties de la Scandinavie, aussi bien que celles de l’Angleterre et de plusieurs autres pays del’Europequi, danscette carte, ont été représentées comme étant solides,. seraient, sans aucun doute, infiniment plus circonscrites.

J’ai pris soin, dans le titre même de cette carte, de

Cil A P. vill.) DES Cil. DANS LA ÜKOG. PHYS.

mettre le lecteur en garde conlre la supposition qu’elle avait été faite dans le but de représenter l'état de la géographie physique d’une partie de l’Europe, à quelque époque particulière. La difficulté, ou plutôt l’impossibilité de rétablir la géographie du globe telle qu’elle a existé anciennement, et surtout à une époque très-reculée, consiste en ce que l’on peut reconnaître seulement quelles sont les parties de mer qui ont été changées en terre, tandis que les moyens d’observation manquent pour les portions de terrequi ont été transformées en mer. On conçoit, d'après cela, que toutes les cartes qui sont données comme représentant la géographie de quelque époque géologique ancienne, ne peuvent être que des cartes idéales. Celle dont il est ici question n’ofTre pas la reproduction d'un ancien état de choses existant à telle ou telle époque particulière, mais elle présente, sous une forme synoptique, une partie des changements produis par la conversion des mers en terre, pendant . une période donnée.

On peut considérer comme un fait bien établi que les secousses provenant des tremblements de terre • donnent aussi bien lieu à l'affaissement qu’au soulèvement des parties de la surface du globe où elles se manifestent; et que, par suite des abaissements et des soulèvements alternatifs de certains espacesde terrains, à des époques successives, une grande portion de ces

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espaces peut avoir été entièrement couverte par des dépôts marirfs, sans que le tout se soit jamais trouvé au môme moment sous les eaux; et môme sans que la proportion relative des terres et des mers ait subi aucune altération pendant toute la durée de la période. Quoi qu’il en soit, je crois que depuis le commencement de l’époque tertiaire , la terre ferme a , dans l’hémisphère nord, été continuellement en voie d’augmentation, — opinion qui repose, d'une part, sur ce qu’aujourd’hui la quantité de terre sèche dépasse de beaucoup, dans cet hémisphère, la proportion moyenne, qu’en général, offre la terre par rapport à l’eau, sur la surface du globe ; et de l’autre, sur les indications que fournit, ainsi que je l’ai déjà prouvé, la comparaison des couches secondaires et des couches tertiaires, relativement à la transformation graduelle d’un océan parsemé d’îles en un vaste continent (*).

Mais en supposant même qu’il fût possible de représenter tous les changements qui ont eu lieu dans la distribution des terres et des mers pendant la période tertiaire, et de désigner non-seulement les parties qui, aujourd'hui solides, appartenaient jadis à la mer, mais aussi l’étendueactuellement couverte par les mers qui faisait autrefois partie de la terre ferme, il s’en faudrait encore de beaucoup que la carte indiquât

(*) Voyei p. 323.

ch ap. VIII.) DES CU. DANS LA GF.OG. PHYS. 343

toutes les révolutions importantes que la géographie physique de l’Europe a subies pendant l’époque dont il s’agit. Car, ainsique nous l’avons vu, les oscillations de niveau n’ont pas toujours eu simplement pour effet de déterminer l’émersion de certaines parties du fond de la mer; elles ont aussi donné lieu quelquefois à des soulèvements de plusieurs milliers de pieds . au-dessus de l’Océan. C'est ainsi , par exemple, que les Alpes ont acquis , après coup , une hauteur de 2,000 à 4,000 pieds (de 600 à l,200m environ), et môme plus en quelques endroits. Les Apennins doivent également une partie considérable de leur élévation (de 1,000 à 2,000 pieds — 300 à 600" — au moins) aux convulsions souterraines qui se sont manifestées pendant l’époque tertiaire.

D’un autre côté, il n’y aurait rien d’impossible à ce que, pendant la môme série de siècles, quelques chaînes de montagnes eussent été abaissées dans de semblables proportions, et que des hauts-fonds se fussent trouvés convertis en abîmes profonds (‘).

(') Nous ferons observer que les fails indiqués dans cette carte, et les conséquences qui en ont été déduites ne doivent pas porter seulement sur la théorie des climats ci-dessus proposée, mais qu'ils sont destinés aussi a faciliter l'explication des idées dont on trouvera l'exposé dans le quatrième volume de cet ouvrage. sur les migrations des animaux et des plantes, et sur extinction graduelle des espèces.

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