MICHELE
(LIVRE I
avaient eu lieu dans les régions qui viennent d’être énoncées.
Michell. — En 1760, le Rev. John Michell , professeur de minéralogie à Cambridge, et zélé partisan de Woodward, publia, dans les Transactions Philosophiques, un Essai sur la Cause et les Phénomènes des Tremblements de terre (*). Son attention avait été attirée sur ce sujet par le violent tremblement de terre qui s'était fait sentir à Lisbonne en 1755. 11 émit des idées originales et philosophiques sur la propagation des mouvements souterrains, et sur les cavernes et les fissures-dans lesquelles on pouvait supposer que la vapeur était produite. En cherchant a prouver à quel point sa théorie était applicable à la structure du globe , il se trouva amené à décrire l’arrangement et le bouleversement des couches, l'hori-
(*) Voyez une esquisse de l'histoire de la géologie anglaise , insérée par le docteur l’illon dans la Revue d’Edimbourg , en février 1818, et rééditée à Londres et à Edimbourg , dans le Phil Mag., vol. I et II. 1832-33. Quelques-unes des observations de Michell anticipent d’une manière si remarquable sur les théories établies quarante années plus tard, que ses écrits auraient probablement fait époque dan ; la science, s’il eût continué a se livrer aux recherches qu’il avait entreprises ; mais il n’exerça son professorat que pendant huit années, après quoi, ayant obtenu un bénéfice, tout porte à croire qu’il abandonna scs travaux scientifiques.
CU AP* III
CATCOTT.
zonlalité ordinaire qu’elles présentent dans les pays de plaines, et leur état convulsionné et fracturé dans le voisinage des chaînes de montagnes. Il expliqua aussi, avec une exactitude surprenante, les rapports qui existent entre les crêtes centrales de certaines roches anciennes, et les « bandes longues et étroitesdout la composition terreuse, pierreuse et minéralogique est analogue à celle de ces crêtes, en même temps que leur direction est semblable. » Dans ses généralisations, qui résultent, en très-grande partie, de ce qu'il avait observé sur la structure géologique du Yorkshire,il laissa apparaître plusieurs idées nouvelles, que développèrent d'une manière plus complète d’autres naturalistes qui vinrent après lui.
Catcott, 17G1. — Bien que les écrits de Michell fussent entièrement dégagés de toute espèce de considérations physico-théologiques, quelques-uns de ses contemporains n’en continuèrent pas moins encore à soutenir ou à combattre avec ardeur l’hypothèse de Woodward. Catcott, partisan de la doctrine de II ut chinson , et auteur d’un « Traité sur le Déluge , » publié en 1761, fit allusion à plusieurs des ouvrages écrits soit pour, soit contre cette hypothèse. Il s’appliqua particulièrement à réfuter l’explication des Saintes- Kcritures, proposée par l’évêque Clayton, son contemporain. Ce prélat avait déclaré que le déluge « ne pou-
KORTIS.
ODOARDl.
(LIVIIK
vait être considéré comme un fait rigoureusement vrai, si ce n’est pour le point du globe qu'habilait Noé avant ce grand événement. » Catcott insista sur l’universalité du déluge, d’après les traditions d’inondations inent ionnées par des auteurs anciens ou par des voyageurs, comme ayant eu lieu dans les Indes-Orientales, en (’.liine, dans l’Amérique du Sud, et en divers autres pays. Celte partie de son livre n’est pas dépourvue de mérite, bien que pourtant on n’y voie guère de quel poids peuvent être, par rapport à l’argument de l’évêque, les traditions en question; car, même en les supposant authentiques, rien ne prouve que les catastrophes dont il y est fait mention aient eu lieu conlemporainement; plusieurs d’entre elles, au contraire, sont très-positivement représentées par les auteurs anciens qui les citent, comme étant arrivées successivement.
Fortis. — Odoardi , 1761. — Les doctrines d’Arduino, dont nous avons parlé il y a quelques instants, lurent confirmées plus tard par Fortis et Desmarest, sur les a lieux mêmes où Arduino les avait puisées peu de temps auparavant. Ainsi que Baldassari, ces deux auteurs s'appliquèrent à compléter l'histoire des couches Subupennines. [/ouvrage d’Odoardi (*) renferme un ar-
(*) Su i Corpi Marini del Feltrino, 1761.
Cil A P. II!
RASPE.
gument décisif en faveur de la différence d’ége qui caractérise les couches Àpennines anciennes, et les formations Subapeflnines d’origine plus récente. L’auteur y reconnaît, en outre, que les couches dont se composent ces deux groupes sont discordantes entre elles, et il en conclut qu’elles doivent avoir été formées par des sédiments provenant de mers différentes, et à des époques très-éloignées les unes des autres.
Raspe. — En 1763, Kaspe, savant hanovricn, publia, en latin, une histoire des îles nouvelles (*). Dans cet ouvrage, l’auteur réunit tous les récits authentiques des tremblements de terre qui avaient produit quelque changement permanent dans les parties solides du globe, et en fit une critique extrêmement judicieuse. Il passa en revue tous les meilleurs systèmes qu’avaient proposés au sujet de l’histoire ancienne de notre planète , soit les auteurs anciens , soit les écrivains modernes, et sut apprécier à leur juste valeur, d’une part, le mérite, et, de l’autre, les défauts dont n’étaient exemptes ni la doctrine de Hooke, ni celles de Ray, de Moro, de Ruffon, et de
(') Spceitncn historiæ naturalis globi lerrnqüci, præcipue de Novis c Mari Natis Insulis. Âmstclodami, 1765. Raspe fut aussi l’éditeur des «OEuvres philosophiques de Leibnitz. Amsterdam et Leipzig, 1765;» et l’auteur du Catalogue raisonné des Pierres lincs de Tassie. ainsi que des « Voyages du baron Munchausen. »
KASPK