‹ Principles De GeologieChapitre 62 sur 159 · Vite I · texte numérisé non relu

Vite I

plusieurs aulrës, témoignant, d’ailleurs, une grande admiration pour l’hypothèse doHooke, et s’attachant à prouver que son explication de l'origine des couches était plus exacte que celle de Moro. Pour ce qui regarde les théories de ces deux auteurs, relativement aux effets des tremblements de terre, il reconnut qu'elles étaient d’accord en tous points. Bien que les idées de Kaspe sur la structure géologique du globe, fussent peut-être moins hardies que celles de Michell, dont, au reste, il ne connaissait pas le Mémoire, il ne laissa pas, toutefois, d’ajouter quelques arguments à la théorie de llooke, et de la rendre telle, disait-il, que l auteur l’eût écrite lui-même, s’il fût venu plus tard. Uuant aux périodes qui furent les témoins de tous les tremblements de terre auxquels nous devons l’élévation de diverses parties de nos continents et de nos lies, Haspe ditqu’il ne prétend pas en assigner la durée, et encore moins soutenir l’opinion avancée par Hooke à cet égard, savoir, que les convulsions sou terraincs s'étaient presque toutes manifestées durant le déluge de Noé, 11 considère les indications apparentes de l’ancienne chaleur tropicale du climat de l’Europe, et les changements qui se sont opérés parmi les diverses espèces d’animaux et de plantes , comme deux des problèmes géologiques les plus obscurs et les plus difficiles à résoudre. A l’égard des lies qui, depuis les temps historiques ou tradition-

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ncls&ont sorties'*! u «ein de la mer, il déclare qut* quelques-uneS d'entre^ellcs sont formées de couches renfermant de£débris organique, et non, comme Hulfon icT prétendait , de matière volcanique seulement. Il termine son ouvrage en exhortant vivement les naturalistes à examiner avilie plus grand soin le • tlesrqui s’étaîënt élevées, en 1707, dans l'Archipel grec, et, en 1720, dans les Açores, et à mettre à profil ces précieuses occasions d’éÆdier la Nature « dans son acte d’enfantement. » ltaspe ne comprenait pas cornaient les écrits de Hooke.avaicnt pu étre négligés pendant plus d’un demi-siècle; mais ce qui a droit d'étonner plus encore, cest que l'exposition brillante de la théorie de cet auteur, faite par ltaspe iui-môme , ait, à son tour, pendant plus d'un autre demi-siècle, excite aussi peu d'intérêt. ** JUtt

l'uclis-d, 1702 et 177;î. — Fuchscl , physiéien allemand, publia, en 1702, une description géologique du pays compris entre le Tliuringerwald et le Hartz, et un ngjmoire sur-tes environs de Rudelstadt (*) ; plus tard, en 1773, iMt paraître un ouvrage théorique sur

l'histuire-'ancienne delà terre et de l’homme (“). I.c*

(*) Aria Acadcmiæ-rKIerloralis Maguniinæ, vol. 11. Erfurt.

(■*) Ces détails sur l'uchsel sont tirés d’une excellente analyse de ses Mémoires, due a M. Keferitein.' Journ. de Géologie,

tom II. Oct. 1830.

1*2*2 KLCHSEI-. (LltiiKl.

connaissance^ de Fuchscl dépassèrenl de beaucoup celles de Lehman , son prédécesseur. Il sut parfaitement distinguer, tant par leur position que par les fossiles qu'ils contenaient, plusieurs groupes de couches différents entre eux sous le rapport de l'ége, et correspondant aux formations secondaires actuellement reconnues par les géologues dans diverses parties de l'Allemagne. Il supposait que les continents ' européens étaient restés couverts par la nier jusqu’à la formation des couches marines que l’on désigne en Allemagne sous la dénomination de ’« muschelkalk. * et pensait que les plantes terrestres renfermées dans plusieurs dépôts de l’Europe, attestaient, l^xi^nce de la terre ferme dans le voisinage de l’ancien netner.

— circonstance d’ou il était naturel de conclure qu’un continent avait dù, jadis, occuper la place de l’océan actuel. Il expliquait la disparition totale de ce continent , en disant que l’enfoncement successif do plusieurs de ses parties, dans des cavernes souterraines, avait graduél΀mqnt déterminé son engloutissement général sous la mer. Quant à l’état de bouleverse-, ment dans lequel se trouvent à présent un grand * nombre de couches sédimentaires ’ qu’il considérait . comme ayant dù être horizontales à l’origine, il l’attribuait à dés oscillations postérieures du sol.

Il pensait que, de même que les anciennes périodes virent naître des plantes et des animaux, de même

-tr

CHAP. lll.) KUCIIÇKL. — BRANDKU. * 123

aussi l’homme dut figurer parmi les êtres animés dites temps primitifs. Mais tous Tes hommes dont peu à

peu la terre se peupla ne dérivèrent pas d’un seul et

même couple; ils furent créés sur divers points de la surface du globe, et ces centres de naissance furent aussi nombreux que les langages primitifs des nations. ,

Fuchsel , dans ses écrits, laisse apercevoir un Irèsvif désir d'expliquer les phénomènes géologiques, autant que possible, par l’action de causes connues; et. quoiqueplusieursdeses hypothèses soient entièrement dénuées de fondement, ses idées n’en sont pas moins bien plus d’accord avec celles qui dominent généralement aujourd’hui, que ne le sont les théories promulguées postérieurement parWerner et ses partisans.

Brunder , 1766. — Guslavus Brander publia, en 1766, ses « Fossilîa Hantoniensia , » ouvrage qui renferme d’excellentes figures des coquilles fossiles trouvées dans les couches marines les plus modernes de l’Angleterre. « On a, » dit-il dans sa préface, « adopté diverses opinions touchant la question de savoir quand et comment ces corps ont été déposés. Les uns pensent que ces dépôts sont dus au déplacement graduel de la mer, et qu’ils ont mis un temps considérable à se former, etc., tandis que d’autres, et c’est le plus grand nombre, en rapportent la cause au Déluge. »

12* S01.DAXI. k («ivkh l.

(Ici te conjecture, toutefois, ajoute Brander, doit être

considérée comme purement hypothétique- lors même qu’on admettrait l’universalité du cataclysme diluvien. Suivant lui, les teslücés et les autres animatix fossiles provenaient, pour la plupart, d'especes inconnues; et quant à ceux qui appartenaient à des espèces qpnnues, il supposait que leurs? analogues vivants habitaient les latitudes méridionales.

Soldait! , 1780. — -Solda ni appliqua avec succès ses connaissances en zoologie à l'explication de rjiistoire des masses stratifiées. Il prouva que , de même que les zoophyteset les testacés microscopiques vivantshabitenl les profondeurs de la Méditerranée, de même aussi les espèces fossiles se trouvent dans les dépôts (pii. par la ténuité de leurs molécules et par l’absence complète des galets, indiquent qu'ils se sont formés dans une mer profonde, ou loin du rivage. Cet auteur est le premier qui ait ohservé l’alternance des couches marines et des couches d’eau douce qui existe, dans le bassin de Paris (*).

Fortis. — Testa, 1793. — En 1793. une controverse animée s’éleva entre Fortis et Testa, autre naturaliste italien, à l’occasion des poissons de Monte Bolca. Los

C) Saggio oiiltografico, el<\, 1780, cl auim Ouvrages.

cil a P. III.) FOKTIS. -* TESTA.

lettres (*) de ces deux savants, écrites avec autant de vivacité que d’élégance, font voir qu’ils n’ignoraient pas qu'un grand nombre de coquilles Subapennines ètaiéht identiques avec des esnèces encore existantes, et qu® quelques-unes d’entre elles avaient leurs analogues vivants dans la zone torride. Forlis mit en* avant une conjecture assez bizarre : il supposa que lorsque les volcans du Vicentin étaient en. activité, les eaux de l’Adriatique avaient une température plus élevée que celle qu’elles ont eue depuis que ces volcans ont cessé de brûler; et . par suite de ce raisonnement , il fut conduit à croire que les coquilles particulières à des régions beaucoup plus chau- • des que l’Italie pouvaient avoir peuplé jadis les mers de celte contrée. Quant à Testa , il semblait disposé à penser que» les espèces de testacés dont il s’agit étaient encore communes aux mers équinoxiales et à celles de son proprë pays, appuyant cette opinion sur ce que plusieurs de ces espèces,^ u’on avait cru pendant longtemps appartenir exclusivement à des régions plus chaudes, avaient été postérieurement trouvées

dans la Méditerranée (**). . ,

H Letl su i l’csri Fo&ili di moule ltolra Milan, 1793.

(“) Cet argument de Testa a été confirmé il y a quelques anus* parla certitude qu’on acquit que des marchands de coquilles.

dans

dans la vue de tir^r un plus grand profit de certaines especes de

WAI.LERIUS. — WIIITKIIt'RST.

i l. IV 11 K I.

Cortcsi. — SpalUnuwni. — WulTerius. — WhitehurM. — Tandis que, de concert avec Corlesi et Spallanzani* les» naturalistes italiens dont nous venons de parler s’occupaient activement à signaler l’analogie qui existe entre les dépôts des mers modernes et ceux des mers anciennes, et la manière d’être ainsi que l’ordre d’arrangement des habitants de tes mers; et tandis que, d’un autre côté, les recherches relatives aux roches volcanique^ anciennes et modernes se poursuivaient avec quelque succès en Italie, Whitehurst (*) et Wallcrius, deux des observateurs les plus originaux parmi les écrivains anglais et allemands, employaient leur habileté à soutenir, suivant la vieille hypothèse de Woqdward.quc tou tes les courbes avaient . été formées par le déluge de ,Noe. Whitehurst. toute-

la Mediterranée, les avaient pendant longtemps vendues pour des coquilles appartenant a des latitudes plus méridionales et plus éloignées. Il parait, surtout d'après plusieurs centaines d'ex- ■pü(ri£ices fa^es P;lr le capitaine Smiih , dans la Méditerranée, Me la surface a huit brassas de profondeur, que la tcm||érature de eette mer est de U" 1 / 2 F. (1,67 cent.), terme moyen, plus élevée que celle de la partie occidentale de l'Océan Atlantique. Ce fait très-important peut , jusqu a un certain point , aider4a expliquer la cause par suite de laquelle plusieurs especes sont communes aux latitudes des tropiques et à celles tle la Méditerranée.

(*) Inquiry inlo tbe Original State and Formation of the Karth ( Recherches sur l'Ortfcine et la Formation de la Terre 1778 *

CHAPz III.) PAI.I.'AS. — SAUSSl'RK. 1*27

fois, racheta, en quelque sorte, celte erreur par la description parfaitement exacte qu’il fit des roches du

Derbyshire: et de plus, il répara le tort que ses fausses

idées théoriques.avaienl pu faire à la science, en fournissant lui-inémeées armes "pour les combattre.

Faillis. — Saussure. — Ce lut vérs la tin du dix-hui- 0 . »

tième siècle que la nécessité de diviser en groupes

distincts les différentes masses minérales dont su com-

pose fa croûte du globe commença a se faire sentir générafèmént , et que l’examen des rapports que ces masses ont entre elles devint l’objet favori des études de "tous Ceux qui s’occupaient de géologie., Pallas et Saussure figurent au premier rang des savants dont les travaux contribuèrent le plus à ce résultat. Après un examen attentif des deux grandes chaînes de montagnes de la Sibérie, Pallas annonça que les rochelt

granitiques occupaient je milieu de ces chaînes; que

lès roches schisteuses s'appuyaient latéralement contre le granit, et que les roches calcaires, à leur tour, reposaient sur les schistes , — arrangement qu’il considérait comftie étant la preuve qu’une loi générale avait présidé à la formation ^e toutes les chaînes composées principalement de roches primitives (*).

(*/ Observ. sur la Formation tics Montagnes. Acl. l’elrop. ami. 1778,. part. I.

tJ8

PAI.LAS. — S.USSCRK.

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Dans scs « Voyages en Russie » (1793 et 1794), il lit plusieurs observations importantes sur la disposition des couches modernes situées près du Wolga et de la mer Caspienne, et prouva qu’à unoépoque assez récente de l'histoire de la terre, 4’étendue de cette mer avait été plus considérable qu’elle ne l’est aujourd’hui. Son métnoire relatif aux ossements fos-

silos de la Sibérie attira l'attention des observateurs sur quelques-uns des phénomènes géologiques les plus remarquables. Il déclara avoir trouvé dans Je

* 3 AL hè/tf '

sol congelé un rhinocéros tout entier, encore pourvu de sa chair et de sa peau. Celte circonstance, qui d’abord avait paru douteuse, fut confirmée quelque temps après par la découverte que l’on fit sur les bords de la mer du Nord d’un éléphant enfermé dans

une niasse de glace (*).

Les sujets relatifs a l’histoire naturelle qui fixèrent l'attention de Pallas, furent trop multipliés pour qu’il put consacrer une grande partie de ses travaux à la géologie exclusivement. Quant à Saussure, il s'attacha surtout à l’étude de la structure des Alpes et du Jura, et fournil à la science des données dont ceux qui vinrent ap^ès lui devaient profiter d’une manière si utile. Il n’eut la prétention de déduire aucun système général de ses intéressantes et nombreuses ob-

éi Nov. ronim. PcIr. XVII. Cuvier, Eloge db Poilus.

Cil AP. IIT.)

PAMAS. — SAI'SSl'HK. i:>îi

servations; et le petit nombre d’opinions théoriques qui lui échappèrent, semblent, comme celles de Pallas, avoir pris naissance dans les spéculations cosmologiques des auteurs qui l’avaient précédé.

(l.tVItK I ,

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