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CHAP. IX.) A DES ÉPOQUES SUCCESSIVES

Galles, on a trouvé plusieurs squelettes entiers de poissons , mais qu’aucun exemple authentique de reptiles n’a, jusqu'à ce jour, été constaté dans cette formation (*). On n’en a point découvert non plus dans le groupe carbonifère supérieur au vieux grès rouge, soit dans le calcaire de montagne , soit dans les argiles schisteuses et le grès houiller. Les dents supposées de saurien que le Dr Hibbert a trouvées près d’Édimbourg, dans des strates carbonifères, ont été récemment signalées par le Dr Agassiz. comme appartenant à un poisson sauroïde , c’est-à-dire, à un poisson de l’ordre le plus élevé, sous le rapport de la structure, et approchant, plus que tous les autres, des vrais sauriens par les caractères ostéologiques qu’il présente.

Dans tous les cas, il serait extrêmement hasardeux de conclure que lors de la formation du groupe carbonifère, il n’existait ni mammifères, ni sauriens;

(’) On rapporte dans les Geol. Trans. (Transactions Géologiques), second sériés, vol. III, part. I, p. 144), qu’un nombre considérable d’écailles d’une tortue, voisine du genre Trionyx, a été trouvé dans les schistes bitumineux des Orcades et de Caithness, en Écosse, — formations auxquelles le professeur Sedgwick et M. Murchison ont assigné le même âge qu’au Vieux Grès Rouge. Quant à ces écailles, M. Agassiz a reconnu depuis peu qu’elles appartiennent à un poisson. (Voyez planche 16 de la partie des « Geol. Trans. » qui vient d’être citée.)

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car, lors môme que les petites tles, dont se trouvait probablement parsemé, dans les hautes latitudes voyez p. 324), l’Océan de celte époque, dussent être, comme celles de la mer Pacifique actuelle, entièrement dépourvues de mammifères et de grands reptiles, il serait fort possible que les continents situés sous de basses latitudes, en eussent, au contraire, renfermé un grand nombre.

Quant aux oiseaux, leur absence se remarque, non-seulement dans ces couches, mais dans d’autres aussi de différents âges, et dans celles même où abondent souvent des animaux de l’ordre le plus élevé (*).

Si nous poussons nos recherches encore plus loin, les premières formations que , dans l’ordre chronologique , nous rencontrerons au-dessus du terrain houiller, seront les formations secondaires qui. s’étendant depuis le Calcaire Magnésien, jusqu’à la Craie inclusivement, renferment les monuments d’une longue suite de siècles pendant lesquels vécurent à la surface du globe un si grand nombre de reptiles de toute dimension, de toute forme et de toute structure, que l’ensemble de cette période, mais surtout deux de ses subdivisions, le Lias et l’Oolithe, ont quelquefois été désignées par la dénomination de « période des reptiles. »

(•) Voyez Volume II.

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Ainsi que nous avons à l’époque actuelle, des mammifères dont l'existence est limitée à la surface de la terre; d’autres qui, comme la chauve-souris et le vampire, volent dans l’atmosphère; des mammifères amphibies, qui, tels que l’hippopotame, le castor, la loutre, fréquentent les rivières; et des mammifères enfin, qui, ainsi que le veau marin, la baleine, et le narwal. sont exclusivement aquatiques et marins; de même, il y avait aux époques anciennes dont nous venons de parler, des reptiles terrestres, des reptiles ailés, et des reptiles aquatiques. Sur la terre vivaient des iguanodons; dans l’air volaient des ptérodactyles; dans les rivières se trouvaient des monitors et des crocodiles. et dans l’Océan, des ichthyosaurcs et des plésiosaures. Il paraît aussi que quelques-uns de ces sauriens approchaient plus, sous le rapport de l or- ^anisalion, du type des mammifères actuels, qu’aucun des reptiles vivants.

La vaste série de couches à laquelle il a été fait allusion tout à l’heure et qui comprend le Nouveau tirés liouge Inférieur et le Calcaire Magnésien, le Nouveau tirés Kouge Supérieur et le Muschelkalk . le Lias. l’Oolithe, la formation Wealdicnne. le Grès Vert et la Craie, n’a, jusqu’à ce jour, présenté que trois exemples bien authentiques d’oiseaux fossiles, et un seu| de mammifères. Le premier de ces exemples nous est offert par des oiseaux de l’ordre des Gralles ou échas-

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siers, qui ont ôté découverts par M. Mantell dans le terrain de Wenld, ce grand dépôt d’eau douce que l’on rencontre sous la Craie (*). Le second exemple est un squelette d’oiseau presque entier que M. Agassiz a trouvé en 1839, dans le schiste de Claris (Alpes Suisses), dépôt marin de la même époque que la- Craie; et le troisième, enfin, qui a été observé récemment dans la craie blanche d’Angleterre, est un oiseau voisin du genre albatros (**).

Quant à 1 exemple de mammifères dont nous venons de parler, et qui est le seul que l’on connaisse jusqu'à ce jour, c’est dans un des membres inférieurs del’Oolithe, le schiste de Stonesfield, en Oxfordshire, qu’il a été découvert. Les fossiles remarquables que l’on a trouvés dans ce schiste, consistent dans les mâchoires inférieures dedeux espèces, au moins, depetitsquadrupèdes dont la grosseur n’excède pas celle d’une taupe.

Plusieurs années avant sa mort, Cuvier ayant eu occasion de voir un de ces fossiles, le rapporta à l’ordre des Marsupiaux, reconnaissant, toutefois, qu’il

(*) Proceedings Geol. Soc., vol. Il , p. 203.

(**) Cet échantillon a clé découvert par Sir P. Egerton , et ensuite examiné par le docteur Btiekland et par M. Owen. Ce dernier le rapporte à un individu appartenant à la famille des « Longipennes » de Cuvier, et voisin du genre albatros, dont il diffère sous le rapport de la dimension des jambes, cpii sont plus longues et plus fortes.

i h a lv Ix) A DES ÉPOQUES SUCCESSIVES.

Fig. 8.

Thylacotherium l’revostii (Valenciennes). Mâchoire inférieure, trouvée dans le schiste de Stones/ield, près d’Oxford (’).

différait de tous les carnivores connus, par ce Tait que la mâchoire était pourvue de dix dents molaires. Cette

(’) Cette figure a été faite d'après un dessin du professeur C. Prévost, publié dans les Annales des Sciences Naturelles, en avril 1825. Le débris qu'elle représente est une mâchoire inférieure adhérente par sa face interne au schiste oolilhique dans lequel elle est fortement engagée. La forme du condyle . ou apophyse postérieure de la mâchoire est convexe, et se rapporte au type des mammifères. Grâce a l’empreinte qui en est restée sur la pierre, on la voit très-distinctement, bién que l’os manque dans cet échantillon. La portion antérieure de la mâchoire a été en partie brisée, de sorte qu'on voit les doubles racines des molaires implantées dans leurs alvéoles, — circonstance qui prouve que la mâchoire dont elles font partie était bien celle d’un mammifère, puisque la forme des racines est caractéristique pour les animaux de celte classe. Outre les dix molaires très-bien conservées que renferme celte mâchoire, on y entrevoit la place d'une onzième. L’émail de quelques-unes de ces dents est aussi en trèsbon état de conservation.

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opinion, qui fut mise en doute par plusieurs anatomistes célèbres, a, depuis, été confirmée par MM. Valenciennes et Owen. Ce dernier a prouvé que ce débris appartient à un animal dont le genre est éteint, mais qui avait les plus grands rapports avec un mammifère de l’Australie, récemment découvert, le Myrmecobiux de Waterhouse, qui a neuf dents molaires à la mâchoire inférieure. (Voyez Fig. 9.)

Fig. 9.

Myrmeeobiut faseialus (Waterhouse) récent, qui se trouve dans la rivière des Cygnes. Mâchoire inférieure de grandeur naturelle (')

Les autres débris de mammifères trouvés à Stonesfield, doivent aussi être rapportés à un genre éteint : .

(') La planche 28 du second volume des « Trans. Zool. Soc » (Transactions de la Société Zoologique) représente une figure coloriée de ce petit et élégant quadrupède. Il est insectivore, et a été pris en Australie, dans un creux d'arbre, à quatre-vingt-dix milles 133 I. environ) au sud-est de l'embouchure de la rivière des Cygnes, dans un pays rempli de fourmilières. C’est la première espèce de marsupiaux vivants à qui l’on ait trouvé neuf dents molaires à la mâchoire inférieure, et où l'on ait observé, entre quelques-unes des dents, un intervalle assez considérable. Cette particularité étant une de celles qui caractérisent le thylacotherium deStonesfield, engagea d'abord M. de Blainville à rapporter ret individu à la classe des reptiles.

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