BORD RELATIVEMENT A I.A CRÉATION VIVANTE
A l’égard des changements qu’on observe dans la création vivante, nous remarquerons d’abord que tous les géologues sont d’accord sur ce que les strates sedimentaires qui forment en partie l’écorce du globe, peuvent se diviser en plusieurs groupes, plus ou moins dissemblables entre eux ' tant sous le rapport de leur composition minéralogique, que sous celui des débris organiques qu’ils renferment. La conséquence que l’on a généralement déduite de l’étude et de la comparaison de ces groupes fossilifères est. qu’à diverses époques successives, les mers et les conti-
WH INII'OIIMITK DES C1IANGKMKNTS (LIVKE I,
nents ont été habités par des lamilles distinctes d'animaux et de plantes, et que les types organiques des formations récentes ont plus d'analogie avec les espèces qui vivent de nos jours, que ceux des roches anciennes. Si nous examinons ensuite l'état actuel de la création animée, nous trouvons qu au lieu détre arrivé aujourd’hui à un point stationnaire et invariable, il est, au contraire, sujet à des modifications incessantes, et que plusieurs causes tendant à l’extinction des especes, agissent de manière à démentir la doctrine qui admet leur durée indéfinie. Toutefois, il } a si peu de temps que l'histoire naturelle est cultivée d'une manière vraiment profitable pour la science, qu*' l'on ne peut citer jusqu’à présentqu’un très-petitnombre d'exemples d’extinction locale, et un seul, peutêtre, d'extinction absolue : encore, ces rares exemples ne s’offrent-ils que dans des lieux où l’homme a fait sentir son influence. Quoi qu’il en soit, il parait évident, d’après les faits et les arguments qui se trouvent détaillés dans la quatrième partie de cet ouvrage, que l’homme n’est pas le seul agent de destruction qui existe à la surface de la terre : la multiplication et la diffusion graduelle de chaque animal ou de < haque plante contribuent aussi à l’anéantissement des especes. On verra, en outre, dans cette quatrième partie, que la moindre modification dans la géographie physique et dans le climat du globe tend à produire
chap. xi.) DANS LE MONDE ANIMK. IW)
le même effet. Quand, poussant encore plus loin l'investigation , nous venons à nous demander si, de temps à autre, de nouvelles espèces ne seraient pas substituées à celles qui s’éteignent, et s’il n’y aurait pas quelques lois destinées à régir ces nouvelles créations, nous apercevons bientôt que l’époque à laquelle remontent les observations humaines est de beaucoup trop courte pour fournir les données nécessaires à la solution d’une aussi grave question. La seule conséquence à laquelle il nous soit possible d’arriver, c'est que l’introduction successive des nouvelles espèces peut former une partie constante de l’économie du système terrestre, sans que nous devions prétendre à aucune preuve directe à l’appui d’un tel fait. On concevra aisément que l’apparition de nouvelles espèces ait pu avoir lieu souvent sans être remarquée, si l’on considère que le nombre des plantes et des animaux connus a , de mémoire de personnes vivantes, augmenté au point d’avoir doublé dans quelques classes, et quadruplé dans d’autres. La suitedecetouvrage (Voy. vol. iv démontrera aussi que s’il est vrai que les espèces dérivent originairement de souches isolées, ildoitètre toujours plusaisé de prouver que telle ou telle espèce qui, jadis, abondait sur un point donné, a cessé d’exister, que d’assigner l’époque à laquelle telle ou telle autre espèce a, pour la première fois, apparu à la surface du globe Si donc il n’y a encore, jusqu’à présent, t. i. 38
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qu’un seul exemple non équivoque d’extinction , qui est celui du dronte, comment pourrions-nous raisonnablement espérer de connaître le moment de la première apparition de quelques espèces nouvelles?
De l’origine récente de l'homme, cl du rapport graduel entre les fossiles tertiaires de diverses époques, en partant d'une faune éteinte comparée àla faune vivante. — Cependant, si I on demande à la géologie des faits qui viennent à l’appui de la supposition que dans les temps les plus modernes, c’est-à-dire, après que la plus grande partie de la faune et de la flore actuelles furent établies sur la terre, une espèce nouvelle est venue s’ajouter à celles qui existaient déjà, l’homme luimême peut être désigné comme en fournissant un exemple; car, considéré géologiquement, l’homme peut passer pour un être nouveau, né d’hier seulement, et cela, tant à l’égard de l’histoire ancienne du monde organique, que par rapporta l’état particulier de la création animée dont il fait partie. Le peu d’ancienneté de son apparition à la surface du globe est attestée par l’absence de tout débris d’êtres de son espèce, et de restes d’ouvrages dus à son industrie, non-seulement dans les strates qui renferment des fossiles provenant d’espèces éteintes, mais aussi dans un grand nombre des couches les plus nouvelles, et
cn.tr. xi.)