COMPARAISON
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lion, et nous obtenons desnotions plus étenduessur les lois qui, à l’époque actuelle, gouvernent ses productions animées et inanimées. Lorsque nous étudions l'histoire, la comparaison de l’état présent et de l’état passé de la société donne à noire jugement sur la nature humaine, plus de rectitude et plus de profondeur. Nous découvrons la longue série d’événements qui , peu à peu , ont amené les choses à leur état actuel. Si nous prenons soin d’enchatner les effets à leurs causes, nous arrivons sans peine à classer et à graver dans notre mémoire une multitude de rapports compliqués, tels que les diverses particularités du caractère national, les différents degrés de perfectionnement moral et intellectuel, et une infinité d’autres circonstances qui, sans l’aide de l’histoire, seraient ou mal comprises, ou dénuées d’intérêt. De même que la condition présente des nations est le résultat d’un grand nombre de changements antérieurs, les uns d’une date extrêmement ancienne, les autres d’une origine récente, les uns graduels, les autres subits et violents; de même, l'état du monde physique est le résultat d’une longue suite d’événements. Si donc nous voulons ajouter quelque chose à nos connaissances sur l’ordre actuel, il nous faudra rechercher le% effets qui, dans les temps anciens, ont été le produit des diverses opérations de la Nature.
eu ap. I.) DE LA GÉOLOGIE AVEC L’iIISTOIRE.
* Quand nous jetons un coup d'œil en arrière sur les annales des nations, nous remarquons souvent a^ec surprise combien le succès de telle ou telle bataille, dès longtemps oubliée par la masse des peuples , a exercé d’influence sur le sort de plusieurs millions de nos contemporains. Nous trouvons qu’à cet événement éloigné se rattachent les bornes géographiques d’un grand État, le langage actuellement parlé par ses habitants, leurs mœurs caractéristiques, leurs lois et leurs opinions religieuses. Mais combien plus étonnants encore, et plus inattendus, sont les rapports qui viennent nous frapper, quand c’est l’histoire de la Nature que nous interrogeons! La forme d’une côte, la configuration intérieure d’un pays, l’existence et l’étendue des lacs, des vallées et des montagnes, peuvent souvent, dans des régions depuis longtemps tranquilles, être attribuées à quelque action ancienne de tremblements de terre et de volcans. A ces convulsions éloignées peuvent aussi se rattacher, . d’une manière distincte, la fertilité actuelle de certains pays, la stérilité de quelques autres, l’élévation du sol au-dessus du niveau de la mer, le climat, etdiverses autres particularités. D’un autre côté, on peut encore rapporter un grand nombre de traits caractéristiques de la surface du globe, soit à l’action produite jadis par certaines causes lentes et tranquilles, telles que les dépôts sédimentaires qui se
i CORRÉLATION DE LA GÉOLOGIE (livbei,
sont formés dans les lacs ou dans l’océan, soit à l’accroissement des testacés et des coraux.
A ces divers exemples j’ajouterai encore les couches de charbon que l’on trouve dans certaines localités. Ces couches sont composées de substances végétales, lesquelles ont été autrefois entraînées dans des mers et des lacs. Outre que depuis la formation des dépôts en question , ces mers et ces lacs ont été comblés , les terres mômes sur lesquelles jadis s’élevaient les forêts qui alimentaient les couches de charbon ont disparu ou ont changé de forme ; les rivières et les courants qui servaient au transport des masses végétales n’ont laissé aucune trace, et les plantes, de môme que les espèces auxquelles elles appartenaient , ont , depuis bien des siècles , disparu de la surface du globe. Cependant, la prospérité commerciale et la force numérique d’une nation peuvent aujourd’hui dépendre , en très-grande partie , de la distribution locale du combustible , déterminée , comme on le voit, par cet ancien état de choses!
La géologie est aussi intimement liée à la plupart des sciences physiques que l’histoire l’est à la morale. Un historien devrait, s'il était possible, être à la fois profondément versé dans la morale, la politique, la jurisprudence, l’art militaire, la théologie; dans toutes les sciences, en un mot, qui peuvent le conduire à la connaissance la plus parfaite des affaires hu-
e!l*r. l.) AVEC D'AUTRES SCIENCES PHYSIQUES. 5
maincs , ou de la nature morale et intellectuelle de l’homme. De même, il serait à souhaiter aussi qu’un géologue pût avoir des notions étendues, tant sur la chimie et sur la physique, que sur la minéralogie, la zoologie, l’anatomie comparée, la botanique, et toutes les autres branches des sciences qui se rapportent à la nature organique et inorganique. A l’aide de ces connaissances, l’historien et le géologue manqueraient rarement de tirer des conséquences exactes et philosophiques des divers monuments qui rendent témoignage des événements passés. Ils sauraient à quelle combinaison de causes devaient se rapporter certains effets analogues à ceux qui se passent sous leurs yeux; ils pourraient souvent suppléer, par induction, à des renseignements positifs sur un grand nombre de faits non consignés dans les annales défectueuses de l’antiquité. Mais comme une si grande variété de connaissances ne peut guère se rencontrer dans un seul individu, il devient nécessaire, pour atteindre le but, que ceux qui cultivent les sciences dont nous venons de parler, réunissent leurs talents et leurs efforts. Ainsi, l’historien s’aidera des lumières de l’antiquaire et de celles des hommes qui s’adonnent aux diverses branches de la morale et de la politique ; de son côté, le géologue aura recours à différents naturalistes; à ceux surtout qui se livrent à l’étude particulière des débris fossiles que